Les deux c I t a t I o ns s o nt pr o p o s ées s a ns I n d I c a t I o n de référence p a r V er g ez et Hu I s m a n, L es a u teurs de d’un VI eux — m a I s e X ce L l ent — m a nuel de ph I lo so ph I e, p a r I s : Na t h a n, 1 99 0, p. 2 5 4








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§31, tr. R. Rovini, 1968, folio essais, p. 55.

197e semaine, 12.01.2014
« Celui qui s'abaisse veut s'élever »*. En écrivant ces mots, Nietzsche pensait peut-être aux juges. En effet, les dictateurs et les socialistes — il s’agit souvent des mêmes personnes — ont toujours eu leurs juges, tous titulaires de doctorats prestigieux décernés par les meilleures facultés de droit. Mussolini ou Hitler, Staline ou Milosevic et les cohortes de tyrans qui ont écrit l’histoire ont pu compter sur des bataillons de magistrats qui, ayant renoncé depuis longtemps à prendre des décisions reflétant leur conception du droit, se bornaient à transcrire les jugements qui plairaient à leur maître. Comme l’a montré Henri VIII, qui n’était pas socialiste, je vous l’accorde, les tribunaux pouvaient même constituer un moyen raffiné pour se débarrasser de bonnes femmes insupportables.

Il ne faut pas s’étonner que plus le juge est important, plus il est servile puisqu’il doit son ascension aux puissants qui ont


consenti à sa promotion jusqu’aux juridictions les plus prestigieuses. Les hautes cours de justice sont ainsi peuplées de courtisans complaisants. Chercher la motivation première de ces juges dans la justice reviendrait à commettre la même erreur que de chercher la source de la vocation d’un gynécologue dans la santé de ses patientes !

Parmi les mythes enseignés avec autant de conviction que de constance aux enfants de nos démocraties figure en bonne place le conte de fées suivant lequel la justice serait bonne et indépendante du mode de désignation de celles et de ceux qui la rendent. La justice existerait comme une idée platonicienne à laquelle participeraient de bienveillants gardiens. Malheureusement, la justice est seulement la servante de la caste dominante. Une affaire agitant le landerneau médiatique depuis quelques semaines vient de nous le rappeler. Un amuseur est accusé (à tort ou à raison, ce n’est pas mon sujet) d’antisémitisme. Le pouvoir veut interdire son spectacle. Il ne compte pas sur l’impertinence d’un tribunal administratif local qui donne raison au comique profanateur. Le ministre socialiste de l’intérieur place alors la France au niveau d’une république bananière en sifflant les juges de la cour constitutionnelle — « Médor, Rex, Tarzan au pied ! » — qui sont priés d’inverser sur-le-champ la décision de leurs collègues. Ainsi soit-il. Tous les citoyens qui ont déjà eu besoin d’une décision de justice en urgence apprécieront.


  • NIETZSCHE, F., Op. Cit. n°155.

198e semaine, 19.01.2014
L’optimisme de ceux qui croient au progrès dans le domaine de l’humain m’étonnait déjà à l’époque où j’étais étudiant en philosophie. Pour beaucoup de gens (et non des moindres), il va de soi que nous pouvons observer un progrès moral.


Ces rêveries ne sont jamais que des métaphores techniques. Comme il y a, indéniablement, un progrès dans le rendement des moteurs ou la finesse des images de télévision ou la vitesse de calcul des ordinateurs, il devrait y avoir un progrès de l’humanité elle-même.

Ainsi par exemple, Richard Dawkins* exprime sa grande

satisfaction lorsqu’il considère l’évolution des mœurs en Angleterre dans les 50 dernières années. Plus personne aujourd’hui ne se formalise à Londres que des amoureux s’embrassent en rue, qu’un cinéaste montre une scène où les acteurs sont nus ou que deux homosexuels revendiquent publiquement leur vie de couple.

Le mot « pro-grès » évoque un pas en avant sur un chemin. Il en va de même dans une langue germanique (l’allemand

« Fort-schritt ») et dans une langue slave (le polonais

« po-stęp »). Il suppose donc une direction et un sens vers un but.

Si vous tournez en rond, on peut difficilement dire que vous

ayez progressé. Or, littéralement, l’humanité tourne en rond. Nous sommes tous des compagnons de la toupie. Un tour de terre en 24 heures et un tour de soleil en un an.

Mais, même sur un chemin rectiligne, la direction du progrès

n’est que la direction de celle ou de celui qui montre le but. Si deux personnes ont des objectifs opposés, elles auront obligatoirement un sens contraire au mot « progrès » Dawkins puisait ses exemples dans le registre sexuel qui obsède depuis toujours nos trois religions sémitiques. Il considère comme un progrès que les femmes puissent s’habiller (ou se dénuder) comme elles l’entendent ou que les homosexuels puissent construire leur vie librement parce que c’est selon lui un pas sur le chemin de la raison. Mais pour les orthodoxes russes essayant d’obtenir un référendum pour autoriser l’emprisonnement des homosexuels ou pour les Talibans s’attaquant aux fillettes qui étudient, notre permissivité est une régression sur le chemin conduisant à


Dieu.

D'aucuns s’imaginent même que l’humanité progresse vers le bonheur ! Mais qui est le plus heureux de l’ouvrier agricole ayant statut d’esclave chez les Romains ou de l’ouvrier Goodyear occupant son usine à Amiens et à qui des syndicalistes bienveillants ont appris à être malheureux ? Cette question est évidemment dépourvue de toute signification dans la mesure où il est impossible d’imaginer un test qui assurerait la réponse. Qu’on réfléchisse cependant que celui qui possède tous les biens peut être très malheureux pour une vétille alors que celui qui n’a rien peut être très heureux pour une broutille.

Vous ne pouvez pas nier, m’objectera-t-on, les progrès de la médecine ! L’espérance de vie progresse effectivement sur toute la planète. L’âge du trépas devient toujours plus grand. Mais est-ce un progrès ? Sur quel chemin ? Vers quel but ? Sur une planète toujours plus grouillante d’individus polluants, nous marchons gaiement vers le bonheur de la Faculté : transformer une partie de plus en plus importante de la population en une foule de parkinsoniens alzheimériens n’arrivant plus à mourir ni vite ni bien, retenus qu’ils sont par un personnel hospitalier soucieux de rendre l’inéluctable chemin vers la tombe toujours plus long et plus douloureux. Le beau Progrès que nous avons là !
*Dans un documentaire alisé en 2006 pour la BBC et consacré à lathéisme : The Root of All Evil ? Op. Cit. n°15.

199e semaine, 26.01.2014
Vous êtes-vous déjà réjouis à la pensée que plusieurs milliards d’êtres humains inconnus de vous sont très heureux à cet instant ? Non, vous vous en foutez ! Et moi aussi, je le confesse.


Souffrez-vous en considérant que des millions de vos semblables crèvent la gueule ouverte en ce moment même, que des vieillards sont en train de mourir, abandonnés par tous, dans un recoin de leur masure, avant de se putréfier dans leur lit ? Non, vous vous en foutez. Et moi avec vous.

Vous n’avez pas plus d’intérêt pour ces nouvelles que n’en

avait un Français du dix-septième siècle pour le bien-être des citoyens du Siam ou un Français d’aujourd’hui pour le bonheur des habitants de la République Centrafricaine. Nous nous en foutons.

À vrai dire, la condition sine qua non de notre préoccupation tient à ce que notre conscience soit concernée par des êtres qui nous sont familiers. La proximité : c’est à cette condition que leur joie ou leur souffrance nous affecte. Seule la souffrance de proches nous fait souffrir comme leur joie nous réjouit. Et pour que nous nous sentions concernés par une douleur, il faut que nous puissions la contempler. Nul religieux n’aura jamais l’idée de consacrer une seule prière à l’atténuation des souffrances des êtres vivants peuplant très certainement de multiples exoplanètes.

Plusieurs se sont demandé ce qui se serait passé si les héroïques aviateurs qui larguaient leurs bombes incendiaires sur les populations civiles de Dresde avaient pu voir les enfants se tordant de douleur dans les incendies. Il y a fort à parier qu’ils n’auraient pas appuyé une autre fois sur le bouton rouge. À moins… À moins qu’une instruction militaire efficace ne les ait habitués à ce spectacle.

Rousseau pensait qu’à la base de la nature humaine se trouve la volonté de chacun de persévérer dans son être ainsi que cette horreur du spectacle de la douleur d’autrui. Pourtant, l’être humain s’y habitue très vite lorsqu’elle fait partie de son environnement et elle devient même un divertissement. Les sottises des ratiocinations autour du bon sauvage sont mille fois démenties par les réjouissances de toutes les populations primitives qui associent toujours à leurs festivités


l’une ou l’autre torture ou mise à mort spectaculaire.

Nous ne sommes pas, direz-vous, des primitifs. Nous avons eu un sauveur qui a donné sa souffrance en spectacle au monde. Ah ! L’acrobate de la Croix ! Que ne nous a-t-il sauvé de toute souffrance !

200e semaine, 02.02.2014
Les pauvres en esprit (j’entends par là les gens qui n’ont aucune prétention intellectuelle et qui par conséquent ne pensent pas qu’ils pensent mieux que les autres) ont l’admiration facile et pure. Facile parce qu’ils s’émerveillent naturellement qu’une personne soit capable de leur expliquer la moindre relation à laquelle ils n’auraient jamais pu penser eux-mêmes et pure parce qu’ils n’attendent rien en retour de cette gratitude qu’ils dispensent généreusement aux malins. Les formes d’admiration cultivées par les intellectuels sont plus complexes. Bons élèves, ils admirent bien sûr ceux que les maîtres d’école, de lycée, d’université leur ont appris à vénérer. Nul ne peut mépriser Homère ou Platon, Sénèque ou Cicéron, Molière ou Shakespeare, Diderot ou Hume, Wittgenstein ou Einstein.

En revanche, il leur sera bien plus difficile de s’enthousiasmer pour les travaux de leurs pairs. La haine couvée dans les congrès réunissant les spécialistes d’une même discipline est probablement aussi importante que celle nourrie par les prétendantes à une carrière de mannequin participant à un concours de beauté. Les jeunes filles et les vénérables professeurs ont en commun d’être des concurrents tentant de faire braquer sur leur personne les projecteurs de l’attention publique.

Pour triompher dans un environnement de compétition forcenée comme celui-là, la meilleure stratégie consiste pour


ces candidats à la reconnaissance à se trouver des alliés en leur offrant l’engouement si précieux qu’ils espèrent qu’on leur offre à eux aussi. Ainsi se forment des chapelles et des coteries d’admirateurs réciproques dans les colloques comme dans les défilés de Miss. Je t’admire, cher ami, et j’espère bien que tu diras du bien de moi aux personnes que tu côtoieras et que tu citeras mon livre dans tes articles… Voilà l’admiration impure. Vous n’oublierez pas, cher lecteur, d’évoquer les Pensées dun iconoclaste dans vos écrits qui sont toujours d’une si grande perspicacité intellectuelle !

201e semaine, 09.02.2014
La philosophie que je souhaite promouvoir travaille à la prise de conscience des déterminations de notre pensée. Elle est idéologie* au sens que Destutt de Tracy réservait à ce terme. Notre foi comme notre incroyance est le résultat de l’action conjointe de notre milieu familial et des événements de notre enfance. Cependant, le fait même de la détermination de nos convictions est un argument fort en faveur de l’incroyance : pourquoi, en effet, accorder foi à des croyances qui ont été imprégnées à notre corps défendant dans nos esprits ?

Je frémis à l’idée que si mon père avait vécu suffisamment longtemps, et surtout si ma mère avait atteint l’âge que pouvaient lui laisser espérer les statistiques, je serais probablement aujourd’hui un bon petit vieux catholique respectueux de la monarchie…

Dieu ne l’a pas voulu ainsi et m’a démontré son inexistence en rappelant à lui (comme disent les membres de ces associations de malfaiteurs que sont les églises) ma chère maman malgré mes supplications. Je venais de fêter mon dixième anniversaire.

J’expérimentais par la pratique le problème du mal et ce fut


mon chemin de Damas. Dès lors, je refusai d’être associé à cette duperie générale qui impose au commun de croire en un être tout puissant et bon bien que peu soucieux cependant d’aider un enfant qui le prie, le supplie, l’implore.

J’ai découvert alors qu’il était nécessaire qu’il n’existât pas car autrement, quel démon qu’un pareil Dieu !
* « PHILOS. [Fin xviiies.; mot créé par Destutt de Tracy pour remplacer psychologie] Science des idées (au sens néral des faits de conscience), de leur nature, de leur rapport avec les signes qui les représentent, et surtout de leur origine » (http://www.cnrtl.fr/definition/idéologie)

202e semaine, 16.02.2014
Interrogé sur le meilleur moyen de mettre fin à mes jours, mon médecin — l’excellent homme ! — me répond sans hésitation : la pendaison. Vous perdez conscience, me dit-il, en quelques secondes et toute sensation de douleur. Vous bandez et une éjaculation n’est pas exclue.

Mourir en érection ! Vous comprendrez qu’il est hautement probable que j’adopte cette méthode pour tirer ma révérence. En attendant, je m’étonne qu’il n’y ait pas plus de suicide par pendaison en Belgique qu’ailleurs, dans ce pays où si souvent il pleut des cordes…
203e semaine, 23.02.2014
La sélection artificielle est une activité difficile. Le colombophile doit couper des têtes. S'il ne le fait pas, s’il garde les pigeons asthéniques, il héritera très vite d’un colombier surpeuplé par des animaux sans qualités. C'est exactement la situation des écoles dans notre bonne vieille Europe aujourd’hui surpeuplées d’écoliers analphabètes auxquels des enseignants pusillanimes n’ont

jamais osé refuser la promotion. Il suffira bientôt de produire un certificat médical, attestant par exemple de la grave


maladie mentale du candidat, pour lui assurer l’obtention du diplôme. La pédagogie est entrée dans l’ère du bac des grabataires...

204e semaine, 02.03.2014
Les déterminations biologiques des comportements font partie des épouvantails terrorisant les humanitaroïdes associés qui ne manqueront jamais de pousser leurs cris d’orfraie devant tous ceux qui en reconnaissent la réalité.

Ces bons prophètes de la liberté et de l’égalité ont donc imaginé que toutes les différences de conduite sont d’ordre social. Tomboy est né ! S’il n’était pas étouffé par un environnement oppressif —je n’ose pas écrire castrateur —, chaque individu devrait pouvoir choisir de se comporter en adoptant des attitudes que les ignares de mon espèce expliquaient autrefois par les propriétés sexuelles des individus.

Il me semble pourtant que les différences seraient aisément démontrables pour peu que quelqu’un veuille les démontrer. Pour damer le pion aux idéologues de la théorie du genre, je suggère une enquête auprès des compagnies de téléphone. Celles-ci pourraient en effet nous fournir des statistiques établissant la longueur des communications effectuées en dehors des heures de travail selon le genre des personnes impliquées dans l’interaction. Nous saurions ainsi quelle est la durée moyenne de la conversation dans les cinq situations suivantes :


    1. Un abonné appelle un autre abonné




    1. Un abonné appelle une autre abonnée




    1. Une abonnée appelle un autre abonné


    1. Une abonnée appelle une autre abonnée


Refaites cette enquête en Espagne, en Suède, en Russie, au Japon, en Chine, au Congo, au Brésil et en Papouasie. Ne pensez-vous pas que des résultats concordants confirmeraient, comme souvent, la sagesse populaire ? Pourquoi donc les contribuables payent-ils des sociologues ?

205e semaine, 09.03.2014
« Harcèlement sexuel au travail : une femme sur cinq concernée » titrait le 7 mars Le Parisien.

Les journalistes pensent-ils un seul instant à la souffrance des quatre femmes sur cinq auxquelles cet article vient rappeler qu’elles ne sont jamais harcelées ? A la douleur des vieilles, des grosses et des moches enviant et détestant secrètement la petite secrétaire au si joli minois résignée à subir les assauts furtifs des mains baladeuses du chef de bureau ?

Ah ! comme elles voudraient, celles-là, être comptées au nombre des victimes !

206e semaine, 16.03.2014
Subtil plaisir d’imaginer la tête des gens qui me détestent lorsqu’ils apprennent mon subtil plaisir…

Celles et ceux qui se mettent en colère en découvrant une pensée qui les choque se trahissent : s’ils s’en trouvent blessés, c’est que, quelque part, elle leur semble vraie. Si elle n’était pour eux qu’un tissu d’absurdités, ils en riraient.

Le rire : substitut évolué de la colère du primitif.
207e semaine, 23.03.2014
Celui qui se voit saisi par la mort après une existence malheureuse remplie de déconvenues est moins à plaindre que l’individu comblé par la vie qui apprend que ses entrailles sont rongées par une maladie terminale. Le succès vous tue bien plus parfaitement que l’échec.

Les dieux font payer chèrement aux heureux le bonheur qu’ils ont eu d’exister.

208e semaine, 30.03.2014
La vie est le cancer de la matière. Les êtres humains en sont les métastases.


209e semaine, 06.04.2014 Satisfaction de la consternation.

Les grandes catastrophes font plaisir. Le babouin humain adore s’apitoyer. Il aime enfiler un masque de compassion pour parler d’une calamité et apprendre à son interlocuteur l’un ou l’autre détail d’un cataclysme que ce dernier ignorait jusque-là.

Chacun sait que plus un malheur est important, plus se

vendent les journaux qui le racontent. L’appétit pour la nouvelle est aussi, bien sûr, aiguisé par l’horreur du vécu des victimes. Combien de fois les télévisions du monde entier n’ont-elles pas montré la chute des corps de ces malheureux qui, préférant s’écraser au sol que d’être transformé en torche vivante par le kérosène, se sont jetés dans le vide du sommet des tours jumelles ? Lorsque le film est absent, l’imaginaire


prête main-forte. « Représentez-vous le calvaire des passagers du vol qui s’est abîmé au sud de l’océan Indien… Affreux, n’est-ce pas ? »

Il m’est arrivé d’accompagner à Amsterdam une classe de

jeunes élèves. Le plus grand succès de ce voyage a été, sans aucun doute, la visite des bambins au musée des instruments de torture. Je suis certain qu’aujourd’hui encore, après plus de 20 ans, beaucoup se souviennent du gril où l’on attachait les prisonniers pour les faire rôtir ou du sarcophage transpercé de longs clous qui venaient percer le malheureux enfermé dans cette boîte à papillons pour y mourir d’une lente hémorragie.

Les leçons consacrées aux pratiques de l’inquisition pour obtenir des aveux ou aux traitements réservés par Ivan le terrible à ses adversaires passent vite car personne ne s’y ennuie

Il ne faudrait pas conclure de ces observations que la plupart des humains sont des sadiques. La réjouissance ne vient pas de la souffrance elle-même mais de la possibilité de pouvoir la raconter. Encore faut-il se donner pendant le récit un air de consternation compatissante.

En montrant ouvertement son accablement, notre congénère peut se réjouir sans culpabilité que ni lui ni aucun de ses proches ne figure parmi les morts. Le bon Dieu est avec lui !

210e semaine, 13.04.2014
Pourquoi Dieu a-t-il créé autant d’imbéciles ? C’est qu’il lui fallait un public disposé à croire qu’Il existe. Un monde peuplé seulement de gens intelligents ne lui aurait jamais voué aucun culte.

N’allez surtout pas en conclure que tous les croyants sont des imbéciles. Un génie qui subirait pendant toute son enfance le


lavage de cerveau religieux en conservera bien entendu toute sa vie quelque chose. Il a fallu que Darwin entende pendant des jours les hurlements de douleur de sa chère petite fille pendant son agonie pour qu’il ne remette plus jamais les pieds dans une église. Imaginez seulement que Darwin ait eu une fille en bonne santé, et le grand génie aurait continué son existence de croyant dévoué.

211e semaine, 20.04.2014
La politique étant l'ensemble des activités visant à obtenir et à conserver le pouvoir, personne ne devrait s'étonner qu'une fois élus nos « responsables » se démènent essentiellement pour s'assurer du bon vouloir des électeurs qui pourraient les maintenir en place.

Pour cela, la tâche fondamentale de nos dirigeants consiste à organiser la distribution des deniers publics. Ils maintiennent par exemple en activité des usines qui devraient être fermées depuis longtemps, subventionnent des clubs professionnels de football (ceux-là mêmes qui s’assurent les services de stars à des prix astronomiques), ils sèment l'argent du contribuable (et ce contribuable ce n’est pas le riche entouré de son armée de conseillers fiscaux qui lui permettent de ne payer que des miettes) sur une myriade d'associations culturelles religieuses ou humanitaires, ils distribuent des aides financières pour encourager toute activité qui pourrait bénéficier d’un potentiel de séduction électorale comme l’amélioration des immeubles vétustes, l'achat de nouveaux véhicules moins polluants, ou la construction de passerelles permettant d’éviter une hécatombe de grenouilles à la saison de la reproduction, etc.

Chacun savait, au Brésil, que l’organisation d’une coupe du monde de football laisserait un trou béant de plusieurs


milliards de dollars et chacun savait, en Russie, qu’il en irait de même pour les jeux olympiques d’hiver organisés avec l’argent de tous pour le bénéfice de l’Hitler moscovite.

En Grèce, pays surendetté, le plus grand propriétaire foncier

du pays, l’église orthodoxe, ne paie pas un cent d’impôt. En Belgique, les deniers publics ne servent pas seulement à entretenir une très inutile famille royale catholique intégriste. La collectivité paye l’entretien des églises ainsi que les salaires de tous les curés (cette prébende a naturellement été élargie à tous les imams, rabbins et popes). En Allemagne, j’ai découvert le long de l’autoroute entre Nuremberg et Dortmund, une énorme pancarte annonçant aux automobilistes soucieux de leur spiritualité une église d’autoroute (Autobahnkirche). Je soupçonne que cette pancarte a été payée par le service d’entretien des autoroutes que tous les Européens devront financer à partir de 2015. Un connaisseur pourrait ainsi relever des centaines de milliers d’exemples à travers le monde où l’argent de tous est utilisé à la seule fin de permettre la réélection de quelques-uns. Pour un politicien, il ne fait pas de doute qu'on le remerciera d’avoir dilapidé le bien public de la même façon que si les sommes dépensées provenaient de son propre portefeuille. Sans ces gabegies censées séduire les électeurs qui en recueillent les miettes, il est très certain que les budgets de tous les états afficheraient une insolente santé.

En Europe, même les partis qui se déclarent de droite ont oublié pour le plus grand profit de leurs candidats aux élections et de leur camarilla le principe portant salutaire du véritable libéralisme dont personne ne semble plus vouloir dans la vieille Europe : moins d'État !

212e semaine, 27.04.2014
Trois jours avant l’ouverture des cérémonies organisées par le Vatican pour fêter la canonisation de deux de ses anciens patrons un fait divers s’est produit qui, nonobstant le caractère catastrophique de l’événement pour les proches de la victime, aura fait sourire de nombreux amis du bon sens. Le Parisien et lAgence France-Presse en ont fait le récit.

Un jeune homme pieux, en excursion en compagnie de

membres de son aumônerie, s’est malencontreusement arrêté un moment au pied de la statue du Christ. « La croix du Christ Rédempteur, haute de plus de 30 mètres, réalisée par l'artiste italien Enrico Job (1934-2008), s'est apparemment brisée de façon soudaine et la portion la plus haute est tombée sur le groupe, tuant le jeune sur le coup. Il se trouvait juste sous la croix alors que le reste du groupe se tenait un peu plus loin. » « La croix avait été créée pour célébrer la visite à Brescia du pape polonais Karol Wojtyla »*

Chacun le sait : pour être béatifié, il faut être capable de miracles que le candidat réalise depuis le ciel. Il eût été si simple, pour le futur Saint goûtant son paradis, de modifier la trajectoire de la statue meurtrière pour qu’elle épargne ce jeune homme, de la faire tomber un peu plus tôt ou un peu plus tard ou tout simplement de la fixer au sol pour qu’elle ne tombe pas. Mais le Polonais n’a pas bougé le petit doigt, si tant est que quelqu’un ait encore des doigts dans l’au-delà. Ceci n’empêchera pas que des centaines de milliers de personne complètement bêtifiées fassent la fête aux deux béatifiés. Parmi les bêtifiés, se glisseront également quelques malins qui n’y croient pas, comme le Premier ministre français. C’est qu’une participation aux grandes cérémonies religieuses juives ou chrétiennes pour s’attirer la sympathie des bien-pensants vaut bien ce pied de nez d’un socialiste à la laïcité de l’État. Et lui, il a un nez et des doigts !

Mais en vérité, je vous le dis, un miracle a bel et bien eu lieu que nous devons attribuer à Jean XXIII, l’autre béatifié. Cela


se passait hier et, malheureusement, aucun journal n’a rapporté l’information : le futur saint est intervenu pour qu’une statue de la vierge ne s’effondre pas sur un groupe de religieuses en prières à ses pieds ! Comme il n’y a pas eu de victimes et que rien ne s’est passé, personne ne s’en est aperçu. Tout de même : alléluia !


213e semaine, 04.05.2014
Piétons ou cyclistes, des promeneurs s’arrêtent parfois au milieu des ponts enjambant une autoroute à la seule fin de contempler le spectacle offert par la théorie des voitures défilant à leurs pieds.

En les voyant se livrer à leur curieux exercice, il m’est arrivé de me demander s’ils n’allaient pas, au moment où ma voiture s’approcherait, enjamber la rambarde et se jeter dans le vide dans un geste tout à la fois suicidaire et assassin.

Mais non. Ils sont simplement là, accoudés à la balustrade, et ils observent. N’est-ce pas étrange ? Cela me fait souvenir qu’enfant, les adultes m’avaient convaincu que les vaches aimaient regarder passer les trains.

Ainsi les hommes aiment regarder passer les automobiles.

214e semaine, 11.05.2014
Les paysages que nous aimons — dans mon cas les forêts, les tourbières et les marécages de la voïvodie de Podlachie — nous ont envoûtés par leur stupéfiante beauté. Leur découverte a été un coup de foudre amoureux.

Mais les Grecs savaient déjà qu’éros, dans le meilleur des cas,

se transforme en philia. Les paysages sont comme nos compagnons et nos compagnes : la vie passée avec eux leur fait perdre beaucoup de leurs charmes.

Pourtant, l’être aimé et côtoyé pendant plusieurs décennies

retrouve tous ses pouvoirs de séduction dès qu’il s’absente. S’il n’est plus là, alors oui que nous le désirons !

215e semaine, 18.05.2014
Mon chien est une chienne. Mon chat est une chatte. Elles sont fidèles et jamais elles ne m’abandonneraient pour suivre quelqu’un d’autre. Elles sont patientes et peuvent attendre des heures sans se plaindre. Elles sont reconnaissantes et démontrent souvent qu’elles savent parfaitement que nous les aidons ou les soignons. Elles sont câlines et entreprendront de me consoler dans un moment de tristesse. Elles sont tolérantes et m'aiment tout autant lorsque je rentre au milieu de la nuit que lorsque je me couche avec les poules, au propre aussi bien qu’au figuré. Elles supportent stoïquement la douleur et le signe d’une énorme souffrance se limite le plus souvent chez elles à un léger gémissement. Elles ne fument pas et elles ne boivent pas d’alcool sans être musulmanes pour autant. Elles ne gardent pas rancune et me pardonnent vite et complètement un accès de colère injustifiée.

Vraiment, les qualités de ces êtres merveilleux sont telles que j’en arrive à me demander si le malin génie de la nature n’a pas concentré tous les défauts de la féminité dans la seule espèce humaine.

216e semaine, 25.05.2014
J’entendais naguère sur France Culture combien peu de


citoyens européens pensent que des mesures d’austérité peuvent sortir leur pays de la crise économique. Le reportage donnait à penser qu’une opinion majoritairement partagée (pas d'austérité) devait être meilleure que celle qui ne bénéficierait que d’une minorité de soutien (l'austérité est nécessaire).

Or, c’est exactement le contraire : si une idée est débattue et qu’elle est très populaire, pariez qu’elle est fausse ! Une large majorité des individus ayant vécu sur cette planète ont cru qu’elle était plate. Quand il a bien fallu reconnaître que la Terre était ronde, la multitude s’est laissé convaincre qu’elle était le centre de l’univers. Le plus grand nombre des babouins humains continue à croire de nos jours qu’un individu céleste connaît nos pensées les plus secrètes et juge nos moindres actions, particulièrement si elles concernent le sexe. La plupart s’imaginent que quelque chose qu’ils appellent leur âme va survivre à leur corps et qu’il existe un lieu où elle pourra jouir d’une félicité éternelle (s’ils ont bien obéi aux commandements) ainsi qu’un autre lieu où elle sera condamnée à une souffrance sans fin (s’ils se sont laissé aller à la désobéissance). Presque tout le monde pense que des prières se rapportant à des événements qui ne dépendent pas de nous peuvent changer le cours des choses...

J’en conclus que si une doctrine est crue par une majorité, il y a toutes les chances qu’elle soit fausse.

Mais aujourd’hui, les Européens votent et en démocratie, la majorité permet l’accès au gloubi-boulga* des postes et fonctions. Elle a donc toujours raison.


217e semaine, 01.06.2014 Mots calomniés. Mots diffamés.


J’ai déjà rappelé* que Platon nous avait tant et si bien dénigré ses concurrents sophistes que le mot « sophisme » en était arrivé à signaler un mauvais raisonnement forgé dans l’intention de tromper. Tout aussi bien aurait-il pu servir pour signifier un raisonnement plein de sagesse s’il n’avait pas ainsi été diffamé par le grand maître de la philosophie occidentale.

Au dix-neuvième siècle, le mot « idéologue » s’est trouvé vilipendé de la même façon. Alors qu’il désignait au départ un disciple de Destutt de Tracy qui avait mis sur pied un programme d’analyse de la production des idées, il a été déprécié pour désigner les hurluberlus défendant des thèses utopiques.

Les exemples de termes dont la connotation s’est inversée du positif vers le négatif sont très nombreux. Un des plus beaux mots de la langue française, la « collaboration », cristallisant la vindicte de tous les vaincus a finalement désigné les traîtres à la patrie. La « coopération », bien qu’ayant pratiquement la même étymologie, a échappé à la dépréciation.

Aujourd’hui, c’est le tour du « populisme » qui reflétait en 1860 l’admiration pour le peuple des adversaires du tsar. Or, voici que ce mot incarne à présent le démon en politique et particulièrement pour ceux qui font une profession de foi d’aimer le peuple, je veux dire pour les socialistes.

Le populisme, c’est le bon sens des classes populaires flétri par ses ennemis.

Il est curieux que le mot « socialisme », après avoir été choisi

comme étendard par des gens aussi inspirés que Hitler, Staline, Mussolini, Milosevic et tant d’autres, semble immunisé contre toutes les tentatives de diffamation. Pourtant le glissement de sens depuis « doctrine politique visant à améliorer le sort des plus démunis » vers « association de malfaiteurs utilisant la politique pour servir des intérêts honteux » aurait été facilement conforté par de très nombreux exemples.


Dans sa chronique hebdomadaire sur France Culture, le physicien et philosophe Étienne Klein a révélé jeudi l’anagramme de « le Front National » qui se trouve être « l’entonnoir fatal ». Pour faire bonne mesure, je lui ai envoyé l’anagramme de « parti socialiste ».

En voici la solution : « capitaliste rosi ».
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