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TROISIÈME PARTIE - PSYCHISME


Chapitre IX – Suggestion mentale ou transmission de la pensée




Nous touchons maintenant à la partie la plus délicate de notre sujet ; aussi, sommes-nous certain d'éveiller le scepticisme des personnes qui ne sont point au courant des phénomènes que nous allons passer en revue, ce que, d'ailleurs, nous comprenons aisément.

En effet, notre éducation, ce qu'on nous a enseigné dans les écoles est si éloigné de ce que prouvent les manifestations de forces insoupçonnées jusqu'ici que notre raison se refuse à admettre ce que nous ne pouvons nous expliquer. Mais si nous réfléchissons pourtant à ce que nos connaissances acquises valent par rapport à celles que nous réserve le progrès futur, nous nous garderons de nous prononcer à priori, car toute loi scientifique énoncée aujourd'hui peut être inadmissible demain à la suite d'une nouvelle découverte, et tout axiome évident à cette heure peut devenir une hypothèse à justifier ou un problème à résoudre.

Jetons un coup d'œil en arrière et voyons ce que le concept humain a réalisé depuis un siècle. Cette électricité, qui agitait les pattes des grenouilles de Galvani et que Volta produisait faiblement avec sa pile, traîne aujourd'hui de lourdes voitures, voire des trains entiers de chemin de fer. Les savants du temps de Galvani et de Volta étaient à cent lieues de se douter de ce que réaliserait plus tard cette force, et, certes, elle n'a pas dévoilé encore tous ses secrets merveilleux.

La découverte récente du radium nous laisse supposer encore ce que nos arrière-neveux pourront en retirer de pratique : peut-être un jour cette énergie supplantera l'électricité, comme cette dernière tend à supplanter la vapeur.

Les savants, interrogés sur ce que sont : la vapeur, la chaleur, la lumière, l'électricité, les rayons X, l’uranium, le radium, etc., répondent, pour chacun d'eux : c'est de l'énergie. Nous dirons, nous : ce sont des manifestations de la vie.

La vie est partout, la mort nulle part : tout se transforme, tout évolue, tout se perfectionne.

L'atome, dernière division de la matière, a une force propre incommensurable. On admet qu'il jouit de propriétés électriques et qu'il sert de support à des particules électriques désignées sous le nom d'ions ou d'électrons ; mais l'on est disposé à croire que les ions existent sans support matériel, et que l'atome n'est qu'un agrégat de particules électriques, les unes positives, les autres négatives. L'atome serait donc simplement un composé de tourbillons électriques, et les radiations que nous connaissons, des particules provenant de la dissociation de l'atome.

De l'observation de ces phénomènes, il résulte que l'atome est un réservoir d'énergie qui, dans certaines conditions données, devient libre en amenant la destruction de l'atome.

On croyait jadis que la matière ne restituait que l'énergie reçue du dehors, mais on sait maintenant qu'elle est une source de production d'énergie.

Libérera-t-on un jour la puissance que recèlent les atomes dans leur sein ? Peut-être...

Nous verrons plus loin que, dans certaines conditions favorables, ces phénomènes de dissociation de la matière se sont produits en présence de savants autorisés, qui n'ont pu expliquer ce fait que par l'intervention d'intelligences n'appartenant pas à notre plan physique.

Si nous n'admettions que la matière qui frappe nos sens, nous serions bien bornés ; soyons persuadés qu'il existe des matières de moins en moins denses, des matières que non seulement nos sens, mais même les appareils de physique les plus sensibles ne peuvent enregistrer que dans certaines conditions accidentelles.

Mais, comme les savants de tous les pays étudient ces énergies, ces puissances, nous ne désespérons pas qu'ils arrivent, dans un avenir plus ou moins éloigné, à trouver le modus operandi pour pouvoir, à volonté, produire des faits supranaturels qui déconcertent le chercheur.

Le possible ne peut être borné.

La psychologie positive est née de la méthode expérimentale, et la science ne doit reculer devant aucune investigation, lors même que les faits avancés sont en désaccord complet avec les opinions régnantes.

Pour servir le progrès, on doit scrupuleusement et consciencieusement étudier tous les phénomènes qui se présentent à l'observation, et ce serait agir anti-scientifiquement de laisser de côté les plus troublants, les plus merveilleux.

Ne renonçons jamais à notre droit de contrôle, et prenons les plus méticuleuses précautions pour ne pas être trompé, ne pas nous tromper et ne point tromper les autres.

La suggestion mentale est le premier stade des phénomènes psychiques : le sujet vaut la peine d'être étudié.

Nier la transmission de la pensée est aussi peu logique que de nier la chaleur, la lumière, l'électricité, et la cause qui la produit n'est pas plus mystérieuse que celle qui fait germer un grain de blé.

Dans l'état actuel de nos connaissances, croit-on qu'on peut expliquer le pourquoi de toute chose... On trouve des mots qui ne contiennent aucune explication. Le savant, dans bien des cas, est aussi ignorant que l'enfant qui vient de naître : le fini ne pouvant concevoir et encore moins expliquer l'infini.

Cherchons et tâchons de comprendre les vérités, et cette compréhension nous amènera à des découvertes certaines qui élèveront nos idées et nous permettront d'entrevoir nos destinées futures.

Le suggestion mentale ne s'établit pas avec tous les somnambules magnétiques ou hypnotique s; mais si l'on veut bien se rappeler ce que nous avons dit dans la première partie de ce livre, si on a la patience et la ténacité indispensables pour provoquer un sommeil profond chez les sujets qui y sont prédisposés, ce phénomène se manifestera plus souvent. Néanmoins, on peut le rencontrer chez des personnes éveillées douées d'une impressionnabilité particulière ; mais alors les faits sont moins patents, moins concluants.

Le professeur Ochorowicz, dans son ouvrage la Suggestion mentale, dit:

Mais si je n'avais eu d'autres preuves que la témoignage du père Surin, de M. Poucet et de Mme Guyon, croyez-vous que j'aurais publié un livre sur la suggestion mentale, ou même fait une mention quelconque de l'existence de ce phénomène ? Jamais. Je ne l'aurais pas nié, non plus, assurément, parce que je nie jamais une chose que je ne connais pas ; mais de là à une déclaration scientifique d'un fait aussi étrange, il y a encore loin.

Voici pourquoi je me suis gardé de commencer, comme c'est la coutume, par l'histoire du sujet, et par conséquent par des témoignages lointains ; mais maintenant les choses ont changé. J'ai vu, bien vu, moi-même, je peux donc ajouter foi au témoignage de ceux qui ont vu la même chose que moi, et il ne serait pas juste que je cache au lecteur les observations qui ne me sont pas personnelles. Au contraire, je vais les citer toutes, c'est-à-dire toutes celles qui ont un aspect véridique, qui ont été bien constatées, et qui présentent une analogie évidente avec ce que j'ai observé moi-même. On excusera cette dernière réserve, car, sans cela, je serais obligé de citer des choses incroyables, pour le moment au moins, et il est toujours prudent d'avancer lentement sur un terrain obscur et inconnu. »

Pour donner une idée exacte du phénomène de la suggestion mentale, et pour appuyer ce que nous avons déjà dit sur la façon d'endormir le sujet, nous ne saurions mieux faire qu'en empruntant au docteur Ochorowicz l'observation suivante. Cette observation est assurément un peu longue, mais nous pensons que le lecteur saura en tirer tout l'enseignement qu'elle comporte.

Je donnais mes soins à une dame atteinte d'hystéro-épilepsie, et dont la maladie, déjà ancienne, fut aggravée par des accès de manie du suicide.

Mme M..., âgée de 27 ans, forte et bien constituée, a apparence d'une santé parfaite. (Exp. Hy : insensibilité et contracture presque instantanée du bras entier.) Attaques convulsives de la grande hystérie datant presque de l'enfance. Influences héréditaires très fortes. Depuis quelque temps, outre les attaques classiques à plusieurs périodes, accès de folie avec congestions des lobes antérieurs et anémie des lobes postérieurs ; évanouissement nerveux paralytique et accès épileptique formes de courte durée. Contractures et amblyopie passagères, plus fortes du côté gauche. Un seul point hystérogène au-dessous de la clavicule gauche. Un point délirogène à l'occiput droit correspondant à la fosse occipitale supérieure. Pas d'anesthésie. La pression ovarienne arrête l'attaque momentanément. Sensible à l'étain, mais aussi à d'autres métaux, à des degrés différents et inconstants. Tempérament actif et gai uni à une extrême sensibilité morale, intérieure, c'est-à-dire sans signes extérieurs. Caractère véridique par excellence, bonté profonde, tendance au sacrifice. Intelligence remarquable, plusieurs talents, sens de l'observation. Par moment, manque de volonté, indécision pénible, puis une fermeté exceptionnelle. La moindre fatigue morale, une impression inattendue de peu d'importance, aussi bien agréable que pénible, se répercute sur les vaso-moteurs, quoique lentement et insensiblement, et amène une attaque, un accès ou un évanouissement nerveux.

Un jour, on plutôt une nuit, son attaque étant terminée (y compris la phase du délire), la malade s'endort tranquillement. Subitement réveillée et nous voyant toujours auprès d'elle, son amie et moi, elle nous prie de nous en aller, de ne pas nous fatiguer pour elle inutilement. Elle insiste tellement que, pour éviter une crise nerveuse, nous partons. Je descends lentement l'escalier (elle demeurait au troisième) et je m'arrête plusieurs fois en prêtent l'oreille, troublé par un mauvais pressentiment (elle s'était blessée plusieurs fois quelques jours auparavant). Déjà dans la cour, je m'arrête encore une fois, en réfléchissant si je dois partir ou non. Tout à coup, la fenêtre s'ouvre avec fracas et j'aperçois le corps de la malade se pencher au dehors dans un mouvement rapide. Je me précipite vers le point où elle pouvait tomber, et, machinalement, sans y attacher aucune importance, je concentre ma volonté dans le but de m'opposer à la chute. C'était insensé, et je ne faisais qu'imiter les joueurs de billard qui, prévoyant un carambolage, essayent d'arrêter la bille par des gestes et des paroles.

Cependant, la malade, déjà penchée, s'arrête et recule lentement par saccades.

La même manœuvre recommence cinq fois de suite, et enfin la malade, comme fatiguée, reste immobile, le dos appuyé contre le cadre de la fenêtre toujours ouverte.

Elle ne pouvait pas me voir, j'étais dans l'ombre et il faisait nuit. En ce moment Mlle X.... l'amie de la malade, accourt et l'attrape par les bras. Je les entends se débattre et je monte vite l'escalier pour venir à son secours. Je trouve la malade dans un accès de folie. Elle ne nous reconnaît pas ; elle nous prend pour des brigands. Je ne réussis à la détacher de la fenêtre qu'en appliquant la pression ovarienne qui la fait tomber à genoux. A Plusieurs reprises, elle essaye de me mordre, et ce n'est qu'avec grand'peine que je réussis enfin à la remettre dans son lit. En continuant d'une main la pression ovarienne je provoque la contracture des bras et je l'endors enfin.

Une fois en somnambulisme, son premier mot fut :

- Merci et pardon. »

Alors elle me raconta qu'elle voulait absolument se jeter par la fenêtre mais que, chaque fois, elle se sentit soulevée par en bas ».

- Comment cela ?

- Je ne sais pas...

- Vous vous doutiez de ma présence ?

- Non, c'est précisément parce que je vous croyais parti que je voulais accomplir mon dessein. Cependant, il m'a semblé par moments que vous étiez à côté ou derrière moi, et que vous ne vouliez pas que je tombasse. »

Cette expérience, ou plutôt cet accident, ne suffisait pas, évidemment, pour prouver une action à distance. Mais il m'a suggéré l'idée d'une étude nouvelle de la question. Puisqu'il y avait une apparence d'action, rien n'était plus simple que de la soumettre à un examen expérimental. Mais pour rester dans les conditions nettes, je n'ai soufflé mot à personne de mes projets, et j'ai même résolu d'attendre quelques jours pour bien préparer l'expérience.

J'avais l'habitude d'endormir la malade tous les deux jours et de la laisser dans un sommeil profond (l'état aïdéique) pendant que je prenais mes notes. Je pouvais être certain, d'après une expérience de deux mois, qu'elle ne bougerait pas avant que je m'approche d'elle, pour provoquer le somnambulisme proprement dit. Mais ce jour-là, après avoir pris quelques notes et sans changer d'attitude (je me tenais à plusieurs mètres de la malade, en dehors de son champ visuel, mon cahier sur les genoux et la tête appuyée sur la main gauche), je feignis d'écrire, en faisant crier la plume comme tout à l'heure, mais intérieurement, je concentrais ma volonté sur un ordre donné.
Le 2 décembre

1) Lever la main droite.

Je regarde la malade à travers les doigts de ma main gauche appuyée sur le front.



1re minute: action nulle.

2e minute : une agitation dans la main droite.

3e minute : agitation augmente, la malade fronce les sourcils et lève la main droite.


J’avoue que l’expérience m’émut plus qu’aucune autre. Je recommence :


2) Se lever et venir à moi.

Je la reconduis à sa place sans rien dire.
3) Retirer le bracelet de la main gauche et me le passer.

Je touche son bras droit et probablement je le pousse un peu dans la direction de son bras gauche, en concentrant ma pensée sur l’ordre donné.

Elle fronce les sourcils, s'agite, se lève lentement et avec difficulté, vient à moi la main tendue.

Action nulle.

Elle étend sa main gauche, se lève et se dirige vers Mlle X.... puis vers le piano.

Elle s'assied, épuisée.

Elle retire son bracelet (semble réfléchir).

Elle me le donne.





4) Se lever, approcher le fauteuil de la table et s’asseoir à côté de nous.


J'arrête sa main qui faisait fausse route.
5) Donner la main gauche.

(Reste assise !)

(Donne la gauche !)

(Donne la gauche !)

(Pas celle-ci l'autre !)

Elle fronce les sourcils, se lève et marche vers moi.

Je dois faire quelque chose, dit-elle.

Elle cherche... touche le tabouret, déplace un verre de thé.

Elle recule, prend le fauteuil, le pousse vers la table, avec un sourire de satisfaction, et s'assied en tombant de fatigue.

On me dit d'apporter et on ne me dit pas quoi... pourquoi parle-t-on si indistinctement ?

Elle s'agite.

Donne la main droite.

Essaye de se lever.

Elle se rassied.

Agite la main gauche, mais ne me la donne pas.

Se lève et passe sur le canapé.

Elle donne la main droite.

Elle donne la main gauche.



Il est à remarquer que la malade se trompe souvent de côté, même à l'état de veille.

Pendant cette dernière expérience, le somnambulisme actif s'est déclaré, elle cause avec nous en plaisantant. Elle ne m'obéit plus. Je vais dormir maintenant », dit-elle.

Elle s'endort.

Quelques traces d'une attaque dans le sommeil, enfin elle paraît se réveiller.

- J'ai un tic-tac dans la tête qui ne me laisse pas dormir. Je ne veux plus dormir; asseyez-vous auprès de moi.

- Etes-vous toujours en somnambulisme ?

- Oui. (Cette malade avait le sens assez rare de se rendre compte de chaque phase de son état avec une exactitude étonnante. Je feignais souvent de ne pas reconnaître son état, pour qu'elle me le décrivit elle-même.)

- Et si vous vous endormez dans cet état, est-ce la même chose qu'à l'état de veille ?

- Oh non ! car maintenant ce sont les jambes et le corps qui s'endorment les premiers, de sorte que je peux bien savoir si j'ai bien dormi ou non, tandis qu'en m'endormant à l'état de veille, je m'endors de la tête et je ne sais plus rien. Et puis, quand je cause étant magnétisée, je me repose tout de même, et je peux causer ainsi toute la nuit tandis que si je causais à l'état de veille, j'aurais la tête fatiguée et somnolente.
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