Littérature québécoise








titreLittérature québécoise
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Bibliographie


Sources générales pour le régime britannique en Canada. W. P. Kennedy, The constitution of Canada : An introduction to its development and law, Oxford, 1932 ; du même, Statutes, treaties and documents of the Canadian Constitution, Oxford, 1930. – H. E. Egerton and W. L. Grant, Canadian constitutional development, London, 1907. – A. Shortt and A. G. Doughty, Documents relating to the constitutional history of Canada, 1759-1791, Ottawa, 2 vols, 1918 ; A. G. Doughty and D. A. McArthur, idem, 1791-1818, Ottawa, 1914 ; A. G. Doughty and Norah Story, idem, 1819-1828, Ottawa, 1935. – Amherst’s Journal from 1758 to 1763, edited with introduction and notes by J. C. Webster, Toronto, 1931. – An abstract of those parts of the custom of the viscounty and provostship of Paris, which were received and practiced in the province of Quebec in the time of French gouvernment, London, 1772. – Ouvrages à consulter. Cours d’histoire du Canada sous le régime britannique de 1760 à 1867, par sir Thomas Chapais, Québec, six vol. tome 1, 1919. – R. Christie, History of the late Province of Lower Canada, Québec, Montréal, 1848-1855. – H. E. Egerton, History of Canada, Oxford, 1909. – A. W. Tilby, The English People Overseas, vol III, London, 1911. – Canada and its Provinces, section 2, vol. III-IV, Toronto, 1914. – A. L. Burt, The Old Province of Quebec, 1760-1791, Toronto and Minneapolis, 1933 (tendancieux, et hostile aux Canadiens français). – Le juge François Baby, L’exode des classes dirigeantes à la cession du Canada, Montréal, 1888-1889. – R. Lemieux, Les origines du droit franco-canadien, Montréal, 1901. Parkman, The Conspiracy of Pontiac, Boston, reedit. 1904. – Mgr H. Tétu, Les évêques de Québec, Québec, 1889. – Major Gen. R. H. Mahon, Life of General the Hon. James Murray, a builder of Canada, London, 1921. – J. M. Le Moine, « Le premier gouverneur anglais de Québec », Mém. Soc. Royale du Canada, 1890. – L. S. Mayo, Jeffery Amherst, New-York, 1916. – J. C. Ling, Lord Jeffery Amherst a soldier of the King, New-York, 1933. – A. G. Bradley, Lord Dorchester, Toronto, 1907. – W. Wood, The father of British Canada, Toronto, 1916. – W. Smith, « The struggle over the laws of Canada » 1763-1783, Canadian hist. rev. 1920. – A. L. Burt, « Sir Guy Carleton and his first council », ibid, 1923. – Sur Cugnet voir P.-G. Roy, « La famille du légiste François-Joseph Cugnet », Bulletin des recherches historiques, 1915 et Mémoire de la Société royale du Canada, 1930. – Pour les premiers journaux canadiens publiés à Québec et à Montréal, on lira notamment S. Marion, Les lettres canadiennes d’autrefois, tome I, 1939, tome II, 1940, tome III, 1942, tome IV, 1944. Éditions « L’Éclair », Hull.

Chapitre II



La révolution américaine

1774-1775


Les colonies anglaises de l’Amérique septentrionale étaient en révolte ouverte, et marchaient à grands pas vers la révolution qui devait assurer leur indépendance. Depuis l’année 1690, qui avait vu s’opérer des changements si considérables dans leurs institutions, l’Angleterre avait cherché sans cesse à restreindre leurs privilèges, surtout en fait de commerce. [Tel est le sentiment de certains historiens. Toutefois, suivant d’autres, et c’est l’opinion généralement admise aujourd’hui, la révolution américaine fut déterminée par des causes politiques et sociales, où les influences religieuses entrent pour une large part.]

On a vu ailleurs (tome II, liv. V, chap. I) quels avaient été les motifs de ces changements, et quel était le caractère des habitants, unis en général de sentiments et de principes au parti républicain des temps de Cromwell. Il ne sera donc pas étonnant de les voir repousser, en 1775, les prétentions d’une métropole devenue toute monarchique. Les colonies américaines étaient riches en castor, en laine, en fer, en bois propre aux constructions navales. Après avoir adopté l’Acte de navigation, défavorable à leur commerce maritime, l’Angleterre avait défendu, en 1732, l’exportation des chapeaux et des tissus d’une province à l’autre ; l’année suivante, l’importation du sucre, du rhum et de la mélasse des plantations tropicales, à moins de droits exorbitants ; en 1750, l’établissement des forges, et la coupe des bois de pin et de sapin dans les forêts. Ainsi prétendait-elle exercer une autorité absolue sur toutes ses possessions d’outre-mer. « C’est faire un étrange abus de son intelligence que de refuser de reconnaître ce droit, disait un membre de la Chambre des communes ; du reste la trahison et la révolte sont des fruits propres au sol du Nouveau-Monde. » La Nouvelle-Angleterre, pour ne point paraître trop assujettie à la Grande-Bretagne, lorsqu’elle acquiesçait à une loi du Parlement britannique, imprimait à cette loi un caractère particulier en la promulguant comme si elle venait d’elle-même. Les autres provinces avait toujours regardé comme elle les prétentions métropolitaines avec aversion, et si elles s’y étaient soumises quelquefois, c’st parce qu’elles s’étaient crues trop faibles pour résister. Mais leur puissance croissait de jour en jour. Leur population totale, qui était de deux cent soixante-deux mille âmes vers 1700, s’élevait déjà à trois millions en 1774.

L’Angleterre, devenue seule maîtresse de l’Amérique septentrionale par le traité de 1763, se montra plus exigeante. Elle voulut tirer de ses colonies un revenu direct, qui l’aidât à payer l’intérêt de la dette nationale, que la guerre du Canada avait beaucoup augmentée, sans compter les millions qu’elle avait coûtés aux Américains. On avait autrefois proposé ce moyen à Robert Walpole, qui avait répondu : « J’ai contre moi toute la vieille Angleterre, voulez-vous encore que la jeune devienne mon ennemie ? » Le ministre George Grenville, qui tenait davantage à sa place, présenta au Parlement, contre sa propre opinion et pour complaire à George III, les résolutions qui devaient servir de base à l’Acte du timbre ; elles furent adoptées sans opposition dans le mois de mars 1764.

Toutes les colonies protestèrent contre cette mesure [après l’avoir tout d’abord acceptée]. Les hommes austères, les fiers puritains du Massachusetts disaient que si l’Angleterre avait la liberté de lever des contributions sur les colonies à son profit et à sa convenance, il en résulterait un système d’oppression qui deviendrait bientôt insupportable, car, une fois établi, il serait presque impossible de l’en délivrer, ou même de le modifier. « Nous ne sommes pas représentés dans le Parlement à Londres, disaient-ils ; qui empêchera la Chambre des communes de chercher à se soulager du poids des impôts en le faisant porter sur nous ! En notre qualité de sujets britanniques, nous soutenons que nous ne pouvons être taxés que par nos propres représentants. »

Les Américains avaient d’autres sujets de plainte. La présence d’une armée permanente dans leur pays les gênait beaucoup. Il y eut augmentation du traitement des juges, et cela parut un moyen adroit de diminuer l’indépendance de la magistrature. Les gouverneurs de province, qui n’étaient plus nommés comme autrefois par les habitants, se montraient aussi toujours disposés à prendre des mesures arbitraires.

Malgré l’opposition que souleva le dessein de taxer les colonies sans leur aveu, le Parlement, en 1765, établit au delà des mers les mêmes droits de timbre que dans la Grande-Bretagne. Franklin, agent de la Pennsylvanie à Londres, écrivit à ses concitoyens : « Le soleil de la liberté est passé sous l’horizon, il faut que vous allumiez les flambeaux de l’industrie et de l’économie » (11 juillet 1765). Quoiqu’il reçût du gouvernement plus tard une vaste concession de terres sur l’Ohio, Franklin marchait toujours avec le parti le plus avancé des colonies. Les Américains résolurent de ne plus consommer de marchandises anglaises, ce qui effraya les marchands de la métropole au point de les rallier aux partisans de la cause américaine. La Virginie, par les inspirations du célèbre patriote Patrick Henry, ardent républicain, commença la résistance à l’Acte du timbre. Les résolutions qu’il présenta dans la législature provinciale et qui y passèrent, après de longs débats (29 mai 1765), déclarèrent que le peuple n’était tenu d’obéir qu’aux lois d’impôt votées par ses représentants : quiconque soutenait le contraire était l’ennemi des colonies. Dans la chaleur de la discussion, Henry parla avec la plus grande hardiesse. Faisant allusion au sort des tyrans : « César, dit-il, a eu son Brutus ; Charles Ier son Cromwell, et Georges III... » Ici il s’arrêta au milieu des cris de Trahison ! Trahison ! !... « Et George III, continua-t-il, pourra profiter de leur exemple. Si c’est là de la trahison, qu’on me le fasse voir ! » Il y eut des émeutes dans plusieurs endroits. À Boston, le peuple démolit le bureau du timbre. À Philadelphie, quand le bâtiment qui apportait le papier timbré entra dans le port, tous les navires hissèrent leurs pavillons à mi-mât, et les cloches, enveloppées de crêpe noir, firent entendre des sons lugubres jusqu’à la fin du jour. Enfin un congrès, composé de députés de la plupart des provinces, se réunit à New-York (7 octobre 1765) et vota des pétitions au Parlement britannique contre la loi sur le timbre. La résistance devint si générale que les préposés à la recette de cette contribution furent partout contraints de renoncer publiquement à leur emploi et de retourner en Europe. Les officiers de justice, les avocats, etc., s’engagèrent à discontinuer leurs fonctions plutôt que de se soumettre au nouvel impôt. La populace brûla des ballots de papier timbré, sur le rivage, avec des acclamations de joie. Les marchands cessèrent tout négoce avec l’Angleterre. En même temps que ces mesures donnaient l’impulsion à l’industrie coloniale, le commerce de la métropole tomba dans une stagnation ruineuse, qui mit le gouvernement dans le plus grand embarras. Quelques ministres penchaient pour l’emploi de la force ; les autres, pour les tempéraments.

Le Parlement britannique s’ouvrit en 1766 sous de fâcheux auspices. La misère, le mécontentement agitaient tout l’Empire. Menacé d’une révolution, le nouveau ministère Rockingham proposa lui-même, contre la volonté du roi, appuyé de Pitt et de Burke, de révoquer, tout en maintenant le droit souverain de la métropole, la loi qui avait allumé la colère des colonies. Les débats, dans lesquels les orateurs des deux partis se surpassèrent par la beauté et par la force de leur éloquence, durèrent fort longtemps ; ils se terminèrent à l’avantage du ministère. [La loi fut officiellement abolie le 18 mars 1766]. Pour se rendre plus populaires, les ministres firent porter plusieurs lois favorables au commerce colonial, et obtinrent de la France la liquidation des papiers du Canada dus depuis la guerre de la conquête. [La convention tenue entre les deux Couronnes fut signée le 29 mars 1766].

L’abrogation de l’Acte du timbre fut reçue avec joie en Amérique, et arrêta quelque temps l’opposition hostile que cette loi avait fait naître ; puis il s’éleva d’autres difficultés. Le ministère Rockingham était tombé (juillet 1766) et Pitt, devenu lord Chatham, était remonté aux affaires. Les nouveaux ministres, dont naguère plusieurs s’étaient prononcés énergiquement contre le droit de taxer les colonies, surtout Chatham, proposèrent, en 1767, d’imposer le verre, le plomb, le thé, le papier portés en Amérique. Jusque-là ces marchandises, de provenance anglaise, hormis le thé, n’avaient pas eu à payer l’entrée. La proposition fut convertie en loi, et, pour effrayer les colons, le Parlement suspendit l’assemblée représentative de New-York, qui refusait de reconnaître, en matière de tribut, la toute-puissance de la Grande-Bretagne.

Bientôt après, le ministère Grafton, composé, suivant le pseudonyme Junius, de déserteurs de tous les partis, remplaça celui de lord Chatham, qui conserva son poste dans ce remaniement, mais qui avait déjà perdu toute sa popularité. La nouvelle tentative de taxation éprouva encore plus d’opposition en Amérique que l’Acte du timbre. Le Massachusetts donna le premier l’exemple de la résistance, et convoqua une grande convention. L’arrivée du général Thomas Gage, en 1768, avec quatre régiments d’infanterie et quelque artillerie, fit cesser un instant ces manifestations ; mais le feu couvait sous la cendre ; il fut entretenu par des associations qui s’étaient formées dans toutes les provinces. D’autres mesures de l’Angleterre précipitèrent les événements. Le Parlement vota deux adresses au roi pour l’autoriser à envoyer à Boston une commission chargée de faire le procès aux principaux récalcitrants, accusés de haute trahison. Le Parlement croyait les intimider, et les amis du gouvernement en Amérique étaient de son avis. Sir William Johnson écrivait le 25 février à lord Hillsborough, secrétaire des colonies, en 1769 : « J’ai la plus respectueuse soumission pour le discours du trône et les adresses que j’ai eu l’honneur de recevoir ; la fermeté du discours et l’unanimité des adresses me causent une très grande satisfaction, et me donnent lieu d’espérer que les malheureuses dissensions excitées par les fanatiques turbulents de ce pays, se termineront bientôt d’une manière compatible avec l’honneur de la Couronne et avec le bonheur du peuple. » C’est ainsi que dans tous les temps on se trompe sur l’avenir. Malgré les espérances exprimées par Johnson, les Américains résolurent encore une fois d’interrompre leurs relations commerciales avec l’Angleterre. Ce résultat alarma de nouveau les marchands anglais, et le ministère se vit forcé d’annoncer qu’il allait proposer l’abolition de la dernière loi d’impôt, hormis l’article relatif au thé, qui serait maintenu comme marque du droit de souveraineté. C’était à la fois annoncer sa faiblesse et laisser subsister le germe des discordes.

Sur ces entrefaites, c’est-à-dire à la fin de janvier 1770, lord North prit la direction des affaires. Il fit passer une loi contenant la proposition de son prédécesseur. Au même temps, des rixes sérieuses éclatèrent à Boston entre les soldats et les citoyens. L’alarme gagnait toutes les classes et toutes les provinces ; chacun jetait les yeux sur l’avenir avec inquiétude ; mais la plupart des colons étaient décidés à défendre leurs droits les armes à la main. Ils préparaient partout leur résistance. Devenus plus modérés dans la forme, ils ne voulaient rien abandonner du fond, et ils étaient prêts à faire tous les sacrifices pour assurer le triomphe de leur cause. Le Massachusetts, après la Virginie, donnait l’exemple, dirigé par John Hancock, James Otis, John et Samuel Adams, quatre de ses hommes politiques les plus éminents. Il fut bientôt facile de prévoir que ni l’Angleterre ni l’Amérique ne céderaient rien de leurs prétentions, et que de la plume il faudrait en appeler à l’épée. En 1773, le Parlement adopta une loi pour autoriser la Compagnie des Indes orientales à transporter elle-même du thé en Amérique, en payant les droits imposés par la loi de 1767. Aussitôt, dans plusieurs provinces, on obligea les consignataires de cette denrée à renoncer à leurs entrepôts. À Boston, les entreposeurs furent saisis, et les plus rebelles furent promenés dans les rues, le corps enduit de goudron et couvert de plumes ; trois cargaisons de thé furent détruites. Il y eut ailleurs des désordres semblables. Lord North fâché de tant d’audace, voulut punir les Bostonnais ; il présenta un projet de loi pour mettre les villes commerçantes en interdit (14 mars 1774). Cette loi défendait d’aborder dans le port, d’y charger ou décharger des navires, d’y recevoir ou apporter des marchandises. Elle fut vivement combattue à la Chambre des communes mais elle passa. « Détruisez, disait l’un de ses partisans, en parlant de Boston, détruisez cette fourmilière d’insectes malfaisants. » Deux autres lois de coercition, dirigées contre l’Amérique, furent encore soumises par le ministère. L’une amoindrissait les libertés du Massachusetts, et déclarait illégales toutes les assemblées publiques non spécialement autorisées par le gouverneur ; l’autre garantissait contre toutes recherches les officiers qui se serviraient de la force jusqu’à tuer pour apaiser les émeutes. C’était ce qu’on a appelé en Canada, après l’insurrection de 1837, un bill d’indemnité, ingénieuse fiction inventée pour donner un caractère de légalité au despotisme. Ces deux lois ne subirent pas moins d’opposition que la première. Fox, le colonel Barré, Burke, lord Chatham, s’élevèrent contre. « Nous avons passé le Rubicon, dit-on dans la Chambre haute ; le mot d’ordre autour de nous, c’est
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