’Mémoires d’une jeune fille rangée’’








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Les mandarins”

(1954)
Roman de 580 pages
Dans l’immédiate après-guerre, entre Noël 1944 et 1947, des intellectuels de gauche connaissent des espoirs et des déceptions, des angoisses politiques et personnelles, ont des relations diffficiles avec le Parti communiste, des intérêts contradictoires pour les États-Unis et pour l’U.R.S.S., débattent du problème de l’engagement. Robert Dubreuilh, soixante ans, est un vieux militant socialiste, écrivain et professeur honoraire à la Sorbonne. En raison des circonstances, il est allé de désillusion en désillusion Après la Libération, il a fondé le S.R.L., mouvement de gauche non communiste (mais non anti-communiste) qui se propose de créer une Europe socialiste, ce qui contribuerait à empêcher la guerre froide entre l’U.R.S.S. et les États-Unis. Pour diffuser ses idées, il utilise ’’L’espoir’’, le journal de son ami, Henri Perron, trente-cinq ans, romancier, passionné aussi de politique mais plus soucieux que Dubreuilh du bonheur et de la conscience morale (la vérité avant tout, quelles qu’en soient les conséquences politiques). Entre eux se trouve la narratrice, Anne, l’épouse de Dubreuilh qui, si elle-même n'écrit pas, a besoin que son mari continue d'écrire ; cependant, s’il prétend dépasser l'horreur qui baigne le monde, elle s'y arrête et elle médite d'en affirmer l'intolérable vérité par un suicide. Elle n'exécute pas son projet, mais son retour au commencement quotidien ressemble plus à une défaite qu'à un triomphe. Elle fournit donc le négatif des objets qui se découvrent à travers Henri sous une forme positive.

Or, un jour de 1946, ils apprennent par des documents secrets l’existence de camps de concentration en U.R.S.S.. Dubreuilh est d’avis de ne pas faire d’article à ce sujet dans ‘’L’espoir’’ pour éviter de donner des arguments à la droite. Henri pense qu’il faut dire la vérité, ne serait-ce que pour influencer l’U.R.S.S.. Il écrit ses articles et les deux hommes se brouillent. Puis Henri, afin de sauver une femme qu’il aime, se trouve condamné au parjure. Les deux hommes se réconcilient donc dans un certain sentiment d’impuissance politique.Tous deux ont voulu assumer les problèmes de leur temps, jouer le rôle que leur conscience d’intellectuel leur commandait. Tous deux ont échoué. Il leur reste à assumer une conscience de « mandarins » comme ceux de l’ancienne Chine, c’est-à-dire d’intellectuels réduits aux pouvoirs et aux limites de l’écriture.
Commentaire
Le roman s’est d’abord appelé ‘’Les survivants’’ parce qu’il peint l’échec de la Résistance et le retour triomphant de la domination bourgeoise ; puis ‘’Les suspects’’ puisque l’un de ses thèmes esentiels est l’équivoque de la condition d’écrivain. C’était que, en ces années cinquante où Simone de Beauvoir entreprit ce nouvel ouvrage, les intellectuels étaient devenus une espèce à part à laquelle on conseillait aux romanciers de ne pas se frotter. Pour représenter ce monde qui était le sien, l’autrice suscita un grand nombre de personnages, en prenant deux particulièrment comme sujets. Bien que l’intrigue principale soit une brisure et un retour d’amitié entre deux hommes, c’est une femme, Anne, qui tient un de ces rôles privilégiés. C'est de leurs contradictions avec Anne, diversement combinées, que l'autrice obtint les différents éclairages de son œuvre. Ressuscitant l'opposition de ‘’Tous les hommes sont mortels’’, elle donna à Anne le sens de la mort et le goût de l'absolu, tandis qu'Henri se contente d'exister. Ces deux points de vue ne sont jamais symétriques, mais se renforcent, se nuancent l'un par l'autre. Dubreuilh, lui, occupe une position clé puisque c'est par rapport à lui qu'Anne, sa femme, et Henri, son ami, se définissent. Par l'acuité de son expérience, par la force de sa pensée, il l'emporte sur les deux autres ; cependant, du fait que son monologue reste secret, il est un peu en dehors, n'existant qu'au travers des deux autres. Enfin deux portraits ont égaIement leur importance : celui de Nadine, la fille de Dubreuilh, qui représente la jeunesse avec son agressivité, son sentiment d'infériorité et son égoïsme ; et Paule, une femme radicalement aliénée à un homme, le tyrannisant au nom de cet esclavage : une amoureuse. Entre tous ces personnages, les liens restent très lâches ; ainsi un épisode long et important reste marginal : l'amour d'Anne et de Lewis ; il semble bien qu'il ne soit là que pour permettre à l'autrice de transposer l’aventure avec Nelson Algren qui lui tenait à cœur.

Car le livre est un roman à clefs : Dubreuilh représente Sartre, Henri représente Camus, Anne représente Simone de Beauvoir. Mais tous ces matériaux puisés dans la mémoire de l'autrice ont été combinés, parfois renversés et toujours recréés ; la transposition romanesque est assez forte pour organiser une matière aussi diverse. Un des intérêts que présente le roman réside dans l'évocation de certaines manières de vivre de l'après-guerre. Au terme du roman, Henri et Dubreuilh reprennent le fiI de leur amitié, de leur travail littéraire et politique ; ils retournent à leur point de départ ; mais entre-temps toutes leurs espérances sont mortes. Désormais, au lieu de se bercer d'un optimisme facile, ils assument leurs difficultés et leurs échecs. Mais on peut préjuger que dans l'avenir leurs hésitations renaîtront. Plus radicalement encore, leur point de vue, qui est celui de l'action, de la finitude, de la vie, est mis en question par Anne en qui est incarné celui de l'être, de l'absolu, de la mort.

Dans cette oeuvre sincère et brûlante, ce roman complexe dont l’habile construction fait alterner les points de vue de la narratrice, Anne, et celui de l’un des héros, roman qui est peut-être le plus représentatif de l’après-guerre, Simone de Beauvoir posait ces questions : un intellectuel peut-il, sans mauvaise conscience, se borner à demeurer un intellectuel? s’il s’adonne à l’action politique et devient, par exemple, un communiste peut-il encore se dire un intellectuel? Elle ne plaidait pas pour la démission, le refus de l’engagement. Elle visait plutôt à en tracer les limites. Le roman indiquait qu’en politique comme en morale il faut « confronter le sens de l’acte avec son contenu ». Plutôt que de répondre à ces questions en philosophe ou en moraliste, elle y répondait en romancière, en peignant des comportements qui illustrent des attitudes de vie. Ce roman consacrait la fin de l’existentialisme, mais il marquait aussi l’aboutissement du roman existentialiste, beaucoup mieux que ‘’Les chemins de la liberté’’ de Sartre.

Il a obtenu le prix Goncourt.

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Nelson Algren ne pardonna pas à Simone de Beauvoir la trahison de leur amour qu’elle avait commise dans ‘’Les mandarins’’ et cessa toute relation avec elle. Il ne pouvait surtout pas supporter le fait que Sartre soit toujours passé avant lui.

Partageant les sympathies de Sartre pour le camp communiste, Simone de Beauvoir se rendit avec lui en U.R.S.S. où ils allèrent neuf fois entre juin 1962 et septembre 1966. Chaque été, ils entreprenaient un voyage de plusieurs semaines, visitant Moscou, Léningrad, l'Ukraine, la Géorgie, l'Estonie, la Lituanie..., rencontrant les écrivains soviétiques les plus importants. On leur faisait voir nombre de films, de pièces de théâtre, des curiosités en tout genre ; ils furent invités dans la villa d'été de Krouchtchev. Les motivations de ces voyages ne sont pas parfaitement claires. Elles n'étaient certainement pas au premier chef idéologiques : Sartre était bien trop lucide pour cela. Il devait bien sûr être conscient du fait qu’ils accréditaient l'image d'une U.R.S.S. ouverte au dialogue et respectueuse de la liberté d'expression. D’autre part, ses lecteurs soviétiques constituaient l'essentiel de son auditoire : ses oeuvres faisaient l'objet de tirages gigantesques et les droits d'auteur qui en découlaient représentaient une grande part de ses revenus. Sartre et Beauvoir avaient noué, à Moscou comme dans d'autres villes, des liens d'amitié ayant leur origine dans la politique, la création artistique, ou d'ordre plus intime, et le désir de les entretenir les incitait également à entreprendre de nouvelles visites. Enfin, l'U.R.S.S. était pour Sartre le lieu sur lequel il pouvait projeter ses visions d'une société meilleure.

Par la suite Cuba reprit ce rôle, puis la Chine que Simone de Beauvoir célébra dans :

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‘’La Longue Marche’’

(1955)
Essai
Dans cet essai enthousiaste, Simone de Beauvoir découvrait de nombreuses vertus à cette nouvelle terre promise, à ce «Pays des Harmonies économiques et sociales» qui offrait aux intellectuels de gauche occidentaux une dernière consolation. Elle jugeait que le pouvoir exercé par Mao-Tsé-toung «n’est pas plus dictatorial que celui qu’a détenu par exemple un Roosevelt.»

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Simone de Beauvoir milita contre la politique française en Algérie. Avec Gisèle Halimi et Élisabeth Badinter, elle obtint la reconnaissance des tortures infligées aux femmes lors de la guerre d'Algérie.

Elle fit de la recherche d’une morale authentique, qui était le thème de ses romans, l’objectif d’une série de récits autobiographiques où elle eut le projet «d’englober le monde dans l’expérience de (sa) vie» :

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‘’Mémoires d’une jeune fille rangée’’

(1958)
Autobiographie
« Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. » Simone de Beauvoir se penche d’abord sur son enfance de fillette parisienne, dans une famille bourgeoise, avec ses joies, ses peines, ses soucis, ses rêveries mystiques (« La foi me défendait : je fermais les yeux et en un éclair : les mains neigeuses des anges me transporteraient au ciel. »), l'amour qu'elle portait à sa mère et à son père, ses relations avec sa sœur, dite Poupette, de deux ans et demi sa cadette : « Grâce à ma sœur, ma sujette, ma complice, j'affirmais mon autonomie ». « Je n'avais pas de frère : pas de comparaison ne me révéla que certaines licences m'étaient refusées à cause de mon sexe. Je n'imputai qu'à mon âge les contraintes qu'on m'infligeait, je ressentis vivement mon enfance, jamais ma féminité. » Puis la petite fille préféra son père, qui était cultivé et incroyant, à sa mère qui était très croyante, connaissant donc une évolution psychologique normale.

Les premières années s'écoulèrent sans heurt dans le confort d'un appartement du boulevard Raspail. Mais des revers de fortune obligèrent les Beauvoir à des replis vers d'autres logis moins spacieux, dont l’un rue de Rennes. Les projets d'avenir se firent plus âpres : sans dot, les filles devraient travailler pour vivre, et le père s'irritait de ce qu'il considérait comme une déchéance.

L’éducation donnée à la maison fut confirmée par celle, très pieuse, donnée au cours Désir : elle était fondée sur le principe d’autorité, ce système « à la fois monolithique et incohérent » présentant différents rouages : le christianisme conformiste, puritain, de la mère contredit par le scepticisme du père ; le conservatisme, le nationalisme. On vit en même temps que Simone  l'année scolaire d'une petite fille des années trente qui était une sage élève : « Je m'enrichissais des planches de mon atlas. Je m'émouvais de la solitude des îles, de la hardiesse des caps, de la fragilité de cette langue de terre qui rattache les presqu'îles au continent », qui découvrait déjà le prestige de l’écriture : « Si je relatais dans une rédaction un épisode de ma vie, il échappait à l'oubli, il intéressait d'autres gens, il était définitivement sauvé.» Elle partageait chaque année la première place avec Élisabeth Lacoin, dite Zaza qui devint rapidement sa meilleure amie même si Simone souffrait en silence du manque de réciprocité.

Les agréables vacances en famille sont également évoquées : « Mon bonheur atteignait son apogée pendant les deux mois et demi que chaque été je passais à la campagne.» L’autrice décrit avec force détails la maison de son grand-père dans laquelle elle passait ses grandes vacances. La découverte de l'amour n'est pas oubliée : Simone avait dix ans lorsqu'elle assista à une scène qui la charma : « Au Luxembourg, un après-midi, une grande jeune fille en tailleur vert pomme faisait sauter des enfants à la corde ; elle avait des joues roses, un sourire étincelant et tendre. Le soir je déclarai à ma sœur : "Je sais ce que c'est que l'amour". J'avais en effet entrevu quelque chose de neuf. » Ayant été condamnée à la passivité par son enfance et sa féminité, elle s'adonna à des rêveries qui revêtaient souvent un caractère amoureux. Mais la religion gardait encore son emprise : « Le jour de ma communion solennelle je jubilai : familiarisée depuis longtemps avec la sainte table, je goûtai sans scrupule les attraits spécifiques de la fête. »

La honte la consuma le jour où son père apprit qu'elle avait eu ses premières règles : « J'avais imaginé que la confrérie féminine dissimulait soigneusement aux hommes sa tare secrète. En face de mon père je me croyais un pur esprit. J'eus horreur qu'il me considérât soudain comme un organisme. Je me sentis à jamais déchue. » Elle connut les malaises de beaucoup d'adolescentes, souffrit de ses métamorphoes physiques : « J'enlaidis, mon nez rougeoya ; il me poussa sur le visage et la nuque des boutons que je taquinais avec nervosité. Ma mère, excédée de travail, m'habillait avec négligence ; mes robes informes accentuaient ma gaucherie.» Elle tomba gravement malade du poumon et, ne pouvant plus se suffire à elle-même, des médecins, des infirmières devant s'occuper d'elle, elle découvrit qu'elle pouvait être perçue comme un objet pour l'autre, être réifiée : « Sous les yeux des curieux, l'autre brusquement, c'était moi, comme tous les autres, j'étais pour tous une autre. »

Cependant, à dix-sept ans, la jeune fille avait grandi, s'était transformée. Mais sa mère lui interdisait de se maquiller, d'être coquette, ce qui accentua sa gaucherie : « J'arrivais donc aux cours de danse mal fagotée, le cheveu terne, les joues luisantes, le nez brûlant. Je ne savais rien faire de mon corps, pas même nager, ni monter à bicyclette... Je me pris à détester les cours ». Comme la situation financière de ses parents se dégradait et qu’elle réussissait bien dans ses études, son père choisit pour elle la carrière de professeuse, tout en pressentant que la culture allait la soustraire à l’emprise bourgeoise et assistant de ce fait à contrecœur aux triomphes de Simone, cruel paradoxe et source de chagrin, puis de révolte, pour elle qui se détacha du monde de ses parents, dont elle voyait les limites. Elle se mit à lire des livres « interdits », perdit la foi de son enfance dès sa quatorzième année, marqua ainsi son émancipation vis-à-vis de ses parents. L'atmosphère de la maison lui devint insupportable, elle eut un sentiment de révolte : « J’étais tombée dans un traquenard ; la bourgeoisie m'avait persuadée que ses intérêts se confondaient avec ceux de l'humanité. Elle se dressait contre moi. Je me sentais ahurie, désorientée douloureusement. Qui m'avait mystifiée? Pourquoi? Comment? » Trop préoccupée par elle-même, elle ne parvint plus à être heureuse même en vacances ; la nature ne la satisfait plus : « Un an plus tôt, j'aurais découvert la montagne avec ravissement, à présent, je m'étais enfoncée en moi-même et le monde extérieur ne me touchait plus.» La perspective de l’avenir ne lui inspirait que de la lassitude : « Je connaîtrais donc à nouveau le découragement des réveils où ne s'annonce aucune joie, le soir, la caisse à ordures qu'il faut vider, et la fatigue et l'ennui ». Elle souffrit de l'enfermement qu'on lui imposait : « Comme j'aurais voulu simplement aller au cinéma ! Je m'étendais sur le tapis avec un livre mais j'avais la tête si lourde que souvent je m'endormais. J'allais me coucher, le cœur brouillé. Je me réveillais le matin dans l'ennui et mes journées se traînaient tristement

Mais, en Sorbonne, brillante étudiante en philosophie, devenue une intellectuelle, elle fut saisie d’une fringale de tout connaître de la vie qu'elle ignorait, elle vit ses rapports avec le monde qui l'entourait, avec ses parents, s'améliorer. Préparant l’agrégation, elle entrevit l’issue de ses études et reprit espoir : « Le concours me parut difficile, mais je ne perdis pas courage ». Elle fit la connaissance d'un jeune étudiant, à peine son aîné, Jean-Paul Sartre, qui l’appela « le Castor», connut avec lui son premier amour, fondé sur l’admiration : « À vrai dire, sur tous les auteurs, sur tous les chapitres du programme, c'était lui, qui, de loin en loin, en savait le plus long : nous nous bornions à l'écouter.» Ayant réussi, elle fut, à vingt et un ans, indépendante financièrement : « Nulle part je ne rencontrais de résistance, je me sentais en vacances, et pour toujours »

Le livre se termine sur un parallèle entre la libération réussie de Simone et l’échec de son amie d’enfance, Zaza, qui mourut de ne pouvoir se libérer de son milieu bourgeois.
Analyse

(la pagination est celle du Livre de poche)
Intérêt de l’action
Dans ‘’Mémoires d'une jeune fille rangée’’, premier tome d'une autobiographie qui est en même temps l'histoire d'un demi-siècle vécu par elle, qu’elle écrivit en moins de six mois, elle raconte sa jeunesse avec une assez grande unité et avec une sincérité aussi dépourvue de vantardise que de masochisme, une implacable honnêteté. Simone de Beauvoir est une autrice dont « l’autobiographisme » est prononcé. Ses romans montrent d’ailleurs peu d’invention. Or l’autobiographie, où l’écrivain se prend lui-même pour sujet-objet, est un art difficile.

Son but était, évidemment, de « tout dire » et de raconter sa vie de la façon la plus objective. Mais est-ce possible? il faudrait avoir une mémoire d'éléphant pour éviter le risque de la reconstruction involontaire (les réflexions sur le père, pages 45-48). Est-il utile de respecter scrupuleusement la chronologie, de faire mention de tous les faits? Est-ce facile? À toutes ces questions, on trouve des réponses dans l’’’Intermède’’ de ‘’La force des choses’’ (pages 293-295).

Peut-on lui reprocher d’avoir composé une oeuvre narcissique? Il est vrai qu’elle porte un intérêt passionné à sa vie (page 124), qu’elle trace de nombreux portraits d’elle-même. Mais elle n’a pas la moindre complaisance. Elle a même plutôt tendance à se diminuer, à se contester, à s’offrir à nos contestations. Son « exhibitionnisme » est celui qui est nécessaire à tout écrivain et qui est alors une des formes de la générosité. On peut reconnaître surtout sa sincérité, même si le livre montre un véritable défilé de sincérités successives.

C’est une oeuvre honnête car on ne peut reprocher à cette autobiographie de défendre une thèse, de faire preuve de prosélytisme. La simplicité même de la constructIon est une précaution, comme l’étroitesse du champ, l'autrice refusant d'être une mémorialiste. N’est-il pas plus honnête de ne donner ainsi que des vérités ambiguës, séparées, contradictoires?

On ne peut donc regretter de trouver dans ‘’Mémoires d’une jeune fille rangée’’ un véritable roman, un roman véridique.
Intérêt littéraire
Il semble difficile de définir Simone de Beauvoir du seul point de vue littéraire. On l'appréciera différemment selon la conception qu'on se fait du style et, plus particulièrement, du style de l’autobiographie.

Si l'on considère que le style n'est qu’une forme ajoutée à un fond, on peut se réjouir de la voir atteindre dans son autobiographie ce langage qui se propose de n’être que l’expression nue de la pensée. Un style trop beau viendrait faire écran entre la vérité du passé et le présent de l'écriture et ainsi nous faire croire à un glissement dans la fiction. Son écriture est souvent une écriture blanche qui ne retient que l'indispensable, d’où à la fois sa sécheresse et sa prolixité. La rapidité de ce langage, qui est résolument utilitaire et fonctionnel, est frappante. La langue est simple car elle voulut rejoindre le plus grand nombre par un recours à un style familier, par une imitation du langage parlé, par l’emploi de formes syntaxiques nouvelles. L’importance accordée au ton oral présuppose la présence d’autrui.

Si, au contraire, on conçoit, comme Buffon, que « le style est de l'homme même », si on le définit comme un écart, il apparaîtra dans l’autobiographie comme le porteur d’une vérité au moins actuelle, comme l'image authentique de l’écrivain au moment où il écrit. Or Simone de Beauvoir est consciente de « I’extraordinaire pouvoir du Verbe », soucieuse de sauver son expérience avec des mots. Elle a l’art des portraits, atteint à des bonheurs d’écriture, peut montrer de l’humour et faire preuve d’ironie. Elle recourt aussi aux figures de style (l’accumulation, page 107) ; s’abandonne parfois au lyrisme (« Le foisonnement des couleurs, des odeurs m’exaltait. Partout, dans l’eau verte des pêcheries, dans la houle des prairies, sous les fougères qui coupent, aux creux des taillis se cachaient des trésors que je brûlais de découvrir. » [page 33] ; l’amour pour Zaza : « Les mots se précipitaient sur mes lèvres, et dans ma poitrine tournoyaient mille soleils ; dans un éblouissement de joie, je me suis dit : ’’C’est elle qui me manquait !’’ » [page132]) ; se hausse enfin à la dignité tragique.
Intérêt documentaire
On peut le trouver dans l’itinéraire de l’émancipation intellectuelle de Simone de Beauvoir, car leur dernière phrase nous permet de définir les ‘’Mémoires’’ comme le récit d’une libération. Ils sont l’histoire de sa première formation jusqu’à la rencontre de Sartre. On peut distinguer différents champs de bataille :

- Rejet de l’éducation reçue : À la maison comme au cours Désir, l’éducation est fondée sur le principe d’autorité. Ce système, « à la fois monolithique et incohérent », présente différents rouages : le christianisme conformiste, puritain, de la mère contredit par le scepticisme du père ; le conservatisme, le nationalisme. La dénonciation de l’éducation sexuelle, ou plutôt de son absence, est particulièrement féroce. Simone de Beauvoir explique comment elle est devenue une intellectuelle et a choisi une orientation philosophique.

- Critique de la société : On peut voir, dans les ‘’Mémoires’’, une démystification de la classe bourgeoise ; d’un système fondé sur la propriété privée ; de la France de la Troisième République.

Simone de Beauvoir fut à la fois une victime, une transfuge et une bénéficiaire de son milieu. On comprend mieux que toute son oeuvre ait pu prendre une direction politique.

- Refus de la condition féminine : Les préjugés bourgeois de son père, qui auraient dû la ligoter, ont, paradoxalement, libéré Simone de Beauvoir. Le fait d’être une intellectuelle l’a éveillée sur le malheur d’être femme et n’a fait que renforcer son désir d’émancipation. On peut dégager ici des éléments de son féminisine qu’elle développa dans ‘’Le deuxième sexe’’. Elle est la preuve incarnée de sa thèse.

- Affirmation de la vocation : Au-delà du goût de l'enseignement, de la passion pour la lecture, c'est la littérature qui offre la perspective d’un salut ; salut d’abord personnel, l’oeuvre devant assurer l’immortalité ; puis salut de tous, l’oeuvre devant aider les autres à vivre. Le projet s’est modifié en fonction de cette évolution.

Il faut surtout retenir de ce récit l'importance de la réflexion et du travail dans cette vie qui tire sa valeur exemplaire des efforts de construction qu’elle a coûtés, de l’aide que la narratrice n’a pu trouver qu’en elle.

Intérêt psychologique
On peut distinguer deux pôles dans la personnalité de Simone de Beauvoir :

- d'une part, la vitalité, la joie de vivre, l'appétit de bonheur, l’optimisme plus ou moins volontaire (page 41) ;

- d'autre part, l'esprit de sérieux (pages 36, 39), le respect du Bien, le sens du devoir (page 93), le sentiment d'une « écrasante nécessité » (pages 42, 93-94, 102, 203, 303), le besoin d'absolu (page 96).

À ces deux pôles correspondent ces deux thèmes :

- celui de l'autonomie (page 101), de la souveraineté ;

- celui du mandat (pages 95-96), de la vocation.

On retrouve cette dualité dans tous les affrontements entre cette conscience et notre condition.

- Rapports avec ses parents : La figure paternelle comme la figure maternelle se sont dégradées. Simone de Beauvoir fait, avec un regard psychanalytique, une descriptton schématique de son enfance et de son adolescence, peint le malheur d’être enfant. La rébellion apparaît inéluctable.

- Rapports avec Dieu : Le besoin d’absolu placé d’abord en Dieu (pages 102-104) fut déçu et contredit, sa liquidation passant par différentes étapes. Son adhésion était trop intellectuelle et trop orgueilleuse. La perte de Dieu fit apparaître le scandale de la mort, poussa l’autrice vers les autres, à la recherche d’autres absolus.

- Rapports avec autrui : La connaissance d'autrui fut souvent difficile pour la jeune Simone, qui fut tentée par le repli sur soi. Amitié? Amour? ses rapports de jeune fille avec Jacques, Zaza, Garric, Stéfa, Sartre enfin, sont ambigus. On peut suivre la réflexion sur l’amour (pages 199-205), la formation de l'image du compagnon attendu.
Intérêt philosophique
En nous parlant ainsi d’elle, Simone de Beauvoir nous parle de nous. Elle a réalisé son idéal d’une communication immédiate avec le public. Si elle ne prend pas un air supérieur, on ne doit pas, pour autant, l’assimiler à une quelconque courriériste du coeur. Pour Claude Roy, le livre est « une de ces grandes évaluations de soi et du monde qui aident celui qui la poursuit et ceux qui l’accompagnent. »

Faisant tout pour effacer les particularités de son enfance et de son adolescence, elle voulut, à travers sa situation, peindre celle de beaucoup de femmes de sa génération, celle du début du siècle, de son milieu, celui de la bourgeoisie intellectuelle du début du siècle. Ses mémoires ont bien évidemment une visée didactique, veulent montrer aux jeunes filles qu'elles peuvent se libérer du joug familial et acquérir leur indépendance.

Avec cette insistance sur l'expérience d’autrui, avec cette affirmation du goût de la communication, on est au coeur de l'oeuvre de Simone de Beauvoir. C’est le grand thème de cette moraliste.
Le public fit un accueil enthousiaste à ce premier tome des mémoires de Simone de Beauvoir.

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‘’La force de l’âge’’

(1960)
Autobiographie
Ce second volume de l’autobiographie couvre la période qui s'étend des années 1929 à 1944.

Dans un avant-propos, Simone de Beauvoir révèle que son intention première se limitait au récit de ses vingt premières années. Ce n'est que peu à peu qu'elle a senti la nécessité de poursuivre : « Inutile d'avoir raconté l'histoire de ma vocation si je n'essaie pas de dire comment elle s'est incarnée. »

Le livre s'ouvre sur l'automne 1929. Sa réussite au concours de l'agrégation a marqué pour Simone de Beauvoir la fin de l'existence étroite et dépendante qu'elle avait relatée dans ‘’Mémoires d'une jeune fille rangée’’. Elle était désormais libre de vivre à sa guise et d'explorer ce monde des adultes qu'elle connaissait si peu et si mal. Elle s’y livra avec une véritable ivresse : « Sans répit, mes émotions, mes joies, mes plaisirs se précipitaient vers l'avenir et leur véhémence me submergeait. En face des choses et des gens, je manquais de cette distance qui permet de prendre sur eux un point de vue et d'en parler. Incapable de rien sacrifier, donc de rien choisir je me perdais dans un bouillonnement chaotique et délicieux. »

Désormais, son existence et celle de Jean-Paul Sartre étaient liées, malgré toutes les amitiés qui venaient s'installer entre eux, au milieu d'eux. En 1931, Sartre ayant été nommé au Havre et Simone à Marseille, il fallut bien se séparer. Seules les vacances leur permirent de se rapprocher, et ce furent les premières pérégrinations en Espagne, en Bretagne. Mais bientôt Simone obtint un poste à Rouen, et ce rapprochement inespéré leur permit une vie plus facile. Dès lors, sur le fond orageux de l'entre-deux-guerres, dix ans furent consacrés à l'apprentissage de la vie. Découvertes, amitiés, voyages et premiers essais littéraires se succédèrent. Des visages nouveaux survinrent : celui d'Olga par exemple, qui inspira la Xavière de ‘’L'invitée’’. En 1938, Simone de Beauvoir et Sartre furent nommés tous deux à Paris. Elle préparait ‘’L'invitée’’, tandis que des menaces de guerre se précisaient. 1939 amorça une nouvelle période où allait prédominer l'engagement historique et littéraire. Sartre, fait prisonnier, s'évada au printemps 1941, créa le mouvement ‘’Socialisme et Liberté’’. Elle publia enfin son premier roman, se découvrit avec surprise dans ce nouveau rôle : « Cette jeune femme au visage sérieux qui commençait sa carrière d'écrivain, comme je l'aurais enviée si elle avait porté un nom différent du mien : et c'était Moi.», s’étonna de l’accueil : « Ainsi je suscitai à travers mon livre des impatiences, des curiosités, il y avait des gens qui l'aimaient

Cette chronique de quinze années culmine dans l'apothéose de la libération de Paris en juin 1944.

Simone de Beauvoir affirmait son besoin d’écrire : « Les choses avaient définitivement cessé d'aller de soi ; le malheur avait fait irruption dans le monde : la littérature m'était devenue aussi nécessaire que l'air que je respirais. Je n'imagine pas qu'elle soit un recours contre l'absolu désespoir ; mais je n'en avais pas été réduite à cette extrémité-là ; loin de là ; ce que j'avais personnellement éprouvé ; c'est la pathétique ambiguïté de notre condition, à la fois affreuse et exaltante... ». son ardeur à s'atteler immédiatement au livre suivant : « Chaque livre me jeta désormais vers un livre nouveau parce que le monde s'était dévoilé à moi comme débordant tout ce que j'en pouvais éprouver, connaître et dire. »
Commentaire
Simone de Beauvoir fit la somme de toutes ses expériences, mais sa volonté didactique n’est pas explicite : c'est aux lecteurs de donner un sens à l’œuvre qui ne fait que lui indiquer combien il est nécessaire de s'ouvrir aux autres et d'être courageux pour réussir sa vie.

On peut remarquer un succulent mensonge par omission : elle cacha à ses lecteurs l'intensité de son aventure sentimentale avec «le petit Bost» dont elle laissa entendre que c'était un simple ami, tandis qu’elle parla volontiers de la liaison de Sartre avec Olga Kosackiewicz.

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‘’La force des choses’’

(1963)
Autobiographie
Dans ce troisième volume de ses mémoires, Simone de Beauvoir reprit son autobiographie où elle l'avait laissée, c'est-à-dire en 1944 à la libération de Paris et alla jusqu’aux accords d’Évian sur l’Algérie (1962). Certes, à partir de 1944, son histoire était devenue quasi publique, d’autant plus qu’elle fut mêlée beaucoup plus que naguère aux événements politiques, que ce fut l’époque des grandes controverses sur l’existentialisme. Cette histoire fut aussi celle de ses œuvres dont la publication s'échelonna au long des années, les romans d'abord, puis son essai ‘’Le deuxième sexe’’ ; l’autobiographie les recoupait et, dans une certaine mesure, s'en trouva déséquilibrée. Ainsi, un certain nombre d'expériences qui avaient déjà fait l'objet de publications (les voyages aux États-Unis rapportés dans ‘’L'Amérique au jour le jour’’ [1948], celui en Chine rapporté dans ‘’La Longue Marche’’ [1957]) ne furent guère traitées dans cet ouvrage. Paradoxalement d'autres événements qui furent peut-être moins importants, comme la visite au Brésil, furent relatés en détail. Son histoire fut aussi celle de Sartre qui commença à connaître, principalement grâce au théâtre, une grande célébrité. Il venait de fonder, avec Camus et quelques intellectuels de gauche, une revue, ‘’Les temps modernes’’, qui avait pour but de faire connaître l'existentialisme. Après le prix Goncourt des ‘’Mandarins’’, ce fut la guerre d'Algérie qui mobilisa en grande partie son attention, puis les événements de mai 1968 et l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle, le procès Jeanson, le manifeste des 121. L'ouvrage se termine avec le printemps de 1963 et la fin des hostilités en Algérie. Elle fait alors le bilan de sa vie : « une réussite certaine : (ses) rapports avec Sartre », alors qu’ils ne formaient plus un couple au sens propre du terme, et ce depuis longtemps, même si elle laissait entendre le contraire à ses lecteurs. Elle se défend d’avoir été influencée par lui : il l’aurait simplement précédée dans la voie qui était la sienne. Elle a été heureuse de connaître la célébrité, mais celle-ci, surtout pour une femme, ne renvoie qu’une image déformée de soi-même. Elle souffre de l’âge qui vient, non qu’elle soit blasée, mais parce qu’elle sait que les richesses de la Terre sont limitées et que la beauté contemplée ne suffit pas à consoler du malheur du monde. Elle conclut : «Ce qui m'est arrivé de plus important, de plus irréparable depuis 1944, c'est que - comme Zazie - j'ai vieilli.» - «Vieillir, c’est se définir
Commentaire
Simone de Beauvoir écrivait avec impartialité aussi, quoiqu'elle ait reconnu : «Je suis objective dans la mesure bien entendu où mon objectif m'enveloppe.» Les souvenirs évoqués sont, d'ailleurs, de tous ordres ; ce sont aussi bien des aspects de la vie politique et sociale que des visages, des livres, des films, des rencontres. À ses yeux, tout a une égale importance, chaque fait en lui-même n'étant jamais essentiel, mais l'ensemble aide de toute évidence à sa réalisation propre : «Il s’agissait de me réaliser, non de me former.»

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‘’Une mort très douce’’

(1964)
Biographie
Mené un peu à la manière d'un constat, ce récit relate les circonstances de la mort de la mère de Simone de Beauvoir. Nous connaissions Mme de Beauvoir depuis ‘’Mémoires d'une jeune .fille rangée’’, et certes ce portrait peu flatté méritait d'être quelque peu retouché. En octobre 1963, Mme de Beauvoir fit une mauvaise chute dans son appartement ; elle était seule, et ne réussit à atteindre le téléphone qu'au bout de deux heures. Sa fille, Simone, était alors à Rome. Rappelée d'urgence, elle retrouva sa mère que l'on avait transportée à l'hôpital Boucicaut, et obtint un transfert en clinique. Apparemment, il ne s'agissait de rien de bien grave : une rupture du col du fémur. Mme de Beauvoir avait soixante-dix-huit ans, mais était encore pleine de vitalité et très résistante. Aussi sa fille ne s'inquièta-t-elle pas outre mesure. Cependant, des ennuis d'origine stomacale poussèrent les médecins à radiographier la malade. Le diagnostic fut implacable : une tumeur bloquait l'intestin grêle, il s'agissait d'un cancer. La vieille dame fut immédiatement opérée, et le cauchemar commença : « J'entrais dans une autre histoire : au lieu d'une convalescence, une agonie. » On avait fait croire à l'opérée qu'il s'agissait d'une péritonite ; le mensonge commença, s'installa, régna en maître. Voici la vieille dame clouée à son lit, retenue des mille liens du goutte-à-goutte, des sondes, qui la nourrissaient et la rattachaient à une vie précaire ; la maladie apporta son cortège d'humiliations, et l'autrice, impuissante et désespérée, assista à cette progression inéluctable. De jour en jour, le mal se fit plus menaçant: des métastases se produisirent dans tout l'organisme surmené, L'autrice passa toutes ses nuits au chevet de sa mère. D'étranges rémissions se produisirent, la vitalité de M me de Beauvoir prenant le pas sur la mort. Et puis, ce fut la fin, attendue et cependant inconcevable. Ainsi Simone de Beauvoir nous détailla-t-elle l'agonie de sa mère, « une mort très douce » finalement, une mort de privilégiée, puisque Françoise de Beauvoir n'a pas connu les grandes souffrances des cancéreux.
Commentaire
Le récit est mené froidement, objectivement, comme de l'extérieur ; il s'agit presque d'un rapport. Mais, derrière cette apparente insensibilité, on sent toute la douleur contenue. Une douleur si forte qu'elle étonne Simone de Beauvoir elle-même ; celle qui fut d'abord « petite maman chérie » pour devenir plus tard la femme hostile qui opprima toute son enfance, elle les a pleurées toutes deux. Devant la mort, l'autrice a retrouvé toute la tendresse de sa mère. la tendresse qu'elle sut si mal exprimer mais qui de tout temps habita son cœur.

Les thèmes de l'archarnement thérapeutique et de l'euthanasie y étaient évoqués à travers des lignes poignantes d'émotion.

Pour Sartre, ce fut le meilleur écrit de Simone de Beauvoir.

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Dans l’épreuve de ce deuil, Simone de Beauvoir fut soutenue par une jeune étudiante en philosophie dont elle avait fait la connaissance à cette époque : Sylvie Le Bon. La nature de leur relation est restée obscure : était-ce une relation mère-fille, une relation amicale ou une relation amoureuse? Elle déclara dans ‘’Tout compte fait’’ qu’elle était semblable à celle qui l'unissait à Zaza cinquante ans plus tôt. Sylvie Le Bon devint sa fille adoptive et l’héritière de son oeuvre littéraire et de l'ensemble de ses biens.

Douze ans après ‘’Les mandarins’’, Simone de Beauvoir revint à la fiction avec :
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