Les deux c I t a t I o ns s o nt pr o p o s ées s a ns I n d I c a t I o n de référence p a r V er g ez et Hu I s m a n, L es a u teurs de d’un VI eux — m a I s e X ce L l ent — m a nuel de ph I lo so ph I e, p a r I s : Na t h a n, 1 99 0, p. 2 5 4








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Race and Intelligence: Science's last taboo. TV documentary for Channel 4 : October 2009.

69e semaine, 31.07.2011
Une exécution capitale, c'est justice pour les uns et injustice pour les autres. Subir une grande catastrophe sera l'épreuve envoyée par Dieu et échapper à la même grande catastrophe sera la volonté de Dieu. Les mots « justice » et « Dieu », font partie de ces termes sans aucune signification empirique. Cela n’empêche : l'un et l'autre sont des mots utiles : ils permettent de faire carrière et sont donc remplis de signification financière.

70e semaine, 07.08.2011
On sait que le plus grand cuisinier du monde est la faim. On ignore que le plus grand affameur du monde est la charité.

71e semaine, 14.08.2011
Des personnes de mon entourage m'ont assuré qu'elles ne pouvaient pas faire la différence entre le goût du Pepsi-Cola et le goût du Coca-Cola. Pour d'autres, cette différence est importante. Se pourrait-il que quelques-uns soient si dépourvus du goût de la connaissance qu'ils sont incapables de faire la distinction entre une explication religieuse et une explication rationnelle ?

72e semaine, 21.08.2011
Il arrive que les trois religions moyen-orientales (judaïsme, christianisme et islam) soient désignées comme les « religions du livre » parce qu'elles font toutes les trois référence à l'Ancien Testament.

Or le Dieu unique, parfait vieillard libidineux et rancunier, se préoccupe surtout de l'utilisation que font ses créatures de leurs organes sexuels. Par le péché originel – le sexe – ces petits dévergondés que sont les hommes sont parvenus à se reproduire. Dès lors, les tentations induites par le plus grand plaisir naturel n'ont plus cessé de solliciter les êtres humains, troupeau en rut.

Comment m'assurer dans ces conditions que la progéniture de ma femme est mienne, que ce sont bien mes gènes qui grouillent dans les cellules de la marmaille ? Il faut qu'elles acceptent les normes : « Ne te laisse pas tenter par un homme qui ne serait pas ton mari », « Couvre-toi de la Burqa ou du Niqab pour rester chaste ». Bref, elles doivent croire !


Les mâles ont imposé ces religions aux femmes qu’ils s'étaient appropriées afin de garantir l'authenticité de la descendance qu'elles devaient leur donner. Une femme croyante, c'est un certificat d'origine contrôlée pour les gosses. Je propose par conséquent que l'on en parle à présent comme des « religions de la braguette ».

73e semaine, 28.08.2011
Les « libres penseurs » européens d'aujourd'hui, les troupeaux en tablier de mouton bêlants à l'unisson les valeurs du catéchisme humaniste, sont à la liberté de pensée ce qu'était la République démocratique allemande à la démocratie.

74e semaine, 04.09.2011
C'est une des rares certitudes commune à tous les hommes de bon sens que nous allons tous mourir. Il est également certain que l'espèce humaine va disparaître mais étrangement beaucoup refusent d'endosser cette vérité désagréable à leurs oreilles délicates. Ce n'est pourtant qu'une question d'échelle de temps : une mouche éphémère vit quelques heures, je mourrai après 70 ans d'existence, une espèce résiste pendant quelques millions d'années, une étoile rayonne pendant quelques centaines de millions d'années et la Voie lactée sera phagocytée dans une collision grandiose avec une autre galaxie dans quelques milliards d'années.

Or, comment me suis-je consolé de la perspective de ma propre disparition ? En m'acharnant à laisser des traces : les morveux porteurs de mes gènes constituant une partie de l'humanité future. Que l'humanité soit mortelle elle aussi et


ma consolation s'envole… Ma raison me réduit au statut d'une bactérie, d'un microbe, d'un ver de terre, d'un cancrelat, d'un de ces êtres dont personne ne se demande pourquoi ils vivent.

Pascal nous fait cependant remarquer qu'aucun de ces animaux, au contraire de l'homme, ne sait qu'il va mourir. On est bien avancé !

75e semaine, 11.09.2011
Les rues d'Athènes – ce serait pareil à Rome ou à Naples et ce le sera bientôt à Paris ou à Bruxelles – sont pleines de jeunes désœuvrés titulaires d'un inutile diplôme universitaire dormant dans les placards. Les diplômes sont devenus faciles !

L'idéologie des humanitaroïdes associés fait accroire que les capacités intellectuelles sont égales chez tous les êtres humains et que tous peuvent s'engager dans les études de leurs rêves. Les idiots, les imbéciles, les crétins, les demeurés se sont dissous dans les volutes de la fumée démagogique : c'est pécher que d'évoquer leur existence. Les gauchistes soixante- huitards ne contestaient-ils pas déjà à leurs professeurs le droit de les évaluer ?

Alors, les chevaliers de l'égalité s'appliquent à imposer à la piétaille des enseignants de promouvoir leurs élèves sans discrimination et prétendument pour leur bien. Tous les bons petits soldats des éducations nationales (directeurs d'école, inspecteurs, psychologues, professeurs) se réjouissent d'autant mieux de la qualité de leur enseignement qu'il connaît peu d'échecs. « Comme nous sommes bons » chantent-ils en chœur,

« nos élèves réussissent presque tous... ». Ne devraient-ils pas, au contraire, être consternés : « Comme nous sommes nuls, nous n'osons plus assumer la fonction sociale de sélection


artificielle... »

Malheureusement, seule la rareté déterminée par la difficulté garantit la valeur et un diplôme que tout le monde possède sera aussi désirable pour un employeur que l'action d'une société en faillite pour un investisseur.

76e semaine, 18.09.2011
Peut-on se voir attribuer un mérite ou un blâme pour une pensée ou une émotion ? Selon la théorie classique, la louange ou la réprobation ne conviennent qu'aux actions déterminées par une volonté. Or, ni une pensée ni une émotion ne résultent d'une volonté. En effet, nul ne pourrait avoir la volonté de penser quelque chose qu'il n'aurait pas déjà pensé !

Quant à l'émotion, elle nous surprend sans que nous l'ayons convoquée, comme l'érection d'un jeune homme au milieu d'un camp de nudistes...

77e semaine, 25.09.2011
Les linguistes savent que la signification de termes tels que

« je », « moi », « ici », « maintenant » dépend de la personne qui les utilise. « Moi », c'est celui qui le dit qui l'est. « Ici » est le lieu où se trouve celui qui parle et « maintenant » le moment où le mot est prononcé par un locuteur.

Peut-être en va-t-il de même pour le mot « Dieu » : c'est l'espoir de ceux qui en parlent.

78e semaine, 02.10.2011

Heureusement que Dieu n'existe pas ! S'il existait, il ne pourrait être qu'un pervers. Toute représentation de Dieu comme une personne intentionnelle totalement bonne est absurde. Le premier venu, s'il se voyait attribuer la puissance divine et qu'il eût à créer le monde, le ferait doux et agréable à toutes ses créatures. Un être bon serait incapable de mettre en mouvement la machinerie démentielle de la vie qui ne s'alimente que de souffrances. Cette raison devrait suffire à nous détourner de la foi en un dieu dont nous serions les portraits. Pourtant, à l'évidence, d'innombrables êtres brillants veulent y croire, et même des génies ! Dieu est un virus inoculé dans l'enfance dont on ne se débarrasse pas par la seule intelligence. La raison en est que nous ne choisissons pas de croire ou de ne pas croire. À la base de toute croyance (et peut-être malheureusement aussi de toute incroyance), il y a d'abord une passion. Les raisons ne viennent qu'ensuite.

79e semaine, 09.10.2011
S'il a plu récemment, la route est mouillée. Cela est très vrai. Dès lors, lorsque j'observe la route mouillée, j'en conclus qu'il a plu récemment. Mais ma conclusion n'est pas forcément très vraie car, à mon insu, les éboueurs sont passés par là avec leurs jets d'eau... Lorsque nous nous sommes rendus compte que A implique B, nous sommes très tentés de croire que B implique A. En cédant à la tentation, nous commettons un paralogisme des plus fréquents.

Si l'homéopathie est efficace, quelques-unes de ses prescriptions seront suivies de guérison. À l'évidence ! Si je guéris après avoir ingéré la pilule de l'homéopathe, il est certain pour moi que l'homéopathie fonctionne. Post hoc, ergo propter hoc. (Ce qui se passe après cela est causé par cela.) Mais si les éboueurs étaient passés par là ?

80e semaine, 16.10.2011
L'expérience montre que l'espèce humaine n'est pas monogame. L'Homo sapiens est un polygame successif. C'est une de ces vérités qu'il est interdit d'enseigner. Aussi est-ce toujours avec une certaine stupeur que les enfants découvrent que leurs parents ont trahi, souvent à plusieurs reprises, le serment de fidélité qu'ils avaient prononcé le jour de leur mariage. Se rendent-ils compte qu'ils parjureront à leur tour leur promesse après qu'ils se seront mariés ?

Nous avons fait du mensonge aux enfants une tradition pédagogique qu’ils reproduiront lorsqu'ils seront à leur tour des parents.

81e semaine, 23.10.2011
Quantité de gens se font un sang d'encre en se demandant ce qui leur arrivera après la mort. Très peu se demandent ce qui leur arrivait avant la naissance. C'est que les gens sont bien conscients qu'avant la naissance ils n'existaient pas. Personne ne se dit : « étais-je ce spermatozoïde ? », « Étais-je cet ovule ? ».

Où étais-je avant leur fusion ? Il est clair qu'il n'y avait aucun

« moi » dès lors que ce moi ne peut être rien d'autre que le fonctionnement conscient du cerveau se construisant peu à peu après la naissance. Il ne se fait aucun doute que le cerveau, une fois désagrégé, ne produira plus son activité. Or, nos adolescents répètent à l'envi ce boniment consternant de naïveté : « On ne peut pas savoir ce qu'il y a après la mort ». Mais bien sûr que si, on peut le savoir : après ma mort il y aura TOUT. Sauf moi !

82e semaine, 30.10.2011
Le psychologue comportementaliste Jacques Van Rillaer m'a un jour confié que s'il était un critique aussi assidu des théories psychanalytiques, c'est que lui-même « s'était fait avoir ». Le philosophe Gilbert Ryle (The Concept of Mind) indique aussi qu'il adopte un ton polémique et qu'il s'échauffe contre des assertions « dont il a été lui-même une victime ». Il est peut-être plus difficile de pardonner à ceux qui vous ont pris votre bon sens qu'à ceux qui vous auraient subtilisé votre argent.

Vous avez compris pourquoi je ne me lasse pas de critiquer les religions moyen-orientales qui nous ont été imposées : moi aussi, je me suis fait entuber !

83e semaine, 06.11.2011
Oui, je doute de l'existence historique de Socrate et de celle de Jésus. Socrate pourrait bien être à Platon ce que le commissaire Maigret était à Simenon. Quant aux auteurs des Évangiles, ils ont réussi à construire un personnage dont la réalité me semble aussi peu crédible que celle du Pinocchio de Carlo Collaudi. Bien sûr, je n'ai pas de certitude. Mais je suis sûr au moins que ceux qui proclament leur existence n'ont pas assez de preuves pour fonder une conviction rationnelle.

En revanche, Mahomet, chef de guerre et pédophile, a sans aucun doute bel et bien existé, Allah akbar !

84e semaine, 13.11.2011
Fabrique de martyrs, fabrique de héros : tous les pouvoirs en font usage. Avant hier, c'était le 11 novembre. Le président de la République française avait fière allure, flanqué des enfants de militaires français morts au combat en Afghanistan ou ailleurs. Semblable parade est un privilège du détenteur du pouvoir et peut assurément contribuer à sa réélection.

Le chef de l'État français en a profité pour annoncer son intention de modifier le sens de ces cérémonies. Elles ne devront plus rendre un hommage exclusif aux poilus mais honoreront également les imberbes que la nation transforme en chair à canon aux quatre coins de la planète. Il a donc égrené les noms de quelques malheureux récents : « Untel, mort pour la France… ».

C'est qu'il faut rafraîchir les stocks. Remplacer les cadavres oubliés par des corps presque chauds encore des récents combats. Et de me dire que si ces jeunes gens avaient eu le choix entre leur vie et la mort pour la France la formule aurait pu être : « Untel, vivant pour lui-même, pour ses proches et ses amis… ».

85e semaine, 20.11.2011
Étymologiquement, un blasphème est un énoncé qui outrage la divinité et par extension, qui critique un objet très respecté. Eh bien, vive les blasphémateurs ! Il faut avoir le courage de blasphémer toujours.

Au demeurant, que font-ils ceux-là dont les oreilles sont trop fragiles pour entendre nos blasphèmes, ceux qui nous haïssent pour avoir osé critiquer leur foi, ceux qui froncent les sourcils à la première parole moqueuse ? Ils ne cessent de blasphémer contre les croyances sacrées des autres…

Et en vérité, je vous le dis : ce sont les plus grands

blasphémateurs contre la raison et le bon sens. Fils de vierge,


Dieu en croix, péché originel, rachat… Blasphèmes, blasphèmes, blasphèmes. Et l'on voudrait que je me taise ?

86e semaine, 27.11.2011
Le fait d'accorder du mérite à quelqu'un constitue souvent un aveu d'ignorance des causes effectives de son action. J'admire ton engagement auprès de cette cause humanitaire pour la raison que j'ignore les motifs réels pour lesquels tu te donnes tant de peine : parce que, par exemple, tu voudrais devenir un leader ou parce que tu aimes les voyages dans les pays lointains ou parce que tu voudrais séduire une femme dont tu penses qu'elle est sensible au désintéressement apparent de ton action. Celui qui connaîtrait bien tes motifs personnels t'admirerait moins ou ne t’admirerait plus du tout.

N'est-il pas, dès lors, paradoxal de se trouver du mérite à soi-même ? Pouvons-nous nous admirer ? Il conviendrait pour cela que nos mobiles cachés soient nobles… Or, nous avons beau refouler, sublimer, projeter, nier, nos véritables motifs s'obstinent à poindre le bout du nez dans le cloaque de notre conscience.

Nous éprouvons, il est vrai, une certaine satisfaction résultant d'accomplissements heureux. Celle-ci cependant ne tire pas sa source de la conviction que nous avons personnellement du mérite mais plutôt de l'idée que les autres nous en accorderont. Nous serons à la tête d'un capital de mérite que nous sommes incapables de produire par nous-mêmes. Le mérite est le baume appliqué par autrui sur les plaies de notre estime personnelle. Ainsi soit-il.

87e semaine, 11.12.2011

Chaque année, je participe avec la plus grande ferveur à la journée de la pauvreté dans le monde. Zut ! C'était le 17 octobre, j'aurais dû vous le rappeler…C'est que, grâce aux pauvres, nous pouvons nous sentir riches.

De la même façon, le vice est la condition de possibilité de la vertu, le malheur est la condition de possibilité du bonheur, la maladie la condition de possibilité de la santé.

Comme le notait Skinner, « dans un système « parfait », nul

n'a besoin d'être homme de bien. » (Par-delà la liberté et la dignité, page 85). Je ne pourrais, en effet, être estimé comme bon si tout le monde l’était automatiquement. Vivent les méchants !

88e semaine, 11.12.2011
« À genoux ! » te dis-je.

Si c'est moi qui te le demande, tu resteras debout. Mais si je parviens à te persuader que c'est Dieu qui te le demande, alors tu te jetteras à mes pieds et tu les baiseras. Mes pieds, pas ceux de Dieu !

89e semaine, 18.12.2011
Manifestations : pour les droits des femmes, des homosexuels, des handicapés, des affamés, des animaux, des enfants, des malades, des travailleurs, des chômeurs, des retraités, des immigrés, des étudiants, des prisonniers, des consommateurs… J'en oublie certainement. Mais pourquoi n'assistons-nous jamais à une manifestation pour les droits des laids ?

Les laids, dont je fais malheureusement partie, non seulement


souffrent de discriminations récurrentes et intolérables mais personne ne brandit jamais l'étendard de leur cause en battant le pavé des grandes villes.

Pourtant, comme cela serait beau, une manifestation de laids !

Imaginez les calicots et les banderoles : « Assez de discriminations à l'emploi : la petite vendeuse doit être laide ! » « Mort à la nature inégale et injuste ! » « Nous voulons pouvoir baiser comme tout le monde ! Donnez-nous des partenaires sexuels ! ».

Laids de tous les pays, unissez-vous pour vous reproduire !

90e semaine, 25.12.2011
Au secours ! Dieu Tout-Puissant m'a rendu athée ! Pour un crime pareil, pas de doute qu'il devrait brûler en enfer pour l'éternité…

91e semaine, 01.01.2012
Question : si j'avais grandi à Pyongyang, pleurerais-je mon tyran ? Réponse : oui, très probablement. Question : quelle différence entre les malheureux pleureurs de Corée du Nord et les pauvres d'esprit heureux agitant de petits drapeaux au passage de leur famille royale d'Angleterre, de Suède, des Pays-Bas ou de Belgique ? Réponse : aucune. Tous sont sincères et témoignent de l'efficacité des techniques de bourrage de crâne sur notre espèce.

Quant à moi, je pleure aujourd'hui la mort de Cheetah, le chimpanzé de Tarzan qui a plus apporté de joie à la vermine humaine que Kim Young Il et toutes les têtes couronnées réunis.
92e semaine, 08.01.2012
Chacun sait que les parents qui frappent leurs enfants pour les corriger ont très souvent eux-mêmes été des enfants battus. J'entends dire que beaucoup de pédophiles ont été abusés sexuellement dans leur tendre enfance. Et que dire des

théo-philes (fidèles, prêtres, théologiens...) qui ont été abusés conceptuellement avant même d'apprendre à parler ? La plupart des hommes reproduisent avec application les traitements dégradants qu'ils ont dû subir de leurs aînés. Les superstitions religieuses se perpétuent ainsi qui sont autant de maladies mentales de l'humanité.

« Éducation nationale : Tout condamné à vivre aura la tête bourrée. » Ce n'est pas demain que cette formule de Jacques Prévert sera gravée sur le fronton de nos écoles, et pour cause.

93e semaine, 15.01.2012
Un excellent jeune homme me parlait l'autre jour de la « race humaine ». Je lui fis remarquer qu'il s'agissait là d'un anglicisme et qu'en français il est préférable d'utiliser l'expression « espèce humaine » puisque toutes les races d'hommes peuvent se reproduire entre elles.

« Que dites-vous là ? » Me lança-t-il avec une intonation trahissant une vive émotion produite par la stupeur qu'un crime capital venait d'être commis devant lui. « Ignorez-vous qu'il est interdit par la loi de parler de races humaines ? » ajouta-t-il.

Je feignis d'y croire : il faudrait alors qu'il me dénonce aux autorités compétentes car j'étais bien décidé à persister dans mes habitudes de langage illégal même si, au demeurant, je


me considèrais comme un ennemi du racisme. L'anecdote est révélatrice de l'efficacité de la police du langage mise sur pied par les défenseurs du conformisme politiquement correct. Tous les totalitarismes ont voulu régenter la terminologie. Les nazis voulaient interdire le

terme « das Restaurant » parce qu'il n'était pas germanique.

Kant ne pouvait se résoudre à écrire le mot « masturbation » qui était en lui-même trop dégoûtant. Il utilisait par conséquent une périphrase : la « souillure de soi-même ». Personne n'a d'objection à ce que nous parlions de races bovines ou de races ovines ou de races canines. (J'aime tous les chiens d'ailleurs, du chihuahua au dogue danois bien qu'il m'arrive de détester l'un ou l'autre individu appartenant à l'une de ces variétés.)

Mais ce sont là des animaux et le terme « animal » est lui-même un méchant nom que les créationnistes

souhaiteraient interdire pour parler de l'homme. Or, cela ne fait aucun doute pour moi et pour tous ceux qui ne sont pas aveuglés par les fables mythiques : nous sommes des animaux que l'évolution a modelés, comme les pinsons des Galapagos, en les adaptant aux contingences de son environnement. Vous aimez le boeuf ? Préférez-vous le charolais ou le bleu blanc belge ? Connaissez-vous le zébu ? Ne me dites pas que ce sont des races bovines, non Monsieur : ce sont des ethnies ruminantes spécialisées...

94e semaine, 22.01.2012
Qu'est-ce que la politique ? C'est l'ensemble des activités visant à obtenir et conserver le pouvoir. Qu'est-ce que le pouvoir ? C'est la capacité à faire agir autrui. Quels sont les leviers du pouvoir ? La récompense et la punition. Récompenses et punitions sont d'autant plus efficaces qu'elles


sont importantes. Oui mais voilà, elles ont un coût pour celui qui les distribue. Le salaire de l'ouvrier obéissant sort de l'escarcelle de ses patrons. L'instituteur qui impose un pensum doit vérifier le travail du garnement qu'il a puni. En remplaçant la récompense par une promesse et la punition par une menace, le candidat au pouvoir peut essayer d'obtenir ce qu'il veut sans payer la facture. Malheureusement pour lui, la promesse non tenue comme la menace jamais mise à exécution disqualifie le détenteur d'un pouvoir dont les ukases ne seront plus respectés à l'avenir. (Si vous en doutez, interrogez les moutards des parents qui cèdent.)

Ce fut le génie des trois religions moyen-orientales d'inventer pour asseoir et conforter leur pouvoir une récompense et une punition absolues mais virtuelles : le paradis et l'enfer. La menace de géhenne comme la promesse d'éden ne coûtent rien aux ecclésiastiques qui les martèlent puisque l'individu grugé ne reviendra pas protester parmi les vivants et n'aura plus jamais à obéir à d'autres ordres. Les religions sont ainsi des associations politiques de malfaiteurs plaçant des tickets de loterie dont les merveilleux lots ne seront jamais distribués.

95e semaine, 29.01.2012
La langue maternelle nous apprend à utiliser le mot « progrès

» comme une avancée positive. Lorsque quelqu'un progresse sur une route, nous imaginons qu'il marche pour atteindre une destination, un but qui donne un sens à sa progression. À la dernière page du roman, le prince charmant se marie et c'est fini.

Cependant, tous les mouvements et transformations que nous observons dans l'univers vérifient qu'une avancée se voit toujours suivie d'un recul, un progrès d'un regrès. Nous


assistons à des développements entraînant les êtres et les phénomènes vers une complexité croissante jusqu'à un état de maturité auquel succèdera une décomposition inéluctable. L'impermanence prend la forme d'une courbe en cloche. Le prince charmant bat sa femme et elle veut divorcer.

Ainsi en va-t-il de la vie des individus, des espèces, des

planètes, des étoiles, des galaxies. Rien, jamais, ne perdure dans l’état de perfection caractérisant le plein épanouissement. Seule la mort, qui suivra nécessairement la décrépitude, est un accomplissement.

Qui sont votre mère et votre père ? Ce sont les gens qui vous ont donné la mort.

96e semaine, 05.02.2012
Le prédicat « libre » convient à un ensemble d'actions et signifie très exactement : « causé par une pensée consciente non contrainte ». L'acte libre est celui auquel on a réfléchi avant de le poser. Il est donc pratiquement synonyme de

« pré-médité ».

Nous appliquons par métonymie — ce qui revient à dire de manière inappropriée — le qualificatif à autre chose qu'à des actions, par exemple à des êtres vivants. Tout ce qui suit cette confusion n'est qu'onanisme existentialiste.

La pré-méditation peut-elle être elle-même pré-méditée ? Évidemment non. Nous ne choisissons pas les pensées qui nous permettront de choisir. L'idée qui éclot à notre conscience et sera la source d'un choix émerge des profondeurs inconscientes comme la bulle d'un pet à la surface de l'eau du bain, sans qu'il nous soit possible de la retenir.


97e semaine, 12.02.2012
Quelques esprits simples et de nombreuses féministes sont incapables de faire la distinction entre le concept de genre grammatical et le concept de genre biologique. Il se trouve en effet que les mots « homme » et « femme » possèdent dans les langues indo-européennes un genre grammatical différent. Cela semble naturel mais je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une nécessité : je ne vois pas pourquoi une langue dans laquelle les mots « femme » et « homme » tomberaient dans le même genre grammatical ne remplirait pas toutes ses fonctions. Quel inconvénient y aurait-il, par exemple, à parler de « une homme » et en même temps de « une femme » ? Imaginons le récit : « Une homme et une femme se rencontrent dans un square. Elles se parlent. » Une ambiguïté apparaîtrait seulement si nous écrivions : « Elle lui demande l'heure. » Mais cette ambiguïté n'est pas plus grave que toutes celles qui existent effectivement dans toutes les langues naturelles lorsque le locuteur manipule des pronoms désignant des noms du même genre. « Une vache et une gazelle se rencontrent dans un square. Elle lui demande l'heure. »

La féministe n'est pas convaincue : chacun sait que ni les vaches ni les gazelles n'ont d'horloge.

98e semaine, 19.02.2012
Je ne sais pas pourquoi nous vivons. Je ne sais même pas si cette question, qui présuppose une intention et un but, a un sens. Pourquoi Karamatchouk veut-il dessiner des cercles carrés ?

En revanche, j'ai la certitude que ceux qui enseignent leurs mythes favoris aux enfants pour les persuader qu'ils recèlent la véritable explication de l'existence sont au mieux des naïfs et au pire des escrocs.


Si vous m'avez compris, vous savez que cette certitude n'a rien d'arrogant.

99e semaine, 26.02.2012
Vous imaginez Jésus utilisant Google ? Il tomberait peut-être sur ce site remarquablement instructif qui nous permet de remonter dans le temps et de visualiser la bobine de nos ancêtres :

http://www.open.ac.uk/darwin/devolve-me.php

Notre prophète, après avoir téléchargé sa photographie actuelle (Jésus Homo sapiens), découvrirait dans l'ordre, Jésus Homo heidelbergensis (il y a 400 000 ans), Jésus Homo erectus (un million et demi d'années) et enfin Jésus Australopithecus afarensis (entre 2,9 et 3,9 millions d'années).


Enfin, Monsieur, vous blasphémez ! Vous savez bien que sa maman était vierge et qu'il ne pouvait donc avoir d'ancêtres…

100e semaine, 04.03.2012
Celui qui essaie de sonder le gouffre de la stupidité humaine, ne manque pas de tomber sur un nombre considérable de superstitions plus aberrantes les unes que les autres. Pourtant, ce sont les superstitions liées aux chiffres ronds qui font peut-être le mieux porter le chapeau de l'imbécillité à leurs défenseurs.

Les populations grossières (le pléonasme est volontaire) anticipaient avec terreur l'approche de l'an 1000 où Dieu avait sans aucun doute fixé la fin du monde. Plus récemment, un couturier de génie parfaitement imbécile (l'oxymore est volontaire) a diverti le public en annonçant le cataclysme pour l'an 2000. Chacun se souvient aujourd'hui des prédictions de ces hurluberlus suggérant que de grands chambardements se produiraient le 11/11/11 à 11h 11m et 11s. Parce que le babouin humain progresse très peu sur l'échelle du bon sens, je suis dès à présent certain qu'il se trouvera des bachi- bouzouks pour prophétiser des événements funestes le 6 juin 2066 à 6h 6m et 6s.

Je m'amuse à noter que si l'évolution nous avait doté de 16 doigts au lieu de 10, nous n'aurions pas les mêmes chiffres ronds. Nous compterions en hexadécimal ! Ainsi, 666, le

« nombre du diable » que l'apocalypse désigne aussi comme le

« Chiffre de la Bête », s'écrirait 29A ; l’an 1000 eût été l’an 3E8 ; cette pensée iconoclaste serait la 64e (lisez la

six-quatrième), etc.

Les nombres sont aussi indifférents à notre sort que les dieux. La comète qui frappera la Terre et détruira toute vie humaine ne choisira pas la date de l'impact en fonction de notre système de numération.


101e semaine, 11.03.2012
Il n'y a pas à dire : nous ne manquons pas d'occasions de nous réjouir ! Le 26 février, Fête de l'Endive à Haisne. Le 28 avril, Journée de la Patate à Vitry-sur-Seine. Le 21 mai, Journée de la Fraise à Namur. Le 12 août, Fête des moules, Le Vivier- sur-Mer…

Mais j'allais oublier : Le 8 mars, Journée de la Femme,

partout.

102e semaine, 18.03.2012
Les grandes catastrophes sont autant de preuves de l'inexistence de Dieu, en tout cas d'un Dieu tout-puissant, parfaitement bon et qui se soucierait de nous.

Vingt-deux enfants et six adultes ont perdu la vie cette semaine dans un accident d'autocar en Suisse projetant leurs parents et leurs proches dans le plus grand désespoir que puisse connaître un être humain.

Pourtant, l'Église catholique s'apprête à faire ce qu'elle fait le mieux dans ces cas-là : une grande cérémonie promotionnelle. On priera un Dieu — celui-là même qui s'était absenté pendant le drame —d'accueillir l'âme des petites victimes dans son paradis. On répétera le grand mensonge de la vie éternelle. On admirera les têtes couronnées qui sont si bonnes d'être présentes...

L'Église est semblable à un faux-monnayeur qui tromperait les plus nécessiteux. Dracula institutionnel, elle a besoin du sang de victimes pour se requinquer. Grande voleuse de chagrins, elle réalise la transmutation des larmes en or et en pouvoir.

Les familles éplorées remercieront. Que voudriez-vous qu'elles

fassent ? Connaissez-vous un antonyme du mot « merci » ? Pour exprimer le contraire du remerciement, l'opposé de la


gratitude ou de la reconnaissance, je ne trouve aucun mot approprié dans notre langue et nous sommes réduits à l’injure : « va te faire foutre ! ». Qu'Il aille donc se faire foutre.

103e semaine, 25.03.2012
Vous me dites que Jésus a voulu mourir pour que vos péchés soient pardonnés ?

VOS péchés. Oh là là ! Mourir pour si peu ! Fallait-il donc qu'Il soit trisomique ?

104e semaine, 01.04.2012
J'ai connu une octogénaire très pieuse, une grenouille de bénitier, que vous n'auriez pu convaincre par aucun argument de monter dans un aéroplane : elle était persuadée qu'un voyage en avion était une entreprise téméraire qu'il fallait réserver à des personnes intrépides. Beaucoup de pratiquants ont ainsi peur de la mort et cela me laisse songeur. Comment ? Préfèrent-ils poursuivre le voyage dans cette vallée de larmes plutôt que de s'installer illico pour l'éternité à la droite du Seigneur dans un bonheur cataleptique ? Cette inconséquence trahit seulement la minceur de leur foi et c'est tant mieux ! Méfiez-vous du véritable croyant. Il n'a pas peur de l'avion car il est sûr qu'une place au paradis lui est réservée ; il est déjà dans l'avion ; il a bouclé sa ceinture ; il actionne le détonateur…

« Boum

Le monde entier fait Boum Tout l'univers fait Boum

Parc'que mon cœur fait Boum Boum Boum


Je n'entends que Boum Boum Ça fait toujours Boum Boum Boum Boum Boum... »
Charles Trenet

105e semaine, 08.04.2012
Saviez-vous que des bandes organisées de malfrats sont capables d'engranger des milliards de dollars chaque année au détriment d'honnêtes citoyens par une escroquerie mondiale fondée sur l'abus de la crédulité naturelle des enfants ?

Ces truands se font appeler rabbins, prêtres, imams, popes…

106e semaine, 15.04.2012
Vous observez la fuite d’un violeur d’enfant. Il se débarrasse du couteau encore sanguinolent avec lequel il vient d’égorger la petite fille dont il a abusé. Le dénoncerez-vous lorsque vous le reconnaîtrez sans l'ombre d'un doute au milieu d’une rangée de suspects présentés par la police ? Vous seriez un courageux témoin.

Sous l’occupation, vous remarquez un saboteur de voies qui opère avant le passage d’un convoi militaire allemand. Vous reconnaissez l'individu. Le raconterez-vous aux enquêteurs de la Gestapo ? Vous seriez un lâche délateur.

Les mots « témoignage » et « délation » désignent les mêmes actions. Pourtant, le témoin est bon quand le délateur est très mauvais.

Quelle est la différence ? Le témoin dénonce une personne qui

a transgressé une loi que vous approuvez. Le délateur dénonce


une personne transgressant une loi que vous n'approuvez pas. Le premier est honorable puisqu’il aide à protéger un ordre souhaité. Le deuxième, soutenant un ordre détesté, est haïssable. Selon que vous serez partisan ou adversaire d'un ensemble de règles répressives, la même personne sera désignée comme « courageux témoin » ou comme « répugnant sycophante ». Les mots sont toujours les vitrines de nos évaluations.

Aux Pays-Bas et en Belgique, des partis politiques ont mis sur pied des sites (par exemple meldpuntillegaliteit.be) qui permettent aux citoyens de dénoncer aux autorités la présence d'immigrés illégaux ainsi que les entrepreneurs qui les emploient.

Pour les humanitaroïdes* associés, c'en est trop et ils hurlent à la délation. Mais si vous APPROUVEZ les lois qui empêchent que votre pays soit accueillant pour tous les déshérités du monde, si vous pensez qu'il est effectivement nécessaire de condamner les requins s'engraissant de la détresse des petits poissons sans-papiers attirés par les planctons de l'abondance, alors, pourquoi ne pas témoigner, pourquoi ne pas dénoncer ?
*Humanitaroïde : personne affectée par un humanisme angélique ressemblant à une tare.

107e semaine, 22.04.2012
Ils sont coupables d'exister et d'être beaux, les animaux que la vermine humaine condamne à la prison à vie dans les volières ou les cages des zoos publics et privés pour le plus grand plaisir de morveux insupportables.
108e semaine, 29.04.2012
Nous voulons croire et nous faisons croire en la parfaite harmonie. Dès lors, nul n'enseigne aux enfants l'irrémédiable autant qu'inéluctable bataille des valeurs : que la paix trouve son fondement et sa justification dans la guerre ; que celui qui veut être heureux au point de jouer dans les étoiles doit se préparer à être aussi malheureux que s'il était jeté nu au fond d'un trou à vipères ; que le charme de la beauté n'a de sens que dans la confrontation avec la laideur ; que la vie est inextricablement liée à la mort ; que tout ce que nous aimons enfin, tout ce que nous vénérons, tout ce que nous souhaitons ne tire son sens que de la possibilité même son contraire. J'appelle ces conflits « verticaux » : ce qui est placé très haut sur une échelle doit sa valeur à la présence du bas de l'échelle. Comme si cela ne suffisait pas pour détruire l'illusion d'une totale réconciliation, les valeurs que nous défendons se révèlent souvent incompatibles entre elles. Ce sont des conflits

« horizontaux ». Karl Popper a bien montré par exemple que la liberté est incompatible avec l'égalité. Vous donnez aux hommes un peu de liberté ? Ils l'utilisent aussitôt pour renforcer les différences. Vous aimez l'humanité et vous défendez le droit des gens à faire des enfants ? Vous participez ainsi à l'asphyxie de la planète. Vous voulez favoriser les progrès de la médecine contre telle ou telle maladie ? Vous encouragez les atrocités commises sur les animaux de laboratoire.

Adieu beau paradis de mon enfance ! Il fallait, pour croire en toi, que les théologiens maintiennent ma pensée en apnée. Serait-ce la maturité ou la vieillesse qui hisse aujourd'hui mon visage à la surface en lui permettant d'aspirer goulûment une bolée d'air frais ?
109e semaine, 06.05.2012
Grâce à Dieu, Dieu n'existe pas. Mais s'il existait, Hitler à ses côtés aurait l'air d'un enfant de cœur. Que pèseraient en effet les cinq ou six millions de cadavres des camps nazis en face des milliards de victimes des pestes, tremblements de terre, tsunamis, tempêtes, cancers, maladies génétiques, inondations, accidents de toute nature que Dieu tout-puissant n'a pas daigné aider dans son infinie indifférence ?

Pour nous empoisonner complètement la vie, Dieu s'est finalement inventé lui-même !

110e semaine, 13.05.2012
Connaissez-vous le couple royal des concepts-voyous, les plus grands souverains de toutes les chimères ? Je veux parler de Dieu le roi et de la liberté la reine.

Les hommes ont inventé Dieu qui était le meilleur moyen

d'assurer la fidélité des femmes. Ils ont inventé la liberté qui était le meilleur moyen d'assurer le travail dévoué du grand nombre.

L'épouse religieuse est convaincue que c'est péché de

connaître un homme qui n'est pas son légitime propriétaire. L'exploité appliqué est convaincu qu'il a du mérite de bien travailler et que les fainéants sont des coupables.

La chimère de la liberté est peut-être plus difficile encore à abandonner que celle de la divinité. La théologie existentialiste renonce à Dieu tout en continuant à sacrifier à la mythologie du choix. Ainsi, disent-ils, choisissons-nous d'être ce que nous sommes, résistant ou collabo… Quelle blague !


111e semaine, 20.05.2012
L'adolescent : « Vous nous dites : Dieu n'est qu'un mot, l'âme est l'activité des neurones et la liberté n'existe pas… Vous voulez donc nous enlever toute espérance ? »

Le vieil homme : « Personne ne vous a-t-il jamais appris que

toute vérité est désespérance ? Que la désespérance n'est pas la mère du désespoir ? Que celui qui n'espère plus rien peut enfin vivre la pétulance de sa joie ? »

112e semaine, 27.05.2012
C'est une malheureuse évidence que la plupart des femmes qui n'arrivent pas à procréer vont se débattre désespérément en faisant appel à toutes les techniques de Dieu, du diable et de la médecine jusqu'à ce qu'enfin elles puissent parader en exhibant l’énorme tumeur disgracieuse formée par le polichinelle qu’elle ont dans le tiroir.

En revanche, celles qui peuvent se reproduire le font souvent en quantité bien plus importante que ce qu'elles voulaient. Je suggère aux sociologues de mettre sur pied une enquête qui nous permettrait de savoir quelle est la proportion d'humains accidentels, je veux dire par là ceux qui doivent leur existence à une erreur, une distraction, une maladresse ou une étourderie.

La panne géante d'électricité qui, en 1965, a plongé la ville de New York dans l’obscurité a eu pour résultat, neuf mois plus tard, d'affoler les compteurs des maternités locales. Quelques centaines d'individus – ils auront 46 ans dans les premiers jours d’août – peuvent aujourd’hui se dire : « Diable ! Je suis un enfant de la panne. Si la compagnie d'électricité avait été plus prévoyante, elle m'aurait épargné l'existence. »

Ces enfants de la panne sont peu nombreux. Mais ajoutons les enfants des capotes crevées, ceux des pilules oubliées, ceux de


l’abus d’alcool ou d’autres drogues, ceux du viol, de la débilité mentale, etc. Vous avez un peuple !

113e semaine, 03.06.2012
Je suis certain que ma femme est fidèle mais vous tenez à me donner des preuves qu'elle me trompe… Si vous parvenez à ébranler mon innocente crédulité, ce ne sera pas ma femme que je détesterai, ce sera vous !

Qu’ils se taisent donc, ceux qui pourraient faire germer en nous le sentiment pénible d'avoir été trompé ! Honnis soient les informateurs qui nous ouvrent les yeux !

Je ressens cette hostilité devant les croyants de l'homéopathie chaque fois que je suggère, documents à l'appui, que leurs dilutions de mercure, d'abeilles, de venin de serpents ou de crachats de tuberculeux ont exactement le même effet que la poudre de perlimpinpin d'un placebo.

Or, les cocus de l'homéopathie ne sont pas seuls. Cocus de la religion, de la psychanalyse, de la parapsychologie, de l'acupuncture, de l'histoire… Les femmes et les hommes sont bien plus fréquemment cocufiés par les attrape-nigauds de l'esprit que par leurs partenaires sexuels.

114e semaine, 10.06.2012
Lorsque je leur déclare qu'ils ont bien de la chance d'avoir un enfant génétiquement doué, les visages des parents qui sont venus s'informer auprès de moi des progrès de leur moutard s'illuminent d'une satisfaction qu'ils ne peuvent dissimuler.

« Vous vous en êtes rendu compte, cher ami ? », semblent-ils vouloir dire, « Les lauriers dont vous nimbez la tête de cet enfant ont été cueillis dans mon jardin… J'ai donc bien du


mérite à ce que ma progéniture ait du mérite. »

Jamais personne, pendant toute la durée de ma longue carrière au service de la pédagogie, ne s'est insurgé : « Mais que racontez-vous là ? Vous devriez être honteux : vous défendez la détermination génétique de l'intelligence ! Voilà qui est contraire à la démocratie ! Vous êtes certainement d'extrême droite. Etc. »

Pareille révolte ne serait possible que si j'osais dire aux géniteurs que leur enfant est héréditairement peu doté des facultés intellectuelles utiles pour réussir des études supérieures. Je m'en suis toujours bien gardé. J’avoue cependant que je l'ai pensé quelquefois, surtout après avoir écouté une mère ou un père tentant de m'expliquer combien leur rejeton possèdait un cerveau remarquable dont ses professeurs, évidemment très incompétents, ne parvenaient pas à reconnaître les grands talents…

Ainsi, l'héritage génétique des aptitudes est pareil à l'héritage institutionnel des capitaux : nous ne le critiquons que si notre nom n'apparaît pas sur le testament.

115e semaine, 17.06.2012
Nous autres Européens du Nord et immoralistes délurés, nous devrions rappeler à notre jeunesse que le christianisme (qui est un avatar du judaïsme et un précurseur de l’islam) nous a été imposé par les troupes d'occupation romaines. C'est la religion du collabo !

Plus tard, les Japonais, moins soumis, le rejetteront à la mer comme un envahisseur indésirable. Japonais bien avisés !


116e semaine, 24.06.2012

Pour clouer le bec aux déterministes, Kant utilisait un argument ne valant pas tripette. Il avançait qu'un déterministe ne devrait pas raisonnablement en vouloir à une personne qui lui aurait causé un préjudice. Or, disait Kant, les partisans de la nécessité, comme tout le monde, demandent non seulement réparation pour le tort qui leur a été infligé mais également une sanction du coupable. Ils contrediraient ainsi leur propre philosophie selon laquelle les actions du larron sont uniquement le résultat des causes physico- chimiques qui déterminent son comportement. Un déterministe cohérent devrait se laisser détrousser sans se plaindre.

Je suis étonné que le grand philosophe allemand des lumières n'ait pas été frappé par la faiblesse du sophisme. Les immoralistes délurés qui insistent sur les déterminations de nos pensées et donc de nos prétendus choix ne peuvent évidemment s'accorder à eux-mêmes les bénéfices du mythe de la liberté qu'ils refusent aux autres. En d'autres termes, le déterministe n'est pas plus libre de son ressentiment que le cambrioleur du choix de son activité. En souhaitant que le salaud qui nous a fait du mal soit puni, nous nourrissons une pensée vengeresse qui est le produit des lois de l'évolution ainsi que du milieu où nous avons grandi. Les premières ont contribué à graver certains comportements dans nos gènes alors que le deuxième fait de nous le produit d'une époque, d'un système d'éducation, d'un milieu social particulier.

Au vrai, le déterministe sait qu'il n'a même pas choisi d'être déterministe.

L'objection que je viens de formuler contre le raisonnement de Kant est applicable, mutatis mutandis, contre les moralistes reprochant à Cioran d'avoir vécu 84 ans en faisant l'éloge du suicide pour demander, ultime dérision, un rituel orthodoxe à son enterrement.
117e semaine, 01.07.2012
C'est par métonymie que nous estimons parfois qu'une conviction est « stupide ». L'étymologie — stupidus = immobile, pétrifié, hébété — l'indique. Certes, une croyance peut être irrationnelle, incompatible avec certains faits, illogique, etc. Le qualificatif « stupide » ne peut à proprement parler être attribué qu'à des êtres vivants. Mais la langue évolue et le français applique le terme désignant un être sot, inintelligent, bête, à l'objet de la conviction qu'il défend.

La figure de style masque un argument fallacieux. En effet, lorsque nous proclamons la stupidité d'un acte de foi, nous suggérons immanquablement que celui qui y adhère est un faible d'esprit. Cependant, s'il est vrai que le sot accepte facilement les affirmations non fondées, il ne faut pas en conclure que celui qui s'est laissé persuader par une sottise devrait nécessairement être un idiot.

Ainsi Aristote était-il convaincu que des souris pouvaient naître par génération spontanée dans les armoires et Descartes pensait qu'un animal hurlant de douleur était en tout semblable à un réveille-matin faisant du bruit en se fracassant sur le sol. Kant croyait que la masturbation était une faute tellement épouvantable qu'il convenait de ne pas même la nommer et il la désignait par une périphrase :

« souillure de soi-même ».

Lorsque Galilée proclamait qu'Aristote s'était trompé en écrivant que la vitesse de la chute d'un corps était proportionnelle à son poids, il s'exposait aux quolibets de ses collègues à l'université de Pise. Comment ce godelureau peut-il critiquer Aristote ? La voici précisément, la redoutable armée des stupides, les cohortes de ceux qui


froncent les sourcils et grondent : « Qui êtes-vous, misérable lilliputien, pour oser critiquer l'idée de ce géant ? ».

118e semaine, 08.07.2012
Nos hormones sont tout aussi responsables de nos pensées que nos neurones. La croyance suivant laquelle « nous

» déterminons notre vie doit être complétée par le fait que ce

« nous » est aussi hormonal. Pour qu'un « Je » survive à la décomposition de son corps, il faudrait que ses glandes l'accompagnent au paradis ou en enfer.

119e semaine, 15.07.2012
La photographie nous entraîne dans l'illusion qu'il pourrait être possible de piéger le temps. Le désir est ici de fixer un moment du flux perpétuel qui « courbe nos épaules et nous penche vers la terre » (Baudelaire) pour le restituer ultérieurement. Mais le passé évoqué n'est plus le passé, il n'est que le présent de l'évocation et en cela même il est une tromperie.

Le passé qui compte est dans ma mémoire mieux que sur une pellicule. La mémoire le modifie, certes, mais cela prouve seulement que son souvenir est vivant, qu'il est présent, alors que la photographie ou la carte magnétique sur laquelle on a dérisoirement tenté d'épingler un instant d'existence comme un papillon crucifié sur une planche devient elle-même instantanément du passé. Le papier s'effritera et se racornira, l'image imprimée ne sera bientôt plus regardée par personne,


elle disparaîtra comme disparaîtront les appareils qui permettent d'en tirer de nouveaux exemplaires quand nous n'aurons plus nous-mêmes d'existence que sur le Facebook des anges.


120e semaine, 22.07.2012 Lypémanie de Dieu.

Certes, j'ai créé la terre, le ciel étoilé, les animaux et finalement les hommes que j'ai dotés de la pensée et du langage. Certes, je donne un sens à la vie de tous ceux qui croient en moi.

Mais qui donnera un sens à MA vie ? Vers quelle divinité dois-je me tourner pour qu'elle explique et justifie mon existence ?

Voici la cause de ma détresse : je ne puis être qu'un Dieu athée.

121e semaine, 29.07.2012
Quelques spectateurs de la vidéo « athéisme » postée sur YouTube m'ont accusé d'être franc-maçon ! Dans leur esprit bancal, cela revient à être membre de la secte de scientologie ou disciple de Jéhovah…

Or, qu'ai-je répondu à mes amis maçons qui m'ont quelquefois demandé de les rejoindre ? Que je suis trop penseur libre pour être libre-penseur.


122e semaine, 05.08.2012

Dialogue

  • Dis papy, où elle est grand-mère ?

  • Tu sais bien qu'elle est morte…

  • Oui, je sais. Mais où est-elle maintenant qu'elle est morte ?




  • Les gens qui sont morts n'existent plus et par conséquent ils ne sont plus que dans la mémoire de celles et de ceux qui les ont connus. Il nous en reste des images. Ça n'a aucun sens de se demander où se trouve une personne qui n'existe plus.

  • Qu'est-ce que ça veut dire, papy « ne plus exister » ?

  • Ça veut dire : être décomposé. Dès qu'un être vivant meurt, il commence à se décomposer. Ainsi, hier, tu mangeais une pomme. Eh bien, aujourd'hui, cette pomme n'existe plus. Tu l'as réduite en bouillie dans ta bouche et ensuite ton estomac et tes intestins ont continué de la décomposer pour récupérer l'eau, les sucres, les acides, les protéines les vitamines et même quelques métaux qui sont du carburant pour ton corps. Les fragments de pomme que ton corps n'utilise pas sont rejetés dans ton pipi et ton caca.

  • Est-ce que tu penses que Mamie est devenue du pipi et du caca comme la pomme que j'ai mangée ?

  • Mais non voyons, personne n'a avalé ta grand-mère !

  • À la récréation, mon ami Georges m'a dit que sa grand-mère à lui, elle était au ciel.

  • Le ciel n'existe pas.

  • Pourquoi ? Il a été décomposé lui aussi ?

  • Non. Lui, il n'a jamais existé. Il a été imaginé par de vieux messieurs qui voulaient faire obéir les femmes et les enfants. Quand les enfants grandissent, ils continuent de croire ces sottises et ils les apprennent à leur tour à leurs enfants. C'est ainsi que tout le monde courbe la tête, s'agenouille, travaille sans protester pour des rois, des reines et tous les personnages importants qui les exploitent…

  • Et l'enfer ? Georges a dit que toi, quand tu seras mort, tu iras en enfer.

  • Rassure-toi : personne ne peut aller dans un lieu qui n'existe pas. Mais si ça existait, j'aurais bien plus peur de me retrouver au paradis !


  • Pourquoi ?

  • Parce que j'y retrouverais certainement ta grand-mère.

123e semaine, 12.08.2012
Compagnons de la toupie. Notre toupie a développé à sa surface une maladie auto-immune corrosive épouvantable, un lupus érythémateux que nous appelons la vie. Ce lupus a récemment dégénéré en cancer de la peau terrestre. Les cellules cancéreuses qui prolifèrent maintenant sont les hommes. Pour sauver sa toupie, Dieu a bien inventé une chimiothérapie — le sida — mais elle s'est très vite révélée inefficace : seuls 3 millions de cellules malignes ont été éliminées. Il en eût fallu 3 milliards afin de réduire significativement le néoplasme. Les 4 milliards survivants — c'est tout de même un milliard de plus qu'au jour de ma naissance ! — auraient peut-être été supportables pour la planète bleue. Une fois de plus, Dieu révélait son incompétence. Allah Akbar !


124e semaine, 19.08.2012 Histoire triste.

Notre héroïne n'a vraiment pas de chance. D'abord, elle est noire et les humanistes nous ont appris combien il est fâcheux d'avoir la peau foncée. Bien sûr, c'est une femme et les féministes nous ont appris combien cette condition est défavorable dans notre monde injuste. Ensuite, elle est naine et les joueurs de basket nous ont appris combien c'était difficile d'être petit. Elle est aussi obèse et McDonald nous a appris combien c'était moche d'être gros. Enfin, elle est aveugle et le cinéma nous a appris que c'était mieux de voir les images si l'on voulait profiter du film.


Cependant, comme elle n'est pas muette, elle s'est adressée à Dieu en ces termes: « Seigneur, pourquoi as-tu permis que je naisse ? »

À sa grande surprise, l'être suprême lui a répondu et un

dialogue s'est engagé.

« Personne ne t'a-t-il enseigné que la vie est le plus merveilleux cadeau que l'on puisse recevoir ?

  • Je dois vous dire que c'est un cadeau dont je me serais bien passé.

  • Considère que j'ai envoyé mon fils sur Terre pour te sauver…

  • Pour ce qui me concerne, il a raté son coup.

  • Essaie de comprendre que je te propose le bonheur éternel assise à ma droite en compagnie de tous les bienheureux.

  • Je ne serai plus noire ?

  • Ton âme sera toute blanche.

  • Je ne serai plus femme ?

  • Ton âme ne sera ni femme ni homme.

  • Je ne serai plus naine ?

  • Ton âme aura la grandeur de l'esprit.

  • Je ne serai plus boudinée ?

  • Ton âme n'aura pas de poids dans mon paradis.

  • Je ne serai plus aveugle ?

  • Ton âme contemplera l'idée du Bien.

  • Ton âme, ton âme, ton âme… J'aurais préféré un peu de bonheur passager dans un corps satisfaisant. Mais dites-moi, Vous qui êtes omniscient, si je me suicide, est-ce que j'irai dans votre paradis ?

  • Certainement pas. »

Voilà pourquoi vous avez peut-être lu dans la presse que des passants ont découvert sur un trottoir de New York le cadavre désarticulé d'une naine noire obèse qui avait probablement confondu la fenêtre et la porte puisqu'elle était aveugle.


125e semaine, 26.08.2012 Naissance : malheureux événement.


126e semaine, 02.09.2012
Un couple britannique a récemment gagné la somme astronomique de 185 millions d'euros à une loterie. Qui dira qu'ils le méritaient ? Personne, probablement. Leur seul mérite serait d'avoir acheté le billet gagnant. Or, même s'ils achetaient régulièrement ce genre de billet, il serait difficile de défendre que leur persévérance a été justement récompensée puisque des millions d'autres personnes agissent de la même manière sans obtenir le même succès.

En décrochant 22 médailles, Michael Phelps fut déclaré le sportif le plus médaillé de tous les temps aux jeux olympiques. La plupart lui attribuent un immense mérite.

Eh bien, je défends quant à moi l'idée que le nageur

américain n'a pas plus de mérite que le couple des gagnants écossais !

La chance d'une personne étant inversement proportionnelle à la probabilité d'une réussite, je pense que l'athlète a été plus favorisé encore par la fortune que les nouveaux riches de l’Euromillions. Il a tiré le gros lot d'au moins deux tombolas sans avoir dû se donner la peine d'acheter les billets. Première tombola : juste après la fécondation, lorsque le matériel génétique d'un spermatozoïde fusionne avec celui d'un ovule. Là s'est dessiné le plan de cette future formule 1 de la natation dotée d'énormes mains et d'énormes pieds, de bras si longs qu'on les a comparés à ceux de l'orang-outan, d'un cœur à toute épreuve, de muscles surpuissants enveloppant un squelette bien profilé.

Deuxième tombola : le veinard se retrouve au milieu d'un environnement qui favorise et encourage la performance


sportive, il y rencontre des personnages décisifs, des entraîneurs remarquables, des amis qui l'encouragent, etc. Les lots du gagnant sont plus difficiles à définir mais n'en sont pas moins déterminants pour la vie de celui qui est né coiffé. Le virtuose des piscines ne serait pas celui qu'il est devenu s'il était né, par exemple, dans une favela brésilienne, sous-alimenté par des parents alcooliques et violents. J'entends vos protestations : ni l'héritage génétique ni l'environnement ne suffisaient à faire de lui ce merveilleux champion. Encore fallait-il qu'il s'entraîne, qu'il travaille énormément. J'en conviens. Mais il ne faut pas oublier deux choses.

D'abord, la « volonté de fer » que vous imaginez à la base de tout ce travail est partie intégrante, tout comme les mains, les pieds et les muscles, des deux tombolas biologique et environnementale. Elle n'est qu'une propriété de l'activité de l'organe cérébral dont notre héros a été doté et qui a reçu la marque de son environnement. La volonté n'est pas un sylphe poussant notre âme à des efforts désagréables et qui, si l'on en croit les délires des spiritualistes, existerait indépendamment de la matière de notre corps. La volonté, c'est l'éjaculation de certains neurones et de certaines synapses.

Ensuite, des centaines de millions d'autres personnes se soumettent régulièrement à des séances d’entraînements intenses et souvent douloureux sans jamais avoir la moindre perspective de décrocher une médaille olympique. Ces galériens ont hérité de la « volonté de fer » sans posséder le moteur le plus performant. Ils ont le mérite des enfants en surpoids qui se décarcassent derrière les autres sur le terrain de sport… mais ce mérite-là n’est pas payant.

Nous avons déjà, pour nous faire croire au mérite, les jeux paralympiques. À quand les obélympiques, les jeux olympiques des obèses ?


127e semaine, 09.09.2012
Le savoir scientifique le plus mal enseigné au monde des enfants et des adolescents est bien l'astronomie. Interrogez-les

: « Qu'est-ce qu'une galaxie ? Une étoile ? Une naine

blanche ? Une géante rouge ? Combien d'étoiles dans notre galaxie ? Combien de galaxies dans notre univers ? À quelle distance se trouve l'étoile la plus proche ? La galaxie la plus proche ? Les collisions sont-elles possibles ? »

Ils ne savent rien. Beaucoup connaissent pourtant les noms des Rois mages qui sont mentionnés seulement dans un évangile arménien apocryphe !

Les personnages importants de la Sainte inquisition (le cardinal Bellarmin et ses semblables) n'étaient pas des sots. En mettant à l'index le livre de Copernic, en exécutant de Giordano Bruno et en brisant Galilée ils montraient qu'ils avaient compris que toute réflexion objective sur le ciel ne pouvait que mettre en évidence l'absurdité des croyances religieuses. « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? » (Actes des Apôtres, chapitre 1)

C’est que le ciel parle un langage clair à tous ceux dont les oreilles ne sont pas bouchées par le cérumen mythique. Il tourne en dérision notre mégalomanie ainsi que l'extravagance de nos croyances en Jésus.

128e semaine, 16.09.2012
Bien sûr que le bonheur existe ! Il se trouve le plus souvent chez un être jeune, en bonne santé, beau et intellectuellement très limité. Malheureusement, chacune de ces quatre conditions favorise la reproduction de l'espèce.
129e semaine, 23.09.2012
Notre Père l'État impose une taxe sur les tabacs calculée pour être à la fois très importante sans être assez énorme pour dissuader complètement les fumeurs. J'entends dire qu'il est parfaitement normal de mettre ces gens à l'amende pour leur vice et de les persécuter socialement, en les condamnant, par exemple, à griller leur clope sur le trottoir… Ces abjects personnages esclaves de leur triste assuétude, argumente-t-on, coûtent bien plus cher à la société que ce que les taxes sur le tabac rapportent. Nul ne peut douter qu'en effet la kyrielle de maladies imputables au tabac entraîne de l'absentéisme, des visites médicales, des hospitalisations, des interventions chirurgicales qui mettent à mal les caisses de la sécurité sociale.

Or, s'il est indéniable que les volutes de la fumée tabagique font mourir, elles font aussi vivre un nombre considérable de gens. Depuis le planteur cubain et l'agriculteur de Caroline du Nord jusqu'au chirurgien entouré des infirmières aidant à l'ablation d'un poumon en passant par le tenancier du kiosque à journaux, le fabricant des cendriers et des briquets ou les concepteurs des hottes aspirant la fumée…

Mais l'herbe à Nico a un avantage économique bien supérieur : elle tue des centaines de milliers de personnes qui auraient pu vivre encore mettons 20 ans s'ils avaient été « clean ». Imaginez-vous la charge conséquente des caisses de retraite et de soins qu'un tel sursis engendrerait ?

Lorsque j'assiste au spectacle de ces vieillards quasiment momifiés, ratatinés sur leur chaise roulante et nourris à la petite cuillère par des infirmières acariâtres, je me dis qu'ils n'ont pas assez fumé. Fumons donc sans modération et avec bonne conscience : nous aurons ainsi l’élégance de ne pas mourir trop vieux.

130e semaine, 30.09.2012
Je viens de télécharger (à partir d'un site canadien*)

«Bagatelles pour un massacre » de Louis Ferdinand Céline. Tous ceux qui me connaissent savent l'admiration que j'ai toujours nourrie pour l'intelligence du peuple juif. Il est donc difficile de m'accuser d'antisémitisme.

Or, le livre dont je vous parle est jugé moralement inadmissible par nos bons humanistes à cause de son contenu clairement raciste. Alors, pourquoi lire ce brûlot ? C'est très simple : j'ai décidé de m'en procurer une copie à la minute où j'ai appris que ce texte était interdit de publication et de diffusion en France.

Prohiber un ouvrage afin de défendre sa propre conception du bien est plus que stupide : l'interdiction est la meilleure promotion dont une idée, si absurde soit-elle, puisse bénéficier. Dites-moi ce qu'il est interdit de penser et je désirerai le connaître. Mieux : dans la longue histoire de la pensée, les vertueux ont si souvent voulu mettre la vérité sous le boisseau de la proscription que nous sommes amenés à soupçonner qu'une idée, pourvu qu'elle soit renégate, doit nécessairement contenir au moins quelques fragments de vérité…


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