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iruntarinia ne se révèlent pas aux railleurs, aux têtes légères ni aux bavards. Les enfants qui naissent les yeux fermés n'acquerront jamais ce pouvoir en grandissant, à moins de devenir hommes-médecine.

1 Le devin typique des Yoruba croit à son art. Il recourt à l'avis d'autres devins et offre les sacrifices qu'ils lui prescrivent. Au contraire, les « crises » des médiums Ga de la Côte de l'Or offrent un curieux mélange de spontanéité et de calcul. Peu de médiums sont incapables de produire une imitation convaincante de la crise quand on le leur demande.

1 Rasmussen a connu un jeune Igloolik extrêmement nerveux. Lorsqu'il partait pour une expédition de chasse solitaire, il avait toutes sortes de visions étranges. Son imagination peuplait le monde de formes spirituelles, qui lui apparaissaient aussitôt qu'il se couchait pour dormir ou tandis qu'il marchait épuisé de fatigue et de faim à la recherche du caribou. S'il n'hésitait pas à recourir à la supercherie pour convaincre les autres de la réalité de ses expériences, il paraissait croire sincèrement à ses pouvoirs chamaniques lorsqu'il était en état d'extase chamanique. On comprend par là, note Rasmussen, qu'un chaman qui dupe habituellement ses compagnons peut continuer à s'estimer irréprochable. Bref, ses supercheries ne constituent qu'un à-côté dans la pratique de sa profession.

2 Certains chamans yakoutes sont « aussi passionnément attachés à leur vocation que des ivrognes à la boisson ». Un chaman avait été plusieurs fois condamné pour exercice de son art. On avait brûlé son costume et son tambour de chaman, on lui avait coupé les cheveux, on l'avait obligé à faire un certain nombre de révérences et à jeûner. Nous n'exercions pas impunément cette profession », disait-il à un enquêteur polonais : Nos maîtres (les esprits) veillent jalousement sur nous, et malheur à nous si jamais nous ne leur donnons pas satisfaction. Mais nous ne pouvons pas démissionner, nous ne pouvons pas renoncer à exercer les rites chamaniques ; pourtant nous ne faisons pas le mal. » (W. G. Sumner.) On raconta à J. Stadling l'histoire d'un « bon chaman » de la basse Léna qui se débattit trois jours et trois nuits pour chasser l'ospa (la petite vérole) de son peuple. Il s'évanouit plusieurs fois et finit par mourir à la tâche.

1 On a un autre exemple de prédiction désastreuse de cet ordre pour l'Afrique du Sud. On annonça, autour de 1857, que si les tribus confédérées abattaient leur bétail, détruisaient leurs réserves de grain et cessaient de travailler la terre, les ancêtres reviendraient, jetteraient les colons anglais à la mer et donneraient à chacun tout le bétail et tout le grain qu'il pourrait souhaiter. On donna pour signe de ce grand événement que le soleil, le lendemain de la pleine lune, se lèverait double. Les gens firent le vide de toutes leurs réserves et passèrent leur temps à jeûner et à danser dans l'attente du millénium.

1 Certains magiciens reconnaissent leur mauvaise foi, ceux notamment qui passent au christianisme. Dans les îles d'Entrecasteaux, un magicien, s'étant converti, abandonna sa profession et, un dimanche, en pleine église, dévoila toute sa technique curative. Certains indigènes furent furieux d'apprendre comment il s'était moqué d'eux, « mais cela n'ébranla guère leur foi dans les magiciens qui restaient ». Une jeune femme des îles Banks avait la réputation de guérir les maux de dents au moyen d'un charme qui lui avait été enseigné par un parent âgé alors décédé. Elle mettait une feuille sur la dent douloureuse tout en prononçant une formule. Lorsque la douleur venait à cesser, elle retirait la feuille, la dépliait et exhibait le petit ver blanc responsable. « Lorsque le christianisme pénétra dans les îles, elle ne fit pas difficulté pour éventer le secret et toute l'assistance en fut bien amusée. » (R. H. Codrington.) Un faiseur de pluie Barolong qui avait tiré quelque profit des médecines d'un missionnaire et se regardait, de ce fait, pour l'un de ses collègues, lui dit un jour : « Seuls les sages peuvent faire des faiseurs de pluie, car il faut une très grande sagesse pour tromper tant de gens. » Et il ajoutait : « Vous le savez comme moi. » (R. Moffat.) Le grand faiseur de pluie héréditaire des Bari avoua à un fonctionnaire anglais que ni lui ni ses assistants n'avaient jamais cru à leur pouvoir de produire la pluie. Mais leurs pères avaient la réputation d'avoir détenu cette faculté et on la leur attribuait de même. « Alors, demandait-il, que faire ? » Un sorcier Bangala accula un esprit ou plutôt un animal possédé d'un esprit dans l'angle d'une hutte, le transperça et montra le sang sur sa lance. Le fils du sorcier avoua dans la suite à un missionnaire que son père avait produit le sang en se grattant les gencives : dans la demi-obscurité de la hutte indigène, rien de plus facile qu'un tour de ce genre. Un missionnaire au pays des Bakongo baptisa un chef qui avait été vendeur de charmes et qui avait pendant plusieurs années poussé la vente d'un charme particulièrement recommandé contre la sorcellerie ; il s'y fit une petite fortune, mais comme il l'avoua plus tard, il ne crut jamais à son pouvoir. Cela ne l'empêchait pas, avant de se convertir, de porter toujours sur lui d'autres charmes pour se protéger contre les ndoki, les terribles sorciers. Deux hommes-médecine Tinné, très réputés et incontestablement intelligents, avouèrent à un prêtre catholique sur leur lit de mort qu'ils n'avaient jamais cru à leurs vertus magiques et qu'ils avaient longtemps cherché à se tirer de cette situation gênante. Ils y avaient renoncé par crainte de la réprobation universelle qu'ils se seraient attirée en cessant leur profession. « Les gens, expliquèrent-ils, les auraient regardés comme d'indignes compagnons refusant de secourir les patients alors qu'ils en avaient le moyen. » (J. Jetté.) Rasmussen rencontra chez les Eskimos de la rivière Copper une jeune femme très intelligente qui avait jadis exercé la profession de chamane mais y avait renoncé. Elle avouait franchement qu' « elle ne pouvait pas mentir assez bien ». Les autres chamans avaient cherché en vain à la dissuader en lui disant : « Essaie d'abord, fixe l'attention des gens et tu trouveras presque toujours moyen d'en sortir ».

« Il y a beaucoup de menteurs dans la profession », déclarait un chaman Chukchi à un enquêteur russe. (W. Bogoras.)

1 Les Bakongo ont une telle foi dans leur dépisteur de sorciers que lorsqu'il déclare un cas incurable et mortel, ils ne doutent pas de l’issue. Les amis du malade se mettent aussitôt à préparer les funérailles, creusent la tombe et invitent les proches aux obsèques.

2 En langage médical, état d'excitation profond et persistant qui résulte de la peur irrésistible du sujet, est suivi d'une chute brusque de la pression sanguine et aboutit à la mort. L'abstention de nourriture et de boisson précipite l'issue fatale.

3 E. C. Stirling rapporte le cas d'un homme vigoureux qui avait été blessé à la fesse par une flèche « enchantée ». Il mourut sans qu'on eût pu déceler aucune complication chirurgicale. Dans un autre cas, l'autopsie d'un homme mort à la suite du braquage de l'os pointeur ne révéla aucune lésion macroscopique dans les organes.

1 Suivant un missionnaire, Thomas Williams, le Fidjien qui vient à apprendre qu'on a pratiqué contre lui la magie noire se couche sur sa natte et meurt de peur.

1 Un soldat soudanais du lac Albert s'imagina qu'il mourait d'un os introduit dans sa gorge par un camarade. Après sa mort, on ne trouva pas la moindre trace de corps étranger dans sa gorge.

1 L'hypnotisme, qui n'est que la suggestion portée à un très haut degré, semble parfois pratiqué par les magiciens. L'obtention d'effets tels que l'anesthésie ou la catalepsie est le meilleur argument pour appuyer la croyance à la magie. Mais les documents sont rares et peu concluants. Le tohunga Maori « paraît bien avoir eu le pouvoir de faire croire aux gens qu'ils avaient vu des choses qui en fait n'existaient pas. On m'a raconté de nombreux cas de ce pouvoir étrange, mesmérisme ou suggestion hypnotique ou quelque nom qu'on lui donne, et il n'a pas encore tout à fait disparu ». (J. Cowan.) Suivant un autre auteur, les Maori pratiquaient « une certaine forme d'hypnotisme et de télépathie ». Les magiciens Bavenda possèdent une aptitude hypnotique certaine, « aidée, du reste, par l'immense crédulité des esprits faibles parmi lesquels ils recrutent leurs clients ». Beaucoup de magiciens du delta du Niger passent pour exercer l'hypnotisme, ceux surtout de Fernando Po. Un anthropologiste américain a raconté une danse Wichita à laquelle il avait assisté. Il remarqua une femme qui offrait une résistance peu commune aux efforts hypnotiques du magicien, qui agitait un mouchoir noir devant ses yeux puis une plume d'aigle. Après une lutte qui dura une demi-heure, et durant laquelle elle parut en agonie et se raidissait pour ne pas tomber, elle s'écroula finalement comme les autres danseurs. James Mooney, que nous venons de citer, croit que toute une assistance d'Indiens peut être hypnotisée lors, par exemple, de la Danse des Mânes où les sujets sont pris d'hystérie. Au cours de la Danse des Mânes, telle que la pratiquent les Arapaho et les Cheyenne, il observa que les jeunes femmes étaient d'ordinaire les premières touchées, puis les vieilles et enfin les hommes. Trois femmes environ pour un homme étaient bons sujets. Ils semblaient dans la vie ordinaire aussi vigoureux et sains que la moyenne des gens de la tribu. Il n'était pas au pouvoir de n'importe quel chef de la Danse de plonger les gens dans le sommeil hypnotique, mais tous pouvaient essayer s'ils avaient le sentiment de posséder la puissance voulue.

1 L'analogie joue un rôle de premier plan dans la materia medica de plusieurs peuples primitifs. Pour traiter les spasmes et les contractions cutanées, le Zoulou fabrique une médecine au moyen d'un petit insecte qui se met en boule quand on le touche et d'une plante qui replie ses feuilles au contact d'un corps étranger. On avale la médecine et on s'en frictionne tout le corps pour la faire pénétrer dans les pores. Pour guérir une hémorragie nasale ou buccale, les Zoulous se servent de l'écorce d'un arbre dont la sève rappelle du sang et de morceaux d'un animal ayant beaucoup de sang ou saignant facilement ; ils mélangent le tout, le réduisent en cendres et l'administrent sous forme interne et externe. Les Azandé disent : « Nous utilisons telle et telle plante parce qu'elle est comme telle et telle chose ». Le fruit mûr du varuma, par sa rondeur, son velouté et sa turgescence laiteuse, rappelle le sein d'une jeune mère ; on fera donc une infusion de sa racine pour la mère qui manque de lait. Le fruit du danga rappelle le scrotum ; on utilisera donc ses cendres pour traiter la hernie et l'éléphantiasis scrotales. Les taches rougeâtres qui couvrent le tronc de kunga ressemblent aux taches de la lèpre cutanée ; l'arbre en question fournira donc le remède contre cette maladie.

1 Un anthropologiste (W. E. Roth) a constaté que les aborigènes du Queensland utilisent plus de quarante plantes, dont certaines ont une vertu médicinale notoire. Une comparaison entre la pharmacopée des Cherokee et le Codex des États-Unis a montré que sur les vingt remèdes étudiés cinq ont une valeur thérapeutique caractérisée, trois autres une valeur possible. On a de même observé que les hommes-médecine indiens furent les premiers à découvrir les vertus du coca, du jalap, de la salsepareille, du quinquina et du guiacum.

1 Une autorité médicale qualifiée décrit un cas de suggestion dont elle fut témoin. Un homme de la Cross River était en traitement depuis trois semaines à l'hôpital indigène d'Old Calabar. La crise était passée depuis longtemps ; les symptômes physiques de la maladie disparaissaient et, suivant les lois ordinaires, le sujet aurait dû aller de mieux en mieux. Or, son état s'aggrava et la mort parut inévitable. Au dernier moment le docteur fit appeler l'homme-médecine du patient qui arriva alors que tout semblait fini. Les deux hommes se reconnurent cependant. L'homme-médecine se livra à ses opérations, brûla un « encens » nauséabond et chantonna à voix basse un chant auquel le moribond donnait de temps en temps une faible réponse. Son pouls, très irrégulier, se régularisa progressivement, et, à la fin de la journée, le patient était hors de danger. L'homme-médecine refusa tout honoraire et rentra chez lui. Les Chickasaw (Indiens) utilisent parfois la suggestion collective pour des fins curatives. On allume un feu devant l'entrée principale de la maison du patient (la porte d'entrée est toujours orientée dans la direction de la bonne fortune) et l'on plante dans le sol, près du feu, de petites cannes à sucre ornées de rubans, d'images et d'autres objets convenablement enchantés par l'homme-médecine. Les amis et connaissances du malade se réunissent alors et dansent entre le feu et la maison, cependant que le patient, assis sur le seuil, assiste au déroulement du rite. Les mouvements vigoureux des danseurs passent pour le réconforter et expulser sa maladie.

1 Dans un ouvrage postérieur, le Père Paul Schebesta, que nous citons ici, déclare que les Bambuté sont plus adonnés à la superstition et à la magie qu'il ne l'avait d'abord supposé.

2 Toutefois, dans l'île de Mala ou Malaita, les précautions contre la sorcellerie sont maintenant de plus en plus abandonnées par les jeunes générations chrétiennes. On ne se préoccupe plus du tout de faire disparaître ses reliefs, même en présence de païens étrangers. On est convaincu que l'acceptation du christianisme rend invulnérable à la sorcellerie.

1 La croyance à la puissance de makutu (sorcellerie) n'est pas davantage éteinte. Un collecteur de contes et de traditions maoris fut, un jour accusé d'exercer le makutu et « il eut chaud pendant quelque temps ». C'était en 1895.

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