Imc et grossesse : le point de vue du Nutritionniste








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IMC et grossesse : le point de vue du Nutritionniste

Christine VAN EGROO

CH des 4 villes – centre de Sèvres

92310 Sèvres

L’étude OBEPI-Roche 2009 a montré que l’obésité de la femme se majorait très régulièrement tout au long de la vie de la femme avec une plus forte progression entre 18-24 ans et 25-34 ans, la femme comme l’homme d’ailleurs prend en moyenne entre 0.5 et 1 kg/an durant ces 10 années.

Mais en 2009 seuls 4.7% des femmes entre 18 et 24 ans étaient considérées comme obèses d’après cette enquête. Alors que l’étude INCA 2 considère que 16% des filles de 3-10 ans sont déjà obèses à cette même période, une forte augmentation des femmes, en âge de procréer, est donc à prévoir avec environ obèses dans les 10 années futures.

Ces résultats sont corroborés par l’enquête nationale périnatale 2010, les femmes sont de plus en plus souvent obèses ou en surpoids : 17,3% de femmes en surpoids avant leur grossesse et 9,9% d’obèses, ce qui majore le risque de diabète gestationnel et de macrosomie d’autant que les femmes sont plus âgées au moment de la conception, en effet l’âge moyen au moment de la naissance est de 29,7 ans et 19% des femmes ont plus de 35 ans (contre 16% en 2003 et 12,5% en 1995).

(Les maternités en 2010 - Premiers résultats de l’enquête nationale périnatale, Ministère de la santé - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) Etude et résultats N°776)

Enfin la grossesse elle-même peut être la cause d’obésité secondaire en cas de prise de poids excessive , en cas de grossesse tardive, en cas de diabète gestationnel et surtout lors des grossesses multiples et/ou rapprochées

Le problème du poids chez la femme en âge de procréer va donc devenir un problème de santé publique

Le problème se pose d’autant plus crucialement que la femme ne s’investit pas dans sa grossesse avant le 3° mois, que la prise pondérale (même excessive) est subie, acceptée et considérée comme inévitable.

Quelle est la prise en charge actuelle de la femme enceinte ?

Elle est vue une première fois pour la déclaration de grossesse puis une visite mensuelle est préconisée avec mesure du poids, les conseils nutritionnels classiques sont donnés (toxoplasmose, listériose…) puis la visite du 4° mois est réalisée par les sages femmes. Malheureusement l’alerte est trop tardive, et il n’y a pas de prise en charge nutritionnelle particulière.

De plus seules 21% des femmes enceintes ont bénéficié de cet entretien prénatal selon l’enquête nationale périnatale 2010 parmi lesquelles seules 31% étaient des primipares et 14% des multipares

Pas de prise en charge systématique après la précédente grossesse lorsqu’il y a une prise de poids trop importante, les recommandations sont donc mal appliquées

L’objectif : Agir par une consultation spécifique de Nutrition en pré et post natal :

1) En amont de la grossesse et pourquoi pas dès la mise sous pilule ou son renouvellement à partir de 18 ans ?

Dans tous les cas une consultation préconceptionnelle devrait être systématique dès l’arrêt de la contraception, en remplacement de la visite prénuptiale. Ce serait l’occasion pour le médecin généraliste ou le gynécologue de faire le point sur l’état nutritionnel (Poids ; Taille; IMC) de la patiente et lui conseiller en fonction de son âge et de son IMC de faire un bilan nutritionnel avec un spécialiste, afin de la sensibiliser le plus tôt possible (dès un IMC à 25) aux problèmes liés au surpoids sur la fécondité, le risque de fausses couches et de malformations éventuelles. L’objectif est d’informer sans affoler mais avec fermeté.

IMC

Conduite à tenir

Bilan Bio ?

Consultation spécialisée

18

Bilan nutritionnel minimum par le MG ou le gynécologue : PNNS? Bouger? Manger?

Pas systématique

A la demande

25

Bilan nutritionnel minimum

NFS, Vit D, glycémie à jeun, TSH, EAL, Ferritine

consultation de nutrition spécifique de dépistage

IMC >30 ou IMC< 18

prise en charge nutritionnelle systématique

NFS, Vit D, glycémie à jeun, TSH, EAL, Ferritine

Prise en charge tout au long de la grossesse

IMC > 40

prise en charge nutritionnelle systématique

NFS, Vit D, glycémie à jeun, TSH, EAL, Ferritine

chirurgie bariatrique? Pas systématique (ne convient pas à tout le monde)

2) Pendant la grossesse, le plus tôt est le mieux, mais il n’est jamais trop tard, quelque soit le moment de la grossesse le nutritionniste peut agir et proposer des solutions adaptées afin de stabiliser la prise de poids et prévenir le diabète gestationnel.

En effet même à 7 mois de grossesse on peut ne plus grossir sans pour autant entrainer un quelconque risque pour son futur bébé. La maman utilisant alors les réserves crées pendant les premiers mois de la grossesse.

3) Après la grossesse, une consultation nutritionnelle devrait être systématique si la prise de poids dépasse 15 kg ou si un facteur de risque est présent comme le diabète gestationnel. En effet, permettre aux femmes de revenir à leur poids d’avant leur grossesse est un moyen de prévention de l’obésité des femmes de 40 ans. En effet le National Institute for Health and Clinical Excellence a édité en 2010 des recommandations : “Weight management before, during and after pregnancy » confirmant le bien fondé d’une prise en charge du surpoids et de l’obésité de la femme après l’accouchement :

il faut expliquer aux femmes

    • Les risques pour la santé associés à l’obésité, pour elles-mêmes et pour l’enfant à naître si elles sont à nouveau enceintes,

    • les encourager à perdre du poids et leur proposer un programme structuré de perte de poids

les orienter vers un Nutritionniste ou un diététicien

    • Celui-ci leur proposera une évaluation personnalisée, des conseils sur l’alimentation et sur l’activité physique et des conseils sur des stratégies de modifications comportementales telles que l’établissement d’objectifs. Indiquer aux femmes qui ne sont pas encore prêtes à perdre du poids où elles pourront obtenir un soutien quand elles seront prêtes.

Utiliser les techniques de changement de comportement

    • pour motiver et soutenir la personne.

Il faut également encourager l’allaitement et informer les femmes que perdre du poids en mangeant sainement et en ayant une activité physique régulière n’affectera pas la quantité ou la qualité de leur lait.

C’est pourquoi on peut proposer ce schéma thérapeutique de prise en charge du poids avant pendant et après la grossesse. Même si la consultation préconceptionnelle semble être le moment idéal pour intervenir en amont et essayer de modifier durablement les habitudes alimentaires des patientes , il ne faut pas négliger les autres périodes soit la grossesse où la femme est plus sensible aux conseils de bonne alimentation car elle souhaite être la meilleur mère possible et avoir le plus beau bébé du monde.

Mais également après la grossesse où elle est en forte demande de réconfort pour essayer de retrouver sa taille et son poids d’avant la grossesse et se ressentir un peu féminine et non plus seulement mère.


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