Comment améliorer la prise en charge des femmes en cas de viol ?








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date de publication27.03.2017
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Comment améliorer la prise en charge des femmes en cas de viol ?

INTRODUCTION

Le viol est considéré comme un acte traumatisant et destructeur, portant atteinte aux droits, à la dignité et à l'intégrité physique des victimes. En effet, une personne victime de violences sexuelles n’en sort pas psychologiquement indemne. Les répercussions psychiques sont dramatiques et méritent une attention toute particulière. C’est pourquoi il est important de garantir une prise en charge optimale de ces femmes victimes d’abus, afin de les aider à se reconstruire.

Les violences contre les femmes sont l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues dans le monde, mais elles restent l’un des crimes les moins poursuivis. En France, seul 1 viol sur 11 fait l’objet d’une plainte. Selon l’OMS, 1 femme sur 5 sera victime d’un viol ou d’une tentative de viol au cours de sa vie. C’est un mal qui affecte malheureusement toutes les sociétés, qu’il s’agisse des pays en voie de développement, comme des pays développés ; aux Etats Unis une femme est violée toutes les 6 minutes et demie.

DEFINTIONS

Prise en charge: Une intervention visant à s’occuper, à prendre la responsabilité, à se charger d’un individu ayant des incapacités. Elle peut être d’ordre financière, médicale ou psychologique.

Femmes: Individu de sexe féminin, ayant atteint l’âge adulte (c’est à dire de plus de 18 ans). Il peut également s’agir d’individu plus jeune, dans ce cas là, on parle de filles ou de jeunes femmes.

Violences sexuelles/viol: Il s’agit d’actes, d’attouchements illicites ou impudiques exercés avec violence sur une personne non-consentante et offensant sa pudeur. Il en résulte des conséquences à la fois physiques et psychologiques. Le viol fait partie de ces violences, car il s’agit d’un acte sexuel incluant une pénétration (vaginale, anale ou orale) imposé par la contrainte physique ou psychologique, sans l’accord de la victime. Ces rapports sont rarement protégés, augmentant ainsi le risque de MST et de procréation. La peine encourue est de 15 ans d’emprisonnement, car le viol est considéré comme un crime. Elle est de 20 ans si le viol est commis avec une ou plusieurs circonstances aggravantes, si par exemple la victime était particulièrement vulnérable.

APERCU GENERAL

Les Nations Unies définissent la violence à l’égard des femmes de la façon suivante « tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. » En effet, lorsqu’une personne subit des violences sexuelles, elle doit faire face à des répercussions sur sa santé physique et mentale, sur son bien être social, sur son entourage. Ces répercussions varient selon le type de violences sexuelles. Dans le cas de viol, elles sont particulièrement graves, puisque le viol est considéré comme l’agression la plus violente. La mort n’est pas rare, notamment par suicide et par homicide (meurtre commis par un membre de la famille, souvent pour « laver l’honneur », pour se venger des dommages subis). Malheureusement, dans de nombreuses sociétés, la tendance est de stigmatiser les victimes en les accusant d’être responsables de ce qui leur est arrivé. Cette stigmatisation augmente leur souffrance psychologique et émotionnelle, influençant donc souvent leur comportement. Actuellement, la plus grande partie des victimes de viols ne reçoit aucun soin et reste isolée avec de lourds traumas. Seules 10% des victimes portent plainte, 29% consultent un médecin ou un psychologue, 13% rencontrent des membres d’une association d’aide aux victimes et 9% appelle un numéro vert d’aide aux victimes.

Campagne de sensibilisation « LUTTONS CONTRE LE VIOL»

LES CONSEQUENCES SUR LA SANTE PHYSIQUE

Les violences sexuelles, et notamment le viol, engendrent des dommages physiques de différentes sortes. On parle d’issue fatale, dans les cas les plus dramatiques, lorsqu’il s’agit de mortalité. Les victimes peuvent être infectées, par leur violeur, de maladies sexuellement transmissibles (MST) comme le blennorragie gonococcie, l’hépatite B, l’herpès génital, les mycoplasmes, les papillomavirus, la syphilis, ou le VIH/SIDA. Certaines sont mortelles, d’autres responsables de complications brutales. Ces infections nuisent donc gravement à la santé de la victime. Mais plus généralement, ces dommages conduisent à des problèmes physiques tels que des douleurs et des traumatismes (crânien, abdominal, thoracique), voire même des handicaps, des comportements autodestructeurs (c’est à dire des comportements menés contre son propre corps). Il peut également s’agir de problèmes liés à l’enfantement, beaucoup plus traumatisant chez certaines femmes, puisque cela touche leur aptitude à procréer. Elles peuvent engendrer des grossesses non désirées, aboutissant à des avortements clandestins (dans certains pays l’avortement n’est pas légalisé), entraînant dans la plupart des cas des troubles gynécologiques et dans les pires des cas, des cas d’infertilité. La victime doit alors être prise en charge par des équipes médicales. La patiente est auscultée par un médecin travaillant sur un protocole validé par un gynécologue, un psychiatre, un infectiologue, et un biologiste. Un ensemble de spécialistes qui vont permettre à la victime de re disposer entièrement de son corps, même si certaines blessures ne guérissent jamais...
Affiche de sensibilisation mettant en avant les répercussions du viol sur sa victime « Viol, un crime contre l’humanité »

LES CONSEQUENCES SOCIALES

Les répercussions sociales du viol (et en général des agressions sexuelles) touchent la victime et son entourage. Il peut s’agir de la famille comme de l’ensemble de la communauté dans laquelle elle vit. Elle met alors sa propre vie et celle des autres en danger, ou dans un mal être continu. L’une des conséquences sociales la plus fréquente est la distanciation avec les proches (un déménagement, par exemple). Mais aussi la réduction des capacités de la victime dans son rôle de futur parent. C’est dans ces cas là que l’on retrouve les situations de violence de la victime envers ses propres enfants, ou alors de l’infanticide d’un nourrisson né du viol. Ces cas sont très traumatisants et révélateurs d’une société qui ne prend pas assez en charge ses victimes. De plus, les victimes souffrent d’incapacités à exercer des activités professionnelles, à mener des tâches quotidiennes, ce qui est très handicapant si l’on souhaite un avenir stable. Ces incapacités sont souvent aggravées par des abus d’alcool ou de médicaments psychotropes, qui plongent la victime dans un cercle vicieux. Dans les sociétés où la religion joue un rôle majeur, les répercussions sociales sont davantage traumatisantes. En effet, la chasteté des filles reflète l’honneur de la famille. Les agressions sexuelles sont alors perçues comme une honte ; les victimes sont rejetées et forcées d’épouser leur agresseur. Considérées comme adultère, la victime est alors punie très souvent de manière inhumaine. Il existe de multiples façons de reconstruire un individu socialement. Tout d’abord, il faut redonner du soutien et du réconfort pour qu’il gagne en estime de soi. Certains ont alors besoin de contacts physiques, même si certains répugnent souvent à être touchés suite à un viol. D’autres ont besoin de parler, besoin de conseils, et surtout d’être rassurés. C’est pourquoi une victime d’abus sexuels a besoin d’une oreille attentive et d’une personne en laquelle elle a entièrement confiance. C’est malheureusement ce qui manque dans la prise en charge des victimes aujourd’hui, dans toutes nos sociétés.

LES CONSEQUENCES EMOTIONELLES

Lorsque un individu subit un événement terrifiant, les réactions humaines normales sont majoritairement des conséquences psychologiques et émotionnelles. Les réactions immédiates après un viol sont les symptômes physiques du stress, c’est à dire des évanouissements, des frissons. Dans la plupart des cas, il s’agit de l’Etat de Stress Post Traumatique (ESPT), qui se traduit généralement par une peur intense. Un individu souffrant de ce trouble évite systématiquement toutes discussions menant à ses émotions. De plus, l’événement revient sans cesse dans ses pensées en flashback ou en cauchemar. Ce traumatisme peut se ressentir à long terme, voire durant toute la vie de l’individu. Les répercussions les plus fréquentes quelques semaines après le viol restent cependant la dépression, l’anxiété, les pensées et tentatives suicidaires. Celles ci sont très traumatisantes et ne permettent pas de vivre sereinement. L’individu se sent « brisé » après le drame. C’est ce que l’on appelle le « Rape Trauma Syndrome » décrit dans les années 70. Il regroupe toutes les réponses émotionnelles rencontrées chez la plupart des victimes de violences sexuelles, et notamment le viol. Il se décompose en plusieurs phases : une phase aiguë (qui survient immédiatement après l’agression et dure de quelques jours à quelques semaines) avec l’expression bruyante des émotions (pleurs, cris, agitation) suivi de troubles comportementaux, tels que insomnies, sauts d’humeur. Ce sont les symptômes psychologiques qui restent les plus inquiétants car ils détruisent quasiment l’individu de l’intérieur. S’ensuit ensuite la phase de réorganisation, où la victime commence à résoudre et à intégrer l’expérience de l’agression. C’est à ce moment là que naissent, dans certains cas, des phobies (peur des hommes, de la foule, des relations sexuelles...). C’est seulement à partir de là que l’individu peut se reconstruire, car les troubles comportementaux sont quasi absents.
Afin d’aider la victime à se reconstruire et à lutter contre ces pensées négatives, les mots d’ordre sont bien évidemment la sécurité, la confiance et l’écoute attentive. C’est pour cela qu’existent des centres ou des associations permettant aux victimes de parler librement.

PAYS CONCERNES:

Afrique du Sud: La violence sexuelle en Afrique du Sud est la plus élevée du monde, plus d’une centaine de femmes sont violées chaque jour. Mais le taux de condamnation reste bas, très peu de violeurs sont punis pour leur crime. La justice demeure donc inopérante, les femmes restent dans leur besoin de reconnaissance.

Allemagne: Le taux d’agressions sexuelles reste malheureusement élevé, mais le pourcentage d’affaires résolues est important. En effet, la police nationale œuvre massivement pour l’emprisonnement de ces criminels.

Arabie Saoudite: En Arabie Saoudite, les auteurs du viol sont passibles de la peine de mort, or c’est plus souvent la femme qui en endure les conséquences ; en effet, si le viol n’est pas certifié par plusieurs témoins, la plaignante peut être poursuivie pour relation extra-conjugale.

Australie: Une étudiante australienne sur six affirme avoir été victime d’un viol dans sa vie, et plus d’une sur deux, d’harcèlements sexuels. Or très peu d’abus sexuels ont fait l’objet d’une enquête ; seulement 2% des femmes ont saisi la police, la plupart ont estimé que les faits n’étaient pas assez graves pour en référer au commissariat...

USA: Les Etats Unis viennent d’étendre leur définition du viol en y incluant les agressions contre les hommes et celles contre les personnes sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue. Mais le viol reste l’un des crimes les moins dénoncés et les moins punis dans le pays.

France: Le viol est un phénomène de société qui commence à être reconnu. On recense aujourd’hui 75 000 viols par an et 198 000 tentatives, chiffre beaucoup trop élevé pour une société qui met les droits des femmes sur un piédestal.

Maroc: La définition du viol est ambiguë et ne tient pas compte des réglementations internationales. La loi ne reconnaît toujours pas le viol conjugal. De plus, il y aussi des discriminations concernant la victime ; si celle-ci est vierge, l’agresseur n’aura qu’une peine mineure, mais si la victime ne l’est pas, il mérite une « plus grosse peine ». Heureusement, l’article qui graciait un violeur s’il épousait sa victime n’existe plus aujourd’hui.

Congo: Pendant plusieurs années, l’intensité des viols et autres violences sexuelles ont été décrites comme la pire au monde. Le viol y serait pratiqué comme une « arme de guerre » conçue pour « exterminer la population ». Selon l’ONU, il serait commis plus de 14 viols par jour, statistique largement contestée par de nombreux journaux, qui relèvent un chiffre 26 fois plus élevé.

DEVELOPPEMENTS RECENTS

En 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît la prise en charge des victimes de violences sexuelles en tant qu’urgence de santé publique. C’est pourquoi Najat Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte parole du gouvernement français à cette époque, a lancé l’expérimentation d’un kit d’urgence pour les viols par les services d’urgences hospitalières. Ce kit permet de simplifier et de protocoliser le parcours de prise en charge en urgence des victimes de viol.

IMPLICATION DE L'ONU

La résolution concernant les violences sexuelles exercées aux femmes a été rédigée le 24 juin 2013 au Conseil de Sécurité de l’ONU. Lien en français :

Tableau reprenant toutes les résolutions sur les droits des femmes et les violences sexuelles

SOLUTIONS POSSIBLES

Afin de limiter au maximum les traumatismes liés à l’agression, il est nécessaire d’informer et de sensibiliser, sans relâche, sur la réalité des viols et leurs conséquences ; de donner le maximum d’informations pour que toutes les victimes, et leurs proches, aient toutes les ressources et les outils pour comprendre leur situation et pour connaître leurs droits, les soins nécessaires et les traitements disponibles. La communication est la clef de la guérison, c’est pourquoi il faut encourager la création de groupes d’écoute pour les victimes de viol. Par l’intermédiaire d’un intervenant formé et compétent, apte à pousser les plus traumatisés au dialogue, les victimes pourront alors mieux se reconstruire en partageant leur expérience et en trouvant une aide pour reprendre confiance en soi. Il est également important de spécialiser davantage les premiers secours, afin qu’une prise en charge optimale soit établie dès les premières heures qui suivent l’agression. Celles-ci sont primordiales. Afin de lutter contre le GHB, ou « drogue du viol », il est bientôt possible de se munir de Personnal Drink ID. C’est un dispositif de la taille d’une boîte d’allumettes, mis au point par une équipe de chercheurs canadiens qui permet de détecter la présence de GHB dans un verre. Il suffit d’extraire un échantillon de ce que l’on s’apprête à consommer et en quelques secondes, une diode rouge clignotante indique le risque supposé. Pour éradiquer l’appétence des délinquants sexuels récidivistes, il existe une technique par administration de substances hormonales : la castration chimique. Elle est administrée à tous les pédophiles récidivistes en Californie, depuis 1996. Mais cette castration est réversible par interruption du traitement, il ne s’agit pas d’une forme de stérilisation, qui est une technique assez brutale.

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