De mon Seigneur bien-aimé, Bhagavan Sri Sathya Saï Baba








titreDe mon Seigneur bien-aimé, Bhagavan Sri Sathya Saï Baba
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Saï Baba
l'hİstoİre d'une
chrÉtİenne


Helen Cuerden

Avec amour et dévotion,
je dépose ce livre aux pieds pareils
au lotus de mon Seigneur bien-aimé,
Bhagavan Sri Sathya Saï Baba

Remerciements


Du fond du cœur, je remercie toutes les personnes qui m'ont aidée, d'une façon ou d'une autre, à écrire ce livre. Je remercie spécialement mon grand ami J. pour son aide et ses conseils, pour sa peine et pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer.
Je suis extrêmement reconnaissante à mon amie S. Saidasa qui s'est chargée du délicat travail de correction dans des circonstances très difficiles. En tant que débutante, ses conseils et son travail professionnels me furent infiniment précieux. Je remercie aussi Irfan, mon éditeur et ami, pour les graphiques, la conception de la couverture et tous les autres travaux nécessaires à l'impression de ce livre, qu'il réalisa avec beaucoup de patience.
J'exprime ma profonde reconnaissance à mes enfants, Martin, Sally et Stéphanie qui, chacun à leur façon, ont joué un rôle et tout particulièrement à mon cher mari, Christopher, qui fit preuve de beaucoup de compréhension et me fut d'un grand soutien.
Mais par-dessus tout, je remercie Bhagavan Sri Sathya Saï Baba qui, complaisamment, bénit deux fois ce livre : la première fois le 4 novembre 2000 (cf. l'avis au lecteur situé à la fin du livre), puis à nouveau le 8 février 2001. C'est Lui qui en est l'inspirateur et qui est à l'origine de toute l'aide que j'ai reçue pendant que je le rédigeais. Il est aussi bien sûr tout l'objet de ce livre.

"L'homme veut la Vérité. Il veut en faire lui-même l'expérience. Ce n'est que lorsqu'il l'a saisie, l'a réalisée et l'a ressentie au plus profond de son cœur, disent les Védas, que tous ses doutes disparaissent, que les ténèbres se dissipent et que le chemin devient droit.

Enfants de l'immortalité, que vous soyez sur terre ou dans les hautes sphères, sachez qu'un chemin existe. Il est possible de sortir de cette obscurité. Pour cela, il vous faut découvrir Celui qui se situe au-delà des ténèbres. Il n'y a pas d'autre chemin."

Swami Vivekananda

Table des matières
Introduction 1

PREMIERE PARTIE

1. Comment tout cela a-t-il pu arriver ? 7

2. L'Occident rencontre l'Orient 13

3. Premier voyage en Inde 19

4. Surveillez vos pensées 23

5. Lilas 25

6. L'Incarnation de la Vérité 27

7. Dépouillement 33

8. Manifestations de la grâce divine 41

9. Deux guérisons miraculeuses 45

10. Un cadeau empreint de signification 49

11. La mémorable Maha Shivaratri 55

12. Vibhuti et prasad 59

13. "Soyez parfaits" 65

14. Coupure de courant 71

Deuxième partie

15. L'Ashtanga Yoga 77

16. Yama : les abstentions ou code moral 83

17. Niyama : pratiques et disciplines 93

18. Disciplines corporelles 103

19. L'esprit et le mental 109

20. Saï Baba est-Il Dieu ? 115

Avis au lecteur 119

Glossaire 121

Introduction

Ce livre est le récit de mon voyage spirituel qui m'a fait passer d'une vision conditionnée par un christianisme traditionnel à celle universelle de la Fraternité des hommes et de la Paternité de Dieu, cela grâce à l'enseignement et à la guidance de Bhagavan Sri Sathya Saï Baba, l'Avatar de l'âge d'or. Je relate ici la façon dont Il m'a aidée à me transformer en alliant mon éducation, ma foi, ma religion et mes idéaux occidentaux à la splendeur des enseignements et des vérités mystiques de la philosophie et de la religion védique orientales.
Swami, je pense, a voulu que j'écrive ce livre afin que je raconte comment, en tant que chrétienne marchant à sa suite, je suis parvenue à me libérer des sentiments de confusion et de déloyauté que j'éprouvais à l'égard de Jésus, mon témoignage pouvant en inciter d'autres à faire de même. Le chemin emprunté par chacun est différent et certains lecteurs pourront, bien sûr, ne pas partager mes vues. Je leur demande seulement d'être compréhensifs car, tout comme les autres pèlerins qui ont encore des leçons à apprendre et des progrès à faire, je suis toujours en chemin pour atteindre le sommet de cette montagne très glissante.
Bien que Baba compte des millions de fidèles et de disciples répartis dans de nombreux pays du monde, Il reste dans l'ensemble assez peu connu. Tout cela, prédit-Il, changera dans les années à venir où son nom sera universellement connu. Pour certains chrétiens, comprendre qui est Saï Baba pourra poser les mêmes problèmes que ceux qui se sont présentés à moi. Beaucoup éprouveront alors des doutes et des sentiments de confusion semblables à ceux qui m'ont envahie et souffriront peut-être d'angoisses spirituelles extrêmes en particulier lorsqu'ils se trouveront confrontés aux paroles de Jésus : "Nul ne vient au Père sinon par Moi" (Jean 14 : 6). Seul un élargissement de leur vision limitée de la spiritualité pourra alors les aider à sortir de leur dilemme.
Bhagavan Sri Sathya Saï Baba est appelé de différentes façons par ses fidèles allant du très respectueux Bhagavan (Seigneur ou Dieu), au très informel Swami (maître ou moine). Il est aussi appelé Saï, Baba ou Saï Baba. Saï signifie "mère divine" et Baba "père". Saï Baba veut donc dire "père et mère divins". Certains l'appellent également Sathya (la Vérité en sanskrit), et Il est véritablement l'Incarnation de la Vérité comme je vais tenter de le montrer dans ce livre. Je ferai donc référence à Lui par l'une ou l'autre de ces appellations.
L'objet de ce livre n'est pas de faire du prosélytisme. Swami dit que l'on doit se garder d'ébranler quiconque dans ses croyances : "Que les différentes religions, les différentes croyances coexistent. Que chacune d'elles grandisse et que la gloire de Dieu soit chantée dans toutes les langues, sur tous les airs et sur tous les tons. Ce serait l'idéal. Respectez toutes les religions, toutes les croyances, respectez leurs différences et tenez-les pour valides tant qu'elles n'éteignent pas la flamme de l'unité". Il n'est pas venu fonder une nouvelle religion mais nous aider à mieux comprendre et à mettre en pratique les vérités et les enseignements de notre propre religion de façon à ce que le chrétien devienne un meilleur chrétien, l'hindou un meilleur hindou, le musulman un meilleur musulman etc. Lorsque nous réaliserons que le fondement de toutes les religions est l'Amour et le service désintéressé envers tous les êtres humains, les barrières qui existent dans nos esprits conditionnés commenceront à tomber.
Saï Baba est venu promouvoir un renouveau spirituel en nous apprenant comment nous unir au Dieu qui est en nous et à réaliser que notre véritable nature est essentiellement divine. Pour ce faire, Il s'appuie sur les enseignements des Ecritures védiques.
Les disciples de Swami Le considèrent comme un Avatar, terme qui n'a pas d'équivalent en Occident. Un Avatar est une incarnation de Dieu qui descend sur terre et prend forme humaine, sans pour autant être soumis à nos limitations. C'est pourquoi, Il peut déclarer : "Continuez à adorer Dieu selon la représentation que vous vous en faites et qui vous est familière. Vous découvrirez alors que vous vous rapprochez peu à peu de Moi, car tous les noms sont Miens et toutes les formes sont Miennes…" Il est omnipotent, omniscient et omniprésent et l'a prouvé à un grand nombre de personnes comme une abondante littérature en témoigne.
Malgré la chance que j'ai eue de pouvoir aller voir Swami en Inde de nombreuses fois, j'ai eu cependant très peu de contacts personnels avec Lui. C'est en étant attentive à la voix de Dieu en moi et aux messages contenus dans les petits incidents de la vie de tous les jours auxquels je ne prêtais pas attention auparavant que, personnellement, j'ai progressé sur le Chemin et continue à le faire. Cela correspond à la façon dont un Avatar dirige et instruit habituellement ses fidèles :
Les Avatars donnent rarement des conseils de façon directe. Ils transmettent le plus souvent ce qu'ils veulent communiquer par le biais de suggestions indirectes et utilisent seulement parfois la méthode d'instruction directe. Cela tient au fait que le Divin qui est inhérent à chaque être humain se manifeste spontanément lorsque les conditions sont favorables… La meilleure façon d'aider les autres, tant sur le plan matériel que spirituel, peut se résumer par ces mots : "Aide ton prochain à s'aider lui-même", ou "Aide-toi toi-même".
Un des buts de ma vie est désormais de parvenir à prendre conscience de l'omniscience, de l'omnipotence et de l'omniprésence de Dieu, en réalisant qu'à chaque instant et derrière chaque petit incident, aussi insignifiant soit-il, se cache la puissante main divine.
Depuis deux mille ans, le monde chrétien attend le retour du Christ. La Bible l'annonce à plusieurs reprises disant notamment qu'Il viendra "comme un voleur dans la nuit" (Première épître aux Théssaloniciens 5 : 2). La venue de Saï Baba correspond précisément à cette description. Son insistance sur peu ou pas de publicité permet de penser que nombreux encore sont ceux qui entendront parler de Lui. Il est véritablement entré dans ma vie "comme un voleur dans la nuit", sans être invité ni attendu, et ce qu'Il "déroba" fut mon cœur.
Les disciples de Swami ont chacun une histoire personnelle, fascinante et unique à raconter. Ce qui arrive à chaque personne est spécialement taillé à sa mesure, en fonction de ses besoins et de ses demandes, sans distinction d'âge, de race, de croyance, d'appartenance à une religion ou même d'absence de pratique religieuse. Je retrace ici mon propre voyage sur le sentier spirituel en tentant de montrer comment j'en suis venue à réaliser que Jésus et Saï Baba sont Un et Le même, et que ce dernier est bien "l'Esprit de Vérité" (Jean 16 :13), dont la Bible annonce la venue.

* * *

Il n'y a qu'une religion, celle de l'Amour.

Il n'y a qu'une seule caste, celle de l'humanité.

Il n'y a qu'un seul langage, celui du cœur.

Il n'y a qu'un seul Dieu et Il est omniprésent.
Baba –

Première partie
1

Comment tout cela a-t-il pu arriver ?

Dieu est si compatissant que si vous faites un pas vers Lui, Il en fera dix vers vous.
Baba –


S

i l’on m’avait dit, il y a quelques années, que j’irais un jour en Inde me prosterner aux pieds d’un sage ou d’un gourou indien, cela m’aurait paru amusant et impensable. Cela m’aurait aussi probablement choquée puisqu'il est difficile de trouver quelqu’un de plus wasp1 que moi. C’est pourtant ce qui m’est arrivé, et à de nombreuses reprises, au cours de ces onze dernières années. A chaque fois que je me retrouve aux pieds pareils au lotus de Bhagavan Sri Sathya Baba, mon Seigneur bien-aimé, je ne peux m'empêcher de réprimer un sourire amusé alors que je me demande : "Mais comment tout cela a-t-il pu arriver ? Comment moi, une mère de famille ordinaire, élevée dans la religion chrétienne ― à laquelle je demeure très attachée ― en suis venue à me rendre régulièrement en Inde dans l'ashram d'un saint homme, chose qui, auparavant, aurait été pour moi un sacrilège ?"
Je me suis toujours sentie favorisée par la vie. Même si tout n'a pas toujours été parfait à tous les niveaux, j'ai fait ce que j'ai pu pour mener une vie aussi satisfaisante que possible. J'ai un mari dévoué avec lequel je vis depuis vingt-neuf ans. C'est un bon père de famille attentif aux besoins de nos trois chers enfants. Sa situation nous a permis de toujours vivre à l'abri des soucis matériels. Il a eu la chance de ne jamais avoir de difficultés au niveau professionnel et de ne jamais connaître de période de chômage. Comme beaucoup de couples, nous avons eu cependant des moments difficiles mais nous avons toujours réussi à les surmonter en faisant usage d'écoute et de concertation. Les quinze premières années de mon mariage, j'étais trop occupée pour pouvoir consacrer du temps à la religion ou à la spiritualité. Il demeurait cependant en moi à ce propos un sentiment de culpabilité. Je sentais qu'il manquait quelque chose à ma vie. J'étais consciente que ce malaise ne me quitterait pas tant que je ne me pencherais pas sérieusement sur la question. Je savais aussi confusément que ce malaise était en rapport avec mon passé et avec la religion chrétienne qui m'avait fourni un terrain fertile et une bonne protection pendant les importantes années de formation que sont celles de la jeunesse.
J'ai eu la chance de naître dans une famille unie et dans un environnement protégé où la foi et la pratique religieuse tenaient une place importante. Je réalise à présent à quel point l'éducation religieuse reçue pendant l'enfance influence nos vies de façon déterminante. Il peut y avoir des interruptions dans notre pratique mais si nous avons eu de bons modèles auxquels plus tard nous pouvons nous référer, nous avons toute chance de renouer un jour ou l'autre avec la spiritualité.
Le dimanche, j'allais régulièrement au catéchisme avant de me rendre au culte avec ma famille. Nous fréquentions l'Eglise méthodiste du quartier jusqu'à ce qu'un jour mes parents décident de rejoindre l'Eglise anglicane qui s'appelait alors l'Eglise d'Angleterre. Je me suis toujours rendue au catéchisme avec plaisir et je suis reconnaissante à mes parents de la bonne assise religieuse qu'ils m'ont donnée pendant mes jeunes années.
Je fus très tôt imprégnée de toutes les histoires de la Bible, aussi bien celles de l'Ancien Testament que du Nouveau. Je me souviens avoir été fascinée par l'histoire de l'arche de Noé, par celle de Daniel dans la fosse aux lions, de Joseph et sa tunique multicolore, de Moïse trouvé dans les joncs etc. La vie de Jésus m'intéressait aussi : sa naissance extraordinaire, sa mort pour notre rédemption et notre salut, ses paraboles, le chemin d'amour et de pardon qu'Il est venu tracer et tous ses enseignements tels que : aimer son prochain comme soi-même, tendre la joue gauche si l'on vous frappe la droite, aider les nécessiteux, aimer et adorer Dieu. Le dimanche, je me rendais régulièrement à l'église, une pratique que par la suite j'allais peu à peu délaisser.
A dix-huit ans, je quittai la maison pour vivre ma vie et je perdis progressivement l'habitude d'assister aux offices du dimanche. Mon intérêt grandissant pour les plaisirs du monde alla de pair avec mon désintérêt pour la spiritualité. Je continuai pendant un certain temps à aller au temple pour les grandes fêtes telles que Noël et Pâques, mais peu à peu ma paresse spirituelle me fit perdre même cette habitude.
Je me mariai à vingt-six ans. Mon mari qui avait passé toute sa jeunesse dans des établissements d'enseignement catholique estimait qu'il était allé suffisamment à la messe pour le restant de sa vie. Il n'avait aucun désir de m'accompagner au culte et y aller seule devint difficile en particulier après la naissance des enfants. Les dimanches furent dès lors consacrés aux sorties familiales et mes visites au temple cessèrent complètement. Mon mari et moi restâmes cependant toujours fidèles aux valeurs morales de la religion chrétienne. Notre éducation avait du moins laissé quelques traces !
Lorsque mes enfants grandirent, je sentis que je devais leur donner la même éducation religieuse que celle que j'avais reçue. Je les accompagnais au culte le dimanche et quand ils en eurent l'âge, je les fis baptiser. Ma démarche manquait cependant de conviction, et il demeurait en moi le sentiment qu'il devait exister autre chose.
Un peu avant d'avoir quarante ans, un changement se produisit. Je participais à des sessions organisées par un groupe d'amis catholiques qui se réunissaient une fois par semaine, tantôt chez les uns tantôt chez les autres, pour réciter le chapelet. J'y découvris la prière dévotionnelle ou bhakti, pour employer un terme propre à l'hindouisme (dont je ne connaissais rien à ce moment-là). Cette expérience marqua un tournant dans ma vie spirituelle. L'amour mystique auquel mon cœur s'ouvrit éveilla en moi une résonance profonde. C'est avec plaisir que, dès lors, j'allai à la messe le dimanche. J'appréciais la fraternité de la communauté catholique. Je fis partie d'un groupe d'études et de prières et j'étais heureuse de rencontrer des gens partageant mes idées et ma foi. J'avais aussi le sentiment sécurisant de me sentir acceptée et reconnue pour ce que j'étais réellement.
Mon amour pour Jésus grandit. Je croyais alors fermement que : "Nul ne vient au Père que par Moi" (Jean 14 : 6). Je me sentais privilégiée de faire partie des "élus" (Jean 15 : 19). Mon conditionnement m'empêchait de penser un instant que d'autres voies pouvaient aussi mener à Dieu. J'étais persuadée que le Salut ne pouvait venir que par le Christ et que ceux qui ne le connaissaient pas étaient infortunés.
Cependant, sous mes airs de fatuité spirituelle, de vieux doutes demeuraient. Je devais admettre que ma religion n'apportait pas de réponses satisfaisantes à toutes les questions. Certains passages de la Bible me semblaient abstrus, et les explications données lors des sermons dominicaux ou par les groupes d'étude auxquels j'assistais régulièrement me laissaient insatisfaite. Il me semblait trop facile d'expliquer les choses comme étant des "mystères de Dieu". Tous ces mystères laissaient apparaître de grands trous dans le système de concepts et de croyances que je m'étais construit. Mon sentiment qu'il devait exister autre chose continuait à me tirailler créant un trouble dans mon esprit. Mais à qui peut-on s'adresser quand on est convaincu qu'il n'y a pas d'autre chemin que celui du Christ ? Il était hors de question de me tourner vers les religions orientales car j'aurais perdu par là même toute chance de Salut. A cette époque, j'ignorais la cause de mon malaise. Si je l'avais connue, cela m'aurait probablement perturbée davantage. Le plus simple pour moi était donc de continuer comme avant, en faisant abstraction de mes remous intérieurs.
C'est à cette époque que Saï Baba fit sa première apparition dans ma vie, d'une façon qui n'est pas sans rappeler une scène du film Oh God, interprété par Georges Burns et John Denver. Un après-midi, je regardais la télévision, lorsqu'on présenta un aperçu du magazine Soixante minutes. Cette émission qui paraît le dimanche comprend trois reportages de soixante minutes chacun. Je vis donc un extrait de chacun des trois reportages. Je ne conserve aucun souvenir du premier ni du troisième. En revanche, le deuxième reste parfaitement gravé dans ma mémoire. Je me souviens encore de chaque image et de chaque mot. Il était question d'un "saint homme" vivant en Inde, dont la vie et les enseignements étaient comparables à ceux du Christ. Comme Jésus, il faisait de nombreux miracles : les malades étaient guéris, les infirmes marchaient, les aveugles recouvraient la vue, les sourds entendaient et il pouvait même ressusciter les morts, disait-on. D'un geste circulaire de la main, il était capable de faire apparaître toutes sortes d'objets, notamment de la cendre sacrée appelée vibhuti possédant des vertus miraculeuses. Je me rappelle aussi très bien que le saint homme était coiffé à l'afro, qu'il portait une robe orange et qu'il n'était pas très beau.
Le nom de ce soi-disant saint homme ne retint à aucun moment mon attention. A vrai dire, en regardant ces images, je m'étais juste demandée comment il pouvait exister des gens assez naïfs pour croire de telles inepties. A cette époque, ma connaissance des gourous indiens se limitait à l'un d'entre eux, célèbre pour le grand train de vie qu'il menait et pour la cohorte d'Occidentaux qu'il avait à sa suite. J'avais entendu dire qu'il encourageait la liberté sexuelle, l'usage de la drogue et incitait les gens à rechercher confort et richesses. Je ne pouvais imaginer que ses enseignements aient quelque intérêt et puissent être bénéfiques à de nombreuses personnes. Ce qu'il prônait ne m'intéressait nullement et, par suite, dans mon esprit, toute personne portant une robe orange bénéficiait de préjugés défavorables. Je rejetai donc immédiatement ce nouvel "imposteur" et oubliai rapidement ce que j'avais vu, pour un temps du moins…
En janvier 1989, soit environ deux ans et demi après cet incident, je passai l'après-midi chez une amie. Elle était catholique alors que je suivais le rite anglican de tendance conservatrice : deux traditions qui ont des doctrines et des croyances similaires. Je fus donc très surprise quand, à un moment donné, elle me demanda si je connaissais les enseignements des grands maîtres spirituels de l'Orient : Krishnamurti, Paramahansa Yogananda, Shivananda, Vivekananda etc. Je n'avais entendu parler d'aucun d'eux mais elle, en revanche, semblait avoir lu tous leurs ouvrages. Elle ajouta : "Et Saï Baba bien sûr", comme si elle s'attendait à ce que je connusse tout à son sujet. Elle me tendit un livre portant sa photo en couverture et je reconnus aussitôt le "saint homme" que j'avais vu à la télévision.
Quand je lui parlai de l'extrait du magazine Soixante minutes que j'avais vu, elle parut étonnée et se demanda comment elle avait pu manquer cette émission qu'elle regardait régulièrement tous les dimanches.
Mon amie ― qui n'était pas et qui, à ce jour, n'est pas disciple de Saï Baba ― continua à me parler de Lui et de la vibhuti qu'Il matérialise fréquemment. A mon grand étonnement, je m'aperçus que je n'avais aucun doute sur ce qu'elle me disait et je me pris à désirer avoir instamment de cette vibhuti. Quelque chose remuait à l'intérieur de moi tandis qu'elle me parlait de Lui.
Une semaine plus tard, j'étais avec mon amie chez son libraire. Mon regard se porta sur Saï Baba Avatar d'Howard Murphet. Je me sentis étrangement attirée par ce livre, bien qu'à ce moment-là je ne fusse pas intéressée par Saï Baba. Je l'achetai sans réaliser que, ce faisant, le cours de ma vie allait changer irrémédiablement.
Un mois ou plus s'écoula avant que je ne me décide à ouvrir ce livre. A peine en eus-je lu quelques pages qu'un sentiment de récognition envahit mon âme. J'avais l'impression que le livre me parlait personnellement. Il m'invitait à me poser des questions et aussi à vivre les expériences dont témoignaient de nombreuses personnes. J'aspirai surtout à goûter l'amour émanant de ce petit homme-dieu inconnu vivant en Inde. J'étais complètement fascinée par ce que je lisais. Les citations de Saï Baba portées en fin de chapitre trouvaient en moi une résonance juste et je les absorbais goulûment. Mon âme assoiffée les buvait littéralement. Avais-je trouvé là ce "quelque chose d'autre" dont je connaissais inconsciemment l'existence ? Pourquoi n'avais-je pas entendu parler de ce Baba plus tôt ? Je désirais moi aussi vivre les merveilleuses expériences dont faisaient part toutes ces personnes. Je voulais moi aussi participer à l'événement quel qu'il fût.
Lorsque j'eus terminé ce livre, j'eus la conviction d'avoir découvert là quelque chose de si extraordinaire, de si fabuleux, de si exaltant que les mots manquent pour exprimer ce que j'éprouvai à ce moment-là. Mon âme sentait qu'elle avait trouvé là ce qu'elle cherchait sans même savoir qu'elle était en quête de quelque chose. Elle avait trouvé le chemin du retour à la maison, sans même s'être rendue compte qu'elle s'était égarée. La beauté, la chaleur, la justesse et la sainteté des propos de Saï Baba me faisaient monter aux yeux des larmes de joie et de bonheur.
L'étape suivante consista à trouver d'autres livres sur Saï Baba. Je découvris "par hasard" qu'il existait justement dans ma ville une librairie spécialisée en ouvrages à son sujet et je devins rapidement une de ses meilleures clientes. Je n'avais de cesse de tout lire, de tout savoir sur Lui. Je dévorais les livres les uns après les autres avec grand appétit. C'était comme si mon âme longtemps privée de nourriture trouvait soudain de quoi se rassasier.
Curieusement, la joie de ma découverte fut cependant vite assombrie par un immense regret : celui d'avoir découvert si tardivement l'existence de cet être merveilleux et d'avoir passé quarante-trois ans de ma vie dans l'ignorance de sa présence sur terre. Il me fallut un certain temps pour surmonter ce dépit. L'assurance maintes fois donnée par Swami que le moment où l'on vient à Le rencontrer est toujours le bon et que "nul ne vient à Le connaître ou à entendre parler de Lui avant le moment voulu" ne parvenait pas à me consoler. Ce sentiment de regret restait cependant mêlé à l'immense joie que me procurait ma merveilleuse découverte.
C'est vers cette époque que je me souvins de l'extrait du magazine Soixante minutes que j'avais vu à la télévision, et j'eus le désir de le revoir. A ce moment-là, c'est-à-dire deux années et demie plus tard, j'avais fait connaissance avec un certain nombre de fidèles de Saï Baba habitant ma ville. Je demandai donc autour de moi si quelqu'un n'aurait pas une copie de l'émission. Curieusement, personne ne possédait de copie ni même n'avait entendu dire qu'une telle émission était passée à la télévision. Comme j'étais résolue à obtenir cet enregistrement, je téléphonai un jour à la direction de la chaîne, à Sydney. Le responsable des programmes m'assura que sa chaîne n'avait jamais diffusé de reportage sur Saï Baba. Un déclic se fit alors dans mon esprit. Je réalisai que les images que j'avais vues, m'avaient été personnellement destinées et constituaient un lila (jeu divin) de Baba, le premier de la longue série qui allait survenir au cours des années suivantes. En 1998, un reportage assez caustique sur Swami fut présenté dans le cadre de ce même magazine, mais l'émission à laquelle je faisais référence avait été diffusée en 1984.
Mon nouvel engouement pour Swami n'était pas sans contrepartie. Un sentiment de culpabilité et de déloyauté envers mon bien-aimé Jésus me rongeait à présent l'âme. En effet, toute ma vie je m'étais accrochée à la croyance que Jésus était mort sur la croix pour moi et qu'Il ne m'abandonnerait jamais. J'avais maintenant l'impression que c'était moi qui L'abandonnais. Il me fallut un long temps de réflexion et de maturation spirituelle avant que je n'arrive à la conclusion que Jésus et Saï sont Un et le même, et que seule leur apparence diffère.
Ma nouvelle foi prenant de la vigueur, je me mis à penser à Baba continuellement. J'avais de longues conversations intérieures avec Lui. Si je m'éveillais la nuit, sa pensée ou son image apparaissait aussitôt dans mon esprit. Je voulus alors avoir l'absolue certitude que je ne m'étais pas fourvoyée. Il me fallait des preuves ― ou du moins vérifier autant que cela fût possible ― les allégations de Saï Baba concernant sa divinité.
Pour cela, je me mis à Le prier, en Lui demandant de me donner des réponses aux questions qui me posaient problème. Je Lui demandai de me donner des signes ne me laissant aucun doute sur le fait qu'Il avait entendu mes prières. Je pensai pouvoir obtenir ainsi des preuves de son omniscience, de son omnipotence et de son omniprésence, et acquérir par là-même, la certitude absolue qu'Il était une Incarnation divine.
Et immanquablement la réponse m'arrivait que ce soit par des paroles entendues de manière fortuite, par la lecture d'une page d'un livre ouvert au hasard ou par une idée me traversant l'esprit de façon inopinée. Un jour, la réponse me parvint par un inconnu qui m'aborda dans un supermarché ! Enfin rassérénée et sûre de mon fait, je poursuivis mon chemin sur la voie.
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