Mémorandum adressé au Conseil de Sécurité des Nations Unies








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10.3 Les Hutu, cible initiale des planificateurs de l'invasion du Rwanda
A la lumière des informations désormais disponibles, il ne serait point exagéré de suspecter les stratèges du FPR d'avoir délibérément sacrifié les Tutsi du Rwanda aux fins d'avoir les Hutu et d'extirper à la racine toute opposition réelle et/ou potentielle à ses projets dont celui lié à la poursuite de la guerre de libération en ex-Zaïre.

Sachant pertinemment que l’effondrement de l’ordre public au Rwanda comptait parmi les effets escomptés par la rébellion du FPR et que depuis 1989 Museveni et Kagame subordonnaient l'attaque du Rwanda à l’assassinat préalable du Président Juvénal Habyarimana et à la rupture des accords militaires franco-rwandais, on comprend mieux la stratégie de la tension sur laquelle Paul Kagame s'est appuyé pour provoquer, alimenter et intensifier l'hystérie collective qu'on a pu observer au Rwanda durant notamment les mois

d'avril-juillet 1994. 


11.  Une intégration régionale à marche forcée
N'eût été l'enlisement des forces alliées due à une succession d'imprévus auxquels Museveni et Kagame furent confrontés après le génocide de 1994, la « libération régionale » dans sa forme voulue par le tandem « libérateur » et ses alliés serait déjà réalisée depuis 2000 [Preuve n°072]. L’intégration politique de la région serait opérationnelle mais pas forcément au bénéfice des peuples concernés. On pourrait donc, à cet égard, parler d’échec même si tout laisse penser que le combat se poursuit à travers des stratégies différentes.
Ainsi, Kagame et Museveni avancent à tâtons mais la menace n'a pas totalement disparu dans la mesure où la logique des féodalités économiques reste toujours vivace. A travers la conclusion des traités de neutralisation des « forces négatives » comme celui qui a été signé à Nairobi entre Kigali et Kinshasa le 9 novembre 2007, on entend un moyen détourné de briser toute velléité de résistance, toute tentative d'une presse délivrée de l'argent et de la corruption; bref on voudrait imposer une dictature internationale qui menace la paix, le développement et la démocratie en Afrique subsaharienne.
C'est le cas de l'adhésion du Rwanda à la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC37) qui devrait bientôt être suivie de son adhésion au Commonwealth, consacrant ainsi le retrait définitif du Rwanda du giron francophone considéré, à tort ou à raison, comme le point d’appui de la dictature et le point d’ancrage du sous-développement en Afrique post-coloniale comme si l’Afrique anglophone était économiquement et politiquement mieux lotie au point de faire la leçon aux « attardés » francophones! D’où la volonté d’en découdre avec le système francophone dans la région des Grands Lacs en imposant Aux Africains voire à toute l’Humanité et au besoin par la force des armes, une vision unipolaire du monde. A ce jeu, les Anglo-Saxons paraissent s’opposer au système francophone qui a toujours plus ou moins cohabité pacifiquement avec les langues et les cultures africaines. A ce sujet, la Baronne Lynda Chalker que nous avons déjà citée est on ne peut plus Claire : « Les langues bizarres (drôles) dans la région n’ont aucune contribution au développement général de la région. Mais cela est une affaire de décisions. Soyons monolingues! Eliminons le Français seulement si nous voulons réussir ». [Preuve n°073].
Ce jeu complexe, aussi francophobe qu’anti-africain est subtilement manipulé par les Anglo-Saxons avides d’un contrôle accru sur les ressources naturelles de l’Afrique noire et avec suffisamment de discrétion pour qu’on ne s’aperçoive pas qu’il y a anguille sous roche. Ils savent bien calibrer et ciseler leurs déclarations afin que des images et des slogans favorables à leur cause soient relayés efficacement par des médias vers l’opinion publique et les peuples sans voix de cette région. Tout comme leur communication très compétente et particulièrement agressive, leur stratégie participe des moyens mis en œuvre par eux pour atteindre leurs objectifs comme le document suivant l’indique:«MEET COF REF576/RW/UG/93. La réunion a convenu de débattre des suites à donner à la guerre en cours au Rwanda. Il y a un besoin de nous appesantir sur le futur des plans de l’après-guerre. Nous allons devenir nouveaux dans la région, les gammes de problèmes du passage de militarisation à l’intégration de la région francophone avec des styles de vie et des idéologies différentes étant probables, nous risquons de faire fausse route. Amama Mbabazi (MINADEF) en a déjà exposé l’issue (la porte de sortie) aux leaders du FPR. Et le président Museveni a sérieusement pris cela en considération. Nous sommes des soldats et les erreurs des politiciens sont inévitables. La problématique du Zaïre préalablement débattue reste une menace sérieuse. Le président Mobutu semble ne pas empressé de veiller sur de vastes étendues de son pays, ce qui s’avère être une menace sérieuse. Linda Chalker a déjà présenté cela aux autorités britanniques et celles-ci soumettront la proposition aux officiels américains. Les commissions suivantes ont déjà reçu des instructions pour travailler sur cette matière : La commission de Salim Saleh, la commission de Kazini, la commission de Sam Nanyumba (Brigadier en charge des services de renseignements ougandais). On attend les conclusions de leurs rapports respectifs dans une période de deux mois de la présente réunion. Copie pour information à PRES.OFF.PARL.BLDG, NKSR ST HSE, RPA/FDEL» [Preuve N°074].

11.1 Mettre l'Afrique à genoux afin de la maintenir mendiante
A en croire la teneur du document précédent, afin de hâter l’effondrement de l’ordre établi en Afrique francophone, le conflit sera rendu plus intense par la main invisible de la superpuissance anglo-saxonne qui veut à tout prix gagner toutes les batailles sur tous les fronts, politique, économique, militaire et culturel. En effet, lorsqu’il est intense dans la région francophone, le conflit tend à s’étendre à tout le système de pouvoir au bout de quelque temps car, selon la théorie des organisations, aucune organisation ne peut survivre à un conflit généralisé et intense.  L’hystérie collective méthodiquement provoquée et savamment entretenue dans certains pays réputés francophones procède de cet ordre. La stratégie de l’extermination appliquée au Rwanda, au Burundi et en RDC procède de cet ordre. L’assassinat en l’espace de quelques temps de quatre Chefs d’Etat africains à savoir Melchior Ndadaye, Juvénal Habyarimana, Cyprien Ntaryamira et Laurent Désiré Kabila, tous réputés Bantous ne constituent pourtant qu’une goutte d’eau dans l’océan des  faits probants et convergents quant à l’existence d’une main « invisible » mais si puissante et si efficace derrière la tragédie africaine.
Dans ce contexte et, en l’absence de preuves autrement plus convaincantes, comment croire à la sincérité des intentions affichées et des gestes posés par les puissances anglo-saxonnes prétendûment en faveur de la paix dans la RAGL ? Comment se fier aux divers pactes de paix et de stabilité conclus dans cette région martyre tant que les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni n’auraient pas reconnu leur rôle dans tous ces drames et renoncé publiquement aux projets diaboliques qui les sous-tendent ? Comment faire confiance à ces puissances pour pacifier le Soudan et la Somalie quand on sait,-ne serait-ce que partiellement-, ce qu’ils ont fait et continuent de faire en Afrique des Grands Lacs ?
Comment écarter le spectre de la guerre de recolonisation de l’Afrique subsaharienne entamée par le couple Museveni-Kagame avec la bénédiction des Anglo-Saxons sans que ces derniers ne s’expriment clairement sur ce qu’ils traitent de «recolonisation this time by the owners themselves»? (Recolonisation cette fois-ci par les autochtones eux-mêmes). Comment éluder le fait que le conflit des Grands Lacs a failli se muer en troisième guerre mondiale à partir du continent africain? [Preuve n°075].
C’est probablement dans ce contexte que l’on pourrait interpréter l’opposition résolue de Museveni, Kagame et leurs alliés au projet du Guide Libyen Mouamar el Khadafi, projet relatif à la création des « Etats Unis d'Afrique » et leur refus de la ratification du Parlement des Grands Lacs sous les auspices de l'AWEPA. Museveni et ses alliés sont visiblement inquiets de voir leurs desseins inavouables contrariés ou se diluer dans un projet d’intégration continentale qui pourrait emporter l’adhésion des peuples africains. Totalement conditionnés par des pactes secrets que leurs parrains anglo-saxons ont avalisés, Museveni et Kagame excluent toute distraction par des objectifs plus transparents et incompatibles avec les leurs beaucoup plus opaques et surtout criminels.

11.2 Evitée in extremis par le Président Arap Moï en 1992, une crise à la rwandaise menace de nouveau ce pays
Au-delà des déclarations plutôt pacifistes, rien n’indique que Museveni et ses alliés américains et britanniques aient renoncé à leur obsession de libération régionale. La Baronne Linda Chalker a été chargée par les leaders régionaux d'étudier et de débloquer la situation kenyane au moment où le Président Arap Moï était opposé au plan régional en cours. Lynda Chalker approuva la décision relative au recours à l’instrumentalisation de l'opposition ethnique des Kikuyu en vue d’intensifier les violences ethniques au Kenya. Museveni quant à lui a été chargé d'approvisionner les groupes en conflit en armes nécessaires et en provenance du Royaume-Uni. Linda Chalker promettait aussi d'employer l'arme économique comme au Rwanda en bloquant les aides en provenance de Londres. [Preuve n°076].
Dans la réunion de février 1992, Lynda Chalker a affirmé avoir sommé le Président Moï de résoudre rapidement le problème politique affectant le Nord du Kenya. Elle indiqua par ailleurs avoir insisté auprès du Président Nyerere afin qu’il fasse pression sur le Kenya d’un déploiement de forces onusiennes au cas où Moï n'arriverait pas à faire cesser les hostilités dans le Nord de son pays. La volonté des « libérateurs » d’embraser le Kenya ne faisant plus de doute, le Président Arap Moï aura la sagesse de faire profil bas afin de préserver son pays d’une catastrophe aux conséquences imprévisibles. Les groupes « rebelles » du Nord du Kenya ayant été armés par Museveni via l’Ethiopie et le Sud-Soudan, Moï aurait dû contre-attaquer mais il ne l’a pas fait, craignant de créer une situation rapidement incontrôlable. [Preuve n°077].
Les « libérateurs » ont cependant plus d’un tour dans leur sac. Lors d’une réunion tenue en janvier 1997 à Kampala, l’idée de provoquer un afflux de réfugiés du Soudan vers le Kenya à Kakuma précisément a été retenue. Il s’agissait en fait de créer un prétexte politiquement récupérable sous le couvert d’une intervention de l’ONU. Et c’est effectivement au nom de raisons humanitaires que l’ONU va déployer ses forces dans des camps temporaires installés dans le nord du Kenya pour soit disant y assister les réfugiés. Asphyxié par la politique anglo-saxonne sous le couvert de l’ONU, dans l’indifférence de l'Union Européenne et de l’OUA, le Président Arap Moï cède au milieu de l'année 1998. Il venait tout juste de recevoir la visite de l’homme fort du Rwanda, Paul Kagame. Il faut signaler que c’est à partir de ce moment que des opposants rwandais au régime du FPR commencent à se faire assassiner en plein jour à Nairobi. Ce sera notamment le cas de Seth Sendashonga38, ancien Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement du FPR réfugié à Nairobi et employé du PNUD. Le Président Arap Moï accepte finalement de coopérer avec des criminels impunis du monde dans le but de préserver son peuple d’un possible génocide quelques années après celui du Rwanda. Le Kenya aura finalement échappé au piège. Linda Chalker et ses protégés durent constater leur échec. Les armes fournies aux « nordistes kenyans » leur sont alors retirées au profit de l’Ethiopie et du mouvement SPLA de John Garang [Preuve N°078].

11.3 La Tanzanie également dans le collimateur
Des documents ultrasecrets révèlent une tentative d’invasion combinée de la Tanzanie par le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda et mettent en lumière la résistance farouche de ce pays face aux menaces de ses voisins.
Des agents de sécurité du Burundi, de l’Ouganda, du Rwanda et de l’Ethiopie se sont réunis mi-janvier 1997 à Kampala. Au cours de cette réunion, les participants ont convenu de distraire l'attention de la Tanzanie sur le Zaïre. Il était prévu que l’invasion de la Tanzanie commencerait par une campagne médiatique particulièrement agressive au besoin par des manipulations pour faire croire à l’existence de groupes rebelles Hutu en fuite et désireux d'utiliser le territoire tanzanien pour leurs opérations contre le régime tutsi du Rwanda. L’invasion armée aurait dû permettre d’installer au pouvoir le Prof. LIPUMBA, un membre éminent de l’opposition tanzanienne, à l’époque réfugié à Kampala avant de s’installer au Danemark quelques temps après. Il est aujourd’hui Président du Front Civique Uni (CUF, Civic united Front), parti principal de l'opposition tanzanienne favorable à la scission et à l’indépendance de Zanzibar. Ce parti serait à l’origine de troubles récurrents dans les îles de Pemba et Zanzibar. L'invasion de la Tanzanie devait évidemment se faire après consultation des plus hauts responsables américains et britanniques [Preuve n°079].
Mais le 30 Janvier 1997 au cours d’une réunion tenue à Addis Abeba en présence de représentants américains et britanniques, l’option de l’attaque contre la Tanzanie est rejetée. Au regard de l’évolution de la situation de guerre prévalant au Zaïre, Américains et Britanniques recommandent vivement la prudence et préconisent la patience. [Preuve N°080].
Au Burundi qui réitérait ses craintes et son mécontentement à l’égard de la Tanzanie et sollicitait l’autorisation de conduire l’offensive contre ce pays après la guerre du Zaïre, on se contenta de donner un accord de principe doublé de conseils à se préparer en conséquence. Mais Bujumbura ne pouvait agir sans l’aval américano-britannique. Invités à cette réunion, les Banyamulenge du Zaïre ont appuyé cette décision. L’invasion armée prévue après la guerre du Zaïre était subordonnée à l’évolution de la situation dans cet immense pays. La contribution des Banyamulenge étant vivement souhaitée en cas de guerre contre la Tanzanie, il fallait attendre la victoire militaire au Zaïre et son occupation par les alliés « libérateurs » [Preuve n°081].
La Tanzanie ne s’est donc pas laissé faire. Au moyen d’une résistance discrète mais sans faille, elle aura pu déjouer tous les complots dirigés contre elle malgré la trahison dont d’importantes personnalités de ce pays ont fait preuve aux côtés des forces conspiratrices. Mais c’est surtout à Julius Nyerere que la Tanzanie doit son salut. Parfaitement informé des plans qu’il était censé soutenir, Nyerere a fait parfois faux bond à ses alliés. Enervé, Museveni ira jusqu’à préconiser l’élimination de son grand allié et père spirituel. Une telle proposition a été avancée au cours des réunions qui se sont tenues à Kigali et à Addis Abeba [Preuve n°082].

11.4 Des non-dits lourds de signification en Afrique de l'Est
Il existait donc,-et il existe toujours-, au-delà des apparences, d’importantes divergences exacerbées par des ambitions parfois contradictoires entre Museveni et les dirigeants Tanzaniens d’une part, et entre Museveni et Kagame, d’autre part. Le couple Museveni-Kagame lui-même n’échappe pas à des turbulences que l’allié britannique s’efforce régulièrement d’atténuer. Si la disparition de Nyerere avait paru calmer la situation, rien n’indique que les divergences soient complètement aplanies. En effet, l’adhésion du Rwanda et du Burundi à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) n’aura pas suffi à enrayer la méfiance régnant entre les pays membres de cette organisation. Depuis 2006, des milliers de Rwandais ont été expulsés de la Tanzanie dans des conditions douloureuses et non élucidées.
La plupart de ces rapatriés revendiquaient la nationalité tanzanienne et ne connaissaient le Rwanda que par la langue et l'histoire. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les personnes expulsées de Tanzanie seraient environ 60.000. Plusieurs analystes au Rwanda pointent du doigt le gouvernement de Kigali qui aurait exigé le retour de ces Tanzaniens rwandophones pour un motif qui reste encore à élucider, malgré les dénégations des officiels rwandais.
De son côté, le HCR se dit vivement préoccupé par ces expulsions. Dans un communiqué publié en novembre 2006, Tane Bamba, représentant du HCR à Kigali, avait déclaré que les populations expulsées n'étaient pas des réfugiés en Tanzanie. «Ils ne sont pas sous le mandat du HCR, mais nous allons intervenir simplement comme tout autre organisation humanitaire face à cette crise ».
D'un autre côté, les armées rwandaise et ougandaise se sont affrontées en RDC à plusieurs reprises et ce conflit a failli dégénérer dans une guerre ouverte entre les deux pays.
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