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’La Chinoise’’ de Jean-Luc Godard, dont il est dit que c’est du «genre ‘’quand je sors avec Hildegarde c’est toujours moi qu’on regarde’’» (paroles de la chanson de Boris Vian ‘’Je suis snob’’), qu’on y voit «des beaux adolescents intransigeants qui passent leur temps à faire des mines, lire, parler de ce qu’ils lisent et écrire sur les murs des passages de ce qu’ils lisent» ; cependant, on peut mettre en doute le fait que ce film de 1967 ait été diffusé à la télévision québécoise sitôt après sa sortie !

On a aussi un aperçu sur le monde du cinéma à travers Catherine : son statut de vedette, sa «tournée de financement», son voyage au «lac Saint-Jean pour repérer des sites pour son prochain film avec son scénariste, son décorateur, son producteur, quoi encore…» (page 77), sa protestation contre la domination par les compagnies américaines (comme ‘’Famous Players’’ [page 127]), la «folle jasette d'admiration cinématographique mutuelle» qu’elle a avec le directeur de la revue ‘’Caméra Améra’’, un certain Plateau ! (page 188), sa présentation de son film, ‘’As-tu fou ou froid?’’, à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes (pages 185, 207-208 où elle parle de Claude Lelouch et de Claude Chabrol).

Sont signalées plusieurs sorties de films : celle par le cinéaste québécois Denis Héroux d’«un autre film de cul» (page 14), ce réalisateur ayant en effet produit, en 1969, ‘’Tendre et sensuelle Valérie’’ ; en 1970, ‘’L'Initiation’’ et ‘’L'Amour humain’’ ; en 1971, ‘’7 fois… par jour’’, autant de manifestations de la libération sexuelle au Québec ; celle de ‘’l’Orange Mécanique’’, le film de Stanley Kubrick, dont «tout le monde parle» (page 213), et qui sortit en effet en 1971 ; celle du ’’Conformiste’’ de Bertolucci, qui bouleverse Catherine, sorti en 1970 [pages 140).

On remarque l’intérêt pour les dessins animés : «le Road-Runner» est le héros (page 182), «Lucky Luke» qui se débat sur le T-shirt de Catherine (page 225).

Elle «raffole des albums de sexe-fiction de chez Eric Losfeld» (page 43), c’est-à-dire  : ‘’Barbarella’’ (1962) - ‘’Pravda la survireuse’’ (1968) - ‘’Saga de Xam’’ (1967).

Est mentionné aussi Roméo Pérusse, comique qui fait des «farces cochonnes» dont celle qui est citée (page 227) joue sur les mesures de longueur anglaises encore utilisées au Québec, et sur le double sens du mot «verge».
La vie intellectuelle au Québec dans les années soixante :

On s’y initiait à la psychanalyse, d’où l’allusion par Catherine au «stade oral-anal» (page 147), alors qu’en fait furent justement distingués par Freud le stade oral (premier stade de la libido où la bouche et les lèvres sont les principales zones érogènes) et le stade anal (où l’enfant se focalise sur la région rectale). On éprouvait aussi la nécessité de «savoir quoi penser du structuralisme» (page 214).

Il existait une gauche «marxiste-léniniste» (page 64) qui entendait prolonger au XXe siècle les théories de Marx et de Engels, en mettant davantage en avant, en suivant l’exemple donné par Lénine, l'activisme révolutionnaire et la dictature du prolétariat. Mais Roger demande aux Ferron la correction d’«une analyse hégélienne marxiste-léniniste» par laquelle son groupe prend «un petit virage vers le centre», voulant «faire comprendre au peuple québécois comment c’était devenu inévitable.» (page 64).

En 1962, de nombreux intellectuels saluèrent la parution de «‘’La galaxie Gutenberg’’ de McLuhan», auquel une allusion subtile est faite à propos de «marchandise présentée sur des chariots que le client est invité à faire rouler» (page 263-264), McLuhan ayant distingué des médias «chauds» (qui ne demandent la participation que d'un seul de nos sens, qui reçoit une information d'entrée de jeu très riche, la participation du cerveau étant toutefois faible) et des médias «froids» (qui s'adressent à plusieurs sens et sont plutôt pauvres, mais demandent de la part du récepteur une participation très importante pour compenser cette pauvreté).

En 1968 parut l’essai de l’écrivain québécois Fernand Dumont, ‘’Le lieu de l’homme, la culture comme distance et mémoire’’ dont Catherine cite le titre en parlant de l’île Bizard (page 236), prouvant ainsi qu’elle ne connaît pas le contenu de l’oeuvre !

En 1970 parut l’essai féministe de Germaine Greer ‘’La femme eunuque’’ (page 191).

En 1971 parut l’essai de Pierre Gascar ‘’Rimbaud et la Commune’’ (page 282).
La vie politique au XXe siècle :

Selon Catherine, le pape Pie XII aurait donné sa bénédiction à Mussolini (page 263), mais cette assertion est tout à fait contestable car le pape, en maintes occasions, s’opposa à la politique du Duce.

Est rappelée la guerre du Vietnam sur lequel «les bombes pleuvent» (page 118).

On voit surgir de façon tout à fait intempestive les noms de «Pompidou, Baudoin, Trudeau» (étrange trio : le Français et le Canadien gouvernaient leur pays, Baudoin n’était que le roi des Belges !) qui sont jugés «corrects» apparemment parce qu’«ils ne veulent rien changer» (page 14).

Est évoqué «l’apostolat de Ralph Nader, jeune Américain en colère» (page 241), célèbre dès les années 1960 par ses campagnes en faveur des droits des consommateurs, de l’écologie, la défense de l'«intérêt public». Dans le même ordre d’idées, fut, en 1969, lancé par le Québécois Tony LeSauteur le projet ’’Un Fleuve, Un Parc’’ (page 143) pour protéger le Saint-Laurent, qui, entre le pont Jacques-Cartier et les îles de Sorel, était considéré comme moribond ; il voulait en faire un parc fluvial se prolongeant dans la nature.

André, étonné de constater que Laïnou veut leur donner l'impression que lui et Nicole sont «plus intéressants que tout, même» que cet événement, évoque «l’accession d’Allende à la présidence de l’Argentine, du Pérou, du Surinam, quoi encore» (page 162), alors qu’évidemment il devint président du Chili le 4 septembre 1970. Mais cette fantaisie serait due à un effort de la conscience pour se protéger contre l'envahissement de la logique extérieure qui exige qu’on soit «au courant» des grands événements de l’actualité ; leur importance est relativisée : «ah l'importance des nouvelles, ce product» (page 72).
La situation politique du Québec.

Est rappelé le passé :

- «La rébellion de 1837» qui vit des patriotes des province du Bas-Canada (le Québec actuel) et du Haut-Canada (l’Ontario actuel) s’opposer au colonialisme britannique, l’abbé Perreault affirmant qu’au Bas-Canada «c’est des curés qui ont animé ce mouvement», et se prévalant de la perpétuation des «valeurs françaises» par le clergé (page 263).

- Les années trente, quarante et cinquante où le Québec fut dirigé par le conservateur Maurice Duplessis, dont le père de Roger Degrandpré était «officier d’élections» (page 137) ; où il fut soumis au clergé (d’où l’accusation de «cléricalisme» que Catherine porte sur l’abbé Perreault [page 263]) qui imposa une éducation puritaine (celle que donnèrent les «sœurs» à Laïnou [page 135]), dont le contre-coup est la profusion de «sacres», jurons blasphématoires (les multiples «hostie» et surtout le «Maudit Christ» que profère Catherine [page 259] et sa menace : «on va baisser vite en Christ dans son estime si on se met à bouder à cause qu’elle est de mauvaise humeur» (page 260), l’abandon par les Québécois de tout un mobilier religieux («le crucifix en bois du milieu du XIXe siècle où le Christ était sculpté à même sa croix» qui se trouve dans le chalet de l’île Bizard, et que Catherine jette [page 244]).
Dans le temps où se situe l’action du roman, la province francophone qu’est le Québec dans la fédération essentiellement anglophone qu’est le Canada, est toujours sujette de la reine d’Angleterre (d’où les «Postes de la Reine» [page 97], la présence du visage d’Élisabeth II sur les billets de banque [page 221], la «Cour du Banc de la Reine» [page 243]) ; est toujours dominée politiquement, économiquement et culturellement par les Anglais. Les bourgeois que sont Roger et Catherine possèdent un chalet au bord d’un lac, «comme les Anglais» (page 191). De nombreux anglicismes ou mots anglais ont envahi la langue des Québécois.

Les Québécois partisans de la fédération étaient traités de «fédérastes » (page 263), terme qui, suggérant «pédérastes», leur prêtait une orientation sexuelle méprisée, mais qui ne fut pas une invention de Ducharme. Ils sont représentés, au Québec, par le premier ministre Bourassa (pages 123, 263), par le père de Catherine (qu’elle traite de «con élitiste fédéraste» [page 227], dont elle montre la colère à la suite de la mort de Pierre Laporte, qui tient à préserver son placement au «Royal Canadian Trust» [page 227]) ; et, à Ottawa, siège du gouvernement fédéral, par le «tandem Pelletier-Trudeau-Marchand» (pages 61, 68), «tandem» qu’on appelait en fait «les trois colombes», trois intellectuels québécois qui, en septembre 1965, se lancèrent en politique fédérale (si Jean Marchand et Gérard Pelletier se firent vite discrets, Pierre Elliott Trudeau devint ministre de la Justice, puis Premier ministre du Canada dès 1968).

Des nationalistes, qu’on appelle péjorativement des «séparatistes», désirent l’indépendance de la province, aspirent à un «État du Québec» (page 242). Ils sont représentés par Roger Degrandpré (dont le nom est d'une joyeuse ironie, et qui représenterait Gérald Godin, le poète nationaliste, futur ministre du gouvernement du Parti Québécois, et compagnon de Pauline Julien), qui dirige ‘’Les Petites Éditions’’, édite la revue de gauche trimestrielle ‘’La bombe Q’’ (page 50), se veut le «sauveur du pays», le «rédempteur de races québécoises [pourquoi ce pluriel?]» (page 279), est «occupé à nettoyer le Québec» (page 43), à «décoloniser le Québec» (page 44), à «s’occuper de 30 Québécois qui pourraient se débrouiller tout seuls pendant qu’il y en a 125 000 sans job puis 6 000 000 sans pays» (page 126), veut «réaliser son idéal d’une société juste» (page 44). Il est entouré d’amis qui forment le «Bordel des Patriotes» (page 90), et, surtout, de Catherine, «intellectuelle engagée», «cinéaste de gauche» (page 76), «championne tout de suite debout de toutes les revendications des petits Québécois de la base» (page 267). Elle s’en prend au curé de Notre-Dame-de-l’île-Bizard qu’elle traite de «cléricaliste et de fédéraste» (page 263).

On voit aussi Laïnou manifester, après avoir vu le «dernier film de Marsil», un nationalisme culturel. En effet, le film lui fait fait porter ce jugement sur les Québécois : «Nous sommes tous des masturbateurs, des crosseurs […] C’est dégueulasse ! Mais en même temps, comme c’est touchant, cette bassesse à laquelle nous réduit notre irréparable solitude.» (page 114).

Mais Catherine et Laïnou sont dépassées par le «F.L.Q.», Front de Libération du Québec, dont une des deux cellules (et non «quarante-deux», chiffre qui traduit bien la paranoïa qui régnait alors) avait enlevé le ministre du gouvernement québécois Pierre Laporte, et l’avait, le 17 octobre 1970, «exécuté», Catherine, qui est nationaliste [ou Ducharme?] acceptant curieusement la thèse de l’exécution (page 227), alors que l’otage se serait tué en tentant de s’évader.
Dans ce débat, les Ferron sont des spectateurs. André se moque de la «quhébétude» (page 68), alors qu’ils y participent tout à fait. D’une part, ils prétendent lutter contre l’envahissement de l’anglais ; d’autre part, André dit sarcastiquement à Catherine, qui leur reproche de «culpabiliser» «comme tous les Québécois de la base» (page 265) : «Merci beaucoup de travailler pour la décolonisation du Québec et le désassujettissement des troudkus comme nous» (page 123). Quand elle se plaint qu’il n’y ait «rien que des hippies, des séparatistes et des fédéralistes», André lui demande innocemment : «Tu crois plus au destin national des Québécois?» (page 112). À propos du «fameux “P.Q. mon Q.”» inscrit sur le «vase-potiche» offert à Roger par Catherine, il affecte de «confondre Province de Québec et Parti Québécois» [parti qui lutte pour l’indépendance du Québec] pour pouvoir s’écrier : «Province de Québec, mon cul ! Ah c’est bon ! Ah je suis bien d’accord !» (page 108). Or, à la fin, ironiquement, les Ferron sont invités par Roger à travailler pour le Parti Québécois (page 282). Comme ils ne pourront s’y résoudre, il ne leur reste qu’à affronter leur «hiver de force», qui va commencer le «21 juin 1971», ce qui fait du roman un document strictement daté.
Les nationalistes québécois font preuve aussi de francophobie. Ainsi, à l’occasion de la présentation à Cannes du film qu’elle a tourné (pourquoi vouloir la reconnaissance de la France si c’est pour vomir contre elle?), Catherine déclare : «Ils vont savoir, ces cons-là, comment qu’on s’appelle ! On va leur montrer, aux Français, où qu’on se la met, leur petite culture bourgeoise florissante au Père-Lachaise ! On va leur en faire des “colons”, de la “neige”, des “Maria Chapdelaine” ! Dans dix ans, c’est eux qui vont se mettre à nos genoux pour qu’on les civilise ! Leurs enfants vont apprendre la grammaire joual puis c’est les pièces de Michel Tremblay qui vont les faire flipper à la Comédie-Française ! Ils sont pas dedans, man !» (pages 185-186). Notons que l’injure qu’est «colons» s’échange en fait entre Québécois ; que le roman du Français Louis Hémon, ‘’Maria Chapdelaine’’, eut du sucès avant tout au Québec ; qu’on attend toujours une «grammaire joual» ; que Michel Tremblay lança, en 1968, la vogue d’un théâtre vraiment dénonciateur de l’aliénation québécoise, et celle du joual, avec sa pièce ‘’Les belles-soeurs’’ qui fut jouée en France (voir, dans le site, ‘’TREMBLAY Michel’’).
‘’L’hiver de force’’ donne donc un intéressant tableau de la société québécoise des années 70.


Intérêt psychologique
Du fait qu’André est le narrateur, il est en quelque sorte le seul personnage du roman, d’autant plus que sa sœur, Nicole, est comme son alter ego. Formant quasiment un être indivis, ils sont unis par une complicité qui n’est pas sans rappeler celle des deux personnages du ‘’Nez qui voque’’ ou celle d’Ines Pérée et d’Inat Tendu.
Ils sont frère et sœur. On en a la preuve page 138 : le père d’André est aussi celui de Nicole. C’est encore suggéré page 220 par l’allusion au couple formé par «Aménophis IV et Néfertiti» auxquels ils s’identifient, l’un étant un pharaon d’Égypte plus connu sous le nom d’Akhnaton, l’autre étant sa femme ; or les pharaons avait la réputation d’épouser leur sœur, ce qui est dû au fait qu’«épouse» et «sœur» étaient le même mot dans leur langue. C’est encore indiqué page 267 par le «coup de pied fraternel» de Nicole à André, par lequel elle le pousse à danser, et qui, avec «le coup de coude» par lequel elle l’oblige à accepter d’être le chauffeur de Catherine (page 128), prouve que, Québécoise typique, elle est plus énergique, plus décidée que lui, qui n’est guère viril, ne partageant des intérêts des mâles québécois, que définit Roger (il voulait «traîner dans leurs tavernes […] péter de la brewparler hockey, chasse, char, millage par gallon de gaz» [page 127]), que la bière et le hockey.

André et Nicole pourraient être jumeaux si l’un n’avait vingt-huit ans et l’autre vingt-neuf. Invraisemblablement semblables, moralement identiques, bien que Nicole ait un côté maternel («
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