Latin : travail sur l’épicurisme








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date de publication14.04.2017
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Louise Mestdagh

Marie-Pascale Allard

Amélie Collard

Marie Godeau

Vincent Daubresse

Thibaut André

Nicolas Vande Putte

Edouard Dive

Ann-Elise Mircea

Anaïs Depireux

Latin : travail sur l’épicurisme
L’éthique
Cette partie de la philosophie épicurienne nous enseigne comment accéder à la sagesse, ce qu’est le vrai bonheur et ce que représente une vie fondée sur le plaisir.
Le bonheur épicurien
Tout d’abord il est important de faire la distinction entre « plaisir» et « bonheur ».
Le plaisir est un stade continuellement présent dans nos vies et est facilement atteignable. Il se rencontre fortuitement et peut nuire au bonheur. Le bonheur, quant à lui, bien qu’étant essentiel car constructif pour chacun de nous, n’est que rarement rencontré. Certains peuvent même ne jamais le connaître.
Par définition, le bonheur, une fois atteint nous place dans une situation stable. C’est un état de repos qui ne nous lâche plus. Or l’homme n’est pas fait pour rester dans l’inaction et attendre que le reste de sa vie se passe, sans chercher à atteindre d’autres buts. L’homme en est incapable. C’est pourquoi les épicuriens ont redéfini le sens du mot « bonheur ». Pour eux, le bonheur ne consisterait pas à être parfaitement comblé, mais simplement à ne pas être en situation de manque et à ne pas souffrir, c’est ce que les épicuriens appellent l’ataraxie (du verbe « tarassô » signifiant troubler).
Mais l’ataraxie c’est quoi au juste ?


L’ataraxie, dans la philosophie d’Épicure, est un terme désignant un état de quiétude, d’absence de trouble, de douleur, de peine et d’inquiétude. L’ataraxie est synonyme de tranquillité, d’impassibilité de l’âme qui est devenue maitresse d’elle-même grâce à la sagesse. Aux yeux des épicuriens, l’ataraxie incarne le principe de bonheur et est acquise par la modération lors de la recherche des plaisirs stables et non des plaisirs vains ou vides comme par exemple la richesse ou la puissance mais aussi les délires de l’amour. L'homme doit vivre sans peur, avec plaisir, amitié et souvenirs mais sans fausses croyances qui sont sources d'angoisse et sans douleurs évitables.
Les désirs et plaisirs


L’épicurisme est un hédonisme, ce qui veut dire qu’il tient le plaisir comme but ultime de la vie. Mais attention, il faut savoir que pour les épicuriens il s’agit d’un plaisir simple et modeste. Épicure ne pense pas que le plaisir est seulement une sensation de choses qui varie d'une personne à l'autre. Il pense que si un humain est composé de bons atomes il possède tout ce qui lui est nécessaire et jouit donc d'un plaisir dans une quiétude qu'il appelle « constitutive ». Il parle aussi d'un plaisir cinétique qui lui est dû à un mouvement quelconque qui s'exerce sur les atomes. Pour Épicure il faut distinguer plusieurs sortes de plaisirs. Selon lui, tout plaisir en lui-même est un bien comme toute douleur est un mal. Cependant, tout plaisir ne doit pas être choisi, de même que toute douleur ne doit pas être évitée. Il faut parfois pouvoir renoncer à un plaisir qui entrainerait trop de désagréments de même qu’il faut parfois accepter la douleur afin de mieux apprécier le plaisir.

De plus, Épicure fait la distinction entre deux plaisirs :

      1. Le plaisir en mouvement : ils ne durent que le temps de leur activité (par exemple boire quand on a soif).

      2. Le plaisir au repos : ce sont des états corporels et psychologiques c'est-à-dire libérés de toute douleur afin que le bonheur soit à son comble (par exemple ne pas avoir soif, ne pas être inquiet,…).


Il soutient donc que le plaisir est la finalité essentielle de la vie et de ce fait le bonheur mais que le bonheur ne consiste pas dans tous les plaisirs mais bien dans le plaisir au repos.
Or comme tout plaisir est la satisfaction d’un désir, le plaisir épicurien diffère car ce n’est pas la satisfaction de désirs impossibles ou difficiles à satisfaire. Il faut éviter toutes situations qui pourraient faire souffrir et rechercher un plaisir stable. Et c’est là la clé du bonheur. Un bon sage épicurien saura donc faire la différence avec prudence entre les désirs naturels (dont la satisfaction est nécessaire), les désirs naturels non nécessaires (qu’il pourra contenter dans certains cas) et les désirs vains (qu’il convient d’oublier définitivement car ils conduisent l’homme à sa perte).

Les désirs naturels nécessaires : appartiennent par exemple à ceux-ci : manger, boire, tout ce qui est nécessaire à la survie de l’organisme et tout ce qui requiert le bien-être du corps, mais aussi la philosophie, indispensable au bonheur. Ces désirs apporteraient une douleur réelle s’ils n’étaient pas réalisés.

Les désirs naturels non nécessaires : comme par exemple le désir sexuel qui peut cependant être satisfait dans certaines circonstances (avec sagesse et surtout sans y projeter les délires de l’amour) ou encore certains désirs esthétiques ou poétiques.


Les désirs vains : adieu les désirs de mets raffinés, les délires de l’amour, la passion voluptueuse qui nous pousse à posséder ce qu’on ne peut posséder, … En d’autres mots, tout désir qui pourrait nous donner envie d’en vouloir plus (la richesse, la gloire, la puissance, …). Ceux-ci nous rendraient insatisfaits et nous gâcheraient l’existence.


Grâce à cette hiérarchisation des désirs, Épicure crée donc une sagesse qui débarrasse l’homme d’une éternelle frustration et lui permet d’accéder au bonheur puisqu’il ne s’abandonne pas à de vains désirs.



Classification des désirs selon Épicure

Désirs naturels

Désirs vains

Nécessaires

Non nécessaires

Artificiels

Irréalisables

Pour le bonheur (ataraxie)

Pour la tranquillité du corps (aponie)

Pour la vie (nourriture, sommeil)

Variation des plaisirs, recherche de l'agréable

Ex : richesse, gloire

Ex : désir d'immortalité



Amour et amitié
Pour les épicuriens, l’amour, qui est considéré comme une source de troubles et de malheurs, est à éviter car il n’amène pas au plaisir stable et donc à l’ataraxie.
Selon Épicure, dont Lucrèce s’est inspiré, l’amour lui-même est une physique. C'est-à-dire que tout comme le cosmos, constitué d’atomes répondant aux lois mécaniques, les organismes humains s’échangent des particules crochues dont résultent l’amitié et l’amour ou à l’opposé, des particules répulsives dont s’ensuivent l’antipathie et la haine.
Ce point de vue fort matérialiste reflète que l’amour n’existe que dans la proximité de la chair. La seule forme d’amour envisageable est donc celle n’autorisant que la proximité corporelle. Ainsi, Épicure, suivant sa notion de la physique dit que « Le fondement de toute réalité est la sensation corporelle. ». Dans le même ordre d’idée, Lucrèce dénonce l’amour dans le livre IV de «de rerum natura » comme étant un désir animal avant d’être un véritable désir humain : « namque uoluptatem praesegit multa cupido ». De plus, l’amour est, selon Lucrèce, source de désordres inutiles.
En conclusion, l’amour est un plaisir naturel mais cependant non nécessaire car il est bon par lui-même mais peut parfois introduire plus de désagréments qu’autre chose si on le transforme en un plaisir animal excessif.
En revanche, l’amitié est un plaisir du sage, de très loin supérieure à la passion amoureuse, qui peut entraîner des moments malheureux. Elle est reconnue par les sages épicuriens. C’est un sentiment indispensable au bonheur. Pour Épicure, un véritable ami est quelqu’un qui permet à l’autre d’éviter tous troubles et donc d’accéder à l’ataraxie. Ainsi le sage épicurien dit : « Parmi les choses dont la sagesse se munit en vue de la félicité de la vie toute entière, de beaucoup la plus importante est la possession de l’amitié[]. »
Textes


Sed fugitare decet simulacra, et pabula amoris
absterrere sibi, atque alio convertere mentem,
et iacere umorem collectum in corpora quaeque
nec retinere, semel conversum unius amore,
5 et servare sibi curam certumque dolorem.
Ulcus enim vivescit et inveterascit alendo,
inque dies gliscit furor atque aerumna gravescit,
si non prima novis conturbes volnera plagis,
volgivagaque vagus Venere ante recentia cures,
10 aut alio possis animi traducere motus.
Nec Veneris fructu caret is qui vitat amorem
sed potius quae sunt sine poena commoda sumit.
Nam certe purast sanis magis inde voluptas
quam miseris.
 

LUCRÈCE, de rerum natura, IV, 1055-1068

Ces simulacres d'amour sont à fuir, il faut repousser tout ce qui peut nourrir la passion ; il faut distraire notre esprit, il vaut mieux jeter la sève amassée en nous dans le premier corps venu que de la réserver à un seul par une passion exclusive qui nous promet soucis et tourments. L'amour est un abcès qui, à le nourrir, s'avive et s'envenime; c'est une frénésie que chaque jour accroît, et le mal s'aggrave si de nouvelles blessures ne font pas diversion à la première, si tu ne te confies pas encore sanglant aux soins de la Vénus vagabonde et n'imprimes pas un nouveau cours aux transports de ta passion.
En se gardant de l'amour, on ne se prive pas des plaisirs de Vénus ; au contraire, on les prend sans risquer d'en payer la rançon. La volupté véritable et pure est le privilège des âmes raisonnables plutôt que des malheureux égarés.

LUCRÈCE, De rerum natura, IV, 1056-1068 , traduction Henri CLOUARD, Garnier.



Denique avarities et honorum caeca cupido
quae miseros homines cogunt transcendere fines
iuris, et interdum socios scelerum atque ministros
noctes atque dies niti praestante labore
ad summas emergere opes, haec volnera vitae
non minimam partem mortis formidine aluntur.
Turpis enim ferme contemptus et acris egestas
semota ab dulci vita stabilique videtur,
et quasi iam leti portas cunctarier ante ;
unde homines dum se falso terrore coacti
effugisse volunt longe longeque remosse,
sanguine civili rem conflant divitiasque
conduplicant avidi, caedem caede accumulantes ;
crudeles gaudent in tristi funere fratris,
et cansanguineum mensas odere timentque.

LUCRÈCE, De rerum natura, III, 59-73


Enfin l'avidité, le désir aveugle des honneurs, poussent les hommes misérables hors des bornes du droit et parfois même les font complices ou même agents du crime ; ils les assujettissent jour et nuit à un labeur sans égal pour s'élever au faîte de la fortune : or de ces plaies de la vie, la plus grande part revient à la crainte de la mort, leur vraie cause. Vivre dans le mépris infamant et l'âpre pauvreté semble en effet aux hommes incompatible avec des jours doux et posés : ces maux paraissent les mettre dés cette terre aux portes même de la mort ; c'est pourquoi les hommes en proie à ces vaines alarmes voudraient fuir au loin et, pour y échapper, grossissent leurs biens au prix du sang de leurs concitoyens ; ces avides doublent leurs richesses, multiplient leurs meurtres ; ces cruels suivent avec joie les funérailles d'un frère, la table de leurs proches leur inspire haine et effroi.

LUCRÈCE, De rerum natura, III, 59-73,  traduction Garnier (Henri Clouard)


L'amour (v. 1037-1057)


Sollicitatur id [in] nobis, quod diximus ante,
Semen, adulta aetas cum primum roborat artus.
Namque alias aliud res commouet atque lacessit ;
Ex homine humanum semen ciet una hominis uis.
Quod simul atque suis eiectum sedibus exit,
Per membra atque artus decedit corpore toto,
Nn loca conueniens neruorum certa cietque
Continuo partis genitalis corporis ipsas.
Inritata tument loca semine fitque uoluntas
Eicere id quo se contendit dira lubido,
Idque petit corpus mens unde est saucia amore ;

Namque omnes plerumque cadunt in uulnus et illam
Emicat in partem sanguis, unde icimur ictu,
Et si comminus est, hostem ruber occupat umor.

Sic igitur Veneris qui telis accipit ictus,
Siue puer membris muliebribus hunc iaculatur
Seu mulier toto iactans e corpore amorem,
Vnde feritur, eo tendit gestitque coire
Et iacere umorem in corpus de corpore ductum ;
Namque uoluptatem praesagit multa cupido.

Elle s'agite en nous, la susdite semence,
Dès que l'adolescence affermit nos organes.
Chaque être a son moteur, qui seul peut l'ébranler :
Seul l'homme arrache à l'homme une semence humaine.
Dès qu'elle est expulsée en dehors de son siège,
La semence descend à travers tout le corps
Et va se concentrer en certains lieux des nerfs,
Et frappant aussitôt l'organe génital,
Les irrite et les enfle ; et la volonté vient
De la jeter où tend la furieuse envie :
L'esprit vise le corps d'où l'amour l'a navré.

Car tous, en général, tombent sur leur blessure,
Et le sang gicle là d'où le coup a frappé :
L'ennemi, s'il est proche, est couvert du jet rouge.

Qui donc reçoit les coups de Vénus par les traits
Que lui lance un garçon aux membres féminins,
Ou la femme dardant l'amour de tout son corps,
Il brûle de s'unir à ce d'où vient le choc,
Et d'injecter l'humeur de son corps dans le sien ;
Car le désir pressant présage le plaisir.

LUCRECE, De rerum natura, IV, 1037-1057, traduction Ariel Suhamy

http://www.trigofacile.com/jardins/muses/latin/lucrece/rerum-natura4c.htm
Bibliographie :


  • « Une philosophie pratique, l’ABC de l’épicurisme », Jean Montenot, novembre 2010, le Vif l’express

  • « Introduction à la philosophie », Laurent de Briey, année 2010-2011, département de sciences sociales et politiques, Faculté universitaires Notre-Dame de la Paix

  • Dictionnaire Larousse

  • « Histoire universelle de la philosophie et des philosophes », Jan Bor-Errit Petersna et Jelle Kingma, éditions Flammarion

  • Encyclopedia, Universalis corpus 8

  • « Dictionnaire philosophie », A Comte-Sponville, presse universitaire de France, 2001

  • « Les grandes notions de la philosophie », Ellipses, éditions Marketing, 2001

  • « Dictionnaire de philosophie », C. Godin, Fayard/Edition du temps,


Sitographie 





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