Les odeurs d’une ville sont des impressions parfois fortes ou parfois ténues, quelques fois prenantes et à d'autres moments fugitives mais néanmoins si peu








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l’odeur

des

villes

100 témoignages

sélectionnés par

Marc Crunelle
Les odeurs d’une ville sont des impressions parfois fortes ou parfois ténues, quelques fois prenantes et à d'autres moments fugitives mais néanmoins si peu mentionnées ou relatées dans la littérature. Pourtant, chacun l'a vécu, les odeurs déterminent des lieux et qualifient des espaces.

Tout en étant données premières dans l’appréhension d’une ville, on ne les cite que très rarement.

Afin de combler cette lacune et donner une idée de ce que devait être l’image olfactive de certaines villes du passé, j’ai rassemblé en ce recueil, ces descriptions, des citations littéraires et orales d’odeurs urbaines en Europe, formant ce qu'un néologisme anglais appelle des “Smellscapes“.
Les textes présentés ci-après ont été classés en 3 catégories:

• les impressions générales d’une ville.

• les odeurs de certaines rues, places et quartiers.

• celles de lieux publics et de quelques intérieurs.
Odeurs "bonnes" ou "mauvaises",

toutes époques confondues; descriptions directes ou de mémoire (”je me souviens” ...), évocations, relations épistolaires, extraits de presse ou de journal de voyage.

Subjectivité donc et individualité reconnue.

Il ne s’agit pas ici d’une analyse scientifique, mais de matériau brut de découverte, sans classement par genre, par thème ou autre. Les textes sont néanmoins assemblés chronologiquement, ce qui fait qu’on ne sait ce que la description suivante fera revivre: c’est à chaque fois une surprise, en fait tel que cela se passe dans la vie: la découverte d’une odeur se fait en effet toujours par surprise, c’est à notre insu qu’une senteur émerge d’un fond et que notre jugement à son sujet se fait quasi instantanément ("j'aime, j'aime pas").

Aussi, ceci n’est pas un inventaire, mais une collecte informelle et “pointilliste” de citations de personnes interrogées ou de descriptions d’écrivains,... mais jamais d’œuvres romanesques.
Au départ, je m'étais donné l'ambition de rassembler arbitrairement une centaine de citations.

Celles-ci mises bout à bout, avec pour seul classement l'ordre chronologique de leur observation, prennent à la lecture, une forme étonnante qui tient à la fois d'une poétique de la sensation et d'un long collage surréaliste.

En effet, dans cette suite d'énumérations serrées, nous sommes à la fois le plus directement en contact avec le monde des odeurs et dans leur juxtaposition sans autre ordre que des dates, nous ne sommes pas loin de la forme de l'écriture automatique !

Ce qui au départ se voulait une compilation simple, telle une succession de fiches un peu neutres, est devenu, sans que je le veuille, une étonnante boite à surprises.
Marc Crunelle

(2002-2007)
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Guy de Maupassant

Toutes les odeurs errantes, celles des rues, des champs, des maisons, des meubles, les douces et les mauvaises, les odeurs chaudes des soirs d’été, les odeurs froides des soirs d’hiver, ranimaient de lointaines réminiscences, comme si les senteurs gardaient en elles les choses mortes embaumées. (0)


1 impressions générales de villes


Genève – 1538

Ce n'est pas présentement notre entreprise de raconter toutes les singularités en quoi cette ville est participante avec les autres villes; mais celle-ci qu'elle a particulièrement, n'est point à oublier: c'est qu'il n'y a aucune des portes qui rende le moins qu'on puisse dire de mauvaise odeur, bien que toutes soient quasi continuellement hantées (= fréquentées), tant d'aller que de venir, de gens, de chevaux, de charrettes. Tout incontinent à la sortie de chacune d'icelles il se montre un beau pays plat et découvert, qui n'est aucunement infecté de boue ou d'autre ordure. (Antoine Saunier) (1)

Paris - vers 1580

Le principal soing que j’aye à me loger, c’est fuir l’air puant et poisant. Ces belles villes, Venise et Paris, altèrent la faveur que je leur porte, par l’aigre senteur, l’une de son marets, l’autre de sa boue. (Michel de Montaigne) (2)

Paris - 1596

Il circule dans toutes les rues de la ville un ruisseau d’eau fétide où se déversent les eaux sales de chaque maison et qui empeste l’air: aussi est-on obligé de porter à la main des fleurs de quelque parfum pour chasser cette odeur. (Monsieur d’Ierni) (3)

Montpellier – 1656

Dans la grande rue des Parfumeurs, par où l'on entre d'abord, l'on croit être dans la boutique de Martial [célèbre parfumeur parisien], et cependant:

Bien que de cette belle ville

Viennent les meilleures senteurs

Son terroir en muscats fertiles

Ne lui produit jamais de fleurs

Cette rue si parfumée conduit dans une grande place où sont les meilleures hôtelleries. (Claude-Emmanuel Chapelle et François de Bachaumont) (4)

Hyères - 1740

Nous apprîmes à Hyères, car on s'instruit en voyageant, l'effet que produisent dans l'air les caresses du dieu des Zéphirs et de la déesse des Jardins. Vous savez, Madame, qu'en approchant du pays des orangers, on respire de loin le parfum que répand la fleur de ces arbres. Un car­tésien attribuerait peut être cette vapeur odoriférante au ressort de l'air; un newtonien ne manquerait pas d'en faire honneur à l'attraction. Ce n'est rien de tout cela.
Quand par la fraîcheur du matin

La jeune Flore réveillée

Reçoit Zéphire sur son sein,

Sous les branches et la feuillée

De l'oranger et du jasmin,

Mille roses s'épanouissent;

Les gazons plus frais reverdissent,

Tout se ranime, et chaque fleur,

Par ces tendres amants foulée,

De sa tige renouvelée,

Exhale une plus douce odeur.

Autour d'eux voltigent avec grâce

Un essaim de zéphirs légers;

Mais ce qui plus nous étonna,

C'est qu'on y voit les étrivières

Dont il châtia les rivières

Quand Garonne se révolta:

Fait que l'on ne connaissait guère

Lorsque Chapelle l'attesta.
[…] Le jour suivant nous fûmes nous rassasier du coup d'oeil ravissant des côtes d'Hyères. Il n'est point de climat plus riant, ni de terroir plus fécond. Ce ne sont partout que des citronniers et des orangers en pleine terre.

Le grand enclos des Hespérides

Présentait moins de pommes d'or

Aux regards des larrons avides

De leur éblouissant trésor.

L'Amour les suit et s'embarrasse

Dans les feuilles des orangers.

Zéphire, d'une âme enflammée,

Couvre son amante pâmée

De ses baisers audacieux,

Leur couche en est plus parfumée;

Et dans cet instant précieux,

Toute la plaine est embaumée

De leurs transports délicieux.
Le lever de l'aurore et le coucher du soleil sont ordinairement accompagnés de ces douces exhalaisons. Les jardins d'Hyères ne sont pas moins utiles qu'agréables. Il y en a un, entre autres, qu'on dit valoir communément en fleurs et en fruits jusqu'à vingt mille livres de rente, pourvu que les brouillards ne s'en mêlent pas. (Jean-Jacques Lefranc de Pompignan) (5)

Versailles - 1764

Le parc, les jardins, le château même font soulever le coeur par les mauvaises odeurs. Les passages de communication, les cours, les bâtiments en ailes, les corridors sont remplis d’urine et de matières fécales; au pied même de l’aile des ministres, un charcutier saigne et grille ses porcs tous les matins; l’avenue de Saint-Cloud est couverte d’eau croupissante et de chats morts. (La Morandière) (6)

Versailles - diverses époques

On admet volontiers que nos aïeux, dans leurs maisons, palais et châteaux, n’avaient aucune de ces commodités dont aujourd’hui on ne saurait se passer (dans les villes du Nord au moins); et, de ce qu’à Versailles les seigneurs de la cour de Louis XIV se trouvaient dans le nécessité de se mettre à leur aise dans les corridors faute de cabinets. [...] Cette négligence à satisfaire aux nécessités de notre nature physique était poussée très loin dans le temps où l’on songeait surtout à faire de l’architecture noble. Non seulement le château de Versailles, où résidait la cour pendant le XVIIIè siècle ne renfermait qu’un nombre tellement restreint de privés, que tous les personnages de la cour devaient avoir des chaises percées dans leurs garde-robes; mais des palais beaucoup moins vastes n’en possédaient point. Il n’y a pas fort longtemps que tous les appartements des Tuileries étaient dépourvus de cabinets, si bien qu’il fallait chaque matin faire faire une vidange générale par un personnel ad hoc. Nous nous souvenons de l’odeur qui était répandue, du temps de Louis XVIII, dans les corridors de Saint-Cloud, car les traditions de Versailles s’y étaient conservées scrupuleusement. Ce fait, relatif à Versailles, n’est point exagéré. Un jour que nous visitions, étant très jeune, ce palais avec une respectable dame de la cour de Louis XV, passant dans un couloir empesté, elle ne put retenir cette exclamation de regret: “Cette odeur me rappelle un bien beau temps! .

(Viollet-le-Duc) (7)

Grasse – 1780

La ville est entourée, au midi, de prairies, et surtout de jardins ornés de toutes sortes de fleurs que les eaux jaillissantes de la montagne animent et vivifient. Les orangers, les citronniers et les cédrats mêlés au jasmin d’Espagne, répandent, quand ils sont en fleurs, un parfum délicieux. […] Malgré la beauté du climat et la pureté de l’air, la ville de Grasse n’est pas jolie. Les rues y sont étroites et irrégulières, sans ornements, et toujours couvertes de fumier, comme le sont celles de beaucoup de villes et de tous les villages de Provence. Cependant, elle est assez commerçante. On y fabrique des cuirs tannés avec de la poudre de lentisque qui les rend verts et de meilleur usage que le cuir rouge. […] La soie fournit une seconde branche de commerce. La troisième est celle des fabriques de cire, de pommades, d’essences, de savonnettes et de parfums connus dans tout le royaume. (Abbé Jean-Pierre Papon) (8)

Nice – 1780

Après avoir passé le Var, on entre dans le terroir de Nice, borné au midi par la mer et au nord par les hautes montagnes des Alpes, qui le mettent à l’abri du froid aquilon, et sur lesquelles la nature déploie un caractère si fier et si imposant. En hiver, lorsque l’aride sommet de ces montagnes est caché sous des tas énormes de neige, c’est un spectacle bien frappant de voir à leur pied la nature se couronner de fleurs et même de fruits, sur cette verdure éternelle dont les jardins sont émaillés. C’est au mois d’avril surtout qu’elle paraît dans toute sa beauté ; la vigne et l’oranger exhalent une odeur qui, se mêlant à celle de l’œillet, de la rose et du jasmin, parfume l’air d’alentour. (Abbé Jean-Pierre Papon) (9)

Lisbonne – juillet 1787

La chaleur et l’odeur de vase règnent dans Lisbonne. (William Beckford) (10). [ Selon Roger Kann, Il est incommodé par l’odeur de vase dégagée par le Tage et par la puanteur des monceaux d’immondices dans les rues].
.

Clermont-Ferrand - 1787

Quelle est ma surprise, quand entrant à Clermont, je ne vois plus que des rues étroites et tortueuses, un pavé détestable, enfin une ville antique, mal bâtie et plus mal tenue encore ... [malgré la pente], par défaut de police, les rues sont presque continuellement si sales et si boueuses que, pendant les deux tiers de l’année, tous les habitants, jusqu’aux gens que jadis on plaçait dans la première classe, portent des sabots par-dessus leurs souliers. Dans les quartiers moins fréquentés, ce sont des amas de fumiers, des immondices de boucheries, des ordures de toute espèce; enfin des vidanges plus dégoûtantes encore, parce que là un grand nombre de maisons n’a point de latrines. (Legrand d’Aussi) (11)

Clermont-Ferrand - 1789

Clermont est au milieu d’un curieux pays, entièrement volcanique; il est construit et pavé avec de la lave; la plus grande partie de la ville forme l’un des endroits les plus mal bâtis, les plus sales et les plus puants que j’aie vus. Il y a beaucoup de rues qui, pour la noirceur, la saleté et les mauvaises odeurs, ne peuvent être comparées qu’à d’étroits canaux, percés dans un sombre fumier. L’accumulation des odeurs nauséabondes, dont l’air est imprégné, quand la brise vivifiante des montagnes ne ventile pas ces ruelles remplies d’excréments, me fait envier les nerfs de ces braves gens, qui, autant que je puis savoir, semblent heureux. (Arthur Young) (12)

L’Isle-sur-la-Sorgue (arr. d’Avignon) - 1789

L’Isle est très agréablement situé. Avant d’entrer dans la ville, j’ai trouvé de belles plantations d’ormes, avec de chaque côté, de délicieux ruisseaux, murmurant sur les cailloux; des gens bien habillés jouissaient de la douceur du soir un endroit que j’imaginais n’être qu’un village de montagne. C’était pour moi un une sorte de tableau féerique. Et maintenant, pensais-je, combien il est détestable de quitter ce beau bois et cette eau pour entrer dans une ville laide, misérable, entourée d’étroites murailles, chaude et puante; l’un des contrastes qui offusquent le plus mes sentiments.

(Arthur Young) (13)

Grasse – 20 mai 1838

Rues étroites comme dans les villes du littoral de Gênes. La culture ferait croire à chaque moment qu’on est à Sestri ou à Nervi. Mais absence totale d’architecture et de cafés et mauvaise odeur dans les rues, où l’on fait toujours un peu de fumier suivant l’exécrable usage que j’ai déjà trouvé à Aubagne et au Luc. [...] Réellement, je suis poursuivi jusque dans ma chambre par une certaine odeur de résine qui me fait mal à la tête et qui pourrait bien être l’odeur de la parfumerie de Grasse. (Stendhal) (14)


Lausanne - 1839

Il était cinq heures après-midi. Je montais lentement vers la cathédrale par les rues étroites de la ville. L’heure du dîner approchait pour les bourgeois qui se hâtaient de rentrer chez eux. Je voyais par les lucarnes des rez-de-chaussée flamber les âtres des cuisines, et les ménagères et les servantes s’empresser autour des chaudières et des tourne-broches. La fumée débordait par plus d’une fenêtre, et l’odeur des lèchefrites remplissait les rues. (Victor Hugo) (15)

Paris - 1845

Il n’est personne à Paris qui ne soit tous les jours frappé, dans les spectacles, les promenades et les établissements publics, dans les boutiques et magasins, de l’odeur infecte des gaz d’éclairage. (Rapport du Conseil de salubrité et d’hygiène publique) (16)

Bruxelles - 1864

On dit que chaque ville, chaque pays a son odeur. Paris, dit-on, sent ou sentait le choux aigre. Le Cap sent le mouton. [...] La Russie sent le cuir. Lyon sent le charbon. L’Orient, en général sent le musc et la charogne. Bruxelles sent le savon noir. Les chambres d’hôtel sentent le savon noir - avec lequel elles ont été lavées. Les lits sentent le savon noir - ce qui engendre l’insomnie pendant les premiers jours. Les serviettes sentent le savon noir. Les trottoirs sentent le savon noir. (Charles Baudelaire) (17)

Lyon - XIXè siècle

L’industrie parsème la ville entière d’une multitude d’établissements qui se livrent, sans aucune précaution, à leurs activités, au coeur même des habitations, qu’elles rendent, à nos yeux, difficilement habitables par leurs fumées, leurs odeurs et leurs résidus. Parmi eux, les établissements qui travaillent les matières animales semblent les plus nombreux et les plus souvent énoncés. On aurait quelques difficultés à recenser le nombre de tueries, d’abattoirs particuliers qui parsèment les cours des immeubles et les arrière-boutiques des tripiers, bouchers, charcutiers et autres professions de la viande. La plupart du temps, les animaux pénètrent dans la cour par l’allée qui conduit aussi les habitants de l’immeuble à leur logement. Ils sont ensuite égorgés et dépecés à même la cour, le sang et les viscères étant évacués à ciel ouvert par les caniveaux ou déposés à même la rue. Les odeurs, les cris, la contamination des eaux, la présence des insectes, celle des chiens, toutes les causes d’insalubrité se retrouvent dans ce genre d’établissement.

Dans le sillage des tueries, et parfois même dans les mêmes locaux, on trouve aussi dispersés les dépôts d’os, de cuirs verts et de peaux fraîches dont les odeurs affreuses ou insupportables obligent les voisins à fuir leur domicile ou à vivre barricadés, sans forcément pouvoir se protéger des émanations nocives. Les fonderies de suif ne sont pas moins redoutables avec leurs odeurs insalubres et désagréables. Leurs exhalaisons qui menacent la santé des habitants corrompent la végétation et infectent des denrées alimentaires détenues dans les greniers alentours, sans compter le rejet des eaux fétides dans des excavations temporairement sans drainage. Avec à peu près les mêmes effets, les fabriques de colle ou de gélatine qui utilisent les ossements des animaux.

Parmi les établissements les plus fréquents, les fours à chaux sont les plus contestés. Une partie des campagnards, pourtant contents de trouver des amendements à bon marché, leur voue une haine sévère, car ils les accusent de gâter leurs récoltes et, en particulier, de dénaturer le vin. Nocive ou non, la fumée des fours à chaux est, de toute évidence, massive et suscite l’ire des premiers villégiateurs des environs de Lyon. Chassés des campagnes et des premières banlieues résidentielles, les fours à chaux sont encore présents dans les villes. On en trouve un, en 1818, rue Vaubecour, à deux pas de la Place Bellecour, mais il en existe encore à Vaise en 1857 et à la Guillotière en 1882, au grand dam des promeneurs et des habitants.

Les premières industries chimiques sont, sans doute, encore plus nocives que les établissements précédents. La fabrication de l’orseille (colorant rouge vif) est l’une des plus nauséabonde, puisqu’il faut laisser fermenter la matière première (un lichen) dans l’urine humaine. Outre les odeurs plus que désagréables; les vapeurs irritent la gorge, titillent le larynx et provoquent la toux. Mais la fabrication de l’eau de Javelle (comme on l’écrit à l’époque), celle de l’acide muriatique, du vitriol, de l’amidon, répandent des émanations suffocantes, qui mettent le voisinage à deux doigts de l’asphyxie, font périr la végétation et altèrent les fabrications de l’industrie textile. Au fur et à mesure que s’affirme la vocation chimique de la ville, on voit se multiplier les fabriques de sulfure de carbone, de soude, d’acide sulfurique, toutes aussi nocives.

La métallurgie est aussi grande pourvoyeuse de nuisances. Outre le bruit qu’elles répandent fréquemment, les fonderies au creuset, les ateliers de dérochage, les fabriques de bijoux factices utilisent à profusion des acides qui répandent odeurs et maux de tête.

On ne saurait conclure ce bref panorama olfactif, sans faire référence aux dépôts de boues et immondices et aux industries qui en font usage. Dans les années 1880, il existe à la Vitriolerie (rive gauche du Rhône, à la hauteur du confluent) au moins trois dépôts de matières fécales dont les émanations se répandent jusqu’aux coteaux de la Mulatière et de sainte Foy, peuplés de résidences estivales, dont les propriétaires protestent vigoureusement. [...]

Certes, toute cette littérature est unilatérale, suspecte, et ne recense que les établissements insalubres, au risque de pousser au noir le tableau et d’exagérer l’ambiance enfumée et infecte de la ville. Il n’empêche que la plupart des industries se signalent d’abord par les odeurs et les fumées qu’elles répandent. Ainsi, l’apparente insensibilité au bruit et la forte polarisation sur les odeurs ne pourraient que refléter l’état réel de l’industrie et non une insensibilité particulière. (Olivier Balay & Olivier Faure) (18)
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