Le rapport Laurent Grandguillaume sur l’entreprise individuelle (dont l’auto-entrepreneuriat)








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L’artisanat a toute sa place dans la compétitivité, souvent inconnue et peu explorée

« La compétitivité artisanale : atouts, freins et spécificités » Cahier de synthèse de l’Institut Supérieur des Métiers, octobre
« Dans son acception économique la plus générale, le concept de compétitivité désigne la capacité d’une offre de produits ou de services à maintenir et développer ses parts de marché : il invite à mesurer des gains ou des pertes dans la “position concurrentielle” de cette offre sur son propre marché. »
Les différentes formes de compétitivité :

- L’approche productiviste par les coûts (compétitivité “prix”), la plus connue

- L’approche “High Tech” par l’innovation (compétitivité “hors prix”) ; la problématique principale devient celle de l’investissement en R&D

- L’approche par la qualité (compétitivité “par le haut”)

« L’approche par l’innovation de rupture, comme la recherche systématique du prix le plus bas, reste en effet impuissante à rendre compte des motivations implicites ou explicites de la clientèle, qui résident exclusivement dans la galaxie des valeurs attribuées à l’acte d’achat (valeur d’usage du produit, service autour du produit dont SAV), et les valeurs liées à l’image (appartenance, proximité, authenticité) ». A ce niveau, les artisans se reconnaissent.
La compétitivité de l’entreprise artisanale est étrangère aux ratios quantitatifs de productivité, de rentabilité, de croissance, mesurés par les analystes financiers et les actionnaires ; elle est aussi absente de la statistique nationale, qui privilégie le critère de la taille sur celui du métier, et ne dispose pas des outils nécessaires pour établir des mesures de “positionnement concurrentiel”. Mesurer la compétitivité artisanale conduit à s’intéresser aux performances qui les caractérisent dans l’adaptation et la diffusion quotidienne de l’innovation, le savoir-faire.

L’artisan, parce qu’il traite davantage avec une clientèle qu’avec un marché, est bien placé pour faire évoluer son offre au “feeling” et y introduire des innovations commerciales ou techniques que la méthode des essais et des erreurs lui permet d’affiner. Cette “orientation client” et ce “dialogue professionnel” construisent la valeur d’une offre nouvelle et assurent sa faisabilité.
Prenons l’exemple de la performance industrielle : une étude 2012 de l’ISM observe que 75% du nombre total des entreprises de sous-traitance industrielle sont artisanales, regroupant 90 000 salariés, travaillant souvent pour des secteurs de pointe comme la plasturgie, l’aéronautique ou l’aérospatiale…Cette enquête a permis d’établir 2 indicateurs de compétitivité : 85% interviennent en sous-traitance de “spécialité” (le donneur d’ordre ne dispose pas du savoir-faire requis pour fabriquer la pièce), près du tiers ont développé des bureaux d’études et proposent également un apport en conception/innovation ; en sus de la compétence technique, elles sont appréciées pour leur réactivité face aux contraintes ou aux imprévus de la production, et pour la relation de confiance établie avec leur client.
Autre exemple, celui de l’exportation (4,3 milliards d’euros, 50 000 emplois induits)) : selon une autre étude de l’ISM, près du tiers des exportateurs français sont des entreprises artisanales (surtout positionnées dans le secteur de l’industrie manufacturière), les 2/3 travaillant essentiellement en B to B, à partir d’un savoir-faire souvent protégé par le biais de dépôts de marques, modèles et brevets ; d’ailleurs, dans 64 % des cas, la première exportation se trouve déclenchée par la sollicitation directe d’un client étranger (1/4 seulement se sont montrées proactives pour initier leurs premières ventes à l’étranger) ; toutefois, la part du marché artisanal dans les exportations françaises reste modeste faute de responsable export et d’investissements commerciaux conséquents.
Dernier exemple : l’apport des “nouveaux entrants” :

34% des créateurs ou des repreneurs qui s’installent aujourd’hui dans l’artisanat ont acquis leur première expérience professionnelle au sein d’une PME ou d’une grande entreprise ; entre 2006 et 2010, la part des seniors est passée de 10 à 18% ; beaucoup y avaient un statut de cadre ; par ailleurs 26% des nouveaux entrants sont diplômés de l’enseignement supérieur (15% en 2006) dont 1/3 dans l’artisanat de production industrielle ; 46% sont en SARL.
Les principaux freins au développement de la compétitivité artisanale

-Le poids de la fiscalité : le “taux implicite d’imposition” (selon le rapport 2009 de la Cour des Comptes) est de 30 % pour les professionnels sans salarié et les dirigeants de TPE, de 22 % pour les

PME, de 13 % pour les entreprises de plus de 2000 salariés, et de 8 % seulement pour les enseignes du CAC 40.

- Le coût de la complexité réglementaire estimé par l’OCDE à 3 points du PIB national (60 milliards d’euros).

- Le frein de l’inflation législative, réglementaire et fiscale en France qui génère une grande instabilité, obstacle aux projets de développement. Une enquête menée fin 2012 auprès de 5 000 petites entreprises innovantes (dont 53 % de TPE) a situé en effet la rigidité du code du travail comme principal frein à la compétitivité aux yeux des dirigeants, à égalité avec le coût des charges sociales, loin devant la pression fiscale, les difficultés de recrutement de personnel qualifié et celles de l’accès au crédit bancaire .
Ajoutons la participation à l’objectif “développement durable”

• L’artisanat et le commerce de détail proposent des biens et des services de proximité non dé-localisables sur l’ensemble du territoire national

• L’entreprise artisanale et le commerce de proximité offrent de l’insertion professionnelle, de l’emploi “durable” et de la promotion sociale à plus de 4 millions d’actifs sur leurs lieux de vie (dimension sociale).

• Presque tous les métiers de l’artisanat utilisent en priorité des matières premières naturelles, proches des lieux de production ou de transformation et inscrites dans l’identité territoriale de leur région (dimension environnementale).
Entre 1998 et 2008, dans la période où l’industrie française perdait 71 000 salariés par an, l’artisanat a créé 100 000 nouvelles entreprises et généré 600 000 emplois supplémentaires (25 % du total de la création nette d’emploi en France sur la période).

Selon les statistiques de l’URSSAF, les salariés des TPE françaises se caractérisent par des proportions plus élevées de jeunes de moins de 30 ans (32% contre 27) et de seniors de plus de 55 ans (15% contre 10).

L’Observatoire de la vie au travail (OVAT) établit chaque année, sur un échantillon très large de plus de 5 000 salariés, l’état des lieux du vécu du travail en France, pour identifier les leviers de la “performance sociale” ; cette enquête menée depuis cinq ans indique que les motifs de l’insatisfaction au travail des Français se concentrent sur trois volets : le manque de transparence, le manque de proximité, le manque d’enthousiasme ; or les salariés qui subissent le moins ces manques et vivent le mieux leur travail, sont ceux des TPE.
« La question des atouts de compétitivité transversaux à l’ensemble des activités de l’artisanat renvoie ainsi à des problématiques beaucoup plus larges, encore fort peu étudiées, qui sont celles de son potentiel dans l’émergence des nouveaux paradigmes du développement durable, sous toutes ses dimensions, et de l’économie de proximité, définie de la façon la plus riche comme une économie de la relation. »
Conjoncture

Les patrons de TPE maintiennent leur pessimisme quant à l’évolution de leur activité, sans l’aggraver : 37% ont toutefois connu une croissance de leur chiffre d’affaires, autant que ceux qui ont connu une récession (40%) ; de l’ordre de 10% ont embauché, mais les ¾ ont réduit ou reporté des investissements.

« Baromètre des TPE, » vague 52, Enquête Fiducial/IFOP, décembre

Echantillon de 1 003 dirigeants TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs), interrogés par téléphone entre le 10 et le 28 octobre (selon l’activité, la taille et la localisation). La moitié sont localisés dans des communes de moins de 10 000 habitants et 34% dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.
Les dirigeants

67% des dirigeants se considèrent en bonne santé (sans changement en 2013).

59% disent être motivés et 17% pas du tout.

39% se disent peu ou pas stressés, alors que 33% affirment être très stressés.

77% ont payé de l’impôt sur le revenu et 38% un impôt société. Les 2/3 sont soumis au taux de TVA à 19,6%.
56% sont pessimiste quant à l’évolution de leur activité (après le léger mieux de juillet-52%-, rejoignant fin 2012 et début 2013) :


Selon les trimstres

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012


2013

% de pessimiste

40-53

40-45

39-49

43-49

34-41

47-53

40-48

42-45

43-50

52-54

52-57


Au global sur 2013, 37% estiment avoir connu une croissance de leur chiffre d’affaire (dont plus de 2% pour 14%) et 40% une récession (dont plus de 2% pour 21%), mais 23% disent ne pas avoir de visibilité suffisante pour se prononcer ; pour 2014, 27% envisagent une croissance (dont 15% plus de 2%) et une régression pour 15% (dont 4% plus de 2%), mais 58% disent ne pas avoir de visibilité suffisante pour se prononcer. 29% s’attendent à une amélioration en 2014, 43% au moment d’un nouvelle élection législative ou présidentielle.

Au cours des 3 derniers mois (juillet-septembre 2013), 35% disent avoir connu une hausse de leur chiffre d’affaires (dont 17% une hausse supérieure à 5%) et 41% une baisse (dont 29% plus de 5% ; 10% citent une hausse supérieure à 20%).
En termes de trésorerie, 46% l’estime équilibrée, 29% excédentaire et 25% déficitaire ; la trésorerie s’améliore depuis novembre 2012 (20 à 27% contre 12 à 18% entre janvier 2009 et juillet 2012) ; elle s’était nettement dégradée entre janvier 2009 et juillet 2010 (de 35 à 43%). 18% estiment encore qu’il y a eu durcissement dans l’accès au crédit (19 à 31% auparavant). Un même ordre de grandeur a fait une demande récente de crédit ; la demande est en baisse puisqu’elle avait été de 22 à 33% entre janvier 2009 et avril 2012.

La situation de l’emploi, difficile entre juillet et septembre, n’offre guère de perspectives favorables pour les 3 prochains mois, et pour 2014 :





Embauche

Dont création de poste

Dont renouvellement

Suppression de poste

Création nette

Réalisé entre juillet et

septembre 2013 en%

13

6,5

6,5

9

-2,5

Moyenne en nbre de poste

1,5







1,2




Prévision octobre-décembre

2013 en %

7

4

3

4

0

Moyenne en nbre de poste

1,2







1,3





Observé sur un temps plus long (2007-2013), le % d’entreprise ayant embauché au cours d’un trimestre a tendance à diminuer, tout en concernant environ 10% des entreprises ; la création nette d’emploi a aussi diminué, sans que cela soit marquant ; depuis 2011, la situation de l’embauche est nettement moins en accordéon qu’avant 2007 (de 6 à 12% ayant embauché contre 7 à 15%, mais de 7 à 10% en 2013) :





2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

% ayant embauché par trimestre

6 à 13

9 à 16

9 à 13

10 à 18

10 à 15

10 à 15

9 à 16

7 à 14

7 à 12

6 à 11

7 à 10

Création nette annuelle

+0,8

+0,3

+0,5

+3

+0,3

-0,1

+0,4

+1,4

+0,9

-1

-1,3

Prévision d’embauche au 01 10



















14

9

6

12

5


Entre février et octobre 2013, 41% des salariés sont partis dans le cadre d’une rupture conventionnelle, 37% d’un licenciement et 20% du départ volontaire du salarié (en baisse, 24% entre octobre 2012 et juillet 2013).
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