L'influence des facteurs sociaux sur la santé et le bien-être








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Marc Ferland,

Direction de la santé publique,

Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec ;

Ginette Paquet, Ministère de la Santé et des Services sociaux ;

(1994)

“L'influence
des facteurs sociaux
sur la santé et le bien-être”

Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

Courriel : jean-marie_tremblay@uqac.ca

Site web pédagogique  : http ://www.uqac.ca/jmt-sociologue/
Dans le cadre de : "Les classiques des sciences sociales"

Une bibliothèque numérique fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
Site web : http ://classiques.uqac.ca/
Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque

Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi

Site web : http ://bibliotheque.uqac.ca/

Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de  :
Marc Ferland et Ginette Paquet,
L'influence des facteurs sociaux sur la santé et le bien-être”.
Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de in ouvrage sous le direction de Vincent Lemieux, Pierre Bergeron, Clermont Bégin et Gérard Bélanger, LE SYSTÈME DE SANTÉ AU QUÉBEC. Organisations, acteurs et enjeux. Chapitre 3, pages 53 à 72. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1994, 370 pages.
[M. Marc Ferland nous accordait, Jeudi, le 9 octobre 2007, sa permission de diffuser cet article, en texte intégral, dans Les Classiques des sciences sociales.]
Courriel  : marc_ferland@ssss.gouv.qc.ca
Polices de caractères utilisée  :
Pour le texte : Times New Roman, 14 points.

Pour les citations  : Times New Roman, 12 points.

Pour les notes de bas de page  : Times New Roman, 12 points.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2004 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format  : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition numérique réalisée le 10 août 2007 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec, Canada.


Marc Ferland,
Direction de la santé publique,
Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec ;
Ginette Paquet, Ministère de la Santé et des Services sociaux ;

“L'influence des facteurs sociaux
sur la santé et le bien-être”.

Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de in ouvrage sous le direction de Vincent Lemieux, Pierre Bergeron, Clermont Bégin et Gérard Bélanger, LE SYSTÈME DE SANTÉ AU QUÉBEC. Organisations, acteurs et enjeux. Chapitre 3, pages 53 à 72. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1994, 370 pages.

Table des matières

Introduction
Hiérarchie sociale et santé
État de la situation
La situation internationale

La situation canadienne

La situation québécoise
La santé physique et mentale

Les problèmes sociaux

La consommation des services de santé et sociaux
Les principales constatations
Les facteurs sociaux associés au statut socio-économique
Les conditions de travail

L'exclusion du travail

Le logement

Le réseau social

Le sentiment de contrôle
Conclusion
Références
Marc Ferland,
Direction de la santé publique,
Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec ;
Ginette Paquet, Ministère de la Santé et des Services sociaux ;

“L'influence des facteurs sociaux sur la santé et le bien-être”.
Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de in ouvrage sous le direction de Vincent Lemieux, Pierre Bergeron, Clermont Bégin et Gérard Bélanger, LE SYSTÈME DE SANTÉ AU QUÉBEC. Organisations, acteurs et enjeux. Chapitre 3, pages 53 à 72. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1994, 370 pages.


Introduction


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La santé et le bien-être des individus et des collectivités tiennent à un ensemble de dimensions et de facteurs sociaux qui débordent largement 1e système des soins de santé. Le présent chapitre s'appuie sur une revue des publications nord-américaines et européennes pour précisément mettre en lumière les liens entre la santé, la position sociale des individus et leurs milieux de vie. La prise en compte de ces facteurs sociaux est importante tant pour l'analyse du secteur de la santé que pour le choix des interventions publiques dans ce secteur.
Plusieurs modèles théoriques ont été proposés pour expliquer le rôle de l'ensemble des facteurs associés à la santé et au bien-être, en partant du «modèle» de Lalonde jusqu'à celui de Evans et Stoddart, en passant par ceux de Blum et Dever (Dever, 1980; Evans et Stoddart, 1990; Conseil des affaires sociales et de la famille, 1984; Raeburn et Rootman, 1989; Milio, 1986). Malgré leurs différences, ils ont en commun le fait de considérer simultanément plusieurs facteurs, ce qui rejoint une vision holistique ou multifactorielle. En plus du système de santé, les principaux déterminants mentionnés sont: le patrimoine biologique (le bagage génétique individuel), les habitudes de vie (le tabagisme, la sédentarité, la sur-consommation de drogue ou d'alcool, etc.), I'environnement physique (contaminants et agresseurs chimiques dans divers milieux de vie et de travail) et l'environnement social (la culture et les représentations sociales, la vie communautaire ou de quartier, le statut social, etc.).
En ce qui concerne plus spécialement la dimension sociale, les chercheurs n'estiment pas de façon précise son poids relatif mais ils indiquent toutefois qu'elle joue un rôle majeur. À ce sujet, rappelons qu'un déterminant n'est pas à proprement parler une cause entendue comme une séquence d'événements résultant en un effet spécifique. Ce sont plutôt des facteurs de risque ou de protection que l'on a pu associer statistiquement à certains problèmes de santé ou sociaux. De plus, sachant que ces facteurs agissent en interaction, il devient difficile d'évaluer la part respective de chaque déterminant dans l'origine d'un problème de santé. Le caractère souvent non spécifique et multifactoriel de l'étiologie complique donc la tâche au moment d'estimer de façon précise l'impact des différents facteurs agissant sur la santé et le bien-être des populations. Et si ces facteurs agissent en synergie, il faut également considérer que leurs effets sont multiples et ne se manifestent souvent qu'après de longues périodes d'exposition. Il n'en demeure pas moins que la prise en compte des facteurs sociaux et ses liens avec la santé collective est un thème dominant de l'épidémiologie sociale (Renaud, 1987). Il devient essentiel de comprendre le rôle joué par ces facteurs puisque l'État, par ses différentes politiques, cherche constamment à agir sur les déterminants sociaux.
Nous verrons dans les pages qui suivent différentes façons d'analyser l'association entre les conditions de vie, I'environnement social et la santé, le bien-être. Dans un premier temps, nous examinerons comment la place occupée dans la hiérarchie sociale et la situation financière ont des effets directs et indirects sur la santé et le bien-être tant au niveau international qu'au niveau canadien et québécois. Bien entendu, la position sociale, quelle que soit la façon dont elle est mesurée 1, ne peut rendre compte de la totalité de la relation. D'autres dimensions des conditions de vie et de l'environnement social doivent également être considérées, et c'est ce que nous aborderons dans la seconde section.

HIÉRARCHIE SOCIALE ET SANTÉ

État de la situation

La situation internationale

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L'association entre un mauvais état de santé et l'appartenance aux couches socio-économiques les moins favorisées est étudiée depuis longtemps. Toutes les sociétés analysées présentent des variations de l'état de santé de la population en fonction de la classe sociale, du revenu, de l'éducation, de la situation professionnelle et de la qualité de l'environnement social. Plusieurs pays industrialisés se préoccupent de la persistance des inégalités sociales par rapport à la santé et au bien-être. Au bureau régional européen de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la stratégie mondiale de «la santé pour tous en l'an 2000» a été bâtie autour de cette thématique.
Les États membres de la Région européenne de l'OMS ont évalué la stratégie et les buts choisis pour atteindre «la santé pour tous en l'an 2000». Un article récent décrit les principaux progrès accomplis quant aux préalables à la santé et aux problèmes d'équité: un logement convenable, une alimentation adéquate, des revenus suffisants, une sécurité et une paix sociale (Curtis, Taket, Prokhorskas, Shabanah et Thuriaux, 1989). La situation se serait améliorée pour certains de ces préalables, mais il y a peu d'indication que les inégalités socio-économiques entre les pays et à l'intérieur des pays soient en voie de diminuer. Dans les pays de la Communauté économique européenne, I'écart entre les régions les plus riches et les plus pauvres, en prenant en compte les différences de coût de la vie, est de l'ordre de trois à un. Ces écarts sont encore plus considérables au sein de certains pays et ils peuvent varier du simple au quadruple entre extrêmes de classes sociales.
Comme il est difficile de comparer les degrés d'inégalité entre les pays en ce qui concerne la santé, les évaluateurs doivent se limiter aux données sur l'existence d'inégalités à l’intérieur de chaque État membre. Des différences considérables persistent pour la mortalité ou l'espérance de vie, au désavantage, soit des zones urbaines industrialisées (Norvège, Pologne, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie), soit des zones rurales (Grèce, Hongrie, Yougoslavie). De plus, les taux de mortalité infantile varient de 7,2 à 12,4 pour 1 000 naissances en Norvège, par exemple, et de 13,6 à 28,6 en Pologne. Des études longitudinales ont mis en évidence des différences persistantes de mortalité en France et au Royaume-Uni entre les catégories les plus privilégiées et les moins favorisées de la société. Le Danemark, la Finlande, la Hongrie, la Norvège et la Suède ont aussi indiqué des écarts dans les taux de mortalité entre catégories professionnelles et en fonction de la scolarité ou du revenu. Les plus grandes disparités liées aux causes socio-économiques s'observent pour la mortalité des hommes d'âge adulte. Pour la mortalité infantile, des écarts considérables sont notés entre groupes de niveaux d'instruction différents, par exemple au Portugal, en Suède, en Yougoslavie, et au Royaume-Uni (Iach, Carr-Hill, Curtis et Illsley, 1988; Office of Population Censures and Surveys, 1988).
Quant à la morbidité, un énorme travail reste à accomplir avant de pouvoir obtenir des données comparables à l'échelle internationale. Toutefois, plusieurs pays disposent de données nationales intéressantes. La Suède a démontré que les mères célibataires peu scolarisées donnent plus fréquemment naissance à des bébés de poids insuffisant (moins de 2,5 kilos). Au Royaume-Uni, la prévalence du poids insuffisant à la naissance est plus élevée dans les catégories sociales défavorisées. Dans ce dernier cas, le gradient semble même avoir augmenté. À l'échelle européenne, la tuberculose demeure plus fréquente chez les immigrants et les personnes de classes défavorisées, et sa persistance est considérée comme un signe important d'inégalité. La prévalence de la carie dentaire est, elle aussi, liée à la classe sociale, et ce sont les plus riches qui présentent l'amélioration la plus rapide (Hobdell et Gavin, 1988). D'autres données montrent l'existence dans plusieurs pays de gradients liés au statut socio-économique; au Royaume-Uni, entre autres, le poids adulte, la tension artérielle, la fonction respiratoire, la taille révèlent ce gradient. Ces différences sont surtout marquées chez les enfants et chez les adultes de plus de 25 ans. Les chercheurs insistent sur ce dernier constat, car la réapparition des inégalités après l'âge de 25 ans a des implications importantes pour le problème de l'équité en matière de santé (Curtis, Taket, Prokhorskas, Shabanah et Thuriaux, 1989).
Dans presque tous les pays développés, on observe des inégalités marquées de l'état de santé des populations qui se mesurent par l'espérance de vie, la mortalité, l'incapacité, l’incidence ou la prévalence de certaines maladies (McEvan, 1990). Ces écarts de santé sont liés à des facteurs sociaux, économiques et culturels, puisque dans la plupart des sociétés modernes, l'instauration de systèmes de santé publique a facilité l'accès aux services de santé ainsi que leur utilisation. Comme par le passé (Morris, 1959), les personnes riches vivent encore plus longtemps et en meilleure santé que les personnes pauvres (Smith, Bartley et Blane, 1990). Même si l'évolution technologique nous a procuré une meilleure capacité technique dans la prévention et le traitement des maladies, des différences importantes de mortalité et de morbidité demeurent entre les classes sociales. Ces écarts sont particulièrement prononcés pendant la période périnatale et à l'âge adulte entre 35-55 ans (House et al., 1990).
La situation canadienne

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Des recherches effectuées au Canada démontrent l'existence de ce gradient continu entre classes sociales. L'étude menée auprès de plus de 500 000 hommes canadiens ayant pris leur retraite depuis l'entrée en vigueur du Régime des pensions du Canada indique un gradient indéniable selon le revenu (Wolfson et al., 1991). Ainsi, pendant les 12 années qui précèdent la retraite, plus le revenu d'un homme est élevé plus ses chances de vivre longtemps sont grandes. Les hommes qui se situent parmi les 5% ayant le revenu le plus bas, avant la prise de la retraite, présentent deux fois plus de risques de mourir entre 65 et 70 ans que les 5 % ayant les plus hauts revenus. Deux autres chercheurs, Wilkins et Adams, ont démontré que la population canadienne comporte un gradient très étendu de mortalité et de morbidité entre les niveaux socio-économiques lorsque l'on procède à une analyse par division de recensement plutôt que par individu (Wilkins et Adams, 1978). Ces études agrégées proposent que même s'ils meurent plus jeunes, les Canadiens pauvres ne présentent pas moins de maladies ni moins d'incapacités dans les dernières années de leur vie. Au contraire, les personnes plus riches peuvent espérer jouir en moyenne de 12 années de vie en bonne santé de plus que les personnes pauvres.
L'Enquête Promotion Santé conduite en 1990 auprès de la population canadienne montre que les différences selon le niveau de revenu sont toujours observées en ce qui concerne l'état de santé déclaré, l’accès aux ressources, les facteurs de risque, et également en ce qui a trait aux connaissances et croyances liées à la santé (Manga, 1993).
La situation québécoise

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Une constante se dégage de plusieurs travaux québécois, dont ceux de l'enquête Santé Québec de 1987: celle de la persistance d'écarts importants en matière de santé et de bien-être entre les mieux nantis et les plus démunis. Certes, dans l'ensemble, la situation socio-sanitaire des Québécoises et des Québécois s'est améliorée (voir à ce sujet le chapitre 2). Toutes et tous n'ont cependant pas profité de ces gains. Le statut socio- économique s'avère toujours un déterminant majeur de l'état de santé et de bien-être de la population.

La santé physique et mentale
Que l'on regarde l'espérance de vie en bonne santé, la mortalité, les principales maladies ou les difficultés d'adaptation ou d'intégration sociale, ou encore l'adoption de saines habitudes de vie, les Québécois et les Québécoises défavorisés font piètre figure comparativement aux mieux nantis. L'espérance de vie suit très fidèlement les courbes du revenu, de la scolarité et de la profession. Par exemple, en dépit d'une baisse importante des indices de mortalité dans la région de Montréal, on constate encore dans les années 1990 des disparités importantes. Un écart de 10 ans est observé entre l'espérance de vie des populations de quartiers favorisés et celle des milieux défavorisés à Montréal. C'est dans la partie centre sud de Montréal, que l'on retrouve à la fois les niveaux de mortalité les plus élevés et les plus fortes proportions de personnes pauvres. Les résidants de Outremont-Mont-Royal présentent une longévité moyenne de 81,5 ans, comparativement à 69,8 ans pour ceux de Pointe Saint-Charles (Choinière, 1991).
Pour l'espérance de vie en bonne santé, qui tient compte de la durée et de la qualité de vie, l'écart entre riches et pauvres atteindrait 14,4 ans (Wilkins, 1986). De plus, les écarts selon le revenu augmentent pour deux causes de mortalité : le suicide et le cancer du poumon. Les personnes pauvres sont celles chez qui l'on a observé, au cours des dernières années, une augmentation importante du nombre de décès par suicide ou par cancer du poumon (Wilkins, Adams et Brancker, 1990). L'écart de la mortalité selon le revenu dans les régions urbaines du Canada semble toutefois avoir diminué un peu de 1971 à 1986 (Wilkins, Adams et Brancker, 1990). L'enquête Santé Québec de 1987 a révélé que les Québécois défavorisés âgés de 45 à 64 ans ressemblent physiquement aux Québécois mieux nantis de 65 ans et plus (Colin, Lavoie et Poulin, 1989). Les incapacités sévères varient selon le groupe social: en fait, 14,8% des personnes très défavorisées présenteraient des incapacités sévères, contre 1% en milieu favorisé.
Le stress engendré par la pauvreté a également d'importantes répercussions sur la santé mentale. La première enquête Santé Québec (Colin, Lavoie et Poulin, 1989) a montré qu'il y a environ deux fois plus de personnes défavorisées que de personnes favorisées qui présentent un niveau élevé de détresse psychologique : 30% contre 16,2%. Même si l'importance des événements stressants varie surtout en fonction de l'âge, des écarts importants existent entre les différents groupes socio-économiques. Ainsi, 37% des personnes très défavorisées ont connu un niveau de stress moyen ou élevé durant la dernière année précédant l'enquête. Cette proportion est de 35% chez les groupes défavorisés et tombe à 24% chez ceux de classe moyenne et à 16% chez les favorisés. De plus, les personnes très défavorisées ont prés de trois fois plus d'idées suicidaires et commettent aussi trois fois plus fréquemment que les autres des tentatives de suicide au cours de leur vie. Il n'est donc pas étonnant de constater que les décès par suicide sont plus fréquents en milieu défavorisé et même que l'écart entre les groupes socio-économiques augmente (Wilkins, Adams et Brancker, 1990).
Les habitudes de vie
Quant aux habitudes de vie, l'indice de l'enquête Santé Québec de 1987 (Colin, Lavoie et Poulin, 1989) qui tient compte de la consommation de tabac et d'alcool, de la pratique d'exercice physique, du sommeil, du poids en fonction de la taille montre que les personnes très défavorisées présentent la plus grande proportion de mauvaises habitudes de vie: une personne sur quatre. Cette proportion est d'une personne sur cinq pour les personnes défavorisées. Les personnes défavorisées fument plus : 46,3 % de fumeurs réguliers chez les très défavorisées contre 23,7% pour les personnes favorisées. On retrouve des pourcentages plus élevés de personnes obèses chez les groupes défavorisés et très défavorisés (14%), comparativement à 9% et 6% respectivement chez les groupes moyens et favorisés.
Les problèmes sociaux
La relation entre la pauvreté et l'incidence des problèmes sociaux a aussi été maintes fois démontrée. On a par exemple constaté que, dans son ensemble, la clientèle des centres de services sociaux est habituellement issue des couches défavorisées de la population (Mayer-Renaud, 1988). En 1988, alors qu'environ 13% des familles du Québec vivaient sous le seuil de la pauvreté, c'était le cas pour plus de 40% de l’ensemble des bénéficiaires du centre de services sociaux du Montréal métropolitain, et probablement des autres centres de services sociaux du Québec.
Même si bien des parents de milieux défavorisés s'avèrent compétents, affectueux et très dévoués, les familles dont les enfants sont placés en famille d'accueil sont, dans plus de 60% des cas, sous le seuil de la pauvreté. De la même façon, les mauvais traitements physiques infligés aux enfants ont plus de risques de survenir en milieu défavorisé, comme le démontrent les statistiques québécoises et montréalaises (Mayer-Renaud, 1988). Quant aux enfants négligés, la majorité vivraient à l'intérieur de familles pauvres, monoparentales. Outre le fait qu'ils subissent les conséquences de la pauvreté, ces enfants négligés courent un risque important de connaître l'isolement social, le manque d'affection, de stimulation et d'encadrement. Plus tard, l'absentéisme scolaire, la sous-scolarisation ainsi que la délinquance ont de fortes probabilités d'être le lot de ces jeunes (Mayer-Renaud, 1985).
Par contre, la prévalence des cas d'enfants abusés sexuellement ne semble pas varier selon le niveau socio-économique. La violence conjugale ne serait pas, elle non plus, le lot des milieux défavorisés, même si les femmes de ces milieux recourent davantage (88%) aux centres d'hébergement pour femmes violentées (MSSS, 1990). Quant aux personnes âgées, celles qui requièrent des services sociaux s'avèrent parmi les plus défavorisées de leur groupe.
En somme, les Québécoises et les Québécois à faible niveau d'instruction et de revenu présentent plus de problèmes de santé et de problèmes sociaux, et plus de décès prématurés que les autres. Ils courent des risques de mort prématurée, de maladie et d'invalidité supérieurs à la moyenne.
La consommation des services de santé et sociaux
Cette superposition de problèmes engendre évidemment une consommation singulière de services sociaux et de santé chez les clientèles défavorisées; en voici un aperçu:
— La consommation de médicaments prescrits, notamment les tranquillisants, est plus grande (72% contre 51% chez les personnes favorisées) (Colin, Lavoie et Poulin, 1989).

— La population défavorisée aurait recours plus souvent à une clinique de centre hospitalier (Colin, Lavoie et Poulin, 1989).

— En milieu défavorisé, le médecin généraliste est plus fréquenté que le spécialiste (Colin, Lavoie et Poulin, 1989).

— La fréquence des hospitalisations est plus élevée en milieu défavorisé, soit 13% contre 7% (Colin, Lavoie et Poulin, 1989).

— Les personnes défavorisées consultent trois fois moins souvent le dentiste que les plus nanties, c'est-à-dire 6,3% comparativement à 18,7% (Colin, Lavoie et Poulin, 1989).

— Il y a une surreprésentation des personnes pauvres parmi la clientèle des centres de services sociaux.

— Le placement d'enfants en famille d'accueil est plus fréquent (60% des cas viennent de familles sous le seuil de la pauvreté).

— La très grande majorité des femmes (88%) qui fréquentent les mai sons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont un revenu personnel inférieur à 12 000 $ par année.

— Il y a une sous-utilisation des services de prévention par les clientèles de milieux défavorisés (Paquet, 1989).

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