Le traitement des troubles concomitants : guide pour les conseillers








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Établir le contexte

Une grande partie de la recherche sur les troubles concomitants s’est penchée sur les personnes ayant une grave maladie mentale—en particulier, les personnes atteintes de troubles psychotiques. Les constats de Drake, de Mueser, de Minkoff et d’autres chercheurs ont offert une base solide pour les études ultérieures auprès de cette population. Ces études ont tendance à suivre le modèle médical de la toxicomanie, qui met l’accent sur un traitement fondé sur l’abstinence.


Malgré la valeur évidente de l’abstinence en tant qu’objectif idéal, la plupart des experts en toxicomanie reconnaissent que la rechute et, dans certains cas, l’incapacité d’interrompre ou même de réduire l’usage de drogues sont des réalités pour ces clients, et qu’il faut continuer à travailler avec eux, même (ou surtout) lorsqu’ils ne sont pas abstinents. Voir les troubles concomitants sous cet angle, c’est comprendre qu’il s’agit de problèmes chroniques et périodiques, et qu’ils n’existe aucun remède magique. En Amérique du Nord, cette approche a mené à l’élaboration de traitements intégrés et de soins communautaires, ainsi qu’à une insistance accrue sur la gestion souple des cas et le rétablissement psychosocial des clients.

Dans le cas des personnes atteintes de troubles concomitants légers ou modérés, il existe peu de recherches. Toutefois, on sait que si 2,4 % de la population générale est touchée par une maladie mentale grave et persistante, les problèmes de santé mentale légers ou modérés, en particulier la dépression et l’angoisse, sont surreprésentés chez les personnes ayant une toxicomanie (Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, 2002). La gravité des problèmes d’usage de drogues varie beaucoup, la majorité allant de légers à modérés. Par exemple, on estime qu’il y a quatre fois plus de personnes aux prises avec un « problème d’alcool » que de personnes ayant une « dépendance grave à l’alcool » (Institute of Medicine, 1990).

En incluant dans notre approche des troubles concomitants les personnes atteintes de problèmes légers ou modérés, notre objectif n’est pas de porter moins d’attention aux personnes atteintes de problèmes graves, mais bien d’élargir notre portée pour englober l’ensemble des personnes touchées par les problèmes concomitants d’usage de drogues et de santé mentale. Même un problème moins grave aura un impact profond sur la personne concernée, sa famille, ses amis et ses collègues. L’un des avantages de travailler avec les personnes atteintes de problèmes légers ou modérés est qu’il y a davantage de chances que leur état s’améliore. Les problèmes moins graves sont souvent plus faciles à traiter. Dans le cas des personnes atteintes de problèmes graves, le principal défi est souvent de renforcer leurs soutiens sociaux et leur espoir de guérir ; les personnes ayant des problèmes légers ou modérés affichent généralement un meilleur niveau de soutien et de motivation. Ces facteurs sont des prédicteurs de résultats plus positifs.  

Meilleures pratiques


Dans Meilleures pratiques : Troubles concomitants de santé mentale et d'alcoolisme et de toxicomanie (Santé Canada, 2002), les spécialistes du domaine examinent les ouvrages scientifiques, donnent leurs commentaires sur cette documentation, et, lorsqu’il y a lacune, arrivent à un consensus. Cet ouvrage présente également les opinions des parties intéressées, y compris des clients, et résume les connaissances dans le domaine en soulignant les lacunes.

Élaborer un modèle des meilleures pratiques est une tâche continue: il faut réunir les connaissances fondées sur des preuves et créer des protocoles de soins fondés sur la recherche et sur les procédés ayant donné les meilleurs résultats. Ce travail est déjà amorcé, et dans certains domaines, comme l’évaluation et le dépistage, les meilleures pratiques émergentes sont déjà appuyées par des preuves. Dans d’autres domaines, nos connaissances limitées ne nous permettent pas encore de dire aux professionnels : « Voici ce que vous devez faire... » Nous pouvons discuter de nos activités et partager nos ressources, mais ces dernières n’ont pas encore fait l’objet d’essais rigoureux. Ce qui, d’ailleurs, est commun à de nombreux autres domaines liés aux soins de santé.

Les Meilleures pratiques de Santé Canada et le présent ouvrage se recoupent par endroits, certains chapitres de ce dernier ayant été rédigés par des personnes qui ont également contribué à l’ouvrage de Santé Canada. Notre objectif, toutefois, est d’offrir des renseignements plus détaillés et plus pratiques, et d’exposer nos méthodes de travail pour pouvoir fournir des services spécialisés aux clients. Certains renseignements contenus dans le présent ouvrage ne sont pas encore corroborés par la documentation actuelle sur les meilleures pratiques ; mais nous les avons inclus pour encourager le dialogue et renforcer l’acquisition de connaissances et de compétences dans les domaines de pratique où il existe un besoin de services cliniques en dépit du manque d’ouvrages scientifiques fiables.
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