Cours de yoga proposé par Emmanuelle Le pourquoi du comment : 15 questions/réponses Ya-t-il «un»








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Cours de yoga proposé par Emmanuelle




Le pourquoi du comment : 15 questions/réponses


  1. Ya–t-il « un » « vrai » yoga ?

  2. Pourquoi propose-t-elle cette pratique plutôt qu’une autre ? Quels sont ses fondamentaux ?

  3. Quels sont les principes de base du yoga ?

  4. On dit que c’est la respiration qui est fondamentale, et pour tant on a plein de préoccupations physiques/mécaniques. N’est-ce pas contradictoire ?

  5. Quel est le rythme de la séance ?

  6. Comment s’organisent les séances ?

  7. Quelle pédagogie ?

  8. Pourquoi certaines postures sont-elles très confortables, d’autres non ?

  9. Une 1ère notion qui me paraît intéressante : la limite/le limes (latin) romain

  10. Une 2ème notion intéressante : la négociation

  11. Quand on fait du yoga, est-ce qu’on devient toujours « zen » ?

  12. On dit qu’on ne doit jamais souffrir en yoga, pourtant certaines postures me font mal !

  13. Que faire avant une séance de yoga ?

  14. Que faire après une séance de yoga ?

  15. Comment progresser en yoga ?




  1. Ya–t-il « un » « vrai » yoga ?


Non. Le yoga est avant tout, à l’origine (premières traces attribuées : vallée de l’Indus, peut-être -3000 ans), un exercice spirituel à forme physique. Certains religieux hindouistes, en rupture par la ritualisation croissante du culte, se réfugient dans l’érémétisme et la mystique et, parallèlement, inventent une forme de prière qui est une « prière du corps ». En poussant le bouchon, il y a autant de traditions yogiques qu’il y a de sages qui ont enseigné le yoga, avec chacun(e) donc leurs spécificités, leurs évolutions, leurs descendances… L’appropriation du yoga par l’Occident a continué ce mouvement. Aujourd’hui, il y a même des formes de yoga qui sont « labellisées » au nom des maîtres correspondants ! C’est pourquoi, pour s’y retrouver, on utilise souvent la notion de lignée, rattachée au nom d’une figure dominante (ex « Yoga Iyengar », « Eva Ruchpaul » « lignée Nil Hahoutoff », celle dans laquelle je m’inscris..).

A Paris en 2013, j’ai répertorié 96 appellations différentes associées au mot « yoga » !

Bref, le yoga est une pratique et une tradition très vivante et donc très diverse, comme la cuisine par exemple !


  1. Pourquoi propose-t-elle cette pratique plutôt qu’une autre ? Quels sont ses fondamentaux ?


Personnellement, je suis tombée dans la marmite vers 16-17 ans (mais mon histoire avec le yoga n’a pas été un long fleuve tranquille !). Voici ce qui m’a plu dans la pratique proposée par mon prof :

  • son extrême respect des corps et des êtres, les possibilités d’aménagement – dans les deux sens : respecter ses limites et/ou découvrir ses possibilités

  • Le fait que le cours de yoga soit un tête-à-tête avec soi-même, dans lequel les indications du prof constituent la boussole d’une aventure intérieure (par ex apprentissage de l’équilibre), sans aucune notion de jugement

  • La découverte du souffle (anima/esprit), qui porte les structures physiques et psychiques, et qui a réciproquement besoin de structures fermes et souples pour s’exprimer dans toute son ampleur.


Les fondamentaux de cette pratique :

  • l’étirement de la colonne vertébrale, tendant à s’affaisser dans des vies sédentaires antinaturelles pour le corps humain

  • le travail des muscles dorsaux et abdominaux, qui soutiennent cette colonne

  • la régulation du souffle (vers un souffle long, fin, tranquille…) : comme en art, on travaille d’abord à maîtriser son véhicule privilégié pour pouvoir par la suite s’exprimer pleinement à travers lui/le laisser vous exprimer, vous mener.




  1. Quels sont les principes de base du yoga (de mon point de vue) ?




  • En premier lieu : « ne pas nuire » ce qui inclut le fait de ne pas SE nuire.

  • En deuxième lieu : « la douceur dans la fermeté », un dosage judicieux de l’effort fondé sur l’écoute de soi.

    • Conséquence : il n’y a pas de posture absolue, il n’y a de posture que celle de chacun, d’ici et maintenant.

  • En troisième lieu : le yoga est un état, encore plus qu’une pratique. La pratique permet d’accéder à cet état (décrit comme « stabilité du mental »).

  • Conséquence : la mise en place de la posture, la phase « mécanique », est évidemment très intéressante, et cruciale pour être juste sur le plan physiologique, mais elle est moins fondamentale/structurante/fondatrice que l’expérience de la posture.

    • Cet état se caractérise par une présence à soi totale, come l’on parle de la présence d’un acteur. La concentration nécessaire à la réalisation juste des postures, le véhicule du souffle, la conscience du corps sont les voies d’accès à cet état, à cette présence. Lorsqu’on y est, on ne pense plus, on ne cherche plus à faire, on goûte cette présence, ce souffle, et basta ! Objectif atteint : on n’est plus ni dans l’avoir, ni même dans le faire, juste dans l’être…

Bref, la posture vaut par l’expérience qu’on y fait.
« Ce n’était donc que cela ? » Explication, liée à l’origine spirituelle du yoga : cette présence à soi est considérée comme une présence à Soi, la réalisation du lien entre l’individu et le Tout dont il fait partie. De ce point de vue, ce « que cela » est un « tout cela » !


  1. On dit que c’est la respiration qui est fondamentale, et pour tant on a plein de préoccupations physiques/mécaniques. N’est-ce pas contradictoire ?


Le mot même de yoga provient de la racine indo-européenne yug qui signifie « unir, atteler » (comme dans le mot français « joug »). Le yoga est l’art de réunir les oppositions, de concilier/se réconcilier avec les tiraillements !

Ex 1 : Officiellement, pendant le cours de yoga, je ne suis centrée que sur le parcours de mon souffle, mais mon esprit est travaillé par la quantité de responsabilités ou de diversions qui m’attendent dans ma vie normale…

  • En effectuant une pratique qui me déstabilise dans mes habitudes corporelles, je suis obligée de me concentrer sur ce qui se passe ici et maintenant.

Ex 2 : Je fais au mieux ce qu’on me dit de faire, mais du coup je ne suis pas concentrée sur mon souffle…

  • Lorsqu’on sent qu’on est allé jusqu’où on peut dans la mise en place de la posture, on ne s’occupe plus que de la vivre/la goûter/respirer dans la posture. Alors c’est le souffle qui agit, et non plus la volonté consciente. Et pas de préoccupation sur le fait de « bien faire » ou non : il y a une prof qui passe par là et qui me corrige si je me fais plus de mal que de bien, ou me permet d’aller plus loin.

Ex 3 : les postures d’ « équilibre », c’est spécialement inconfortable et en déséquilibre !

  • En yoga, on considère l’équilibre comme… l’organisation du déséquilibre. Le déséquilibre, on est habitué à vivre avec sans le savoir : la simple marche à pied est une succession de déséquilibres physiques (appui sur un pied puis sur l’autre). Paradoxalement, c’est en se familiarisant avec le déséquilibre qu’on s’enracine, qu’on accroît encore son assise physique et/ou psychique (le yoga se refusant à toute césure corps/esprit, considérant les êtres – à nouveau – comme des unités).

A vous de jouer pour trouver d’autres exemples !


  1. Quel est le rythme de la séance ?


Voici la règle que je me suis fixée : j’attends – autant que possible - que la dernière/le dernier soit allé au bout de son action du moment (respiration, geste, posture…) pour formuler la proposition suivante. Je me calque sur votre rythme. Alors n’hésitez pas à faire durer les choses, profiter des respirations de détente, prolonger les respirations en posture !

En revanche, lorsque je vous présente l’action en question, je vais très vite, car c’est votre pratique qui est importante ici, pas la mienne. Donc le rythme de ma présentation n’est pas du tout celui de votre réalisation et de votre respiration. Ecoutez-vous, prenez votre temps, je vous suivrai.


  1. Comment s’organisent les séances proposées ?


Phase 1 : une détente, et une évacuation des préoccupations parasites.

On a vu plusieurs moyens, à vous de choisir celui qui vous convient le mieux… :

  • Un bon moment en savâsana, « posture du mourant », qui est une mort symbolique d’un état/rapport au monde à la possibilité de naissance à un autre état/rapport au monde (« état de yoga »)

  • l’examen physique : contraction/décontraction du corps par parties en remontant, ou le même trajet par déplacement du regard intérieur (aussi connu sous le nom de « scanner corporel »)

  • l’apaisement psychique : les vagues qui s’éloignent sur la mer, l’attention portée sur le trajet de l’air dans la respiration

  • le délestage psychique : abandonner ses fardeaux à la terre

  • l’intériorisation psychique par l’intériorisation physique : spontanément, certains/es amorcent une roulade vers l’arrière qui les incite à se refermer par rapport à l’extérieur et à inverser leur équilibre habituel.

  • La concentration sur une proposition extérieure, esquisse de « méditation avec objet », qui permet d’enrichir votre imaginaire ou votre réflexion sur votre pratique (les évocations de début de séance… quand il y en a).

…ou de l’inventer ! Ainsi, personnellement, je me suis fabriquée mon micro-rituel d’entrée en séance.
Phase 2 : un éveil global, de la respiration jusqu’à la mobilisation de la colonne vertébrale
Phase 3 : un enchaînement

Ce qui correspond à un échauffement, une plus forte sollicitation physique en dynamique et surtout une forte conscience respiratoire, car c’est elle qui dicte le rythme du mouvement.
Phase 4 : les postures

Le plat de résistance. Elles sont proposées suivant une logique physiologique, certaines postures en préparant d’autres, certaines venant en contrebalancer d’autres, pour toujours ramener l’organisme en équilibre dans ses différents efforts.

Chaque posture est proposée en statique. Dans un premier temps, on met en place la posture, dans ses aspects mécaniques (types d’appui, position des membres… respiration non guidée). Une fois qu’on est installé, alors on y respire, on la vit, on y progresse, on l’aime (ou non !).

La sortie de posture peut elle aussi être indiquée, si c’est nécessaire sur le plan physiologique. Mais ce n’est pas toujours le cas.

La diversité des postures mises en place a pour objectif de mobiliser la colonne vertébrale dans ses différents axes possibles, et de faire éprouver différents types de respiration (avant tout thoracique pour amplifier le souffle, mais aussi abdominale, dorsale, médiane…).
Les respirations intermédiaires permettent d’une part, de récupérer la tranquillité du souffle si celui-ci a été perturbé par de nouvelles expériences, d’autre part, de laisser « infuser » la posture, de l’imprimer en quelque sorte dans les plis de la mémoire du corps.
Phase 5 : la dernière posture

Toujours une posture de détente totale

  • laisser le corps profiter de la séance

  • sortir plus détendu qu’on est arrivé !




  1. Quelle pédagogie ?


Normalement, dans ma lignée, le prof indique, explique si nécessaire ; les pratiquants mettent en place la posture et vivent la posture au fur et à mesure, en fonction de ces indications ; mais le prof ne montre pas, justement pour éviter une logique d’imitation.

Ca, c’est très théorique, car il y a souvent quelques pratiquants expérimentés qui servent de « support visuel » (qu’en termes élégants ces choses-là sont dites…) à ceux qui découvrent…

Ici, comme on démarre souvent sans toile de fond (du moins quant à ce que je vous propose), je vous montre d’abord en vous expliquant, puis je vous donne les indications pour votre pratique. Evidemment, ça fait beaucoup de blabla. Le but est que ça diminue dans le temps – par ex entre le début et la fin de l’année…

Et puis, une génération d’élèves pouvant servir de « support visuel » émerge, et ça c’est super !


  1. Pourquoi certaines postures sont-elles très confortables, d’autres non ?




  • Toutes les postures de détente (ex détente de début de séance, postures de fin de séance) sont/devraient être confortables pour tous. Sinon, on en cause.

  • Le confort dans la posture dépend en fait de la correspondance qui s’établit entre la physiologie de chacun et ce que la posture proposée sollicite dans cette physiologie.

Ex 1 : les grand(e)s longilignes sont très favorisé(e)s la plupart du temps, car leurs bras et jambes trouvent toujours des appuis partout, mais défavorisés dans les équilibres, car leur centre de gravité est situé bien haut !

Ex 2 : Les hommes sont souvent plus limités dans leur souplesse, mais ils se rattrapent dans les postures sur les bras et les abdos.

Ex 3 : Les hyperlaxes rendent jaloux leurs camarades en se tordant comme des bretzels, mais cette laxité ne s’accompagne pas toujours d’une tonicité équivalente.



  • Le but du yoga, on l’a vu, ne se limite pas à la détente, mais plus globalement à une réharmonisation de l’ensemble de la personne, à un rééquilibrage de tout ce qui la constitue, la traverse, la meut et l’émeut… De ce point de vue, il poursuit, à mon sens, le même objectif qu’une psychanalyse bien comprise : lâcher les tensions involontaires et encombrantes devenues des freins à la liberté de la personne1 (liberté d’action, de pensée etc). Si on admet que le corps parle, alors la séance de yoga est un moment de dialogue avec lui !

Et ce dialogue ne doit pas forcément être imposé par la nécessité d’écouter un corps en crise : la séance peut être justement un moment livré au plaisir de sentir son corps, de le voir jouer, nous étonner. Le yoga est aussi un « art de la joie » (titre d’un très beau roman).

Les chats sont connus comme des modèles de yoga tout à fait pertinents !

  • Le but, c’est que la posture/toute posture devienne confortable voire agréable, même en faisant la toupie sur le bout du nez ! (Je vous rassure tout de suite : ce n’est pas au programme).


9) Une 1ère notion qui me paraît intéressante : la limite/le limes (latin) romain

Le terme limes peut comporter deux significations :

  1. Le mot peut être considéré comme frontière ou limite, avec comme équivalent la Grande Muraille de Chine ou plus tard la Ligne Maginot. Pour les Romains, ce terme signifie qu'il s'agit d'une barrière pour défendre l'intérieur de l'Empire romain (sens utilisé pour la première fois par Frontin1 et Tacite2 au Ier siècle).

  2. Le terme peut signifier chemin ou route, c'est-à-dire la voie qui mène vers des territoires nouvellement conquis (ou à conquérir), comme le limes germanique sous Auguste, qui longe la rivière Lippe. Cette frontière était gardée par plusieurs places d'auxiliaires ou de légionnaires.

Cette double définition correspond exactement à l’optique du yoga.

Dans le sens 1 :

  • Pour ne pas se nuire, accepter les limites de son corps au lieu de les nier, de se vautrer dans une illusion de toute-puissance et de gérer les frustrations voire les accidents conséquents (pas cool mais salutaire)

  • Mais aussi dessiner les frontières de son corps, entrer dans des sensations de plus en plus fines, des actions de plus en plus précises (plus rigolo !).

Dans le sens 2 :

  • Une fois qu’on a une conscience claire de ses limites, justement, travailler autour en fonction de l’état du moment (puisque la pratique du yoga est une action… voire originellement une ascèse) !

  • envie d’aller plus loin ?

  • Dans l’effort (ex postures toniques) ou dans… le relâchement (faire baisser les résistances) 

  • En endurance (temps dans la posture) ou en progression (un petit peu plus loin, un petit peu moins d’adaptation, et avant tout : un peu plus juste encore...)

  • Ou « cocooner » dans la posture ?

  • A vous d’inventer !


10) Une 2e notion qui me paraît intéressante : celle de négociation
Aujourd’hui, « négocier », c’est rechercher un accord entre des parties aux intérêts divergents (ici, par exemple : mes muscles par rapport à ma volonté, l’angle de mes cuisses par rapport à ma sensation d’inconfort…).

Le mot apparaît dans la langue française au XVe siècle, emprunté au latin negotiari (« faire des affaires »). C’est le début de l’époque où les « négociants » prennent tous les risques, lancent leurs vaisseaux à travers mers et océans, repoussent les limites du monde connu, (tiens, comme la notion de limes). Ils développent le « commerce », ce beau mot ne couvre pas seulement la notion d’échange marchand mais d’échange tout court, comme celui de la conversation.

Or faire des affaires, c’est travailler, c’est le contraire de l’oisiveté : neg-otio. Mettre d’accord des parties aux intérêts divergents, c’est une activité aussi belle qu’ambitieuse !


  1. Quand on fait du yoga, est-ce qu’on devient toujours « zen » ?


Il y a une vraie parenté entre le yoga et le zazen : l’un comme l’autre sont, au bout du compte, des arts de l’assise. Aussi paradoxal que cela puisse paraître parfois, la finalité du yoga est l’immobilité, de même que celle du zen, cette immobilité étant à la fois l’image et la condition de la méditation (on a vu plus haut que c’était la véritable finalité du yoga). J’aime bien définir le yoga comme une « méditation en acte ».

Mais tout cela n’est « que » l’aspect culturel. Concrètement, est-ce que le yoga me permet de ne pas m’énerver quand mes gamins ont renversé les pots de fleurs, que je dois partir en mission le jour de mon anniversaire de mariage (et donc affronter l’énervement de ma femme) et que ma grand-mère qui a la maladie d’Alzheimer s’est échappée pour la troisième fois de sa maison de retraite ?

Plusieurs réponses :

  • Court terme : Sur le plan pratique, la pratique de la respiration consciente peut jouer le rôle d’instrument anti-stress toujours à disposition.

  • Moyen terme : La conscience accrue de soi, de son corps, de ses réactions qui se développe et s’affine encore par le yoga n’est pas un anti-stress, mais elle permet de faire émerger plus vite à la conscience l’état véritable de la personne. A elle de voir quelles conséquences elle veut en tirer. Par exemple : laisser les manifestations immédiates sortir, ou au contraire ne rien laisser paraître par un contrôle accru de soi, ou s’accorder une pause avant de réagir aux événements...

  • Long terme : L’une des étapes du yoga est le « retrait des sens », le détachement (prathyâra). Cela peut être un effet lent, long terme, pas forcément conscient ou volontaire de la pratique du yoga.

Rien de magique, comme toujours, juste une ouverture du champ des possibles.


  1. On dit qu’on ne doit jamais souffrir en yoga, pourtant certaines postures me font mal !


Première réponse : il faut distinguer entre l’inconfort et la douleur. L’inconfort, c’est assez fréquent : c’est tout simplement le fait qu’on remet le corps en jeu dans des possibilités qu’il a, mais qu’il a oubliées ou qui se sont rétrécies par absence de sollicitation. Que ce qui était inconfortable à la première séance devienne facile à la 10ème est un exemple typique des progrès qu’on peut faire en yoga, à force de pratique et de connaissance de soi. La douleur forte, elle, indique qu’on va au-delà de sa limite du moment, et donc qu’on est plus en yoga mais en compétition (quelle que soit la nature du concurrent, réel ou mental) ce qui n’a aucun intérêt et présente un vrai danger.

Deuxième réponse : il y a plusieurs traductions différentes à « hatha » dans « Hatha-Yoga », et l’une d’entre elles est « force, volonté ». Le yoga et le spa, ce n’est pas exactement le même combat… Le yoga est aussi une voie qui propose un travail, un effort – même si cet effort, paradoxalement, est parfois de lâcher prise. Pour moi, la clé de ce travail est l’écoute de soi : une même posture peut être travaillée de façon complètement différente suivant l’humeur du jour, l’envie du jour. Comme en cuisine : ce sont les mêmes carottes, mais revenues au beurre avec du persil pour accompagner une viande ou en soupe au coco froide en dessert, ce n’est pas la même expérience ! C’est donc vous, en définitive, qui interprétez votre séance à partir de ma proposition.


  1. Que faire avant une séance de yoga ?


- Ce qu’on a envie de faire et ce qu’on a à faire, bien sûr !

- Il est souvent déconseillé de manger… trois heures avant la séance. Certes, le ventre creux évite d’encombrer le corps de tout superflu. Mais il faut relativiser : évidemment, se resservir trois fois en choucroute avant de se mettre en chandelle peut amener quelques désagréments ! Mais si vous digérez sans difficulté et que vous adaptez votre alimentation à la perspective du yoga (pas trop lourd, mais en prévoyant de ne pas tomber en hypoglycémie non plus), ça n’est pas incompatible.

- en revanche, je conseille :

de se moucher, pour bien dégager les voies respiratoires

de se laver les mains, ou de se changer en conscience, ou de se réciter une citation qu’on aime… en tout cas de s’inventer un petit rite pour marquer son entrée en séance. Ce rite peut ne rien avoir d’ostentatoire. Ainsi pour ma pratique personnelle, mon rite tient simplement à ma façon de m’allonger sur le tapis.


  1. Que faire après une séance de yoga ?




  • Ce qu’on a envie de faire et ce qu’on a à faire, bien sûr !

  • Si on est un peu sur un petit nuage, prendre le temps de resdescendre, aménager un petit sas, que ce sas soit de 3 secondes ou 5 minutes (ou plus). Sortir de la séance, c’est comme sortir d’une posture : mieux vaut ne pas aller jusqu’au bout de la capacité pour éviter la sortie brutale, mais au contraire garder une toute petite latitude pour une sortie consciente, sereine.

  • En fonction de l’effet de la séance, profiter de l’écho de cet effet : c’est le soir et la séance vous a donné envie de dormir ? Allez vous coucher tout de suite ! C’est le soir et la séance vous a donné la pêche ? Allez vous promener ! Le but du yoga est de vous amener au plus près de vos sensations, à vous de leur donner toutes leurs dimensions.




  1. Comment progresser en yoga ?


On a vu que, même si le corps est un moteur, le yoga ne se réduit pas à une pratique physique. Vouloir progresser en yoga, cela veut donc dire pratiquer assidument, en toute conscience, pour faire apparaître et laisser s’épanouir toutes les dimensions de la personne. Je l’ai défini comme un « art de la joie » ; je paraphraserai un autre titre : le yoga n’est pas « la possibilité d’une île », c’est « la possibilité de l’Etre ».
Alors, à votre tour, comme les marchands vénitiens de la Renaissance croulant sous les soieries et les épices, les ermites nus seulement nourris d’air et de soleil dans la vallée de l’Indus, les acrobates et les astronautes délivrés de la pesanteur, partez à la conquête de l’inconnu… en vous !


1 D’ailleurs, de façon révélatrice, les profs de yoga entre eux ne parlent jamais de « souplesse », mais de « liberté » : liberté des hanches, des épaules etc…

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