Bibliographie Sport, encadrement et professionnalisation, Bernardeau D








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titreBibliographie Sport, encadrement et professionnalisation, Bernardeau D
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III- Le XXIe siècle entre concurrence et collaboration pour les fédérations multisports et affinitaires : la création d’un diplôme commun
Dans un contexte concurrentiel, l’association de plusieurs fédérations multisports devient un moyen de donner une meilleure assise au groupe des fédérations multisports et affinitaires, à leur donner une meilleure visibilité et à légitimer leurs revendications. Cette démarche de regroupement n’apparaît pas brusquement, mais elle se renforce au cours du temps, certaines fédérations formant un « groupe de réflexion et d’initiatives » (Moustard, 2004) se réunissant « régulièrement pour savoir comment ensemble on peut être plus fort par rapport au mouvement sportif en France. » (Peccard, cité in Coulbaut, 2008).

Dans ce cadre, l’élaboration d’un diplôme commun vient en quelque sorte sceller et matérialiser cette volonté d’offrir un front commun pour « être plus fort ». Concernant les filières de formation de la FFEPMM Sports pour Tous, le dernier diplôme en date se révèle un Certificat de Qualification Professionnelle, élaboré avec plusieurs autres fédérations du segment multisports et affinitaires2. Un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) est une certification de branche professionnelle, qui, dans le champ des activités physiques et sportives, permet de répondre à la réglementation concernant l’encadrement contre rémunération. Dans la branche professionnelle du Sport, le CQP doit répondre à un besoin non couvert par un diplôme d’État, ce qui est souvent le cas des brevets fédéraux homologués, qui sont destinés à un exercice professionnel à temps partiel et qui permettent d’encadrer une activité de façon spécifique. Si le CQP n’a pas vocation à couvrir des emplois temps plein, il peut constituer une première étape dans la voie de la professionnalisation3 pour de nombreux animateurs sportifs.

Ce certificat précise les attributions de l’animateur : « L’animateur de loisir sportif peut sensibiliser, initier, faire découvrir les activités de loisir sportif et assurer le maintien des capacités physiques des pratiquants, en dehors de toute recherche de pratique compétitive ou de performance personnelle. Le CQP d’animateur de loisir sportif confère à son titulaire des compétences professionnelles dans l’animation des activités physiques de loisir, et dans l’encadrement de l’une des trois options (à l'exclusion de celles s’exerçant dans un environnement spécifique conformément aux dispositions de l’article 363-1 du Code de l’Education.) correspondant à trois familles d’activités.

- Activités gymniques d’entretien et d’expression

- Activités de randonnée de proximité et d’orientation

- Jeux sportifs, jeux d’opposition4 .»

Mis en place en 20061, il va remplacer les anciens diplômes fédéraux, dans un premier temps au niveau animateur. Ce dernier diplôme bouleverse un peu les anciennes conceptions fédérales du monde de l’animation, puisqu’il affirme clairement le caractère professionnel des personnes formées. Il s’inscrit dans la mouvance sociale de la professionnalisation des animateurs (Pigeassou, 1995). Cela étant, il serait outrancier d’y déceler uniquement un signe de basculement économique de la société actuelle puisque, à bien s’en souvenir, les premiers animateurs de cette organisation étaient tous des personnels d’État, donc rémunérés pour exercer leur fonction… De nombreux auteurs (Walter, 2000 ; Ferrand-Bechmann, 2004 ; Gasparini, 2003 ; Bernardeau-Moreau, 2004b, pour ne citer qu’eux) évoquent une « crise du bénévolat », dont ils expliquent qu’elle ne tient pas à une baisse de l’engagement sportif bénévole – qui a au contraire augmenté ces dernières années – mais à une modification de cet engagement et des conceptions, des idéaux qui s’y rattachent. D. Bernardeau-Moreau (2004a) explique ainsi qu’ « avec la professionnalisation des militants, c’est en quelque sorte la fin de la forme idéalisée de l’engagement associatif » et précise également qu’ « il apparaît que le militantisme devient le fait de professionnels qui acceptent la logique commerciale là où on ne reconnaissait jusque-là que la seule logique associative». Or, pour l’organisation sportive que nous avons étudiée, ces assertions, tout en révélant bien la logique générale d’évolution, doivent être nuancées. En effet, durant des années, l’organisation n’a fonctionné qu’avec du personnel salarié par l’État, puis a pu rémunérer ses propres cadres. Au niveau du terrain, les bénévoles ont rapidement épaulé le personnel du secteur extra-scolaire, lui-même souvent à la frontière entre salariat et bénévolat. Ainsi, l’encadrement d’activités physiques durant les week-end ou les vacances ne rentrait guère dans les attributions de ces fonctionnaires. Dans ces conditions, les bénévoles et les salariés se révèlent être les mêmes personnes. A ce titre, cette organisation possède des conditions originelles très spécifiques, et possède un rapport particulier au bénévolat et au salariat, du moins dans les premières années. Même si ce n’est pas une exclusivité de cette fédération, puisque la FFEPGV, autre fédération du collège multisports et affinitaire, a possédé un fonctionnement similaire au départ, cela demeure très spécifique, notamment par rapport aux fédérations délégataires. Ce particularisme se retrouve donc assez logiquement dans l’organisation de la formation et des diplômes, qui ne correspond pas au schéma classique de développement de l’encadrement sportif mis en œuvre par les fédérations. Mais mis en perspective avec le contexte sociétal français, on observe cependant assez bien le passage d’une logique de service public d’État, d’engagement désintéressé dans l’animation, à une logique de marché, avec des encadrants payés pour un travail précis, dans un cadre et un temps bien définis.
IV- Conclusion 
A travers ces évolutions, nous avons donc vu pourquoi une fédération multisports a estimé nécessaire de créer ses propres diplômes, puis de s’allier avec d’autres pour créer un diplôme commun. L’importance de ces éléments en terme de marquage territorial et d’appropriation de certaines pratiques, enjeux vitaux pour une telle organisation, a pu apparaître dans cet article.

Nous avons également pu comprendre le passage de diplômes d’État, détenus par des salariés de Jeunesse et Sports, à des diplômes fédéraux majoritairement axés sur une pratique bénévole, puis enfin à un certificat de qualification professionnelle, dont l’intitulé indique une notion de professionnalisation. L’évolution des conceptions des diplômes suit bien celle du contexte sociétal français.

Le positionnement d’une telle fédération, l’évolution de sa stratégie en matière de formation et de diplômes expose les nécessaires adaptations auxquelles sont confrontées les organisations sportives pour survivre et se développer. Parmi ces adaptations, on notera le passage d’un diplôme, nécessaire pour exercer un métier, à une qualification professionnelle, qui témoigne d’un changement de conception. Néanmoins, cette étude révèle également que seules cinq fédérations parmi celles du collège des fédérations affinitaires et multisports ont mis leurs compétences en commun pour créer un Certificat de Qualification Professionnelle. Dès lors, le positionnement et la stratégie des autres fédérations de ce collège pourraient dévoiler des logiques d’adaptation différentes, qu’il serait intéressant de prendre en compte pour mieux appréhender la figure complexe esquissant le tableau d’ensemble des fédérations sportives de ce segment. Et mieux répondre à la question de l’harmonisation ou non du métier d’éducateur sportif.
Bibliographie :

Amar M., Nés pour courir. Grenoble, PUG, 1987.

Augustin J.P, Sport, géographie et aménagement, Armand Colin, Domont, 2005 (1ère éd° Nathan 1995).

Bardout J.C., L’histoire étonnante de la loi 1901, Ed° Juris, Lyon, 2001.

Bayle E., « Le processus de professionnalisation des fédérations sportives nationales », in Chantelat P. (dir), La professionnalisation des organisations sportives, L’Harmattan, Paris, 2001, p.149-172.

Bernardeau-Moreau D., « Professionnalisation et formes nouvelles d’engagement militant dans les fédérations sportives », Ferrand-Bechmann, Les bénévoles et leurs associations, L’Harmattan, Paris, 2004, p.155-164 (a).

Bernardeau-Moreau D., Professionnalisation des dirigeants bénévoles, L’Harmattan, Paris, 2004 (b).

Bernardeau-Moreau D., dans le présent ouvrage.

Blondel Y.,  « Les sports dans le secteur post-scolaire : une nouvelle approche historique de l’éducateur sportif 1943-1964 », dans le présent ouvrage.

Borrel M., Sociologie d’une métamorphose : la FSGT entre société communiste et mouvement sportif (1964-1992) Thèse de Sociologie des organisations (dir P. Urfalino), Paris, IEP, 1999.

Callède J..P., Les politiques sportives en France, Economica, 2000.

Chantelat P. (dir), La professionnalisation des organisations sportives, L’Harmattan, Paris, 2001.

Chazaud P., « Le bénévolat sportif a-t-il encore de l'avenir ? », Sports et Sciences, Paris, Vigot, 1980.

Coulbaut A., Histoire et Identité d’une Fédération Sportive: l’exemple de la Fédération Française EPMM Sports pour Tous, Thèse de doctorat STAPS (dir B. During), Paris, Université Paris-Descartes, 2008.

Dumazedier J., Vers une civilisation du loisir ?. Paris, Édition du Seuil, 1962.

Ferrand-Bechmann D., Les bénévoles et leurs associations, L’Harmattan, Paris, 2004.

Gasparini W., « Les mondes sociaux de l’association sportive », Loisirs et Société vol 26 n°2, 2003.

Keerle R., « Territorialisations par le sport: un regard géographique », Louveau C et Drouet Y., Société de sociologie du sport de langue française, 2006, p.235-250.

Lassus M., Martin J.L. et Villaret S., « Les politiques publiques du sport, 1945 – 2005 »,

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Moustard R., « Genèse et problématique du groupe des 20 », Lebecq P.A., Sports, éducation physique et mouvements affinitaires au XXe siècle, L’Harmattan, Paris, 2004, p.119-132.

Pigeassou C., « Le management du sport associatif : les enjeux du futur », Corps et Culture, Numéro 1, Le développement du sport, 1995 [En ligne], mis en ligne le 12 octobre 2007.

Sabatier F., Une histoire socioculturelle de la FSGT (1945-1972). La diffusion sociale de son projet « sportif » à l’épreuve de ses réseaux et de ses militants, thèse de doctorat d’histoire, (dir. J.-Y. Mollier), Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2003.

Rioux J.P. et Sirinelli J.F., Histoire culturelle de la France Tome 4, Le temps des masses, Seuil, Paris, 1998.

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Vivier C. et Loucher J..F., Le sport dans la ville. Paris, L’Harmattan, 1998.

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Les éducateurs de la filière sportive territoriale ou la lente reconnaissance statutaire des « animateurs managériaux » du sport territorial

Fabrice Bolot1

S’appuyant sur une enquête consacrée principalement à l’évolution du processus de professionnalisation des activités et des compétences des éducateurs de la filière sportive territoriale, cette étude s’attache à mettre en évidence la lente construction sociale de la filière, la progressive reconnaissance institutionnelle des éducateurs territoriaux du sport et le professionnalisme renforcé de leurs activités et compétences ; produit de représentations oscillant entre logique sportive et logique économique (managériale). L’intervention des collectivités territoriales dans le domaine sportif s’est généralisée après la Seconde Guerre mondiale. Le service public va alors faire son entrée dans des domaines qui ne relevaient jusque-là, pour l’essentiel, que des initiatives individuelles : les activités culturelles (maisons de jeunes, maisons de la culture, théâtres), les activités sociales (colonies de vacances, centres aérés, maisons de retraite), les activités sportives et touristiques (piscines, patinoires, syndicats d’initiative). Dans le sport, les grandes lois des années 1980 organisant la décentralisation2 ne précisent à aucun moment les missions des collectivités territoriales. Bien que le service public territorial des sports n’ait pas véritablement de base légale d’intervention, chaque collectivité va néanmoins définir sa propre politique sportive. Les collectivités - et plus particulièrement les communes - vont peu à peu intervenir (jusqu’à hauteur de 30% aujourd’hui) dans le financement du sport en France, attestant que les politiques sportives se sont considérablement développées ces dernières décennies.

Un bref historique de la construction des politiques sportives locales doit nous permettre de montrer, dans un premier temps, que l’intervention des collectivités dans le sport est moins le résultat d’une obligation législative que le résultat d’une progressive prise de conscience, notamment de la part des élus, du rôle croissant du sport dans la dynamisation de la vie locale (comme c’est souvent le cas, « les faits précèdent le cadre législatif »). Dans ce contexte singulier, la création de la filière sportive territoriale en 1992 atteste, en tout cas, de cette progressive (mais tardive !) prise de conscience. Nous montrerons aussi qu’elle a su, au cours des dernières années, « s’adapter » au regard de l’évolution des politiques sportives des collectivités, et que les acteurs qui la composent ont acquis une « culture professionnelle ». Et ce, malgré (ou grâce à) la profonde mutation des métiers et des rôles exercés par les agents des services des sports, notamment les éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives (ETAPS). Cette exigence « de professionnalisation » s’impose à eux (ainsi qu’aux autres personnels), en particulier au niveau des conditions d’encadrement des activités physiques et sportives (diversification des pratiques sportives, demandes de loisirs des seniors), en matière de gestion des affaires sportives (intercommunalité, aménagement du territoire), de gestion des équipements (aide à la mise aux normes et à la réhabilitation des infrastructures) et, enfin, en matière de politiques éducatives locales (politiques d’insertion notamment).

La notion de professionnalisation est ainsi au centre de la politique de modernisation des politiques sportives des collectivités territoriales, et redéfinit les missions des agents territoriaux des sports. Mais c’est une notion multiforme, et il n’est pas possible d’en retracer ici tous les aspects et encore moins toutes les nuances3. De plus, sur ce champ ouvert de la réflexion, il y a déjà des campements solidement installés (Wittorski, 2005). Distinguant le métier de la profession (le premier « est plutôt manuel, artisanal et individuel », le second « est plutôt intellectuel, institutionnalisé et collectif »), cet auteur définit le mot « professionnalisation » comme « le passage des occupations aux professions, le passage des connaissances empiriques aux connaissances scientifiques » (p.15). Lato sensu, les systèmes de formation ne peuvent pas ignorer les mutations des situations de travail ; ce n’est plus l’activité professionnelle spécifique qui importe mais davantage ces dernières. Dans cette perspective, il s’agit de former l’agent territorial à exercer dans des situations de travail très différentes et « fluctuantes ». Ainsi, les ETAPS suivent un processus de transformation de leurs métiers (à l’instar des éducateurs et entraîneurs sportifs titulaires de brevets d’Etat exerçant dans des clubs) qui les font dépasser le traditionnel face à face pédagogique et développer de nouvelles compétences1.

Nous tenterons donc dans un second temps de montrer, en nous appuyant sur divers entretiens avec des agents territoriaux des sports2, l’évolution du processus de professionnalisation des activités et des compétences des éducateurs de la filière sportive territoriale.
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