Littérature québécoise








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Hercule Valjean

Le masque de haine



BeQ

Hercule Valjean


Une autre aventure extraordinaire

du Domino Noir # HS-030

Le masque de haine

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 669 : version 1.0

Le masque de haine
Collection Domino Noir

gracieuseté de Jean Layette

http ://www.editions-police-journal.com/

I



L’entente de Benoît et du chef


Benoît Augé, rédacteur au « Midi » et seul homme à connaître l’identité du Domino Noir, monta lestement les marches de l’escalier extérieur conduisant à la porte principale du somptueux club Saint-Denis, dans la partie fashionable de la rue Sherbrooke.

En habitué il entra sans sonner.

À un garçon qui passa il demanda :

– Le chef de la sûreté est-il ici ?

– Oui, monsieur.

– Où ça ?

– Dans la salle à manger.

– Seul ?

– Oui.

Augé s’assit à la table du chef.

Celui-ci était rendu au dessert.

– Quel bon vent t’amène ?

– C’est comme d’habitude.

Le chef abandonna sa tarte aux pommes et leva la tête.

– Tu as un message du Domino ? demanda-t-il.

– Oui.

– Je ne comprends pas.

– Qu’est-ce que vous ne comprenez pas, chef ?

– Que le Domino ait un message pour moi.

– Comment ça ?

– Oui, les affaires criminelles sont comme les affaires ordinaires pendant l’été, c’est-à-dire très tranquilles.

– C’est justement là le début du message du Domino.

– Quoi ?

– N’ayant rien à faire il s’ennuie, s’ennuie à mourir.

Le chef sourit :

– Je ne peux toujours pas faire un meurtre pour lui plaire.

– Ah, ah, chef, quand les bandits chôment la police est heureuse.

– Il ne semble pas en être ainsi du Domino.

– Non, lui, la lutte contre le crime est sa passion, sa vie. Comme la petite religieuse d’Anatole France qui demandait du mal pour pouvoir l’expier, le Domino demande des vagues de crimes pour les mater.

– Ainsi il s’ennuie ?

– À la mort.

– Et il me demande... ?

– Voici sa supplique : Lorsque vous aurez une cause de meurtre, n’importe laquelle et préféremment la première laissez-la lui solutionner tout seul.

– C’est promis. Et promis avec un enthousiasme incommensurable, car plus on enlève d’ouvrage à mon pauvre vieux cerveau...

– Ce n’est pas tout, dit Augé.

– Non ?

– Il va faire la cause avec mon aide exclusive et il la fera exclusivement aussi au microphone.

– Au micro ? Comment ça ?

– Je lui amènerai les personnages, témoins ou assassins en perspective chez moi ; il se placera invisible mais à un endroit où il pourra voir sans être vu ; un micro sera devant lui ; il questionnera ainsi tout le monde et tout le monde répondra à un second micro installé dans une autre pièce.

– C’est original.

– Oui, ce sera le premier meurtre résolu au micro dans l’histoire criminelle de la métropole.

Le chef dit :

– Entendu.

– J’attendrai votre coup de téléphone.

– C’est ça.

– Au revoir.

– Bonjour.

II



Le meurtre


Trois jours passèrent.

Trois journées atrocement chaudes et humides et pesantes du lourd mois de juillet.

C’était la quatrième et il pleuvait.

Pluie bienfaisante et rafraîchissante.

Le « Midi » venait de paraître et j’allais m’en aller luncher quand le téléphone sonna.

C’était le chef de la sûreté.

Il dit :

– Benoît, j’ai ton meurtre pour le Domino. Il a été commis il y a une heure à peine, j’ai déjà tous les indices.

– Si vous avez presque la solution, objectai-je...

– Au contraire je n’ai pas une solution mais plusieurs...

– Plusieurs ?

Je ne comprenais pas.

– Oui, dit-il, j’ai trop de suspects ; il fait trop chaud, je dois partir en vacances demain, et ce meurtre m’arrive comme un cheveu sur la soupe. Bref je considère comme providentielle l’offre microphonique du Domino et je l’appelle à mon secours.

– Que dois-je faire ?

– Viens à mon bureau.

– Oui.

– Vous m’attendez ?

– Puisque je te le dis.

– Très bien, je cours.

*

Pendant la conversation que je tins avec le chef je pris les notes suivantes que je copie ici pour le bénéfice du lecteur.

La victime Marita Camirand, née Tegathwit, une Iroquoise de Caughnawaga.

Grande beauté brune.

23 ans.

Était maladive.

Avait le regard vague, fixe et lointain.

(Ne pas oublier ces yeux ; ils sont peut-être un indice de très grande importance.)

Marita assassinée d’un coup de coupe-papier.

Présents sur les lieux au moment du crime :

(1) – Le mari de Marita, Ernest Camirand, avocat. Riche. Débauché.

Voltigeant de fleur en fleur. C.A.D. qui sortait avec d’autres filles. Avait souvent des querelles avec sa femme qu’il négligeait.

(2) – Chloé Camirand, la mère d’Ernest et la belle-mère de Marita. 70 ans. Haïssait la morte.

Disait qu’elle avait marié son fils pour son argent.

L’avait souffletée une fois.

Avait d’ailleurs déjà été soupçonnée du meurtre de son époux mort dans des circonstances étranges pendant qu’Ernest était en bas âge. Mais les soupçons étaient toujours restés vagues, refusant de se concrétiser en preuve circonstancielle contre la veuve.

(3) – Le docteur Napoléon Servant, appelé au chevet de la mourante.

La police croit que Marita lui a dit quelque chose ayant de mourir, et que le docteur a un secret qu’il ne veut pas révéler.

(4) – Émilienne Servant, la fille du médecin, amie intime de la morte, qui a répondu très vaguement aux questions de la police et qui semble cacher, elle aussi, quelque chose.

(5) – Julien Marceau qui est le cavalier d’Émilienne, et qui était en visite chez la victime au moment du meurtre.

Émilienne : Belle à croquer.

Physionomie franche et honnête.

20 ans.

Julien : figure mâle et fière.

Corps d’athlète.

Professeur de natation à la palestre nationale.

(6) – Le 6e et dernier témoin du crime est le frère de Marita : Iro Tegathwit.

Noir comme un geai.

Pommettes saillantes.

Air farouche.

Adorait, idolâtrait Marita.

Profession : ingénieur de ponts et chaussées ; son père a été photographié plusieurs fois comme coureur de structures pontales ; c’est lui qui a posé les pièces les plus difficiles dans les endroits les plus périlleux pendant la construction du pont de Montréal.

*

Le chef soupira :

– Comprends-tu maintenant, Benoît, que j’ai trop de solutions. Sur six personnes présentes sur les lieux au moment du crime j’ai un nombre trop considérable de suspects.

Je réfléchis...

Évidemment oui...

Le chef avait raison...

Tanné de sa femme, Ernest Camirand aurait pu la tuer.

Sa mère ne la haïssait-elle pas assez d’ailleurs pour recourir au meurtre afin de s’en débarrasser ?

Et que cachaient le docteur et sa fille ?

Pour le moment il n’y avait que Julien Marceau et Iro qui paraissaient au premier abord innocents.
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