Historique du XVII siècle








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Le Maniérisme : fin XVI° s. ; cf Vénus à la fontaine : art de la surenchère gratuite. Les peintres italiens se mettent à peindre "à la manière de tel ou tel peintre" : art d'imitation, de virtuosité, de surenchère.

Selon G. Matthieu-Castellani, le Manièrisme est une sorte de scepticisme.

I. Excès réthoriques, volonté argumentative et violence des images (1570-1620)

Cette poésie d'excès et de violence correspond à la période des guerres de religion. L'art est lié à une période troublée où il s'agit de persuader.


1 Aggripa d'Aubigné (1562-1630)

C'est un poète protestant. Il participe aux guerres de religion, mais n'est pas à Paris lors de la Saint-Barthélémy : il est grièvement blessé sur la route. En 1577, de nouveau blessé, il a l'idée des Tragiques. Dans un des livres, il met en scène le poète blessé, sur son lit, et qui a des visions : les protestants massacrés sont sauvés et vont au ciel. Il décrit ces visions comme vécues lors de la Saint-Barthélémy. Il naît une oeuvre de 7 livres, les Tragiques, publiée en 1616, presque inconnue à son époque. Les 7 livres correspondent aux 7 jours de la création. (cf Du Bartès ? : La semaine, en 7 livres).

- 1° livre : "les misères" de la condition humaine

- 2° livre : "les princes", dénonciation de la cour de France, catholique et débauchée

- 3° livre : "la chambre dorée", dénonciation de l'iniquité des jugements

- 4° livre : "les feux", description des bûchers où sont brûlés les protestants

- 5° livre : "les fers", description des assassinats et des massacres. Tout est décrit du point de vue des bienheureux qui sont au ciel. Par exemple, l'amiral de Coligny voit son propre assassinat. L'âme et le corps sont dédoublés.

- 6° livre : "les vengeances" divines

- 7° livre : "le jugement": Dieu punit les catholiques.


L'oeuvre est structurée de manière progressive, elle adopte le genre de l'épopée (la seule épopée réussie de la période). C'est une oeuvre assez atypique où Aggripa d'Aubigné représente le poète comme témoin : oeuvre de dénonciation mais aussi visions célestes. On finit par ne plus savoir ce qui est vrai et faux. Tout prend valeur de vérité, "J'ai vu". C'est l'épopée de l'âme de l'écrivain

cf photocopie : le poète dénonce les moeurs de la cour de France.

Catherine de Médicis est une vieille macrelle et une empoisonneuse

et le poète insiste sur le caractère efféminé d'Henri III. La cour est un autre "Sodome et Gomorrhe".


2. Poésie de l'étrange, des renversements et de l'instabilité

du monde

* La Ceppède : cf photocopie.

Impression d'un perpétuel glissement. Les monarques vainqueurs portent le manteau de pourpre : "ce roi victorieux" ; il s'agit en fait du Christ. On va du général au par-ticulier.

v5 : apostrophe, sorte de variation en rouge

v9 : sanglante couleur = le manteau

Le manteau est sur le dos de l'agneau et représente les péchés et les crimes.

dernier vers : le manteau est la chair du Christ qui porte le péché, donc le sang du sacrifice. Tout le texte converge vers l'idée de chair du Christ porteur de nos péchés.

Le sens est difficile à saisir et ce poème provoque un effet étrange. Glissement sémantique et polysémique.

Le texte de La Ceppède n'est pas incompréhensible. Il y a des isotopies, une cohérence. La vision finale résume les différents élements sémantiques qui le précèdent. Mais l'étrange vient d'un glissement de vers en vers : monarque =) ce roi et manteau rouge =) pourpre =) sang

Chaque vers ou strophe glisse sur des sens différents. On ne change pas de sujet mais on glisse d'un élement sémantique à un autre. Dernier vers : élements matériels ont une valeur métaphorique et spirituelle. Pouvoir politique et pouvoir spirituel que représente le Christ. Il s'agit d'une vision, d'une prière au Christ. Impression d'étrangeté et de fuite.

Le Baroque est familier des doubles sens et des superpositions.

* Desportes est un poète de la fin du XVI°s.

Le texte est néopétrarquiste. Le propos argumentatif est une sorte de paradoxe : la dame au regard dangereux se regarde dans le miroir et va retourner sur elle-même le danger. cf Narcisse et Méduse. Cette femme va se pétrifier par son propre regard. Technique précieuse qui raffine sur la mythologie, surenchère. L'argumentation n'est pas à valeur universelle ou générale : l'oeuvre de Desportes se rattache moins de ce fait au Baroque qu'au Manièrisme. cf métamorphose. Mais ici elle n'est pas encore réalisée : menace, possibilité, jeu d'esprit et de logique. Instabilité du monde: une femme peut se transformer en pierre.

3. "Enfin Malherbe vint"

François Malherbe (1555-1628) représente une sorte de charnière. Dans ce mouvement de paradoxes, images proliférantes, etc, il représente une exception. C'est un précurseur du Classicisme mais il n'est pas immédiatemment suivi par la communauté politique. A l'époque classique il est reconnu comme un maître.

cf Art poètique (1675) de Boileau, v131 à 142 du livre I.

Malherbe sert de modèle. Boileau, en pleine période classique reconnaît en Malherbe un précurseur, un poète qui refuse le tourbillon Baroque.

Après les guerres civiles et de religion, en 1598, la vie de cours reprend, Malherbe devient courtisan et poète officiel. Contrairement à Ronsard qui se dit inspiré, médiateur entre l'homme et Dieu, Malherbe se reconnaît lui-même conne un artisan du langage au service des grand. Ca rejoint un peu le statut des grands belliqueux.

Sa première publication, Les larmes de Saint Pierre, 1587, est parfaitement Baroque. Il s'inspire d'un poète italien. Thème de la conversation, du revirement brusque, du changement et du renversement,... Le style est très ornemental, outrancier, foisonnant, avec de nombreuses hyperboles.

Mais le 6 novembre 1600, il écrit une Ode à la reine (Marie de Médicis) sur sa bienvenue en France (elle vient d'épouser Henri IV) : c'est un sujet de cour. Cette pièce le rend célèbre. Il gagne alors la cour, en 1605 devient un poète officiel et éclipse ceux alors en place (ex : Desportes).

"La consolation à M du Perrier" qui a perdu sa fille : "et rose elle a vécu ce que vivent les roses l'espace d'un matin", "La mort a des rigueurs à nulles autres pareilles". C'est une poèsie très claire, qui allie sentiments et raison : il s'agit de raisonner son ami. Tristesse mais raison, donc équilibre. Il s'agit de minimiser. Pas de grande dénonciation contre la mort. Il est inutile de protester contre la mort, il faut vouloir ce que Dieu veut : soumission. A partir d'un cas particulier on arrive à des vérités universelles, on passe de l'anecdote au général. L'idée de soumission est le contraire même du Baroque qui est débordement, exaltation de la personne en particulier, etc.

Malherbe annonce des caractéristiques classiques. Son écriture est régulière, claire syntaxiquement. Ces figures sont extrêment traditionnelles. Il n'y a rien d'étrange ni de recherché: écriture à lieux communs, compréhensibles par le plus grand monde. Cf stances à Calliste : répétition des mêmes termes et pas de recherche excessive. Espèce de tautologie.

Malherbe n'a pas écrit de textes théoriques : il a conscience d'être novateur, d'amener en poésie quelque chose de nouveau et même, vers la fin de sa vie, il proclame sa conviction d'avoir rénové la poésie, en 1624, "Au Roi" : "Ce que Malherbe écrit dure éternellement". Il se proclame roi des poètes de son temps. Il a annoté et commenté des vers de Desportes parus en 1609. Il lui reproche ses formules compliquées, précieuses, ses subtilités et même un certain pédantisme. En fait tout ce qui vient du pétrarquisme est jugé pédant par Malherbe.

Malherbe n'a pas formé plus de deux disciples à son époque, devenus obscurs : Maynard et Racan. Sa volonté de pureté n'a pas fait école à son temps. Témoignage de Racan : "il parlait fort ingénuement de toutes choses et avait un grand mépris des sciences (=savoir)" : il a un mépris particulier pour la peinture, la musique et même la poésie. Malherbe ne se donne pas du tout un rôle de poète sacré : il écrit des vers mais ne se considère pas utile. Il méprise tout ce qui est décoratif, y compris sa propre poésie. La poésie est un pur divertissement. Il estime que ce serait injuste de récompenser les poètes car ce sont des amuseurs. Les hommes d'armes sont plus utiles. Le poète est un artisan qui décore la vie des princes.

Il recherche l'ordre et l'approbation du pouvoir royal. Le seul grand personnage est le roi, puis il y a les princes, puis les officiers. Il respecte l'ordre établi et le pouvoir politique tel qu'il est.

4. Inutilité de Malherbe. 1620-1660. Marino, le marinisme et le règne de la virtuosité verbale et de l'imagination

a.Virtuosité verbale

* Marino (1569-1625)

C'est un italien qui séjourne à Paris de 1615 à 1623. C'est un contemporain de Malherbe. Alors que Malherbe n'a que deux disciples, Marino est la coqueluche de l'hôtel Rambouillet. (Lors de la Renaissance, les poètes se manifestent surtout à la cour. Au XVII°s se sont créées autour de personnages de la haute société des cercles littéraires. Le public est devenu plus cultivé, à la cour mais aussi à la ville, c.à.d dans les salons. L'hôtel de Rambouillet est une de ces maisons, une des plus prestigieuses, un des hauts lieux littéraires de l'époque où se rencontrent les hommes de lettres qui lisent leurs écrits. Cela leur permet de connaître ce qu'il y a de plus récent et d'avoir une critique: ce sont des lieux de lancement, de promotion et de critique. Les personnages riches donnent des pensions aux poètes qu'ils apprécient. Tout cela créé une sorte d'émulation littéraire.)

Beaucoup de poètes fréquentant ce lieu se sont mis à écrire à la manière de Marinon : c'est le Marinisme. Il s'agit d'une poésie brillante, sensuelle et fondée sur une sorte de pointe, de métaphore finale, assez précieuse.


* Jeu de variation sur le "Nigra sum, sed formosa" (Cantique des cantiques). Il s'agit d'une esclave noire mais plus rayonnante que le soleil, plus claire que la clarté. Le deuxième paradoxe est que le poète est esclave de celle qui est son esclave.

Il s'agit d'un jeu de variations à partir d'un élément culturel.

Sensualité : le poème multiplie les images physiques. Esthétique de la pointe. C'est une poésie de la métaphore et du paradoxe.

Ce poème en a entraîné d'autres : Tristan l'Hermite , "Beau monstre de nature..." ; Scudéry ; "objet noir mais charmant" ;...

A partir d'une image se met en place toute une série de variations.

* Pierre Marbeul. Cf photocopie. Ce sonnet est publié en 1628. Jeu sur les sonorités et les homonymes: Maniérisme et Marinisme. Jeu parfaitement imaginaire à partir de clichés : "la mère de l'amour eut la mer pour berceau". Ce paradoxe amuse Marbeul : Vénus sort de la mer et son fils embrase les coeurs. Normalement une mère apaise son fils, l'eau apaise le feu, mais les larmes n'apaisent pas l'amour. La mer et l'amour ont l'amertume en commun

=) La mer et l'amour ont quelque chose en commun, puis s'opposent dans les tercets : l'un ne peut rien contre l'autre. Il n'y a pas de guérison possible.

Ce sont des lieux communs. Marbeul ne dit rien de très original, mais il s'agit de virtuosité verbale.


b.Le goût des métaphores et des métamorphoses
C'est le gros de la production de cette époque. cf Genette et J.Rousset.

Ces métaphores du Baroque sont à mettre en rapport avec la vision d'un monde instable, où tout peut se transformer, où tout est mirage et mouvant.

Cf photocopie : Germain Habert. Description de la nature : métamorphose des yeux de Phillis en astres. Il s'agit des arbres qui ont abrité les amours des personnages. "liquide cristal" : un élément fluide est associé à un élément figé, oxymore. Thème du miroir : reflet et inconstance. Idée d'un monde en mouvement:"chaos agréable" (oxymore). Goût de mélanger les éléments grâce au reflet des arbres dans l'eau. Goût du monde inversé. Idée de métamorphose, de monde réversible.


c.Le masque et l'illusion
J. Rousset étudie le goût de la métamorphose mais aussi du paraître.

Desmarets de Saint Sorlin, 1638. Il décrit le palais d'une reine orientale et parle d'un paon, animal connu pour son orgueil et son goût du paraître. Goût de l'artifice et de l'illusion. On préfère les flambeaux à la lumière du jour. Il accumule les vêtements, esclaves, diamants,... Goût de l'apparat, de la grandeur, des richesses. Le paraître est un des grands éléments du Baroque.

Tout est pure vanité.

d.Inconstance et instabilité
"Tout n'est plus ici bas que de vaines apparences." Idée que l'amour est toujours trompeur, volage, que même la femme la plus belle est un être de chair soumis au changement. Tout est vain. Goût du mouvement.

e.Passage et mort
Idée d'une conversion nécessaire. Entre 1620 et 1660, l'accent n'est plus mis sur Dieu immédiatement mais surtout sur le monde, son agitation, son paradoxe, mouvement perpétuel, grandeur du pouvoir et fascination, mais reconnaissance que ce n'est qu'apparence.

Le monde n'est rien et la vérité est ailleurs. Les poètes s'enchantent ou dénoncent ce monde instable et d'apparence.


LE CLASSICISME 1660-1685

Cette période s'instaure avec la prise de pouvoir personnelle de Louis XIV. Elle se termine en 1685 avec un tournant dans la politique royale. L'apogée du Classicisme dure 25 ans. C'est une erreur de considérer les XVII et XVIII°s quand on parle de Classisme.
Cette période est caractérisée par des valeurs d'ordre, d'absolu. Il y a l'idée d'universel et d'une certaine clarté d'écriture. Cette période correspond à l'affirmation du pouvoir royal, de l'absolutisme monarchique. La cour devient un lieu d'intrique pour paraître, s'amuser... Ces petits complots n'ont plus rien à voir avec les grands de la Fronde. La politique de François I° trouve son aboutissement : assagir les princes, les contrôler, les soumettre en les réunissant à la cour. Ils dépensent leurs revenus pour des tenues d'apparat, etc : il s'agit de vider les bourses des grands princes pour les empêcher de lever des armées. Tout ceci orchestre un culte du roi. Louis XIV recrute ses principaux ministres parmi les bourgeois. Il a la volonté de niveler l'aristocratie, parallèlement de hausser la bourgeoisie en distribuant des charges. Cet ordre est fondé sur la soumission, l'obéissance au monarque. Il n'y a plus d'esprit d'héroïsme. Les guerres de religion. C'est une période sans troubles sociaux, avec de brillantes vies mondaines et courtisanes, une période raffinée où triomphe la préciosité. Les précieuses insistent sur la raison : "non pas une femme selon la nature, mais une femme selon l'esprit". Elles affirment l'idéal de la raison.
C'est le triomphe des idées de l'Académie française. Le théâtre régulier l'emporte sur le théâtre irrégulier, sur le baroque. Les grammairiens fixent la langue : Vaugelas, Ménage. On choisit comme norme le langage de la cour et de la ville, langue épurée. Ce n'est pas la langue française défendue par Du Bellay. Le français de Touraine est plus pur mais c'est toujours celui de la cour que l'on suit. Boileau déclare ce que doivent être poésie et théâtre. Les Académiciens dictent ce que doit être le langage, ce que doit être la littérature.

L'uniformité n'est jamais atteinte. Il y a une volonté d'ordre, de réglementation, mais cet académisme n'est jamais vraiment atteint.
A côté du roman, de cet idéal de la cour, existe le courant burlesque (cf Scarron). A côté de ce catholicisme régnant existe le courant libertin. A côté de l'idéal classique de l'imitation des Anciens apparaît la querelle des Anciens et des Modernes. Il s'agit d'imiter les Anciens pour les uns, d'inventer des sujets nouveaux, etc, pour les autres. Cet idéal d'imitation, perfection n'est jamais atteint. Si le théâtre répond aux régles définies par l'Académie, ce sont les comédie-ballets et l'opéra qui sont les plus prisés. Le genre noble est la tragédie classique. Mais quand elle s'impose, une autre genre s'impose déjà qui s'inscrit dans la continuité du Baroque.

=) Le Classicisme est un idéal presque réalisé pendant ces 25 ans mais il ne s'impose jamais parfaitement.
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