Formation de sensibilisation à la radicalisation








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Le salafisme « jihadiste » suit, lui, une ligne révolutionnaire : il constitue la base intellectuelle du terrorisme et des opérations suicide, encourageant des actions violentes contre les Occidentaux. Inspiré par l’expérience du Frère musulman égyptien Sayyed Qotb ou du Jordanien Abou Mohamed Al Maqdissi, il statue que tout musulman a l’obligation, où qu’il soit, de porter le fer contre ceux, musulmans ou non, qui oppriment les « musulmans pieux ». Né au cours de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan durant les années 1980, ce courant est le fruit de la rencontre entre la doctrine traditionnaliste saoudienne le wahhabisme) et la stratégie de prise de pouvoir des Frères musulmans. C’est sur ce terrain mythique témoin de la victoire des moudjahidin contre la puissante URSS, que la plupart des liens se sont créés entre les futurs terroristes islamistes de la planète, depuis la Jamaah islamiya indonésienne jusqu’au GICM (Groupe islamiste combattant marocain). Dès lors, les salafistes djihadistes se prononcent pour le combat armé destiné à libérer les pays musulmans des occupations étrangères et des régimes jugés impies. Ils fustigent à la fois les islamistes pour leur manque de piété et les autres courants salafistes pour leur « hypocrisie » face aux États occidentaux.

  • C’est ce courant, né de la rencontre entre le wahhabisme et les frères musulmans qui a fait émerger la nébuleuse Al-Qaïda, l’organisation terroriste.


    Ce jihadisme est celui mené par Al Qaïda et développé par Al Zawahiri et Abou Moussa, qui portent la lutte à l’échelle mondiale tandis que d’autres privilégient d’abord le combat dans un cadre national (Tchétchénie, Irak, Palestine, Algérie). La dimension meurtrière de ce jihad est favorisée par la diffusion d’images sur vidéocassettes, CD-Rom et sur l’Internet, et culmine dans la seconde moitié des années 1990 jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, de Bali (2002), de Madrid (2004) et de Londres (2005). Son action est néanmoins battue en brèche dès le lendemain des attentats de New York. L’intervention de l’OTAN en Afghanistan, l’interdiction progressive de toutes les cellules de soutien telles celles de certaines ONG et le volontarisme de tous les États auparavant rétifs à s’attaquer aux bases arrières du terrorisme (Royaume-Uni, Malaisie, Afrique de l’Est) ont considérablement limité le champ d’action du terrorisme djihadiste, même si le Pakistan et l’Afghanistan restent les maillons faibles du dispositif en offrant l’asile aux derniers combattants.
    On assiste depuis 2011 à l’effacement spectaculaire d’Al Qaïda, dont la mort du chef Oussama Ben Laden, en mai 2011, a constitué le point d’orgue. Les mouvements religieux, tant islamistes que salafistes, n’ont pas participé au déclenchement des soulèvements populaires dans le monde arabe et les tentatives de récupération ont plutôt consacré la montée des islamistes « politiques », tels Annahda en Tunisie et les Frères musulmans en Égypte.

    Il n’en reste pas moins que cette petite minorité de salafistes fait une lecture « révolutionnaire » de l’islam, qui rendrait légitime l’usage de la violence. Ils se voient comme des combattants pour une cause « juste »: l’instauration d’un État islamique qui préfigurera l’avènement de la justice de Dieu sur terre.

    En France et en Europe :
    La France constitue un véritable pôle de l’organisation en Europe. Les salafistes européens, âgés de 18 à 35 ans environ, sont un phénomène nouveau. Les salafistes sont estimés entre 20.000 et 30.000, dont un quart à un tiers de convertis issus de milieux catholiques ou protestants (Français « de souche métropolitaine », Antillais, Congolais, Zaïrois…). Ces derniers, désirant « compenser » une vie jusque lors éloignée de l’islam, sont souvent les plus radicaux.

    Les salafistes « quiétistes » sont légalistes et se soumettent au système législatif européen, même si une loi contrevient à un principe religieux ; c’est le cas pour le voile des femmes, que les « quiétistes » ont appelé à ne pas porter si la loi l’exigeait. De la même façon, ils ont condamné toute forme de violence politique et d’actions terroristes après les attentats du 11 septembre, certains conseillant même aux musulmans occidentaux à collaborer avec les services de sécurité pour dénoncer une personne ou une organisation prônant la violence terroriste.

    3 – Discours des islamistes sur la Laïcité et profile de jeunes radicalisés
    (Intervenant Karim Bouda)
    Son propos est de présenter le discours propagé par les islamistes radicaux (les djihadistes) sur un jeune public vulnérable sur l’ambiguïté de sa traduction ou de sa non-existence de ce vocable dans la langue arabe et dans le Coran et sur leur réfutation de la laïcité.
    Profil de jeunes radicalisés
    Les jeunes français concernés ont entre 15 et 30 ans, musulmans et de plus en plus de convertis.

    35% de femmes se radicalisent, surtout des mineures (pour les converties), pour faire faire le djihad matrimonial : car ces jeunes filles veulent se marier, avoir des enfants, connaître une stabilité familiale, donner aussi du sens à leur vie en s’investissant dans l’humanitaire, dans l’éducation. Partir en Syrie et en Libye semble pour ces jeunes femmes les libérer de leur vie médiocre.

    La plupart des jeunes sont autoradicalisés, puis sont pris en charge par des rabatteurs qui les suivent, les surveillent sur les réseaux sociaux puis les contactent par messagerie.

    Voir Les chiffres de la radicalisation 
    La plupart sont dépolitisés car ils ne font plus confiance envers la classe politique. Les jeunes radicalisés sont en perte d’identité : être musulman, être arabe, être français ? Difficulté de trouver leur place et absence de réponses ou des réponses communautaires ou communautaristes ou bien des réponses d’exclusion.
    Laïcité, arabe et islam

    Le mot laïcité n’existe pas en arabe. Il est souvent confondu avec le sens d’athéisme, de ne pas avoir de religion.

    Il n’existe pas, à proprement parler, de terme, dans la langue arabe, pour désigner la laïcité. Le premier terme choisi pour en exprimer l’idée par les élites occidentalisées de langue arabe à la fin du XIXe et au tout début du XXe siècle a été celui de lâdîniyya, qui traduit littéralement signifie très exactement « pas de religion ».

    Un autre terme pour désigner la laïcité est celui de ilmaniyya, dérivation du mot ilm, la science, ou sous celui de almaniyya, issue du mot alm, renvoyant au monde séculier, idée de sécularisation mais aussi de la rationalité, du savoir.

    Est employé aujourd’hui le mot laikiyya et de l’adjectif laikî, terme généralisé dans les pays du Maghreb, pour désigner la sécularisation.

    La propagande islamiste : agents de la radicalisation, discours et les moyens et supports utilisés


    Les islamistes ont dévoyé le sens de laïcité en disant que c’est une valeur de non-croyants, appelés les mécréants, et que les pays occidentaux veulent instaurer l’athéisme comme une obligation. A travers leurs propagandes ils entretiennent des fausses informations et un climat de peur.
    Les agents de la radicalisation
    Al-Qaïda semble faire moins bien recette que Daech. En 2004, l’un des principaux idéologues du djihad, Abou Moussa Al-Souri, a estimé contre-productive la méthode d’Al-Qaïda. Cette organisation privilégiait le combat contre l’ennemi lointain, l’attaque du 11 septembre 2001 par exemple, et s’est enferrée dans une économie du terrorisme non productive qui ne recrute plus. Daech cible l’ennemi proche, les “apostats” ou les “impies”, égorgés ou violés en Syrie ou en Irak. Souri, un ingénieur d’Alep qui aurait étudié en France, en a été le père spirituel.

    En 2004, il publie sur Internet un appel “à la résistance islamique mondiale”. Il est convaincu que les Etats occidentaux parviendront à détruire l’organisation pyramidale étatique d’Al-Qaïda. Lui privilégie un système réticulaire de racines souterraines. Etonnamment, il semble s’inspirer de Gilles Deleuze… Sa stratégie : mettre en avant des individus sur lesquels s’appuyer plutôt que des soldats anonymes obéissant à une hiérarchie.
    Les thèmes favoris de la propagande islamiste pour atteindre les jeunes


    1. Victimisation des jeunes musulmans et convertis : athéisme contre l’islam, ghettoïsé car musulman, pauvre car musulman etc.

    2. Féminisation de la société : les hommes perdent leur primatie.

    3. Laïcité contre la religion musulmane : le blasphème autorisé, liberté d’expression inégale, inégalité face à d’autres cultes.

    4. Rejet de la démocratie : laxisme, inertie, désordre moral etc.

    5. Revanche : sur les mécréants (les athées et les musulmans laïcs), sur les anciens Etats colonisateurs etc.

    6. Humiliation :

    7. Discours complotistes (complot juif, complot maçonnique etc.) THEME LE PLUS EXPLOITE.

    8. Mourir en martyr et glorification du héros combattant pour la hijra


    C’est le thème de l’irréligion (qui ne respecte pas la religion, qui l’offense par sa conduite, par ses discours) qui est au cœur de l’ensemble des discours extrémistes. La propagande islamiste s’est inspirée des thèmes empruntés à Sayyid Qutb (1906-1966), un égyptien, qui fut condamné à mort et pendu sous Nasser, et qui publia un commentaire du Coran, intitulé « A l’ombre du Coran », texte de propagande de base pour les divers mouvements extrémistes dans lequel il invite à s’attaquer à la jâhiliyya, ou l’incroyance, l’ignorance, le paganisme.
    Et le thème de la culpabilisation des jeunes musulmans d’Europe qui doivent aider leurs frères en Orient.
    Moyens et supports de la propagande djihadiste


    • Utilisation des réseaux sociaux, du cinéma avec les codes du cinéma hollywoodiens (avec montage dynamique, prises de vues aériennes, zooms, effets sonores, ralentis) confirmant que la guerre des images est l’un des pivots de sa stratégie de conquête du groupe islamiste. «Ils communiquent sur différents fronts avec différents produits. Ils s’adressent par exemple à la jeunesse occidentale qui est très moderne avec les jeux vidéos, des choses dynamiques», observe Abdelasiem El Drifraoui, chercheur à l’Institut des médias et de la communication politique de Berlin.




    • Exemple le film «Flames of War», conçu comme un documentaire à sensations, qui reprend les codes américains du divertissement. Diffusé sur YouTube en anglais, il est produit par Al-Hayat Media Center, l’agence de presse du « califat islamique », productrice de la plupart des vidéos « institutionnelles » de Daech, siglée d’un logo en lettres dorées, pastiche de celui de la chaîne Al-Jazira. Enrichie d’effets spéciaux, chaque image glorifie les soldats de l’EI que l’on voit mourir au ralenti dans des explosions bordées de flou. Les combats semblent mis en scène, mixés avec des séquences d’agonie de moudjahidin élevés au rang de martyrs.

    • Diffusion sur YouTube du discours d’un conférencier, membre de l’UOIF, très écouté par les jeunes Hassan Iquioussen, surnommé le « prêcheurs des cités » proche des frères musulmans. Tenant des propos antisémites et radicaux et mythifiant l’Islam médiéval avec la glorification de Saladin, le héros musulman absolu ; on n’est pas loin des thèses nazis du surhomme.

    • Autre auteur écouté Abou Ghoryan.

    • Alan Soral et Dieudonné très écoutés par les jeunes.




    • Utilisation des jeux vidéo.




    • Utilisation du moindre espace de rencontres virtuelles pour promouvoir l’image de la marque Daech.

    • Les sites Archive.org et Justpaste.it permettent de partager en format PDF la propagande de l’EI : consignes avant le départ pour le Cham, prières, dernières nouvelles du front.

    • Toujours en ligne, «SLF magazine », le magazine du salafi moderne », créé en Tunisie, ose détourner les codes d’un journal de savoir-vivre avec des articles comme « Avoir une belle barbe en 7 points », « Nike Free, la chaussure préférée des djihadistes en Syrie » ou encore « 5 accessoires à ne jamais porter avec un qamis » (habit musulman).

    • Une vidéo a été diffusée « Enfin on a vengé le prophète Mohammed », daté du 7 janvier 2015 à 13 h 48, deux heures à peine après la fusillade de « Charlie Hebdo ».


    4 – Analyse des différentes situations de jeunes radicalisés et des réponses à apporter
    (Intervenant : Alain Ruffion)
    Des indicateurs de basculement : extrait de PowerPoint
    c:\users\annie\pictures\diapo 1 radicalisation.png


    c:\users\annie\pictures\diapo2radicalisation.png

    Des exemples de réponses simples à donner à nos élèves:
    (Pour info: http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/educationcivique/Pages/159_Sommaire.aspx


    1. Beaucoup de pays musulmans ont accepté l’idée de la séparation de la religion et du pouvoir comme en Algérie, en Syrie (Bachar el-Assad de confession musulmane et d’ascendance alaouite, une branche minoritaire du chiisme, à ce titre il ne se présente pas devant tous les syriens comme le garant d’une religion officielle), en Irak, la religion n’intervenait pas dans l’Etat avant 2003. Pb de l’incompréhension de la laïcité dans la plupart des pays musulmans car la religion intervient et y régit toute la vie sociale.

    2. Faire passer le message que l’on peut croire sans que cela intervienne dans l’espace public c’est-à-dire de l’imposer aux autres.

    3. Laïcité est une valeur de la modernité et de l’humanisme car elle permet de vivre ensemble dans le respect de la liberté de conscience de chacun.

    4. La laïcité permet avant tout l’égalité de chacun plus que la liberté : car elle assure des droits égaux.

    5. Le laïc n’est pas l’opposant du croyant.

    6. La laïcité fait partie de l’identité française : donc la vôtre puisque vous étudiez en France, vous allez travailler et vous y vivez. Mais elle n’est pas associée à la nationalité car les résidents étrangers sont soumis aux lois françaises, la loi sur la laïcité en fait partie.

    7. Avec la Laïcité le croyant peut pratiquer en toute légalité mais sans imposer sa religion aux autres.

    8. Avec la laïcité le croyant peut discuter, débattre et expliquer sa croyance sur la place publique. Le croyant a le droit à sa visibilité.

    9. La laïcité n’est pas la neutralité envers les croyances, elle permet l’égalité des croyances et de l’incroyance.

    10. La laïcité et l’Islam : le voile n’est pas interdit en tant que tel, il est interdit à l’école (de l’école au lycée) car l’école est le lieu de l’apprentissage : le lieu où on apprend à développer son sens critique, où on se forme à avoir une opinion personnelle, où on apprend à distinguer la raison de la croyance, de la pensée critique à la pensée dogmatique etc.

    11. Interdire le voile à l’école est une chance pour les élèves : car vous pouvez choisir à la sortir du collège ou du lycée de le porter ou selon votre âme et conscience. Aucune personne ou autorité peut l’imposer. Porter un voile pour cacher les cheveux est autorisé par la loi à l’extérieur d’un établissement scolaire mais la loi interdit le niqab qui cache le visage.

    12. La liberté de conscience est plus importante que la liberté de religion.

    13. (Récurrence d’élève à propos de Dieudonné) La laïcité permet la liberté d’expression mais dans les pays démocratiques comme en France des limites à la liberté d’expression comme la diffamation, des injures envers les personnes à raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à une nation, une ethnie, une race ou une religion déterminée ; c’est le cas avec des propos tenus par Dieudonné.


    (Des réponses : Une définition des limites de la liberté d’expression : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/007473
    L’affaire Dieudonné, des arguments pour répondre :

    http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/dieudonne/liberte-d-expression-pourquoi-dieudonne-et-charlie-hebdo-ce-n-est-pas-pareil_796670.html

    L’affaire Charlie, la loi comme réponse :

    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/14/de-charlie-a-dieudonne-jusqu-ou-va-la-liberte-d-expression_4555180_4355770.html)



    1. En France le délit de blasphème n’existe plus depuis sauf en Alsace-Lorraine.

    2. A compléter…

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