Le rapport Laurent Grandguillaume sur l’entreprise individuelle (dont l’auto-entrepreneuriat)








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- La non valorisation des compétences acquises dans le pays d’origine : sous-évaluation des diplômes obtenus dans leurs pays d’origine et une tendance à proposer aux personnes migrantes des emplois pour lesquels elles sont surqualifiées ; l’OFII propose, dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration (CAI), un bilan de compétences professionnelles dont la durée de 3 heures est jugée trop courte ; dans la majorité des cas, la création d’activité n’est pas abordée, et ce en dépit du fait que nombreux sont les migrants a avoir exercé, dans leurs pays d’origine, une activité d’indépendant formelle ou informelle.
Les obstacles et les facteurs de réussite communs rencontrés par les créateurs issus des quartiers en difficulté

- Bien souvent les difficultés sont liées à la vision qu’ils se renvoient d’eux-mêmes et conduisent à un manque de confiance en soi, induisant une logique d’auto-dévalorisation de leurs compétences ou un complexe d’infériorité; à cela s’ajoute leur situation souvent précaire et leur fragilité financière (sans revenus, bénéficiaires des minimas sociaux) ; de ces faits, ce public ne se sent pas apte à créer une entreprise, dans la mesure aussi où son environnement direct ne l’y prépare pas.

- Le manque de ressources financières et l’accès au crédit bancaire est un autre obstacle d’importance, auquel s’ajoute la peur d’essuyer un refus ou d’être jugés. La nature des activités peut constituer un frein à l’accès aux emprunts bancaires, notamment celles qui ont un lien avec le pays d’origine ou les projets de petites envergures (kebabs, snacks, etc.). Bien que confrontés à ces difficultés, certains font preuve d’audace, au risque de se mettre dans des situations délicates (recours aux prêts à la consommation). Le frein à l’accès au crédit, du fait des pratiquants de religion musulmane pourrait être levé par la finance islamique.

- Les contraintes familiales et la pression de l’entourage font souvent obstacle pour les femmes : certaines familles et plus particulièrement les maris expriment une méfiance à l’idée de voir les femmes s’engager dans la création d’activités (crainte sous-jacente de les voir revendiquer une certaine indépendance et s’assumer seules financièrement).

- L’absence de structures de garderie de proximité nuit aussi fortement tant à la participation des femmes aux formations, aux réunions de préparation de projet ainsi qu’à d’autres grandes étapes de l’accompagnement ; de plus, des femmes entrepreneurs évoquent également la difficulté de confier leurs enfants à des structures ou à des personnes étrangères et privilégient les modes de garde informels (famille, amis, voisins, etc.), difficilement mobilisables régulièrement,

- Le manque de locaux et de structures d’accompagnement dans les quartiers, le coût élevé des locaux dans les grandes villes, la couverture inégale en matière de transport rendent difficile la mise en œuvre du projet.
-L’image de l’entrepreneur diffusée au travers des médias, dans la vie de quartier, ou dans l’enseignement ne valorise pas suffisamment la réussite des femmes étrangères et immigrées, des jeunes issus des quartiers ; les témoignages de professionnels de la création d’entreprise font apparaître «certains usages» pratiqués par des élus locaux, des bailleurs sociaux et commerciaux visant à limiter l’ouverture d’activités dites «ethniques», notamment du fait qu’elles généreraient des nuisances (rassemblements communautaires, vandalisme, insécurité) et nuirait à l’image d’un quartier, voire de la ville, sans oublier les préjugés de la part de certains clients, personnels administratifs, voire des personnels de réseaux d’accompagnement. Ils ont notamment le sentiment de ne pas être pris au sérieux, d’être considérés comme incompétents.
Les spécificités et les dynamiques identifiées

- Le rôle des communautés

*La communauté maghrébine est très présente dans l’essor de l’entrepreneuriat et dans l’appui au développement et au financement des activités

*La communauté africaine se caractérise par une part plus importante de femmes créatrices mais par un fonctionnement en réseau moindre que dans les autres communautés ; la concentration familiale y est moins forte ; on y observe une nette préférence à se faire financer par le biais des prêts bancaires plutôt que d’emprunter à leur communauté.

*La communauté asiatique s’appuie essentiellement et de façon assez prononcée sur la famille et bénéficie d’un grand soutien communautaire, tant en terme de financement que de moyens humains.

- Les Activités informelles

Certaines populations, notamment les communautés musulmanes de femmes d’Afrique du Nord et de l’Ouest, ne conçoivent pas la création de façon classique, leur culture les menant plutôt à des activités informelles ; en outre, la précarité de leur vie favorise l’émergence de ces activités comme moyen de «survivre».

Les motivations pouvant mener au démarrage d’une activité informelle sont la nécessité de disposer de revenus complémentaires, la volonté de tester son activité en s’affranchissant notamment des contraintes liées au formalisme administratif, la méconnaissance des lois qui encadrent l’activité entrepreneuriale et l’inconscience de se trouver dans une situation d’illégalité.

A l’inverse, les motivations pour officialiser son activité sont la volonté de pérenniser et d’accroitre ses perspectives de développement, la peur des conséquences en cas de contrôle.

-Le rapport au temps

Lors des entretiens certains évoquent ne pas savoir anticiper et ne pas être capable de se doter d’une vision à long terme, agissant dans l’instantanéité ; ce qu’ils veulent c’est «faire leur business».

Souvent la notion de temps n’est pas vécue comme une contrainte au quotidien pour ces publics ; il n’est donc pas utile d’organiser ses journées, de définir des priorités, d’anticiper ses commandes, de concevoir un planning ou de mettre en place des procédures claires.
Etat des lieux des retours d’expériences portant sur l’accompagnement de porteurs de projet des quartiers

Les porteurs de projets se rendent vers les réseaux d’accompagnement soit de manière spontanée (communication via les médias, des flyers, affiches, etc.), soit par le biais du bouche-à-oreille ou par les recommandations et conseils de leur entourage familial et amical, soit par le biais de la prescription d’opérateurs de l’emploi et de l’accompagnement à la création d’entreprise (missions locales, consulaires etc.), des travailleurs sociaux, des associations de type communautaire ou non, des cours d’alphabétisation etc.; la majorité des structures d’appui à la création d’entreprise ou à l’insertion auditionnées organisent des sessions d’informations sur la création d’activité.

Le site internet de l’APCE a été cité comme première source d’information virtuelle par les entrepreneurs, pour la pertinence et l’exhaustivité des informations délivrées, les outils, la base des aides et le carnet d’adresses, mais aussi par les conseillers des réseaux pour l’apport d’information, de méthodologie et d’outils, permettant d’accompagner pas à pas le créateur dans toutes les étapes de son projet, jusqu’aux 3 premières années d’activité.
Qu’en est-il de ceux qui ne se font pas accompagner ?

18% des créateurs d’entreprise étrangers ont mobilisé les réseaux d’accompagnement (contre 25% des créateurs français) ; 42% des auto-entrepreneurs étrangers ont déclaré avoir mis en œuvre leur projet seul et 29% les autres créateurs.

Ils expliquent le non recours aux dispositifs et structures d’accompagnement par :

* Une image de réseaux d’accompagnement qui leur semblent être réservés à une élite et donc pas faits pour eux

* Le foisonnement et le manque de lisibilité et de visibilité des prestations proposées localement et l’insuffisante coordination des structures d’appui sur un territoire

* Les informations transmises jugées trop techniques et incompréhensibles et la difficulté de trouver des informations fiables et de manière centralisée (obligés de rencontrer, selon leur situation, plusieurs organismes tout en sachant que, parfois, les informations reçues sont contradictoires)

* Un manque d’implication ou d’intérêt vis-à-vis du projet présenté, l’impression « de ne pas être pris au sérieux », voire l’’insatisfaction ressentie suite au premier accueil

* La discrétion des créateurs d’entreprise vis-à-vis de leur projet et la volonté de s’en sortir seul.

* L’impression que le soutien de leurs familles et amis suffit, en occultant le fait que cette situation présente de nombreux risques et le manque de communication sur l’intérêt de se faire accompagner, et ce encore plus depuis l’apparition du régime de l’auto-entrepreneur (on peut créer son entreprise rapidement et simplement)
Les attentes des porteurs de projets vis-à-vis de l’accompagnement se concentrent autour de trois éléments :

- La posture du conseiller : qualités d’écoute, d’empathie, d’implication, de disponibilité, support et soutien moral : l’appréciation de l’accompagnement dépend très fortement du conseiller plutôt que de la structure (certains vouent une profonde admiration et reconnaissance envers leur conseiller ; d’autres estiment que sans cet appui, ils ne seraient pas entrepreneurs aujourd’hui).

- La nature de l’accompagnement : les entrepreneurs interrogés préconisent un accompagnement renforcé, personnalisé, et non figé dans le cadre strict du processus d’accompagnement (le coaching est fortement plébiscité)

- Les étapes à privilégier : un soutien technique dans le montage du dossier (présentation du projet, réalisation du plan de financement et des prévisionnels économiques en vue des discussions avec les banques), un appui en matière de réglementation, un appui à la bancarisation, un accompagnement ; tous regrettent le peu de suivi post-création réalisé.

Conseils et astuces des auditionnés

- Obtenez une carte de séjour autorisant l’exercice d’une activité

- Validez vos diplômes avant de vous installer

- vérifiez si votre activité est réglementée

- Evitez la barrière du langage

- Prenez le temps de bien préparer votre projet et faites-vous accompagner

- Faites partager votre projet à vos proches restés au pays

- Déclarez la provenance de vos capitaux

- Calculez le coût global de vos marchandises importées

- Adoptez les pratiques du pays d’accueil

Le rapport cite 6 bonnes pratiques françaises et 5 bonnes pratiques étrangères ; il propose 5 axes de recommandation

Quels profils, quels objectifs, quelles réussites, quelles difficultés ont les entrepreneurs qui se reconnaissent dans le terme de start up ?

« Inventeur, conquérant ou bâtisseur, le startuper est heureux », Atelier de BNP-Paribas/TNS Sofres, décembre

Trois enquêtes en novembre : une enquête par téléphone auprès de 1016 français de plus de 15 ans, 17 entretiens approfondis de start up et 200 interviewes par téléphone de dirigeants d’entreprise de moins de 8 ans d’ancienneté
La définition donnée de la start up : « société innovante à fort potentiel de croissance, en recherche d’un model business nouveau et réplicable ; une fois que le business est exploité, la start up devient une PME » et « jeune entreprise innovante dans les nouvelles technologies ».

93% des startupers considèrent que cette définition est celle très largement (entre 70 et 75%) utilisée par leurs partenaires, leurs amis-relations, leur famille, un peu moins par les banquiers et les clients (61 et 58%). Pour 62% c’est une connotation positive (et 9% négative).

En effet les startupers se reconnaissent dans les termes « entreprise audacieuse, à forte croissance, sachant prendre des risques et se réinventer en permanence, s’émancipant des codes et modes de travail traditionnel, érigeant le bien être et l’environnement de travail confortable et décomplexé comme une règle, et dans laquelle la grande majorité des collaborateurs adhérent et partagent un système de valeurs spécifiques ou un projet commun.

Mais ce peut aussi être l’image d’une entreprise éphémère, possiblement superficielle et instable, uniquement axée sur les nouvelles technologies, sans process sérieusement établi et pouvant manquer de sérieux.

La start up apparait au regard de l’entreprise traditionnelle plus libre (36%), avoir un développement plus rapide, être rentable plus rapidement (34%), vivre le travail différemment (33%), avoir un mode collaboratif, plus d’échanges et de partage (30%).
L’entreprise créée

Les ¾ sont localisées où le dirigeant exerçait son activité professionnelle, et 59% où il a effectué ses études supérieures. Noter que 62% sont en région parisienne (fiabilité de l’étude France entière ?).

Les ¾ ont plusieurs fondateurs : 40% deux, 22% trois et 14% 4 ou plus.

A l’origine, 48% comptaient développer une entreprise pérenne, 26% vendre à terme, 21% diffuser son idée au plus grand nombre. 71% comptent, au moment de l’enquête, s’agrandir (60% envisager une implantation internationale, et 58% être leader en France) ; 37% ont ouvert leur capital pour lever plus de fond.

Quant à l’avenir, 42% estiment que l’entreprise sera pérenne et qu’ils en seront toujours les dirigeants, alors que 35% envisagent la revente et 5% l’arrêt pour des raisons économiques ; s’ils quittent, c’est pour créer une nouvelle entreprise pour 49%, ou pour 5% rejoindre un projet crée par d’autres ; 28% ne savent pas et seulement 10% comptent vivre de leurs gains.
Le profil du startuper

A 89% un homme, âgé de 35 ans à la création (16% moins de 25 ans, 37% de 25 à 34 ans, 20% plus de 45 ans), issu d’études supérieures (93% dont 44% écoles de commerce ou d’ingénieur), en couple (78%), avec des enfants (61%) ; 51% ont une tradition de création d’entreprise dans la famille ou l’entourage proche ; la moitié avaient une idée, une innovation à laquelle ils travaillaient depuis longtemps, 32% peu de temps avant la création, alors que 17% voulaient simplement devenir entrepreneur, sans avoir d’idée préalable.
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