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à plus tard le souci de ce qui pourrait suivre. La situation militaire devant laquelle nous nous trouvions au début de septembre nous avait mis trop clairement sous les yeux le danger qui nous menaçait.

Il se tint peu de temps après, à Pless, entre les services responsables de la politique et de la conduite de la guerre pour l’Allemagne et pour l’Autriche-Hongrie, auxquels vint s’adjoindre le général von Beseler, une série de conférences où l’on discuta la question polonaise ; une seule, des questions qui s’y débattaient, avait pour moi un intérêt : la question de l’armée polonaise qui pouvait nous apporter des forces nouvelles.

Le général von Beseler conserva son point de vue, tandis que le général von Conrad nous mettait énergiquement en garde contre tout optimisme. Le général von Beseler indiquait comme condition fondamentale d’une pleine réussite la proclamation d’indépendance du royaume et rétablissement d’une administration unique pour la Pologne, par la réunion des deux gouvernements généraux du Lublin et de Varsovie. C’est alors seulement que les Polonais verraient tout le sérieux des plans conçus par les Puissances Centrales au sujet de leur pays. J’étais aussi de cet avis. Je défendis, vis-à-vis du baron Burian, l’idée de cette union, dans l’intérêt de la constitution d’une armée polonaise. Mais les hommes d’État principaux ne réussirent pas à trouver un compromis. Pour le baron Burian, les désirs de la double monarchie et les soucis que lui causaient les difficultés intérieures parlaient plus haut que l’intérêt commun d’une bonne conduite de la guerre. L’union recommandée par le G. Q. G. allemand et par le général von Beseler tomba à l’eau. Le général von Beseler ne désespérait pas cependant de constituer une armée, si les Puissances Centrales proclamaient l’établissement du royaume. Il proposa d’organiser d’abord quatre ou cinq D. I. La légion polonaise en fournirait la base.

Il espérait pouvoir tenir ces D. I. à la disposition du G. Q. G. en avril 1917, et en former d’autres ensuite. Ce n’était pas beaucoup, mais cela permettait d’espérer davantage. La guerre pouvait encore durer des années. Il fallait accepter tout renfort possible. La situation militaire ordonnait de se rallier aux propositions du général von Beseler. Le G. Q. G. entra dans la voie que celui-ci estimait seule praticable.

Le gouvernement impérial s’occupa d’exécuter le programme de M. von Bethmann et du baron Burian concernant la création du royaume de Pologne, pendant que nous délibérions avec le général von Beseler et le G. Q. G. austro-hongrois sur la constitution de l’armée polonaise.

Le sous-secrétaire d’État Wahnschaffe me pria d’expliquer au ministre von Loebell mes vues sur la nécessité d’une armée polonaise. J’accédai à ce désir et dans une lettre privée j’appuyai cette nécessité sur la loi de fer de la guerre qui exigeait toujours plus d’hommes.

Je ne suis pas renseigné sur le détail de ce qui se passa à Berlin. Le chancelier et le général von Beseler y appuyèrent chaleureusement l’institution de l’armée et du royaume de Pologne. Mais cette institution du royaume de Pologne souleva de graves inquiétudes de divers côtés en Allemagne. Il vint aussitôt de Berlin des bruits affirmant que tout le plan était de moi. Je priai à plusieurs reprises le gouvernement d’exposer ce qui s’était passé ; malheureusement il ne se trouva aucun homme d’État pour rétablir la vérité en bonne et due forme. Comme il était arrivé à propos de la guerre sous-marine, le G. Q. G. se trouva ainsi engagé, pour la deuxième fois, dans un conflit politique, sans qu’il l’eût voulu, et cette fois par le fait d’insinuations fausses. Est-il surprenant que je sois sorti encore une fois écœuré de ces incidents ? Tous ceux qui ont travaillé avec moi savent que j’étais toujours prêt à entendre une explication franche, que j’écoutais toutes les objections, mais que j’exigeais une droiture absolue.

Je fus appelé en outre par le chancelier à participer à la composition de la proclamation concernant la fondation du royaume de Pologne.

La proclamation du royaume, le 5 novembre, de même que toutes les mesures prises pour former une armée polonaise, furent des coups d’épée dans l’eau. Nous vîmes bientôt clairement que le général von Conrad avait apprécié sainement la situation. Il me fallut même, à la fin, renoncer à chercher dans les troupes polonaises un renforcement de notre armée. Le général von Beseler reconnut lui-même qu’il s’était trompé. L’institution d’une armée polonaise avait ainsi définitivement échoué. L’idée de la formation d’une troupe nationale polonaise que le général von Beseler ou le gouvernement austro-hongrois remettaient de temps en temps sur le tapis fut toujours depuis lors écartée par le G. Q. G. Pour lui, l’armement de la Pologne, dont l’attitude était si douteuse, eût constitué un danger auquel il avait le devoir de parer comme il avait eu auparavant le devoir de rechercher un apport de forces nouvelles.

On dépensa un temps précieux et beaucoup de forces dans ces négociations infructueuses ; le seul intérêt qu’on y trouva fut de constater avec quelle ténacité les hommes d’État austro-hongrois, dans la question polonaise, poursuivaient contre nous la réalisation de leurs plans.

Ce furent des raisons politiques qui firent échouer l’institution projetée d’une armée polonaise. On vit que la Pologne préférait atteindre son but avec l’aide de l’Entente contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. La Pologne ne manquait pas d’hommes, bien qu’elle fournît déjà des travailleurs à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie. La question d’hommes, en elle-même, n’a ici joué à peu près aucun rôle. Naturellement, nous cherchâmes dans la suite à recruter en Pologne le plus grand nombre possible de travailleurs et à utiliser le pays en vue de la poursuite de la guerre.

Ce serait aller trop loin que d’essayer de rattacher les événements qui se passent actuellement en Pologne et dans nos territoires de l’Est à cette tentative que nous avons faite pour ériger un royaume de Pologne. Sans la proclamation du royaume et la tentative de constituer une armée, ces événements se seraient produits quand même ; ils ont leur racine dans des causes historiques, dans le puissant sentiment national des Polonais et dans l’antique opposition entre Allemands et Polonais

Au cours des discussions sur la fondation d’un royaume de Pologne nous discutâmes aussi la possibilité d’une paix séparée avec la Russie. On fit remarquer combien les intentions des Puissances Centrales sur la Pologne la rendraient plus difficile. Une paix séparée avec la Russie a toujours tenu une grande place dans les idées du peuple allemand ; dès l’automne 1914, on me « garantissait » la nouvelle de l’arrivée du comte Witte à Berlin. C’était naturellement une pure rêverie. L’Angleterre et la France tenaient trop fortement la Russie. Stürmer y était depuis longtemps président du conseil. On se remit à parler de la possibilité de conclure la paix en utilisant la collaboration de ce dernier. Naturellement, j’aurais de beaucoup préféré une paix avec la Russie à toute l’armée polonaise, surtout si l’on établissait un royaume de Pologne, à la création duquel, en ma qualité de natif de la Province de Posen, j’étais intimement opposé. L’armée polonaise ne pouvait fournir que quelques divisions, qui ne signifiaient plus rien en comparaison du soulagement qu’apporterait à l’Allemagne le fait de ne plus compter la Russie au nombre de ses ennemis. Le compte en était facile à faire. Il n’est pas nécessaire de discuter longuement la question. Malheureusement, là non plus, les désirs et les espérances ne pouvaient, à eux seuls, réaliser la paix, et le gouvernement et les diplomates ne faisaient rien de plus qu’espérer et désirer. Ils sentaient bien, d’ailleurs, que leurs espérances étaient sans fondement, sans quoi ils n’eussent pas, en août, établi un programme polonais qui était dirigé contre la Russie. On en resta, cette fois encore, à des considérations sur la paix, telles qu’on pouvait les faire chaque jour. Il n’était pas question d’une possibilité quelconque d’entrer en relation avec Stürmer et pas davantage des tentatives, encore très éloignées, que devait entreprendre Stürmer. Personne ne croyait à une possibilité de paix avec la Russie. La situation militaire en septembre et octobre n’était pas faite pour nous porter à y croire, bien que l’Entente pût reconnaître, dès octobre, que la grande offensive de l’automne 1916 ne réussirait pas. Le 21 octobre, le chancelier déclara qu’il n’y avait, pour le moment, aucune perspective de paix séparée avec la Russie, parce que celle-ci était sous la dépendance étroite de l’Angleterre.

*

* *

J’avais devant moi un vaste champ d’action, si je voulais établir au G. Q. G. des bases nouvelles pour la conduite des opérations et rendre plus efficace notre instrument de guerre. Je ne pouvais naturellement pas conduire partout, moi-même, la charrue et semer. Là où je rencontrais une collaboration intelligente et une conception sérieuse de la guerre, la semence levait, mais souvent elle ne germait que difficilement et le champ ne produisait rien ; il venait aussi de mauvaises herbes qui recouvraient tout ce qui jusque-là semblait avoir bien poussé.



PAYOT & Cie, 106, Boulevard Saint-Germain, PARIS

LtEUTENANT-COLONEL DE CHAMBRUN et Capitaine de MARENCHES

L’ARMÉE AMÉRICAINE DANS LE CONFLIT EUROPÉEN

In-8..................... 10 fr.

Un livre paraît aujourd’hui qui, sans hyperboles ni métaphores, mais avec une précision mathématique, rappelle l’œuvre accomplie par l’Armée américaine dans le Conflit européen.

Les auteurs en sont le lieutenant-colonel de Chambrim et le capitaine de Marenches. Nul n’était mieux qualifié à cet effet que ces deux officiers français, dont le premier fut jadis attaché militaire à Washington, et qui tous deux ont fait pendant cette guerre partie du grand quartier général américain.

Général VerrAux.

 

C’est une immense joie pour moi de voir que deux officiers français très compétents ont tenu à écrire l’histoire de la création de l’Armée américaine et à immortaliser le souvenir de ses exploits dans cette guerre. Ce livre aura une grande valeur historique.     

   Newton. D. Baker,

Ministre de la Guerre des États-Unis

Désormais, l’histoire est écrite de l’effort accompli par notre peuple durant cette guerre sans exemple. MM. de Chambrun et de Marenches ont su montrer, avec une sincérité de documentation et une clarté égales à leur impartialité, comment les États-Unis sont parvenus à constituer de toutes pièces cette grande et vaillante armée qui, entre les mains ferme » et expérimentée » du Commandement suprême français, devait assurer la victoire définitive des Alliés. Organisations combats, services de l’arrière, associations militaires de bienfaisance mêmes, etc, tout a été étudié en connaisseur et par la les autour se sont acquis un titre inaltérable à notre reconnaissance.

WaitEr BeRRy.

Président de la chambre de commerce des États-Unis

Sur ce sujet, dont il est superflu de signaler l’intérêt et l’importance. On ne saurait désirer une étude plus complète et plus précise que celle-ci.

(La revue de Paris)







 
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