Les odeurs d’une ville sont des impressions parfois fortes ou parfois ténues, quelques fois prenantes et à d'autres moments fugitives mais néanmoins si peu








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Paris - rue Pierre-au-Lard (aujourd’hui démolie) quartier Beaubourg - vers 1912

Bâtie de guingois, la rue Pierre-au-Lard - qui date de XIIIè siècle et joint par une sorte de demi-cercle la rue Brise-Miche à la rue Saint-Merri - offre ce spectacle: grands murs fleuronnés de moisissures, coupés de fenêtres, aux vitres pour la plupart brisées. Masures sombres, hôtels meublés, gîtes effroyables à “six sous la nuit”. Par-ci, par-là, entre deux barres de fer, émerge un piston qui, par moments, crache des jets de vapeur bleue ou soufrée, remplissant la rue d’une âcre fumée, et dans les caves, entrevues au travers de soupiraux grillagés, hoquettent des machines à vapeur ...

Lorsque les portes cochères massives s’ouvrent en grinçant, l’oeil plonge sur des cours mal pavées, puantes, servant de remise à ces éventaires loués chaque jour aux marchants des quatre-saisons et les voiturettes, renversées sur leurs quilles, tendent en l’air leurs longs bras de bois polis par l’usage comme pour attester le ciel de la misère de ce pauvre quartier. (Georges Cain, ancien Conservateur du musée Carnavalet) (63)

Paris - rue Jean-Bologne - vers 1920

Dans les insomnies du petit jour, il m’arrive de refaire cette promenade impossible, et si la fantaisie me prend d’aller, comme autrefois, porter des livres à mon relieur, qui n’habite pas loin de la rue Raynouard, j’hésite entre la rue de l’Annonciation et la rue Jean-Bologne, et presque toujours je choisis cette dernière à cause de son chantier à charbon dont la beauté inhumaine a le charme horrifiant d’un paysage lunaire. Je veux regarder les pyramides noires au fond éclaboussé d’argent, et les stères de bûches à l’architecture babylonienne; il m’est agréable de respirer là l’odeur immémoriale du bois, de l’anthracite et du coke. (Julien Green) (64)

Paris - rue du Croissant - vers 1925

[des journaux] il y en avait rue Saint-Martin et dans les immeubles de la rue du Croissant consacrés du haut en bas à la chose imprimée.

Je découvrais, des escaliers incroyables, des fenêtres de guingois, des métiers de toutes sortes logés dans ces maisons. Rue du Croissant, c’était l’activité fébrile, la bonne odeur d’encre d’imprimerie, la bousculade sur les paliers et dans les escaliers, car on y imprimait plusieurs quotidiens. [...] je faisais toutes ces courses à pied, le nez en l’air, à m’imprégner de la vie qui coulait autour de moi. Tout me frappait. Tout s’enregistrait, l’apostrophe pittoresque d’un gamin des rues, la dispute entre une marchande des petites charrettes et sa cliente.

De temps en temps, quand j’apercevais un bistrot obscur d’où sortaient des bouffées de vin, j’entrais et buvais soit un saumur, soit un beaujolais, que le patron tirait au tonneau. (Georges Simenon) (65)

Sienne – Loge du Palais Public - vers 1928

Sur la place du marché, l’air fleurait le poisson de Massa et d’Orbitello, dont les Siennois sont si friands, l’algue et les débris de la marée. L’âcre odeur d’iode montait dans la chaleur. (André Suarès) (66)

Sienne – Fonte Branda et Contrada dell’Oca – vers 1928

Derrière Fonte Branda, quand je tourne au plus bas de la sente, que je m’engage dans la rue, je peux me pencher sur un brin de menthe, pour ne pas sentir encore l’épouvantable odeur qui vient à ma rencontre : la moindre haleine de vent m’en soufflette le visage. C’est le charnier qui respire et qui pousse son souffle brûlant. Cà et là, les débris de viande pourrie, les morceaux de peaux en putréfaction, toutes les pâtes où le soleil brasse la vermine, travaillent dans les caves, dans les vieux magasins abandonnés, dans les espèces de réduits ténébreux, où l’on entasse les reliefs des tanneries. Les grosses mouches se croisent [...] elles rasent le passant. [...] Ardente et fade, écoeurante et cruelle, la puanteur des tanneurs couvre Fonte Branda et la Contrada dell’Oca. Toutes les maisons sont couronnées de galeries, greniers ouverts à tous les soleils, à tous les vents. Dix arcs, quinze parfois et souvent deux étages de ces loges, l’une sur l’autre : là-dessous, les peaux sont pendues, brunes ou jaunes, grises aussi, livides, au ton lilas fané. Ainsi finissent les grands bœufs blancs, amis du laboureur, si beaux, [...] Ils se vengent par la puanteur de leur dépouille. [...] J’erre dans ce charnier. La senteur astringente du tanin, âpre et vireuse, pique les narines.

(André Suarès) (67)

Bruxelles - Anderlecht vers 1930

Nous gamins, on allait aussi rue Bara. Savez-vous ce qu’on y faisait ? On s’asseyait sur un pas de porte et on restait pendant une demi-heure; et au bout d’une demi-heure, on avait assez mangé de chocolat. On restait là, toute la bande, 7 ou 8 gamins du quartier, rien que pour respirer l’odeur, parce que toute la rue Bara sentait le chocolat à cause de Côte d’Or. On allait s’asseoir sur un pas de porte et : “Snif, snif ... Ah ! C’est bon hein ! C’est bon hein !”

Il faut dire que la rue n’était pas encore polluée par tous les gaz d’échappement. Alors les odeurs, ça se sentait. Parce que j’habitais au 3ème étage, et quand il y avait les marchands des 4 saisons qui arrivaient avec des fleurs printanières par exemple, ils empilaient les fleurs; tout un tas, sur des charrettes et ils traversaient la ville en revendant leurs fleurs; eh bien ! l’odeur des fleurs montait au 3ème étage. (Antoine

Malaise) (68)

St-Florent (Maine-et-Loire) - place Maubert - vers 1930

Il est un mot qui débouche encore pour moi magiquement, à soixante années de distance, tous les flacons de Baudelaire et qui me restitue même davantage : toute la suavité entêtante d’un jardin de fleurs quand tombe la nuit d’été : c’est un vieux mot, mot local sans doute, que je n’ai plus guère entendu prononcer depuis un demi-siècle : la pavée. La pavée - selon le dictionnaire « mot dialectal désignant la digitale pourprée » -, c’était à Saint-Florent, exclusivement, le tapis compact de pétales effeuillées dont on recouvrait les carrefours et les reposoirs le jour de la fête-Dieu ; des enfants de chœur munis de corbeilles en répandaient un supplément parfumé tout le long du cortège. Il sortait de ce concentré floral prodigué à foison une déflagration odorante qui allait jusqu’à l’ivresse. Mais seule est capable de m’en rouvrir l’accès la sonorité si expressive du mot où passent à la fois la solennité du pavois, la magie sédative du pavot joints à l’idée d’une jonchée profuse et bénigne – où le vocable brutal de « pavé », se féminise, vire à son contraire, et où le v, la consonne la plus fondante de la langue française, libère par surprise toute la suggestion voluptueuse dont elle est grosse. A la prononcer, non seulement je me sens replongé dans ces parfums tournoyants de jardins suspendus, mais je revois presque tout : le reposoir de la place Maubert dans l’éclat de ses housses immaculées – in albis sedens angelus – avec ses candélabres, ses cierges et sa rangée naïve d’aspidistras en pots, les murs des façades de la Grand-Rue tendus partout de draps semés de bouquets et de feuillages épinglés, les longues banderoles rouges à étoiles d’or qui les soudaient l’une à l’autre par-dessus le confluent des ruelles. Ce n’était pas seulement toute la suavité du printemps dans le plein de son explosion qui se trouvait là concentrée, c’était dans sa démesure prodigue, un vrai potlatch de la floraison, qui en épuisait le suc en faveur d’un jour unique de plénitude, et qui l’éteignait d’un coup pour laisser place déjà dans les jardins à toute la poussière, à toute la sécheresse de l’été. (Julien Gracq) (69)

Paris - les Halles et autour - vers 1940

Naguère à Paris, le franchissement d’un quartier vers un autre, de celui des Halles par exemple à celui des Tanneurs et des Teinturiers, avait accoutumé le passant, le riverain, à l’existence même d’odeurs qui traçaient, en les délimitant, des territoires différents. Au-delà du caractère strictement désagréable et nauséabond qu’elles suscitaient, ces odeurs étaient pour le moins reconnues et partagées par le passant en autant d’espaces porteurs de sens et révélateurs d’une pratique, d’une activité spécifique.

Elles structuraient dans le temps, de manière invisible, l’espace, en suscitant des ambiances particulières. Leur présence signalait au nez et au regard du riverain, un quartier, une rue, avec son fourmillement, ses clameurs et sa tonalité. Seul le nom des rues dans les centres anciens et les faubourgs en Europe en ont gardé parfois la mémoire, presque la saveur. (Robert Dulau) (70)

Bruxelles - çà et là - vers 1945

La Senne, lorsqu’elle était à ciel ouvert sentait très mauvais. Cela se remarquait aussi aux quais situés derrière le théâtre Flamand et à côté du boulevard d’Anvers qui se prolongeait sur le site devenu le Bd. Albert II. Cela a duré jusqu’en 1950 environ. L’ancien marché aux poissons, sur ce qui s’appelait les quais, sentait fort également. Les écuries royales ( à côté du Palais des Académies): “ça sentait mauvais”, tout comme celles du déménageur Vander Gooten, où les odeurs se mélangeaient aux fumées du train de marchandises. (Pol Guerlus) (71)

Bruxelles - çà et là - vers 1945

Cela sentait le chocolat à la gare du Midi et à la place Simonis à cause de la proximité de l’usine Côte d’Or pour la première et de l’usine Victoria pour la seconde; les drogueries: un mélange de cire et de térébenthine et les pompes à essence sur les trottoirs sentaient fort. Le marché aux puces sentait le moisi. Les triperies sentaient plus fort que les boucheries car les étals étaient à ciel ouvert ... Le chemin de fer, les gares sentaient la fumée. Les trottoirs sentaient le savon du fait de l’obligation de les nettoyer à l’eau tous les samedis. Il y avait un bouquet de senteurs des marchés établis sur les places principales (Ste-Catherine, St-Josse, Flagey, etc...). L’Hippodrome de Boitsfort gardait l’odeur des chevaux; à Jette, près de l’hôpital Brugmann, cela sentait les marais et vers Ganshoren, les moissons. Au plateau de Koekelberg, la fermentation de la bière à cause des brasseries, tout comme au fond de Saint-Gilles avec Wielemans. Les garages et ateliers de réparation (nombreux avant 1948) exhalaient une odeur de cambouis. Les imprimeries des journaux (Van Rossel, Le Soir, La Libre Belgique, etc...) le papier fraîchement imprimé et l’encre ; aussi à Saint-Josse, l’imprimerie Le Signe (ou Cygne ?). Les abattoirs de Cureghem sentaient la viande fraîche.

Avant 1940, on pouvait sentir le fer brûlé du rémouleur, le pétrole qui était distribué par une charrette avec réservoir. Et puis, tous les jours, les poubelles (souvent des bacs à ordures) qui étaient versés dans un camion non couvert.

Il y avait aussi l’odeur des Kermesses, Foires, Braderies (croustillons, beignets, pommes d’amour, sueurs, tabacs, bières, escargots, etc... et les pétards brûlés.) Aussi celles des processions avec les pétales jonchant le sol, l’encens, l’anti-mite des chasubles et étoles, le sable qui saupoudrait les rues.

Avant 1940, le centre ville offrait mille senteurs qui ravivaient le promeneur et l’attirait. Matin, midi ou soir, le flâneur retrouvait des odeurs familières et choisissait selon son désir. La faible circulation des autos, autobus, camions, n’altérait pas la prédominance des senteurs des métiers. Cela sentait le bouillon de mer et de céleri chez les marchands d’escargots. Et chez ceux qui vendaient des châtaignes (marrons), le bois sucré brûlé. Les charcuteries attiraient non seulement par leur choix, mais aussi par l’odeur tentante du fumet des préparations. Par contre, les fromageries répugnaient en exhalant des odeurs fortes de moisi. Les parfumeries prévenaient la clientèle par des senteurs a diverses et alléchantes. (Léo Crunelle) (72)

Bruxelles - ça et là - vers 1945

Senne: odeur pestilentielle lorsqu’elle n’était pas recouverte : rue du Marché, rue des Palais, chaussée de Gand, ... Odeurs de la Brasserie Aerts à St-Josse .Les impasses sentaient l’urine. Tous les jours on torréfiait le café. (José Crunelle) (73)

Bruxelles - rue du Progrès - vers 1945

La première rue à gauche dans la rue du Progrès donnait sur la Senne à ciel ouvert, et cela sentait très mauvais, je m’en souviens encore. Au bout de cette même rue du Progrès, se trouvait une fabrique de parfums dont l’odeur d’eau de rose pouvait être perçue jusqu’à la place Liedts. (Pascuale Gagliazzo) (74)

Amsterdam – Apollolaan – vers 1950

Près de l’hôtel, au long de l’Apollolaan où je me promène après le dîner, des pelouses fraîchement rasées s’étendent jusqu’au bord du canal, ombragées de saules pleureurs, d’ormes, de marronniers et de peupliers ; des pêcheurs s’y installent pour tendre leurs ligne, allongés contre l’eau de tout leur long sur l’herbe. Le quartier, silencieux et cossu, semble être, à lire les plaques des portes, un quartier de médecins spécialistes, une sorte de Harley street. De l’autre côté du canal, au-delà des arbres, de belles et tranquilles maisons de briques, aux façades colonisées par la vigne vierge ; [...] L’odeur stagnante de foin coupé, les grappes jaunes des cytises qui pendent à la verticale dans cette immobilité crépusculaire, aussi inertes que des fils à plomb, enchantent à mesure, au long de ma promenade, ce silence, cette torpeur vespérale d’une grande ville qui semble signifier à tous naïvement, presque ruralement, l’heure rafraîchissante de la couchée. (Julien Gracq) (75)

Paris – Les Halles – vers 1960

Là où l’auteur de “ L’assassinat de Paris “ Louis Chevalier, n’a peut-être pas tort, c’est quand il voit dans le “ trou des Halles “ l’évulsion du cœur secret de la capitale. Cœur certes plein d’ordure, mais d’où montait sur la ville aux heures avancées de la nuit un fumet de canaillerie lourde et sanguine, qui était de toutes les essences de son parfum composite l’odeur la plus originale. Odeur intime d’une ville grossie autour d’un peloton inextricable de boyaux fermentants, ayant pour noyau moyenâgeux ses rues de boucheries et de triperies d’où l’émeute à chaque instant s’échappait, les bras rouges de sang avant même de commencer.

(Julien Gracq) (76)

Paris – avenue Wagram – vers 1965

Il fut un temps où les odeurs de Bing étaient célèbres ! Nous avions toujours 100 à 200 kilos d’ambre … L’été, on nous sentait du haut en bas de l’avenue Wagram ! Moi, mes vêtements continuent à sentir, les chiens me sentent, même après des années. Autrefois, mes amis me disaient que j’empestais ! (Jacques Schlienger : négociant de matières premières animales – ambre, musc, civette et le castroréum – pour la société Bing) (77)

Berlin – gare du Zoogarten – vers 1970

La vieille gare du Zoogarten est l’un des endroits les plus fascinants de Berlin. On y côtoie, jour et nuit, des êtres étranges que l’on ne peut oublier. L’aspect triste et sale de la gare contraste violemment avec le Kurfürstendamm et la richesse des rues qui l’entourent. A une centaine de mètres du quartier le plus luxueux de Berlin, elle se dresse auréolée de ses odeurs aigres de bière et de saucisses, avec ses vagabonds et ses mendiants. (Jean-Michel Palmier) (78)

Bruxelles - Buizinghen - 1993

Installée au coeur de Buizinhen, quartier résidentiel de la banlieue bruxelloise, la fabrique de gaufres Suzy se découvre d’abord par le nez. Il y flotte un parfum caractéristique de sucre vanillé mêlé aux effluves reconnaissables de la pâte à grand-mère. (Marc Vanesse) (79)

Bruxelles - çà et là - 1994

... Tu me reproches le fait d’avoir écrit que la ville ne sentait pas beaucoup, pourtant, les personnes arrivant de la campagne disent que la ville (Bruxelles) sent la pollution.

Je vais préciser mon point de vue:

en haut de la ville, occasionnellement, cela sent le goudron lorsqu’on pose de l’asphalte sur la chaussée, et quelquefois, juste après la pluie, l’humus dans les parcs. Très ponctuellement, une porte peinte à l’huile révèle un travail récent et les solvants d’autres peintures ou colles émettent plus largement leurs odeurs caractéristiques. Longeant certaines vitrines, des relents de tétrachlorures annoncent une boutique de nettoyage à sec, et passant devant la porte ouverte d’une wassorette: ce sera un mélange d’odeur chaude et de savon. A d’autres endroits, l’haleine de pain chaud sortant du soupirail de quelques boulangeries se découvre quelquefois, mais rien de comparable à ce qu’on rencontre en France. La piscine Longchamp à Uccle sent le chlore déjà une bonne dizaine de pas avant les portes d’accès.
Par contre, lorsqu’on descend dans le centre ville, les choses changent. Tout comme les accents de la langue sont plus prononcés dans les quartiers populaires, les odeurs y sont également plus présentes et plus nombreuses. Autours de l’église Ste-Catherine: ce sont fritures et l’odeur de sucre chaud des marchands de gaufres, mais aussi de caricoles et en automne, de marrons chauds. Les poissonneries sentent plus que d’habitude, se “répandent” plus largement sur les trottoirs et le matin, dans les cafés, l’odeur de fumée de tabac refroidie y est forte et plus marquée qu’ailleurs. Toutes choses variant au cours des saisons: les ruelles humides où le soleil n’entre jamais sentent l’urine de chat au printemps mais deviennent inodores les jours pluvieux de novembre. Entrant dans l’église, les senteurs lourdes des restants d’encens ne sont pas les mêmes lorsque, dans la nef il fait doux ou, au contraire, froid et cru par temps d’hivers.

Au marché de la place, c’est l’odeur des fraises qui m’a toujours semblé de détacher des autres, s’annonçant d’elle-même à l’avance entre les étals.
Tu me dis que des odeurs nouvelles remplacent les anciennes : certaines stations de métro ont cette odeur de graisse que l’on retrouve chez les garagistes, mais les repères anciens qu’étaient pour moi l’odeur de chocolat de l’usine Côte d’Or au sortir de la gare du Midi, du mélange d’éther et d’alcool camphré des hôpitaux ou l’odeur sûre du lait battu que l’on pouvait découvrir à l’échoppe du laitier au marché, ont disparu à jamais. Certaines personnes trouvent que les pharmacies avaient des odeurs tenaces d’iode, j’ai le souvenir que les cinémas sentaient la poussière. Je me souviens fort bien de l’odeur (la puanteur) des âcres relents venant de Jacqmotte lorsqu’ils torréfiaient le café (les lundis ?), odeur apportée par les vents du Sud-ouest, odeur qui enveloppait tout (et qui, contrairement à moi, enchantait mon voisin de Vaucresson), et aussi de l’odeur du houblon se dégageant des brasseries.

Je garde mon sentiment que la ville ne sent plus beaucoup ... (Marc Crunelle, lettre à Geneviève Declève) (80)
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