Tradition chinoise et ?e du monde








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date de publication30.03.2018
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Tradition chinoise et ?e du monde




Il s'agit simplement ici de vous faire part d'une petite réflexion personnelle, inspirée d'un livre de Marie-Louise Von Franz: « Nombre et temps  - Psychologie des profondeurs et physique moderne ». Marie-Louise Von Franz a collaboré pendant 30 ans avec Karl Jung, et son livre peut pratiquement être considéré comme une œuvre posthume de Jung. Il montre comment les nombres correspondent à des archétypes gouvernant à la fois l'esprit et la matière, jetant donc un pont entre les deux domaines; il montre aussi comment la physique moderne met en lumière le rôle des nombres comme facteurs d'arrangement de la matière, en particulier dans le monde de l'atome. Par le parallèle qu'elle permet avec les structures découvertes par Jung dans l'inconscient collectif, cette vision aboutit à la conception d'un monde unifié (l‘Unus Mundus des alchimistes), dont l'harmonie et le sens se traduisent par un ordre numérique, mettant fin au dualisme cartésien et permettant à la fois un retour à la source et à l'unité.    
La théorie chinoise des nombres est fondée sur deux diagrammes célèbres, le diagramme de Luo Shu et le diagramme de He Tu. Les arrangements numériques fondamentaux exprimés dans ces diagrammes sont à la base de nombreux arts et sciences, comme par exemple la musique et l'architecture. Mieux encore, ces diagrammes organisent pour les Chinois la totalité du continuum espace-temps de l'univers.




Diagramme de Luo Shu    


Diagramme de He Tu   

Le diagramme de Luo Shu fut apporté par un Dieu de la Rivière sous la forme d'une tortue. Il représente un homme ayant pour centre le nombre 5 ; il porte le 9 sur son chapeau, le 3 et le 7 à sa droite et à sa gauche, le 2 et le 4 sur ses épaules, le 8 et le 6 sur ces jambes qui reposent sur le 1. Des mouvements reliant ces nombres ont donné naissance aux quatre opérations arithmétiques fondamentales (addition, soustraction, multiplication et division).   




Cheval-Dragon apportant le Diagramme du Fleuve

Quant au diagramme He Tu, il fut apporté par un cheval-dragon sorti du Fleuve Jaune et permit de déduire le théorème de Pythagore et tous les théorèmes concernant le triangle rectangle. Ces deux diagrammes peuvent aussi être considérés comme des matrices carrées du genre de celles introduites par Cayley dans son algèbre matricielle et dont les applications s'étendent depuis la théorie des quanta jusqu'à la technologie moderne.   
Ces deux diagrammes He Tu et Luo Shu définissent aussi les arrangements numériques des 8 Trigrammes (Ba Gua) qui forment la base du Yi Jing (et non Yi King, saperlipopette !). Ces Huit Trigrammes eux-mêmes furent transmis par l'empereur mythique Fu Yi qui, selon la légende, fut engendré par un dragon et avait un corps se terminant en serpent. Le fait que tous ces modèles aient été transmis par des tortues, des chevaux, des dragons, des serpents peut paraître anodin, voire fantaisiste, mais il est en fait d'une importance très significative. En effet, en langage psychologique, cela signifie que ces modèles mathématiques émanent des couches profondes de l'inconscient collectif. Tout comme les découvertes de Poincaré ou de Gauss en mathématiques, ils ne sont pas le fruit d'un effort de réflexion (et encore moins de déduction) consciente, mais plutôt inspirés par l'inconscient.   



Les Huit Trigrammes ou Ba Gua

Huit forces constitutives de l'univers

Il semblerait donc que ces diagrammes de He Tu et de Luo Shu ainsi que les Huit Trigrammes (Ba Gua) soient une sorte de mathématique instinctive ou intuitive, correspondant à l'expression d'un ordre universel mémorisé dans notre inconscient depuis les origines, tout comme les symboles universels identifiés par Jung. En ce sens, ces diagrammes sont sacrés, car ils renferment les clefs de l'harmonie universelle; et ils sont traditionnels au sens où ils nous reconnectent à nos origines, à notre source, au modèle divin selon lequel l'être humain a été conçu. L'homme n'a t-il pas été conçu à l'image de Dieu ?   
Il est intéressant de faire un parallèle avec les mandalas que dessinent les moins tibétains; ils tracent ces figures à la fois immenses et complexes sans aucun instrument de mesure, guidés seulement par l'inspiration que leur état de méditation leur procure. Par cette seule inspiration, ils arrivent à décrire des structures mathématiques exprimant la géométrie sacrée de l'être humain et respectant presque parfaitement les proportions du nombre d'or, exactement comme s'ils s'étaient servis des instruments de mesure et des outils des bâtisseurs de cathédrales!   



Mandala tibétain

Quadrature du cercle et nombre d'or

En fait, diagrammes de He Tu et de Luo Shu, trigrammes du Yi King, mandalas tibétains, nombre d'or et architecture sacrée, sont autant de structures mathématiques qui nous ramènent à des schémas fondamentaux d'organisation de l'être humain dans ce qu'il a de plus fondamental, de plus essentiel. Ces structures demandent proprement à être découvertes, au sens littéral du terme, car elles été enfouies (recouvertes) dans les profondeurs de l'inconscient collectif de l'humanité et détiennent les clefs tant de son origine que de sa destinée.   
Ces structures qui gisent dans les profondeurs de notre inconscient pourraient être considérées comme nos mathématiques intérieures, et ce sont ces mêmes structures qui régissent l'organisation et le fonctionnement de notre corps énergétique, de notre champ vital, bref, de notre Qi !   
Cette découverte de notre mathématique intérieure ne peut se faire que par un mouvement d'introspection qui permet d'entrer et de descendre en soi. C'est en amenant la lumière au plus profond de soi grâce à la méditation qu'on peut éclairer les ténèbres de notre inconscient et découvrir les lois qui régissent notre intériorité (ce qui est l'objet du « Nei Jing », le « Livre de l'Intériorité »).  



Spirale au nombre d'or

Structure et mouvement 

de la vie et de la conscience

Ce sont d'ailleurs les mêmes lois que celles qui régissent l'univers, d'où la célèbre phrase de Socrate « Connais toi-même et tu connaitras l'Univers et les Dieux», puisque ce sont les mêmes lois qui fonctionnent à différents niveaux selon un modèle holographique. C'est pourquoi la médecine traditionnelle chinoise ne s'est pas appuyé sur la connaissance anatomique pour se développer; au contraire, toujours selon la même conception holographique, elle est partie de l'observation de l'univers et du mouvement des étoiles et en a tiré des lois qu'elle appliqué ensuite au microcosme de l'être humain (microcosme). L'exemple le plus éclatant en est la théorie des 5 Eléments qui correspondent à l'origine à 5 types d'étoiles caractérisées chacune par un mouvement énergétique propre; puis, ces 5 mouvements énergétiques ont été appliqués à la modélisation du fonctionnement du corps humain et ont été associés à 5 Organes.    
Par conséquent, il ne faut pas tomber dans la piège qui consiste à qualifier la théorie du Yin et du Yang, des 5 Eléments, des 8 Trigrammes, etc, de philosophie « archaïque »: « archaïque » possède une connotation très méprisante, comme s'il s'agissait de quelque chose de primitif, de grossier ou, pire encore, de dépassé. Si on ne comprend pas la signification profonde et la justesse de ces théories, c'est simplement qu'on en a perdu les clefs! Ainsi, au lieu de congédier ces théories d'un revers de main en les qualifiant d'archaïques, on ferait mieux de se remettre à chercher ces clefs afin de retrouver la source perdue de l'harmonie et de la santé. D'ailleurs, on s'aperçoit que la science moderne commence à peine à retrouver et à expliquer ce que la médecine chinoise a découvert depuis des millénaires alors qu'à l'époque, on ne disposait d'aucun des instruments de mesure sophistiqués d'aujourd'hui. Ce seul fait devrait quand même poser question! Comment ont-ils pu savoir? Le seul outil d'investigation dont disposaient nos anciens, c'est leur capacité de méditation qui leur permettait justement de découvrir au plus profond d‘eux-mêmes les lois qui régissent l'univers! Etonnant, non?    
Cela me rappelle une petite histoire contée par le poète libanais Khalil Gibran. Un jour, le prophète arriva dans un petit village et demanda s'il y avait un sage. Tous à l'unisson lui répondirent que le seul sage qu'ils connaissaient, c'était un vieil homme assis sous un arbre à la sortie du village. Le prophète partit à la recherche de celui-ci et l'ayant trouvé, il vint se présenter à lui et lui demanda quelle était la source de sa sagesse. Le vieil homme répondit que la source de sa sagesse, c'était l'observation du mouvement des étoiles, mais le vieil homme était aveugle et en disant cela, il mit la main sur sa poitrine pour faire comprendre qu'il parlait du mouvement de ses  étoiles intérieures.   
Ainsi, on peut supposer qu'en plus plus d'avoir appliqué au microcosme du corps humain les lois de l'univers, les Chinois ont aussi découvert par introspection directe - en état de méditation - le fonctionnement du corps énergétique. Il est d'ailleurs courant qu'en cours de méditation, on puisse sentir le trajet des méridiens. Mais au delà de ça, ce même état d'introspection peut aussi permettre de saisir directement le modèle global du corps énergétique, sa géométrie sacrée, sa mathématique intérieure, car ceux-ci appartiennent également à l'Ame du Monde et existent dans les tréfonds de notre inconscient.
Bref, pour rendre justice aux sages chinois de l'Antiquité à qui nous devons cette incroyable connaissance sur le fonctionnement de l'être humain, il conviendrait de parler non pas de philosophie archaïque, mais de philosophie essentielle. Il s'agit d'ailleurs à mon sens de la vraie philosophie, celle qui permet de comprendre les choses de la vie, les lois qui régissent l'univers, du microcosme comme du macrocosme, et non simplement de constructions abstraites élaborées par des intellectuels déracinés et malades ou imbus de leur personne (ce qui revient au même!). Mais cette vraie philosophie, j'en ai peur, s'est éteinte avec Platon...     

  

ZHI - Un seul caractère pour Sagesse et Philosophie  

Le caractère ZHI est composé du caractère de la connaissance () et de celui du soleil ()La Philosophie, comme la Sagesse, réside dans la connaissance des lois de notre univers dont le Soleil est le centre; elle implique donc aussi l'étude du mouvements des astres, à l'intérieur comme à l'extérieur de nous. la Philosophie est aussi intimement liée à la notion de conscience lumineuse et à la notion même d'Illumination;  elle implique une compréhension de nature spirituelle liée au Shen, Esprit qui vient habiter notre Cœur. Comme cet Esprit, ce Shen, est la source de notre Conscience, on peut dire que la Philosophie est aussi la connaissance de la Source...   


Effectuer un retour vers cet essentiel, c'est ce qui permet de retrouver les clefs de la véritable santé enfouis à l'intérieur de nous-mêmes; ce n'est pas une démarche passéiste, mais plutôt un retour vers le futur! Dire que la médecine chinoise doit rester traditionnelle, ce n'est donc pas dire qu'il faut marcher à reculons, mais se rappeler que c'est une médecine inspirée par la tradition et porteuse des clefs de cette santé dont nous avons plus que jamais besoin aujourd'hui. La tradition, contrairement à ce que beaucoup de gens ont l'air de penser, n'est pas un ensemble d'archaismes dépassés et bons à jeter, mais un ensemble de règles d'harmonie (comme le nombre d'or, par exemple) qui permettent de créer et de construire un futur qui soit lui aussi porteur d'harmonie, tout comme peut l'être une cathédrale. D'ailleurs, le corps humain n'est-il pas lui-même une cathédrale ?                                          



Corps de l'homme et cathédrale

Une même architecture sacrée

Faire de la médecine chinoise traditionnelle, c'est être conscient du travail à faire pour retourner à l'essentiel et tirer le fil d'Ariane offert par la tradition pour se reconnecter à la source de la vie elle-même. Qui oserait prétendre que retourner à la  source est un mouvement rétrograde ? Celui-là mourra de soif, sans aucun doute !   

   


Yuan - La Source     

Faire de la médecine chinoise traditionnelle, ce n'est pas ignorer ou refuser les apports de la médecine moderne, mais simplement les intégrer dans une perspective harmonieuse. Ce n'est pas non plus s'en tenir à l'utilisation des outils classiques comme les ventouses, les guashas, les moxas avec cicatrices, ni même les décoctions de plantes; c'est avant tout pratiquer dans un esprit conforme à la tradition et à ses enseignements, dont le leitmotiv est l'intégration harmonieuse des énergies du corps et de l'esprit. En médecine traditionnelle chinoise, c'est comme en religion; il faut s'en tenir à l'esprit et non à la lettre!  
Enfin, faire de la médecine chinoise traditionnelle, c'est aussi ne pas perdre de vue que le corps physique n'est que le niveau le plus grossier de l'être et qu'en amont de lui, il y a un corps énergétique, invisible à l'œil de chair, mais pourtant bien réel; c'est d'ailleurs ce corps énergétique qui est la matrice du corps physique et contient les causes des maladies du corps physique. C'est pour cela qu'il est dit dans le « Nei Jing » que « les 100 maladies proviennent toutes du Qi » car le Qi, dans cette phrase, désigne précisément le corps énergétique en amont de ce corps physique où les maladies ne font que se matérialiser. La médecine traditionnelle chinoise est une médecine essentiellement énergétique; il est aussi essentiel de ne pas l'oublier afin de ne pas perdre ses racines, source de sa vitalité, mais au contraire de lui rendre toutes ses lettres de noblesse.     



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