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1Etat des lieux des connaissances actuelles sur le RGO :

1.1Le RGO :


Tout d’abord évitons la confusion des termes : rejet, vomissement, reflux gastro-œsophagien… Tous ne sont pas synonymes et ne présentent pas le même caractère d’importance. Le rejet est un simple renvoi de lait non digéré, tandis que lors d’un vomissement les aliments ont commencé à être digérés et le contenu gastrique est émis involontairement avec force (contractions des muscles abdominaux et thoraciques). Le reflux gastro-œsophagien, se traduit par des remontées d'une partie du contenu gastrique dans l’œsophage, puis dans la bouche, involontairement et sans effort. Généralement peu abondants, ils ne sont pas suivis de nouveaux efforts de déglutition.

Longtemps considéré comme physiologique le RGO est une véritable maladie qui peut revêtir des aspects cliniques graves et ses risques de complications ne doivent pas être négligés. En effet, la nature du RGO est chez l'enfant presque exclusivement acide, le reflux bilieux étant exceptionnel.

Nous avons considéré le RGO primaire par opposition au RGO secondaire. Les RGO secondaires étant l’expression d’autres situations pathologiques : allergies alimentaires, infections (gastro-intestinales, urinaires, méningite, etc.), malformations (cérébrales, neurologiques, thoraciques, sténose du pylore, insuffisance rénale, hyperplasie congénitale des surrénales, etc.), la maladie cœliaque, les maladies métaboliques ou endocriniennes, traumatiques (hématome intracrânien, hypertension intracrânienne).

1.1.1Données physiopathologiques (cf. figure 1) :


La défaillance du système anatomique anti-reflux sous forme de hernie hiatale est rare chez l'enfant. Elle n'implique pas plus que chez l'adulte la présence d'un RGO. En revanche la faible longueur du segment intra-abdominal de l’œsophage prédispose le nourrisson : lors des épisodes d’hyperpression abdominale l’œsophage ne se collabe pas pour s’opposer au reflux.

Après le reflux, la durée de l’agression (pH inférieur à quatre) de la muqueuse œsophagienne dépend de la rapidité avec laquelle l’œsophage se débarrasse de la matière refluée. Une fois que l’onde péristaltique initiale (primaire) est passée, la clairance de l’œsophage se produit grâce à une ou deux ondes péristaltiques secondaires, même s’il arrive souvent qu’une portion du bol alimentaire reste dans l’œsophage. Le petit résidu acide qui adhère à la muqueuse est alors neutralisé par la salive. Elle a un double rôle : son pH alcalin neutralise l’acidité résiduelle et son volume a un effet de masse qui induit des déglutitions. Dans le RGO, les troubles de salivation ou de la fonction motrice œsophagienne altèrent la clairance de l’œsophage.

La maturation du sphincter inférieur de l'œsophage (SIO) est rapide avec augmentation de taille au cours des premières années et apparition précoce d'un tonus basal normal en quelques semaines. Le RGO peut être dû à une baisse constante du tonus basal (1/3 des cas) ou à des relaxations transitoires inappropriées du sphincter. Ces relaxations inappropriées sont, physiologiquement, plus nombreuses en périodes post-prandiales et en relation avec la distension gastrique. Celle-ci est d’autant plus importante que l’alimentation, liquide, du nourrisson est répétée fréquemment étant donné le petit volume de l’estomac (40 ml). Elles s’accompagnent également d’une relaxation du diaphragme permettant l’éructation.

Le ralentissement de la vidange gastrique, peut être considéré comme primaire ou secondaire à un pylorospasme, lui-même induit par l’irritation des fibres œsophagiennes du nerf vagal. L’irritation étant causée par la nature acide du reflux.

Une baisse de tonicité ou d’élasticité de la jonction oesophago-cardio-tubérositaire (JOCT) entraîne une incompétence fonctionnelle du « sphincter » cardial. L’angle de His, ou incisure cardiale, entre l’œsophage et la grosse tubérosité de l’estomac, devient obtus. Les fibres musculaires de Rouget et Juvara diminuent leur tonus. Les fibres du ligament gastro-phrénique, et celles de Leimer2 n’assurent plus une suspension efficace de l’estomac (pression thoracique inférieure à la pression abdominale). De ce fait, le repli muqueux ou valvule cardio-œsophagienne de Gubarov, n’est plus continent.

Par ailleurs une origine génétique pourrait être envisagée pour les RGO sévères et chroniques (voir annexe V).



Figure 1 : facteurs physiopathologiques du RGO.

Schéma de l’auteur

1.1.2Clinique :


Nous nous limiterons à l’étude clinique par regroupement symptômatique par période d'âge jusqu'à la fin de la première enfance. Il est habituel de séparer trois périodes : avant deux-trois mois (nouveau-né, jeune nourrisson); de deux-trois mois à 15-18 mois (première enfance) ; au-delà de 15-18 mois (deuxième enfance).
1.1.2.1La période de zéro à deux-trois mois :

Le RGO est fréquent pouvant se présenter sous des formes graves. La prématurité semble jouer un rôle particulier : les enfants se bâtissent en hyperextension ce qui provoque une traction de l’œsophage, ouvrant l’angle de His, ce qui rend le dispositif valvulaire anti-reflux inefficace. Il n'y a pas de prédominance d'un sexe.

  • Les formes digestives : Elles sont les plus fréquentes, associant syndrome émétisant et douloureux, faisant suspecter une œsophagite.

    • Les régurgitations ;

    • Les vomissements ;

    • L'hémorragie digestive : voir les formes hémorragiques ;

    • Les manifestations douloureuses : elles sont d'expression très variable avec l'âge : agitation, cris préprandiaux et refus de boire, crises de pleurs chez les nouveaux-nés et nourrissons. Les douleurs épigastriques avec brûlure, voire authentique pyrosis peuvent être exprimées par l'enfant.

    • La dysphagie ne survient que rarement et après une évolution longue.

Le RGO peut s'associer à la sténose hypertrophique du pylore (syndrome de Roviralta)3.

    • Le retentissement sur la croissance est variable et s'exprime surtout au plan pondéral.

  • Les formes hémorragiques : secondaires à une œsophagite peptique dans le cadre du RGO, elles sont d'abondance variable s'exprimant le plus souvent par quelques "filets" hémorragiques dans les vomissements, parfois hématémèse de sang rouge ou noirâtre. Parfois très précoces dès les premières heures de vie, les hémorragies peuvent être potentialisées par des troubles de la coagulation (hypovitaminose K). Plus rarement elles s’expriment par un méléna ou une anémie microcytaire par saignement occulte.

  • Les malaises : sous ce terme on regroupe des tableaux cliniques différents mais dont la signification est en fait analogue. Il s'agit d'accidents aigus survenus de façon brutale et inopinée avec une symptômatologie cardio-respiratoire parfois associée à des troubles neurologiques.

Dans le RGO, à côté d'accidents d'inhalation évidents, on peut noter :

  • Des accès de cyanose ou de pâleur ;

  • Des bradycardies ;

  • Des apnées ou dyspnées laryngées brutales ;

  • Des accès d'hypotonie.

La gravité clinique est très variable avec récupération parfois spontanée et rapide ou au contraire après manœuvres de réanimation (massage cardiaque externe et ventilation assistée par bouche à bouche). On est alors dans le cadre du "Near-Miss" ou mort subite "rattrapée".

Ils sont tout particulièrement notés dans cette tranche d'âge correspondant à celle de la mort subite inattendue du nourrisson (fin du premier mois - fin de la première année avec un maximum très net de fréquence entre deux et quatre mois). Ces malaises paroxystiques seraient liés à des accidents d'inhalation ou à un phénomène réflexe vago-vagal mis en jeu par stimulation de chémorécepteurs par le liquide gastrique. Ces chémorécepteurs se situent à plusieurs niveaux : fosses nasales, larynx, trachée, pharynx et œsophage. Le risque de malaise réflexe serait d'autre part potentialisé par une hypertonie vagale (étudiée par la recherche d'une asystolie par réflexe oculocardiaque4). La présence de malaises fait rechercher un RGO par divers examens complémentaires mais il faut d'autre part établir une relation de cause à effet RGO-malaise. On retient comme arguments :

  • La disparition des malaises sous traitement anti-reflux ;

  • La relation chronologique RGO-apnée sur des enregistrements couplés pH-métriques et cardio-respiratoires ;

  • Le passage pulmonaire de l'isotope en scintigraphie œsophagienne.

La découverte du RGO ne dispense bien sûr pas de faire une enquête étiologique complète, notamment cardio-respiratoire et neurologique.

  • Anomalies de posture avec torticolis : elles peuvent être secondaires au RGO dans le cadre du syndrôme de Sandifer5.

L'évolution du RGO de la période néonatale : elle est en règle générale bénigne pour les formes digestives et hémorragiques. Les malaises posent un problème différent : la réelle efficacité du traitement anti-reflux doit être contrôlée par enregistrement pH-métrique si les malaises persistent.

1.1.2.2La première enfance (de trois mois à l'âge de la marche) :

Il existe une prédominance masculine (60 %).

  • Les formes digestives : Ce sont les plus fréquentes (80 % des cas) associant régurgitations, vomissements, manifestations douloureuses, hémorragies digestives. Un retard pondéral est fréquent (30 % des cas).

  • Les formes respiratoires ou ORL chroniques : représentent 20 % des cas. Il est difficile d'établir la responsabilité du RGO dans les symptômes présentés, d'autant que des troubles de la déglutition peuvent se présenter sous le même aspect.

Il s'agit de :

  • Bronchites répétées (à composante asthmatiforme éventuelle) ;

  • Pseudo-asthme ;

  • Pneumopathies répétées (surtout des lobes moyen et inférieur droits) ;

  • Toux chronique (surtout nocturne) ;

  • Infections ORL (notamment otites, laryngites, pharyngites et trachéites à répétition).

Incriminer le RGO dans la genèse d'une maladie respiratoire chronique nécessite donc de recueillir les arguments :

  • Les antécédents de vomissements néonataux ;

  • Le caractère nocturne ou lié au décubitus des signes ;

  • L'absence de caractère saisonnier ;

  • La localisation droite des pneumopathies ;

  • La négativité de l'enquête étiologique (recherche de déficit en IgA, test de sueur, enquête allergologique).

Les examens explorant le RGO apportent des données précieuses :

  • Passage pulmonaire en scintigraphie ;

  • Prédominance nocturne du RGO en pH-métrie ou survenue de signes respiratoires simultanément à la chute du pH ;

La responsabilité directe du RGO est souvent affirmée à posteriori devant la disparition des troubles respiratoires sous traitement anti-reflux.
L'évolution du RGO de la 1ère enfance : A moyen terme et avec un traitement correct (rarement chirurgical), elle est favorable. L'acquisition de l'orthostatisme et de la marche est une étape essentielle dans la maturation du système anti-reflux et correspond dans la majorité des cas à la diminution ou à la disparition de la symptômatologie. Le RGO peut disparaître même si une anomalie anatomique (hernie hiatale) persiste. L'évolution individuelle d'un RGO chez un enfant donné est cependant imprévisible.


Cas particuliers :

Il faut souligner les particulières fréquence et gravité du RGO :
- Chez les enfants ayant été opérés d'une atrésie de l'œsophage avec haut risque de sténose sur l'anastomose dûe à l'œsophagite ;

- Chez les enfants présentant un retard mental grave ou une encéphalopathie. La plus grande fréquence et la gravité du reflux sont dues à la baisse du tonus du SIO, l'état grabataire, les déformations rachidiennes, la spasticité de la sangle abdominale et le recours fréquent à l'alimentation par sonde nasogastrique.


1.1.3Diagnostic positif :


L'indication des examens complémentaires est dépendante des différents tableaux cliniques.

  • Les tableaux "digestifs" typiques du nourrisson : le diagnostic du RGO peut reposer sur la seule clinique sans nécessité de le confirmer par des examens complémentaires.

  • Les malaises : le RGO doit être affirmé et la relation RGO-malaise doit également être établie par :

  • pH-métrie nocturne ou de 24 heures couplée à un enregistrement cardio-respiratoire (séquence RGO-apnée) ;

  • TOGD6 qui, plus que pour rechercher un RGO, reste surtout indiqué pour détecter une autre cause de malaise (arc vasculaire anormal, trouble de déglutition, etc.) ;

  • Eventuellement scintigraphie œsophagienne (passage pulmonaire).

  • Les tableaux respiratoires chroniques : on pratique :

  • pH-métrie nocturne ou sur 24 heures (durée moyenne du reflux nocturne). La confrontation des données paracliniques permet au mieux d'établir la relation de cause à effet RGO-signes respiratoires ;

  • Eventuellement scintigraphie (passage pulmonaire).



1.2Consensus actuel de traitement médical du RGO :

1.2.1Médicalement :

1.2.1.1Les buts sont :

  • De reconstituer la compétence du système anti-reflux ;

  • De neutraliser le reflux acide ;

  • D'augmenter la résistance de la muqueuse œsophagienne.



1.2.1.2Les moyens :

    • La position : la meilleure position anti-reflux est le décubitus dorsal surélevé à 30-40° dans un harnais. Cette position a de multiples avantages :

  • Elle diminue la fréquence du reflux ;

  • Elle favorise la vidange gastrique ;

  • Elle est bien tolérée par les nourrissons dont le sommeil n'est pas perturbé ;

  • Elle évite les accidents rencontrés dans l'orthostatisme plus franc (scoliose, torticolis).

La position surélevée ventrale n'est plus conseillée devant les données épidémiologiques sur la mort subite du nourrisson et la position ventrale. Le positionnement en "baby relax" paraît devoir être abandonné du fait de l'hyperpression abdominale secondaire au "tassement" du nourrisson.

    • Les mesures hygiéno-diététiques : elles consistent en :

  • La diminution du volume des repas par fractionnement ;

  • L'épaississement des repas (Gélopectose, Gumilk, Maïzena) ou utilisation de laits pré-épaissis ;

  • La suppression des aliments (chocolat) et des médicaments à effet dépresseur sur le SIO (théophylline) ;

  • Surveiller une tétine trop percée ou mal adaptée ;

  • Il faut veiller à donner le biberon ou la tétée dans un environnement calme ;

  • La soustraction de l'enfant à un environnement tabagique.

    • Les médicaments : On a recours à :

    • des médicaments améliorant la "mécanique" antireflux, comme :

      • le Cisapride (Prépulsid®) qui augmente la pression du SIO et accélère la vidange gastrique (prendre en compte et évaluer le risque potentiel de troubles du rythme cardiaque pouvant être graves) ;

      • le Métoclopramide (Primpéran®) : traitement symptômatique des nausées et vomissements ;

      • la Dompéridone (Motilium®, Péridys®) : soulagement des symptômes de types nausées et vomissements ;

      • le Bétanéchol (Urécholine®) et la Trimébutine (Débridat®) sont plus rarement indiqués. Ils soulagent les douleurs liées aux troubles fonctionnels du tube digestif et des voies biliaires ;

    • des médicaments diminuant la nocivité du reflux, comme :

      • les antiacides qui neutralisent l'acidité du liquide gastrique refluant (Gaviscon®) ;

      • les topiques protecteurs tels que la Smectite (Smecta®) ;

      • les inhibiteurs de la sécrétion acide gastrique, la cimétidine (Tagamet®, Stomédine®) ou la ranitidine (Azantac®, Raniplex®).



1.2.1.3Les indications :

Le traitement médical doit toujours être mis en route en première intention en associant :

  • L'orthostatisme ventral permanent ;

  • L'épaississement des biberons ;

  • Un agent modificateur de la pression du SIO ;

  • Un agent neutralisant.

Les inhibiteurs de la sécrétion acide gastrique ne se conçoivent qu'en cas d'œsophagite peptique authentifiée à l'endoscopie et pour de courtes périodes (un à deux mois maximum).

1.2.1.4La durée du traitement :

Elle est difficile à codifier. Théoriquement, le traitement médical doit être poursuivi jusqu'à l'âge de la marche (12-18 mois). En fait, un relâchement est souvent observé dans le suivi du traitement avant d'avoir atteint cet âge. Plutôt que de prescrire sans modulation un traitement mal suivi, il vaut mieux discuter régulièrement (tous les deux-trois mois) de son utilité en fonction :

  • De l'âge de l'enfant au début du traitement ;

  • De l'évolution des signes ;

  • De la courbe de croissance staturo-pondérale ;

  • Des données d'éventuels examens paracliniques.

Par contre, la persistance du RGO une fois la marche acquise impose un bilan complet (pH-métrie de 24 heures, fibroscopie) pour adapter le traitement médical et envisager un traitement chirurgical.

1.2.2Traitement chirurgical

1.2.2.1Les buts sont :

  • De replacer l'œsophage terminal dans l'abdomen ;

  • De rétrécir l'orifice œsophagien du diaphragme ;

  • De reconstruire un dispositif valvulaire.



1.2.2.2Les méthodes :

Elles sont identiques chez l'enfant et l'adulte : fundoplicature complète (opération de Nissen7) associée ou non à une pyloroplastie.
1.2.2.3Les indications :

Certaines sont quasi formelles :

  • Sténose peptique ;

  • Œsophagite peptique persistant après acquisition de la marche ou sur les terrains débilités (encéphalopathies) ;

  • Grandes hernies para-cardiaques ou médiastinales.


D'autres indications sont discutées en étroite collaboration médico-chirurgicale :

  • Les malaises graves persistant sous traitement médical avec contrôle pH-métrique ;

  • Les œsophagites avant un an résistant au traitement médical (anti H2) ;

  • Les formes respiratoires chroniques résistant à un traitement médical bien suivi et après établissement d'une relation formelle de cause à effet.



1.3Etudes antérieures et arguments cliniques de traitement ostéopathique du RGO :



Les différentes recherches réalisées ont permis d’établir une liste de huit mémoires traitant directement ou indirectement du RGO. Malheureusement, nous n’avons pu nous procurer les copies que de cinq d’entre eux. Nous avons choisi de présenter les synthèses de ces travaux selon leur ordre chronologique de soutenance.

1.3.1STAF V., Ostéopathie et pédiatrie : réflexions sur l’intérêt d’un traitement ostéopathique dans le cadre d’un reflux gastro-œsophagien compliqué, collège I.W.G.S. :


Ce mémoire fait partie de ceux que nous n’avons pu nous procurer. En revanche son résumé était consultable sur le site de l’Académie d’Ostéopathie8.

Monsieur Staf a étudié le reflux gastro-œsophagien compliqué en centre médical pédiatrique pendant deux ans, au sein d’une équipe de spécialistes. Il est vraiment regrettable de n’avoir pu obtenir ce mémoire qui a évalué avec pH-métrie le traitement ostéopathique réalisé. Nous ne connaissons donc pas le nombre de petits patients, ni leurs âges. D’après les mots-clefs il nous semble que le traitement utilisé est essentiellement crânien. Le résumé ne contient pas, non plus, les conclusions de l’auteur.

1.3.2DOTTOR S., L’asthme de l’enfant une nouvelle voie étiologique le reflux gastro-œsophagien, collège I.W.G.S., Lyon le 23/06//1989 :


Monsieur Dottor expose son expérience sur une population de 20 enfants asthmatiques âgés de 18 mois à 12 ans, au service de pédiatrie de l’hôpital J. Verdier. Il présente le « cercle vicieux »9 constitué par l’association de deux maladies : RGO et asthme. Que le RGO soit préexistant à la maladie respiratoire ou pas, il aggrave cette pathologie. En effet l’acidité du reflux au contact de la muqueuse œsophagienne, déclenche un « réflexe œso-bronchique »10 bronchoconstricteur. De plus, le traitement même de l’asthme par la théophylline entraîne une relaxation des fibres musculaires lisses du SIO, favorisant ainsi le RGO. Ces enfants ayant une prédisposition atopique, leur exposition à des facteurs favorisants déclenche les crises. Or, comme le dit M. Dottor « le poumon de l’enfant est un poumon en voie de développement et éviter l’insuffisance respiratoire à l’âge adulte (…) signifie permettre une croissance pulmonaire normale pendant l’enfance (…) »11. Ceci est possible en traitant les facteurs étiologiques des crises comme le RGO.

Ils présentent tous un RGO dont le pourcentage de reflux étudié en pH-métrie est supérieur à 5%.12 Les 20 enfants ont été hospitalisés pour une crise d’asthme. Ils ont tous été traités allopathiquement pour leur reflux et soit pour leur crise soit en traitement de fond pour l’asthme. 10 enfants ont été traités ostéopathiquement : le traitement consistant à rééquilibrer leur diaphragme et leur SIO. L’auteur précise que chaque enfant a eu un examen ostéopathique complet (crânien, viscéral et musculo-squelettique) mais n’expose pas les techniques utilisées ni les zones traitées. Il aurait été intéressant, sans vouloir « standardiser le traitement (…) ou les ostéopathes »13, de voir si l’association asthme-RGO entraînait des dysfonctions particulières communes aux enfants reçus.

Au final, Monsieur Dottor constate que « l’association des deux traitements allopathique et ostéopathique réduit très nettement le nombre de crises », d’autant plus que le groupe traité ostéopathiquement était globalement plus atteint : nombre de crises et importance du RGO supérieurs. Remarquons que parmi les enfants traités ostéopathiquement, l’un avait été opéré d’une sténose du pylore et deux autres d’une adénoïdectomie, alors que parmi les enfants témoins, seul un avait subi une adénoïdectomie. L’étude statistique montre aussi que :

  • L’intensité du RGO et l’asthme ne sont pas corrélés pour cet échantillon ;

  • L’amélioration (nombre de crises avant traitement et après traitement ostéopathique) n’est pas en rapport avec l’intensité du RGO ;

  • Le nombre de séances n’est pas lié à l’importance du RGO, en revanche les crises d’asthme sont un facteur de multiplicité de traitement (les enfants ont été traités entre deux et 10 fois, soit une moyenne de 5,7 consultations par enfant).



1.3.3BEAUNE C., Apport de l’ostéopathie dans le traitement des vomissements « fonctionnels » chez les nourrissons, Bordeaux le 22/06/1990 :


Claire Beaune développe l’expérience conduite auprès de deux groupes de sept nourrissons âgés de zéro à six mois au sein du centre de protection infantile de Pantin. Ils souffrent de vomissements « habituels » ou « fonctionnels » avec RGO. Les bébés du groupe A reçoivent « un traitement ostéopathique associé ou pas à certaines modifications alimentaires et à la mise en orthostatisme après l’ingestion du repas ».

Les enfants du groupe B reçoivent le traitement médical « habituellement prescrit dans le centre d’étude ». Un bilan médical initial est réalisé avec évaluation d’un coefficient de gravité (COGRA) allant de zéro à 18 en fonction de la quantité, de la fréquence et des complications du RGO. Ostéopathiquement, une évaluation des critères de restriction en ostéopathie (E.C.R.O.) initiale est réalisée (zéro pour une structure libre à six pour un blocage complet) sur des éléments précis :


Structures ostéo-articulaires :

Dure-mère crânio-rachidienne :

  • Jonction occipito-atloïdo-axoïdienne ;

  • Mobilité de la symphyse sphéno-basilaire (SSB) et de la base du crâne ;

  • Examen zones dorsales et charnières.




Structures myo-fasciales :

Structures viscérales :

  • Sterno-cleïdo-occipito-mastoïdien (SCOM) ;

  • Trapèze ;

  • Diaphragme ;

  • Psoas.

  • Mobilité de la JOCT et tension du complexe gastro-œsophagien ;

  • Mobilité de l’estomac ;

  • Mobilité intestinale ;

  • Mobilité et motilité du foie et de la vésicule biliaire (VB).


« En début de traitement, seront habituellement proposées deux à trois séances par semaine. (…) puis une par semaine (…) puis une tous les quinze jours. »14, sur une durée de quatre mois (sauf résolution des signes cliniques plus précoce).

A l’issue du traitement, l’ostéopathe réalisera un bilan ostéopathique (ECRO finale) et le médecin de nouveau un bilan médical avec COGRA et coefficient d’efficacité du traitement ostéopathique (CETOS). « Le CETOS est établi à partir de la moyenne des ECRO ajoutée au COGRA »15. L’ostéopathie est réputée efficace si le CETOS est supérieur à 50%.

A la fin de l’expérience l’auteur constate que :

  • Les COGRA du groupe témoin sont aggravés pour trois enfants sur sept, inchangé pour un seul et nuls (disparition du RGO) pour trois enfants sur sept aussi ;

  • Les COGRA du groupe ostéopathique sont nuls pour trois enfants sur sept, inchangés pour un seul et diminués pour les trois autres. Il n’y a pas d’aggravation du COGRA dans ce groupe ;

  • Toutes les ECRO sont améliorées (de 65% à 92%) même quand le COGRA reste inchangé ;

  • Le CETOS est proche des 86%, ce qui confirme l’efficacité d’un traitement ostéopathique avec de bons conseils posturaux en l’absence de traitement médical.

L’auteur montre bien dans ses « observations ostéopathiques »16 que les lésions les plus fréquemment trouvées (zones hépatique et intestinale) ne sont pas celles auxquelles elle s’attendait (estomac). Elle montre également que c’est en choisissant une technique adaptée à un enfant à ce moment, qu’elle obtient les améliorations les plus significatives.

1.3.4SAHUC M.P., Lésion du trou déchiré postérieur chez le nouveau-né : une des causes du RGO, Lyon le 18/12/1999 :


Marie-Pierre Sahuc à étudié « l’incidence d’une lésion d’un trou déchiré postérieur de l’occiput sur le sphincter inférieur de l’œsophage ».

L’occiput est en rapport direct avec le système digestif : les fascias pharyngés s’insèrent en haut sur le tubercule pharyngien de l’apophyse basilaire. L’occiput est aussi le lieu d’insertion majoritaire des membranes de tension réciproque (MTR). Une perturbation de leur équilibre tensionnel peut engendrer une dysfonction locale ou à distance dans le territoire des nerfs qu’elles engainent. Par l’étroite relation de tension entre les MTR et les diaphragmes, une perturbation de l’un aura des répercussions sur l’autre et les éléments le traversant.

Lors de l’accouchement, l’occiput subit des traumatismes17 dont la possibilité d’une compression de l’écaille vers une des parts condylaires. Ceci réduit le trou déchiré postérieur (TDP) et entraîne une perturbation de la fonction des éléments le traversant : IX, X et XI. Ces nerfs ont pour territoire fonctionnel :

  • IX : proprioception de la déglutition, sensibilité du tiers postérieur de la langue, sécrétion salivaire, motricité de la déglutition, parole ;

  • X : motricité de la déglutition, contrôle des fibres musculaires lisses des organes digestifs (SIO), sécrétion des sucs digestifs. Une grande partie du système digestif est sous sa dépendance, dont l’œsophage avec lequel il est fortement intriqué lors de son passage thoraco-abdominal ;

  • XI : la partie bulbaire participe à la motricité de la déglutition, la partie médullaire contrôle les mouvements de la tête et des épaules par les trapèzes et les SCOM.

Les lésions intra-osseuses18 de l’occiput concernent d’abord les parties condyliennes, ou masses latérales, qui ont été comprimés dans l’embrasure convergente des surfaces articulaires de l’atlas par les forces du travail, avec pour résultat, une modification de leur position.

L’auteur a sélectionné une population de 20 enfants âgés de 15 jours à deux mois. Dix souffraient de RGO avec des lésions crâniennes et n’ont pas été traités (lot témoin), 10 souffraient de RGO avec des lésions crâniennes et ont été traités. Les RGO survenaient dans les 15 minutes suivant la tétée. Le traitement ostéopathique a utilisé des « techniques les plus adaptées aux lésions du TDP, en y ajoutant bien sûr, en phase finale, un travail de rééquilibration des structures crâniennes au sens large et des autres éléments entrant dans la physiologie du SIO »19. Il aurait été intéressant de connaître, parmi tous les enfants testés, quelle proportion portait une lésion du TDP.

Pour tous les enfants, il y a une lésion de l’occiput (intra-osseuse du condyle surtout) et/ou du temporal, associée(s) à des dysfonctions de l’occipito-mastoïdienne (15 enfants sur 20). Par ailleurs, l’auteur remarque une persistance égale du RGO quand il n’y a aucun traitement. Lorsqu’un traitement médical est administré le RGO diminue mais persiste. « A l’inverse le traitement ostéopathique avec ou sans l’aide d’un traitement médical est très satisfaisant »20 : pour six nourrissons sur 10 une seule séance de traitement a suffit à arrêter le RGO, pour deux enfants il a fallu deux séances, et seul un enfant aura eu besoin de trois séances. Un enfant a été vu deux fois avec une nette amélioration. Les séances suivantes ont été écartées de 10 jours. En conséquence l’auteur montre une relation entre les lésions du TDP et le RGO.

1.3.5ROUBAUD Vanessa, Le reflux gastro-œsophagien : étude sur la tentative d’optimisation du traitement médical par l’ostéopathie, C.E.E.S.O., Saint-Ouen 2001 :


Aucun élément n’a pu être collecté.

1.3.6AYTHIER-BILLIERES H., Approche ostéopathique des régurgitations, E.S.O., Paris 2002 :


Aucun élément n’a pu être collecté.

1.3.7RAYMOND J.F., Les otites par reflux gastro-œsophagien, I.S.O. Aix-en-Provence, 05/07/2003 :


Suite à la découverte de chercheurs britanniques qui ont mis en évidence la présence de produits gastriques dans l’oreille moyenne21, Monsieur Raymond a expérimenté si le traitement d’un RGO, par des techniques tissulaires de la sphère thoraco-abdominale, permettait d’améliorer les otites de ses patients. En effet, chez le nourrisson, la trompe d’Eustache est très horizontale et sans rétrécissement isthmique. Cette perméabilité explique, en partie, la fréquence des otites qui peuvent se compliquer en otites séro-muqueuses, en atélectasies de la caisse du tympan, en hypoacousie irréversible, le tout émaillé d’épisodes aigus.

Les enfants sélectionnés pour l’étude sont âgés de 10 mois à six ans et souffrent d’otites moyennes, de RGO visible ou invisible (non extériorisé) et présentent tous des dysfonctions thoraco-abdominales. Le traitement est réalisé sur trois séances : les deux premières espacées d’une semaine et la troisième de trois semaines. Le but a été de tester et de normaliser en mobilité22 et motilité23, si besoin :


  • Loge viscérale du cou ;

  • Médiastin ;

  • Poumons ;

  • Diaphragme ;

  • Œsophage.

  • JOCT ;

  • Petite courbure de l’estomac ;

  • Grande courbure de l’estomac ;

  • Pylore ;

  • Estomac globalement.


L’interruption des troubles pendant deux mois a permis de conclure à une bonne amélioration étant donné que les otites étaient itératives et chroniques. « Les dysfonctions de mobilité et de motilité retrouvées se concentrent finalement dans une sphère réduite : l’œsophage, le diaphragme et l’estomac »24. L’auteur obtient une amélioration pour six cas sur douze (50%), mais lorsque l’on ne tient compte que des enfants pour lesquels le RGO était manifeste, l’amélioration va jusqu'à 67%. De cette manière l’hypothèse initiale est validée, puisqu’en traitant le RGO Monsieur Raymond obtient des améliorations notables des otites.

Ces résultats très encourageants sont à replacer dans un contexte global, car on ne connaît pas la proportion réelle d’enfants qui ont des otites et souffrent de RGO simultanément. Et parmi ceux-ci on ne connaît pas la proportion de ceux qui présentent des dysfonctions ostéopathiques thoraco-abdominales.

1.3.8CAIRE C., Régurgitation et R.G.O. chez le nourrisson proposition d’un protocole de traitement ostéopathique, I.S.O. Aix-en-Provence, 02/07/2005 :


Monsieur Caire réalise une étude rétrospective de 104 dossiers de patients souffrant de RGO de classe un, deux et trois. Pour ces classes de RGO, les enfants sont traités médicalement alors que pour les classes quatre et cinq (malaises, RGO atypiques), un traitement chirurgical ou médical lourd est nécessaire. Dans ce mémoire les nourrissons sont âgés de moins de trois mois et répartis en deux groupes par tirage au sort :

  • 52 enfants traités médicalement avec un traitement ostéopathique ;

  • 52 enfants traités médicalement avec un traitement ostéopathique « placebo ».

L’étude est donc réalisée en simple aveugle puisque les parents ne savent pas si leur enfant est traité ostéopathiquement ou non. Les consultations ont lieu une fois par semaine.

Les techniques utilisées ne sont pas exposées mais on sait que l’ostéopathe va agir sur « l’axe musculaire, (…) l’axe respiratoire, (…) l’axe intestinal et digestif, (…) l’axe crânien ». Par la suite l’auteur obtient entre 50 et 60% de résultats après la première séance. Mais « l’importance du RGO nécessite trois à quatre consultations conjointement à l’institution d’un traitement médical »25 pour obtenir 80% de résultats sans récidive.

Il aurait été intéressant de connaître l’évolution des différents critères d’évaluation : fréquence du RGO, quantité de reflux et qualité de vie. Il en va de même pour l’éventuelle modification du traitement médical entre début et fin de traitement ostéopathique.

De plus, il me semble que le traitement placebo employé peut être envisagé sous l’aspect d’un traitement potentiellement efficace.
Après lecture des différents travaux ostéopathiques réalisés sur le RGO, il nous semble que chacun, tels les aveugles avec l’éléphant, a vu un aspect particulier du RGO. Tous ont proposé des traitements efficaces, mais limités à une population restreinte à l’intérieur du champ de la population de nourrissons souffrant de RGO.

Au vu de ces données médicales et ostéopathiques, il nous est apparu que plusieurs questions restent sans réponses. Par ailleurs les quatre premières expériences cliniques ci-dessus synthétisées, limitent leurs excellents résultats par leur faible population. Monsieur Caire propose une analyse plus globale, qui est tout aussi efficace.

Finalement l’ensemble montre que l’ostéopathie a sa place dans le traitement des bébés souffrant de cette maladie. Aussi, nous avons souhaité répondre, du moins en partie, aux questions restées suspendues, grâce à la mise en place d’une étude clinique sur un nombre de patients suffisant.

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