Préface de Jack London








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Un homme de l’Abîme


« Dites-moi donc, pourriez-vous me louer une chambre ? »

Tournant la tête, je m’adressai d’un air dégagé à une grosse bonne femme d’âge mûr, propriétaire d’un café pouilleux près du Pool, non loin du Limehouse.

« Ouais », répondit-elle sans enthousiasme, mon apparence étant sans doute nettement en dessous de celle des clients qui fréquentaient généralement son établissement.

Je n’en dis pas plus, et terminai en silence ma tranche de bacon et mon litre de thé fadasse. Elle ne s’intéressa plus à moi jusqu’à ce que, pour payer mon addition de quatre pence, je sortis de ma poche une poignée de dix shillings, qui produisit immédiatement le résultat que j’escomptais.

« Bien sûr que j’ai une chambre pour vous, mon bon monsieur », s’empressa-t-elle de me dire à la vue de tout mon argent. « J’ai de très belles pièces, et je suis certaine que vous vous plairez chez moi. Vous revenez d’un voyage, monsieur ? »

« Combien pour une chambre ? » demandai-je, me souciant peu de sa curiosité.

Elle m’inspecta de bas en haut avec une certaine surprise, puis ajouta : « Je ne loue pas de chambre. Je n’en ai déjà pas assez pour mes clients réguliers, ça n’est pas pour en donner à des clients de passage ! »

« Dans ce cas, je m’en vais chercher autre part », dis-je, d’un air profondément déçu.

Mais la vue de mes dix shillings l’avait aguichée. « Il me reste encore un bon lit que vous pourrez partager avec deux autres messieurs », s’empressa-t-elle d’ajouter. « Des gens tout à fait comme il faut. »

« Mais je ne veux pas coucher avec deux hommes », dis-je.

« Vous m’avez mal comprise », dit-elle. « Il y a trois lits dans la pièce, et elle est très grande. »

« Combien ? » demandai-je.

« Une demi-couronne par semaine. Deux shillings six pence, pour un locataire permanent. Vous vous plairez, avec vos deux compagnons de chambre. L’un d’eux travaille dans un hospice, et il est chez moi depuis deux ans. L’autre est mon locataire depuis six années, oui, ça va faire six ans dans deux semaines qu’il loge chez moi. Il est machiniste de son métier, et c’est vraiment un homme très bien et très comme il faut. Il n’a pas manqué une nuit de travail depuis qu’il est ici. Il se trouve bien chez moi, et il dit qu’il ne pourrait trouver mieux autre part. Il est aussi mon pensionnaire, comme tous les autres locataires, d’ailleurs. »

« Je suppose, insinuai-je d’un air innocent, qu’il doit pouvoir faire des économies... »

« Diable non ! Et il s’en tirerait encore moins bien s’il logeait autre part ! »

Je pensais alors à mon appartement dans les quartiers de l’ouest, avec plein de place sous le soleil et plein d’air bonifiant. Et c’était là tout ce que cet homme respectable et laborieux avait pu trouver, lui qui n’avait jamais manqué une seule nuit de travail, lui qui dépensait peu et qui était l’honnêteté même, à l’étroit dans une chambre qu’il devait partager avec deux autres locataires pour deux dollars et demi par mois, et qu’il pensait être un paradis, n’ayant aucune expérience sur le reste du monde ! Et moi j’étais là, avec en poche le pouvoir fantastique de mes dix shillings, qui allaient me permettre d’entrer dans sa chambre avec mes vieilles défroques et de partager son toit. L’âme humaine a besoin d’isolement, mais cet isolement doit parfois être rendu plus nécessaire que jamais dans une chambre à trois lits, où le premier venu, rien qu’en faisant tinter une dizaine de shillings, est le bienvenu.

« Ça fait combien de temps que vous êtes là ? » demandai-je.

« Ça fait treize ans, monsieur. Mais pensez-vous que le lit vous ira ? »

Tout en parlant, elle allait et venait dans la petite cuisine dans laquelle elle préparait les repas de ses locataires, qui étaient aussi ses pensionnaires. Depuis le temps que j’étais là, elle n’avait pas cessé de s’affairer tout en bavardant avec moi. C’était une laborieuse ; debout dès cinq heures et demie, et la dernière couchée, elle trimait jusqu’à n’en pouvoir plus, et cela depuis treize ans – avec pour toute récompense des cheveux gris et mal peignés, des vêtements sales, le dos voûté, et une besogne interminable dans ce café infect et nauséabond, tassé dans une ruelle sale et étroite et proche d’une mer, malsaine et fétide, pour ne pas en dire plus.

Comme je m’apprêtais à sortir, elle me demanda d’une voix engageante si je reviendrais pour voir la chambre.

Je me retournai pour la regarder, et réalisai alors la profonde vérité de cette très sage maxime : « la véritable vertu trouve sa récompense en elle-même ».

Je revins alors vers elle. « Avez-vous, une fois dans votre vie, pris des vacances », lui demandai-je.

« Des quoi ? »

« Des vacances, un petit séjour à la campagne pendant un ou deux jours, pour changer d’air – enfin, vous savez bien, un petit peu de repos, quoi ! »

Elle éclata de rire, et pour la première fois, s’arrêta de travailler.

« Dieu tout-puissant, des vacances ! Pour des gens comme moi ! Vous voulez rire, non ! Attention où vous mettez les pieds », ajouta-t-elle d’un ton bref alors que je trébuchais sur le seuil délabré de son café.

Un peu plus bas, sur le West India Dock, je tombai sur un jeune gars qui regardait tristement l’eau bourbeuse. Une casquette de pompier lui cachait la moitié du visage et tout dans son accoutrement indiquait qu’il s’agissait d’un marin.

« Salut, vieux », lui dis-je pour commencer. « Peux-tu m’indiquer le chemin de Wapping ? »

« Toi, me répondit-il en situant tout de suite ma nationalité, tu es venu d’Amérique sur un bateau à bestiaux ! »

Et là-dessus, nous engageâmes une conversation qui se termina dans un « pub », devant deux pintes d’Half-and-half, une sorte de mélange de bière et de porter. Nous en arrivâmes alors à plus d’intimité, et lorsque je fis sortir de ma poche, avec une certaine ostentation, la valeur d’un shilling en petite monnaie (j’affirmai que c’était là tout mon avoir), et que je mis six pence à part pour mon lit du soir, et alignai les six autres pour une nouvelle tournée d’half-and-half, il me proposa généreusement de boire la totalité du shilling.

« Mon copain, celui qui partage ma chambre avec moi, a pris une sacrée cuite hier soir, m’expliqua-t-il, et les bobbies l’ont emmené. Si tu veux, tu peux venir coucher chez moi. Ça te va ? »

Je répondis par l’affirmative. Nous épongeâmes donc la valeur d’un plein shilling de bière, et je partis passer la nuit chez lui sur un lit misérable, dans un taudis aussi misérable. À la fin de la nuit, je connaissais tout sur lui. Comme mes expériences futures devaient me l’apprendre, il représentait à lui seul une foule innombrable d’ouvriers de la classe la plus basse de Londres.

Il était né à Londres, et son père, un pompier, avait été un ivrogne avant lui. Son enfance s’était passée dans les rues et les docks – il n’avait jamais appris à lire, et n’en avait jamais ressenti le besoin – il considérait cela comme parfaitement inutile et sans aucun intérêt pour un homme de sa condition.

Il avait eu une mère, et de nombreux frères et sœurs braillards, le tout entassé dans deux pièces. Ils arrivaient à survivre par une nourriture plus chiche et moins régulière que celle qu’il se procurait par ses propres moyens. Il ne revenait pas souvent à la maison, sauf les jours de malchance où il n’était pas arrivé à trouver de quoi manger. En chapardant un peu, en mendiant beaucoup le long des rues et sur le port, et aussi en servant à bord comme aide-cuistot ou comme soutier, pour terminer finalement comme pompier, il avait atteint ainsi la force de l’âge.

Au cours de son existence, il s’était forgé pour son usage une sorte de philosophie toute personnelle, pas très belle naturellement mais qui était logique, et lui donnait une certaine raison d’être. Lorsque je lui demandai quel était son but dans la vie, il me répondit sans hésitation : « me saouler ». Un petit voyage en mer de temps à autre (car un homme doit travailler pour avoir de l’argent), la paie et, pour terminer, la grande beuverie. Puis les petites saouleries avec des copains de rencontre qui avaient encore quelques petites pièces, comme moi, et, lorsqu’il ne restait plus rien, un autre petit voyage en mer, et le cycle infernal recommençait.

« Et les femmes ? » lui dis-je quand il eut fini de proclamer que la boisson était le but suprême de sa vie.

« Les femmes ! » Il frappa son verre sur le comptoir avec force et dit tout ce qu’il avait sur le cœur. « Les femmes, c’est un truc que mon genre d’éducation m’a appris à laisser tranquille. Ça ne rapporte rien, mon pote, rien du tout ! Qu’est-ce qu’un type comme moi pourrait bien foutre avec une femme, hein ? Il y a eu ma mère, ça m’a suffit. Elle n’arrêtait pas de taper sur les gosses, et de rendre mon paternel dingue lorsqu’il rentrait à la maison, ce qui était rare, ça, c’est vrai mais pourquoi qu’il ne rentrait pas ? C’est à cause de ma mère, elle lui rendait la vie impossible, et c’est pour ça qu’il préférait prendre le large. Et les autres bonnes femmes, tu veux me dire comment elles traitent un pauvre gars comme moi avec ses quelques shillings. C’est une bonne cuite, une grosse bonne cuite que j’ai dans mes poches, et les femmes me feraient vite sortir tout ça jusqu’à ce que je ne puisse même plus me payer un verre. Voilà comment ça se passe, je le sais, j’ai essayé. D’ailleurs où il y a les femmes, il y a toujours des histoires, des cris, des scènes, des bagarres et des coups – et puis les bobbies, et les juges, et un mois de travaux forcés à la clef, et puis plus un sou lorsque tu sors de là. »

« Mais qu’est-ce que tu dis d’une femme et de petits enfants, insistai-je, une petite maison, bien à toi, avec tout le tremblement. Dis-moi, tu reviens d’un voyage, les petits gosses sautent sur tes genoux, ta femme, heureuse et souriante, t’embrasse tout en mettant le couvert, et tous les mioches viennent t’embrasser avant d’aller au lit, la marmite chantonne sur le feu, et tu parles à ta femme des endroits où tu as été, de ce que tu as vu, et elle te raconte tous les petits riens qui se sont passés à la maison pendant ton absence. »

« Quelle blague ! » s’esclaffa-t-il en me bourrant l’épaule d’un solide coup de poing. « Tu te fous de moi, hein ! Une petite femme qui m’embrasse, et des gosses qui me sautent dessus, et la marmite qui chante, le tout pour quatre shillings et dix pence par mois ! Et encore, quand je travaille, et pour rien quand je ne fous rien ! Je vais te dire, moi, ce qu’un type comme moi peut se payer avec ses quatre shillings et dix pence : un dragon avec des gosses qui braillent, pas de charbon pour faire chauffer la marmite, et la marmite au clou, c’est tout ce qu’il peut se payer, le type comme moi ! Une bonne femme, pourquoi ? Pour me rendre malheureux ? Des gosses ? Crois-moi, mon pote, suis mon conseil et n’en fabrique pas ! Regarde-moi, je peux boire de la bière quand j’en ai envie, et je n’ai pas de bonne femme ni de gosses qui me réclament à manger. Je suis un homme heureux, c’est vrai, avec ma bière et des potes comme toi, mon petit bateau qui arrive et un petit tour sur la mer. Dis donc, commande donc une autre tournée de bière half-and-half, c’est bon pour ma pomme. »

Sans m’étendre sur la conversation que j’ai eue avec ce jeune homme de vingt-deux ans, je pense en avoir suffisamment dit sur sa philosophie personnelle, et sur les raisons économiques qu’elle sous-entendait. Il n’avait jamais eu de vie de famille, et le mot « maison » n’évoquait en lui que des souvenirs déprimants. À cause du salaire de misère que son père touchait comme tous les hommes de sa classe, il se trouvait des raisons valables de considérer la femme et les enfants comme des objets encombrants, causes de la misère de l’homme. Hédoniste sans le savoir, très immoral et très matérialiste, il ne voulait rechercher que son propre plaisir, et le trouvait dans la boisson.

C’était un jeune alcoolique, une future épave, incapable de faire correctement un travail de soutier ; c’était une proie rêvée pour le ruisseau, puis pour l’asile, et la déchéance... Il voyait tout cela aussi bien que moi, mais n’avait pas l’air de s’en soucier. Depuis le moment de sa naissance, la force de tout ce qui l’entourait avait réussi à l’endurcir, et il voyait son avenir impitoyable, misérable et inéluctable avec un détachement et une indifférence que j’étais impuissant à secouer.

Et encore, ça n’était pas un mauvais bougre, il n’y avait rien chez lui de vicieux ou de brutal : sa moralité était tout à fait normale, et son physique était bien au-dessus de la moyenne. Ses yeux étaient bleus, arrondis, largement ouverts et abrités par de longs cils. Une sorte d’humour rieur pointait en eux. Ses sourcils et l’ensemble de ses traits n’étaient point désagréables, sa bouche et ses lèvres étaient gracieuses, quoique déjà marquées d’un pli amer. Seul le menton, trop court, était anormal. Mais j’ai connu des hommes très haut placés qui en avaient encore moins.

Sa tête, bien découpée, reposait si gracieusement sur un cou si parfait que je ne fus nullement surpris par la beauté de son corps lorsqu’il se déshabilla pour se mettre au lit, l’autre soir. J’ai vu beaucoup d’hommes se déshabiller, dans les gymnases ou dans les écoles d’entraînement physique, beaucoup d’hommes de bon sang et de bonne éducation, mais je n’en ai jamais vu qui pouvaient exhiber un corps aussi parfait que ce jeune alcoolique de vingt-deux printemps, que ce jeune dieu condamné à la déchéance et à la ruine dans quatre ou cinq années, qui finirait ses jours sans descendance pour recevoir le splendide héritage qu’on lui avait légué.

Il semble sacrilège qu’on puisse ainsi gaspiller sa vie, mais je dois de reconnaître qu’il avait raison de ne pas se marier, dans une ville telle que Londres, avec son maigre salaire de quatre livres et dix shillings. Le machiniste dont j’ai parlé tout à l’heure se contentait de pouvoir joindre les deux bouts, et il était heureux. Avec une femme et des enfants, il aurait dû partager sa maison avec bien plus de deux hommes, pour, à la fin, ne pas pouvoir boucler la boucle.

Plus je séjournais dans l’East End, et plus je me persuadais qu’il était criminel, pour les gens de l’Abîme, de se marier. Le maçon n’utilise pas les pierres friables pour bâtir un mur. Dans l’édifice social, il n’y a pas de place non plus pour elles, et la forme même de cette société sait qu’elle s’efforce de les attirer vers le bas de l’échelle, jusqu’à ce qu’elles s’effritent et ne soient plus bonnes à rien. Au fond de cet Abîme, on trouve les faibles, les abrutis par la boisson et les abrutis tout court. Et s’ils ont des enfants, la vie dans ces conditions est si précaire qu’elle se détruit d’elle-même, inéluctablement. La grande marche du monde vers un certain progrès passe au-dessus de ces gens ; non seulement ils n’ont aucun désir d’y prendre part, mais encore ils n’en seraient pas capables. Le monde du travail les rejette. Il y a des milliers d’êtres plus capables qu’eux, qui se cramponnent de toutes leurs forces aux pentes escarpées sur lesquelles ils se trouvent, et qui luttent comme des forcenés pour n’en pas glisser.

Cet Abîme de Londres est un vrai désastre. Toutes les années, et cela depuis plusieurs décennies, l’Angleterre rurale y déverse les flots d’une vie vigoureuse et forte, qui non seulement ne se renouvelle pas, mais qui meurt à la troisième génération. Les autorités compétentes déclarent que l’ouvrier londonien, dont les parents et les grands-parents sont nés à Londres, est un spécimen si rare qu’il n’existe pratiquement plus.

Mr. A.C. Pigou écrit quelque part que les vieillards pauvres, et le reste des gens qu’on appelle les « nécessiteux » par euphémisme, constituent 7,5 % de la population de Londres. Ce qui revient à dire que l’année dernière, hier même, aujourd’hui, et à la minute même où j’écris ces lignes, 450 000 d’entre ces créatures meurent misérablement au fond de cet impitoyable creuset social qu’on appelle « Londres ». Comment meurent-ils, ces gens ? Eh bien, je n’ai eu qu’à ouvrir un des journaux de ce matin pour vous en donner un exemple :

NÉGLIGENCE

« Hier, le docteur Wynn Wescott s’est livré à une enquête sur la mort d’Elisabeth Crews, âgée de soixante-dix-sept ans et qui demeurait au 32 d’East-wood Street, dans le quartier d’Holborn, et dont le décès remonte à mercredi dernier. Alice Mathieson a déclaré qu’elle était la propriétaire de la maison où vivait la défunte. Le témoin l’a vue pour la dernière fois lundi dernier. Elisabeth Crews vivait complètement seule. Mr. Francis Birch, agent de police suppléant dans le quartier d’Holborn, a déclaré, de son côté, que la défunte occupait la chambre en question depuis trente-cinq ans. Lorsqu’on a appelé le témoin, il a trouvé la femme dans un état épouvantable, et l’ambulance et le cocher ont dû être désinfectés après l’enlèvement du corps. Le Dr. Chase Fennell a diagnostiqué une mort provoquée par l’empoisonnement du sang consécutif au frottement des draps contre le corps, le tout à la suite de la négligence à laquelle s’était laissé aller la défunte, et de la saleté repoussante dans laquelle elle vivait. C’est dans ce sens que le jury a classé l’affaire. »

La conclusion la plus évidente qu’on doit tirer de ce petit incident concernant la mort d’une femme, c’est l’air de satisfaction suffisante avec lequel les personnalités officielles considèrent ce genre d’affaires, et rendent leur jugement. Que cette vieille femme de soixante-dix-sept ans puisse mourir de négligence, c’est à leurs yeux la meilleure chose qui peut lui arriver. C’est d’ailleurs de sa faute si elle est morte, et après avoir localisé la responsabilité, la société s’en retourne vaquer, avec la satisfaction du devoir accompli, à d’autres affaires qu’elle juge plus intéressantes.

Mr. Pigou a parlé de ces « nécessiteux » – il estime que, « par manque de force physique, d’intelligence ou de volonté, ou bien encore à cause de l’amalgame de ces trois causes, les travailleurs deviennent inefficaces, ou peu coopératifs, et se détruisent d’eux-mêmes. Ils sont souvent si peu intelligents qu’ils sont incapables de distinguer leur main gauche de leur main droite, et ne peuvent même pas se souvenir du numéro de leur maison. Leurs corps sont tellement affaiblis, et leur énergie si diminuée, que leurs affections se trouvent réduites à néant, et qu’ils sont incapables d’avoir une vie familiale ».

Quatre cent cinquante mille personnes, c’est quand même beaucoup de gens ! Notre jeune pompier était un pion dans toute cette armée de miséreux, et ça lui a pris du temps pour m’expliquer le peu qu’il avait à me dire. Je ne voudrais pas être présent lorsque tous ces gueux crieront d’une seule voix à la face du monde leur profond dégoût. Mais je me demande parfois si Dieu les entendra !

V



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