Schéma : contexte, candidats, campagne et résultats, conséquence








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VIE POLITIQUE SOUS LA CINQUIÈME RÉPUBLIQUE

Comprendre la vie politique à travers les élections

http://www.france-politique.fr/elections-presidentielles.htm

Documents disponibles sur le site étudiant

La première élection traitée est celle de décembre 1965 bien que la première élection présidentielle se soit tenue en décembre 1958. Cette dernière n’a que peu d’intérêt car elle ne s’est pas déroulée au suffrage universel direct. Un collège électoral de 80 000 grands électeurs composé des parlementaires, des conseillers généraux et de représentants des conseils municipaux. Cette élection suit l’adoption d’une nouvelle constitution adoptée par référendum en septembre 1958.

Chaque élection va faire l’objet d’un chapitre. Les chapitres seront organisés selon le schéma : contexte, candidats, campagne et résultats, conséquence.

CHAPITRE 1 : L’ÉLECTION PRESIDENTIELLE DU 5 ET DU 19 DÉCEMBRE 1965

Remarques préalables :

- Depuis 1965 il y a toujours eu des élections présidentielles à deux tours car aucun président de la Cinquième République n’a été élu à la majorité absolue (=la moitié des voix plus une) au premier tour. La majorité relative consiste en la supériorité du nombre des voix obtenues par un des concurrents. Le vote à la majorité qualifiée est une procédure de vote employée par le Conseil de l'Union européenne pour la plupart de ses décisions. Le vote de chaque pays est pondéré selon une valeur fixe, relative à la taille de sa population.

- Les élections présidentielles sont toujours pleines de surprises, de coups de théâtre. Aucune élection n’a été plate, incolore. Il y a toujours un suspens fort. Les élections présidentielles sont des romans. Ca montre l’attachement très fort des Français aux élections. Ils vont manifester l’idée selon laquelle le jour de l’élection c’est l’électeur qui fait la loi. Il peut y avoir de surprise par rapport aux sondages ou aux prévisions car le jour j le citoyen électeur fait ce qu’il veut.

SECTION 1 : LE CONTEXTE

Contexte peut être évoqué à deux niveaux : institutionnel et politique

1) Contexte institutionnel 

L’élection se déroule dans un contexte nouveau car le suffrage universel direct a été instauré en 1962. Cette nouveauté institutionnelle donne le premier éclairage de cette élection car les formations politiques ne sont pas initiées en France à cette procédure. Elles n’ont jamais pratiqué ce type d’élection. Ce qui est intéressant c’est la manière dont ces formations politiques s’adaptent à la nouvelle donne. Ce n’est a priori pas facile car le personnel politique est celui de la Quatrième République, voire de la Troisième. Certaines formations vont très vite s’adapter, les autres seront supprimées. Exemple : Mitterrand est le prototype de l’homme de la Quatrième République qui va très vite comprendre (dès 1965) ce qu’il peut tirer de l’élection présidentielle, d’autres vont être larguées (=Mendès France). 1965 symbolise le « balai de la Cinquième République», car cette première élection au suffrage universel direct montre quelles personnalités ou quelles familles politiques sont ou non capables de s’adapter et d’avoir du poids sur la nouvelle scène politique.

2) Contexte politique 

Il peut être appréhendé de deux manières. D’une part par l’étude du climat politique général qui a une influence sur l’élection. D’autres part, il peut être analysé par l’état des forces politiques en présence.

Climat politique général : Nous ne sommes que sept années après 1958 mais le climat a considérablement évolué pendant cette période. L’année 1962 est l’année charnière. La Mort de la Quatrième République est la conséquence de l’impuissance du régime devant la crise algérienne. Cette Impuissance s’explique par l’impuissance des institutions. Ce n’est par le personnel politique qui était médiocre mais les institutions n’étaient pas à la hauteur des enjeux. En mai 1958, la situation devient extrêmement tendue avec la rébellion des généraux de l’armée algérienne. Cela provoque l’affolement de la classe politique française et le rapprochement de toutes les forces politiques autour d’un homme, le général de Gaulle. Il se crée un consensus (accord entre personnes, consentement) à la confrontation. La seule exigence de CDG est la refonte des institutions. Cette vision gaullienne est acceptée par toutes les forces pour sauver la République. Le consensus se traduit pas un Gouvernement de large coalition. Le consensus se prolonge puisque ce gouvernement qui entre en fonction en juin 1958 a pour mission unique l’écriture d’une nouvelle constitution. Et cette constitution sera très largement consensuelle. La Constitution est le résultat du consensus politique et non le produit d’un seul homme. Explication du consensus : la guerre d’Algérie. Depuis son début, aucun gouvernement n’a trouvé de solution. Si CDG n’agit pas, c’est un coup d’état militaire qui se mettra en place. CDG symbolise la république.

CDG, homme de théâtre, va en faire des tonnes : le 4 septembre, sur la place de la République, en prononçant le mot « République » dans chaque phrase, entouré des symboles républicains, il proclame la Cinquième République. L’Idée de ceux qui ont fait appel à CDG est de le renvoyer une fois la guerre finie. Il n’est la que pour régler la guerre algérienne. Il voulait faire une constitution, on le lui a accordé mais ensuite il pourra disposer. CDG va avoir une attitude autre que celle attendue par rapport à l’Algérie. Il y a en fait Très peu de partisans de l’Algérie indépendante. Comment penser alors que CDG conduise l’Algérie à l’indépendance ? Il est un Personnage très déconcertant : militaire démilitarisé pas talentueux, pragmatique plus qu’idéologue… En 1958 sa religion n’est pas faite. Il est pour l’Algérie Française mais il n’est pas certain que ca soit la meilleure solution. La confusion vient de deux discours :

  • celui d’Alger (le 4 juin 1958) : CDG se rend à Alger et devant une foule colossale d’Européens et de musulmans, il déclare « je vous ai compris » (style gaullien),

  • et celui du 5 juin Mostaganem dans le quel il déclare « vive l’Algérie Française » On peut se demander si ca lui a échappé ou si c’était prévu ? ca lui a sans doute échappé (référence à vive le « Québec libre » en 1967 alors que ce n’était pas écrit). De plus on ne retrouve pas ce discours dans les archives. A partir de là, la méprise nait.

Il déconcerte quand il parle de l’autodétermination et met en place le système qui mène à l’indépendance. Le 19 Mars 1962 les accords d’Évian sont signés. CDG n’a pas fait le boulot dans le sens dans lequel on l’attendait. La classe politique le congédie mais CDG n’a aucune intention de partir. Et la tout bascule : le consensus né en 1958 explose car n’a plus de raison d’être. Cette classe politique qui soutenait CDG va se rassembler pour le faire partir, on les appelle le «cartel des non ». Le «cartel des non » regroupe tous les opposants à CDG, qui ne sera plus soutenu que par les gaullistes. Pour que se matérialise le passage du consensus à la confrontation il faut un évènement déclencheur : c’est l’attentat du petit Clamart le 29 août 1962. Ce jour là le Conseil des ministres doit se tenir à Paris. Pour aller dans sa maison de vacances (Colombey les Deux églises) il passe par Clamart (sur la nationale). La Voiture est victime de tirs groupés dont l’impact est très important. Comment CDG a survécu?

CDG ne supporte pas Pinay et se demande si c’est Pinay qui l’aurait remplacé s’il avait été tué. Cette idée le glace. D’une part car il le déteste, d’autre part car il mettrait à mal la constitution de 1958. Il pense alors au SUD. CDG trouve comment sortir de l’impasse : la constitution donne beaucoup de pouvoir au président, l’élection du président ne confère pas une légitimité à la hauteur de ses pouvoirs. CDG dit avoir « une légitimité historique que j’incarne depuis 1940 ». Il utilise l’article 11 de la constitution : il fait un référendum direct pour faire adopter cette réforme alors qu’il aurait du utiliser l’article 89. Ce choix entraine une crise politique et parlementaire de la Cinquième République, à l’automne 1962. L’opposition voit dans ce combat le moyen d’évincer le général de Gaulle.

Mais l’opposition a ce problème de dire non à CDG sans trouver de remplaçant. Cette crise parlementaire fait une première victime : Georges Pompidou (5 octobre 1962) a une motion de censure par une majorité extrêmement forte qui entraine sa démission. CDG prononce la dissolution de l’Assemblée nationale et demande à Pompidou de liquider le problème en lui proposant de faire un référendum. Le référendum de 1962 se présente comme chaque fois, CDG met son mandat dans la balance. Il explique que si le « non » l’emporte sa mission sera terminée et il s’en ira. En 1962 il va plus loin, la victoire du « oui » n’est pas suffisante. Si la majorité des « oui » est aléatoire il démissionnera de ses fonctions. Signification : si le non ET le oui de manière trop serrée, il démissionne. La question est : que signifie un oui aléatoire ? Il faut 50% des électeurs (ca marche pas si 60% de oui mais 40%d’abstention) il y a plus de 50% mais ca ne va pas à la majorité des inscrits. On lui explique qu’il n’a pas une majorité très confortable mais tous les partis sont contre lui et malgré ca le « oui » l’emporte. En novembre 1962, il y a les élections législatives il faut donc qu’il reste jusqu’au bout. C’est ce que CDG attendait qu’on lui dise. Il est satisfait. 32% des voix gaullistes aux élections législatives soit +15% par rapport aux dernières élections. Les gaullistes sont en tête de toutes les formations. Le consensus tourne à l’avantage du général. Il est au sommet de sa puissance. A partir de là les ennuis commencent.

L’état des forces politiques :

La majorité : En 1962 les partis politiques traditionnels ont quitté la majorité et CDG se retrouve avec son noyau de gaullistes comme seule majorité. Quand il revient en 1958 ses partisans souhaitent créer un parti (référence au RPF de Jacques SOUSTELLE en 1947 dont CDG s’est vite retiré. En 1958 hors de question de remettre sur patte le RPF. ) CDG ne va pas faire parti de ce parti, il va et veut être indépendant.

L’Union pour la Nouvelle République (UNR, création de départ) et l’Union Démocratique du Travail (UDT, gaulliste de gauche qui prend fin avec la mort de CDG) ont fusionné. Les partisans ne proviennent pas tous du même bord politique (droite, voire extrême droite, gauche, voire extrême gauche). Ils se sont rapprochés de lui pendant la guerre et par une sorte d’allégeance ils ont voulu se rapprocher dans un parti. A sa mort, les gaullistes de gauche quittent le gaullisme car CDG n’est plus la et se rassemble alors, souvent, sous Mitterrand. Même avec 32% il n’a pas la majorité des sièges.

VGE est né en 1962 par assemblement. VGE est dans le Centre National des Indépendants et Paysans (CNIP), parti d’Antoine Pinay (droite traditionnelle). Il a accompli le geste politique de sa vie en ne votant pas la censure en 1962 alors que son groupe l’a voté. Il soutient le gouvernement de Pompidou. S’il avait voté la censure, peut être n’aurait il pas été président de la République (élu sans espace politique propre). Il se rapproche des gaullistes et il parvient à créer un groupe parlementaire, le « groupe des républicains indépendants » ou « giscardiens ».

L’opposition : SFIO (le chef est Guy Mollet), radicaux (grand parti de la Troisième République), les paysans de Pinay, MRP (centristes), PCF… Il y a un panel de forces en grande difficulté : impossibilité ou grande difficulté de remettre en route le schéma politique qui a fonctionné pendant la Quatrième République caractérisée par une alliance entre gauche et centriste ET difficulté avec le PCF (surtout pas les socialistes).

En 1958 le PCF a 19% des voix et 10 sièges c’est parce qu’ils sont tous seuls. OU on reconstitue centrisme + gauche ou ils font alliance avec les socialistes, c’est ce qui se produit à partir de 1965.

Il s’agit de trouver un candidat qui peut affronter CDG. On pense à Mendes, à Pinay, Defferre qui gouverne Marseille avec le centre et la droite. On cherche un homme capable de rassembler les troupes, et qui soit contre les communistes. Defferre a en plus de l’expérience politique.

Opération médiatique de monsieur X avec reconstruction alliance centriste avec les radicaux

En 1965, il est pressenti pour être le candidat de l'opposition de gauche et du centre à l'élection présidentielle, face au général de Gaulle. Sa candidature est notamment inspirée par la campagne de l'hebdomadaire l'Express, Gaston Defferre étant le « Monsieur X », candidat idéal de l'opposition au gaullisme. Néanmoins, les négociations entre le parti socialiste SFIO et le MRP centriste échouent en juin 1965. L'idée d'un grand mouvement démocrate, inspiré du modèle américain et du président Kennedy, échoue donc. François Mitterrand et Jean Lecanuet porteront finalement les couleurs de la gauche et du centrisme au scrutin de décembre 1965.

Pendant l’année 1964 et début 1965 Defferre tente de faire une coalition avec les centristes et les radicaux, la « petite fédération » mais on n’arrive pas à trouver un nom. Les socialistes veulent inscrire le principe de laïcité et les démocrates chrétiens sont absolument contre.

En mai 1965 Defferre jette l’éponge et il renonce à sa candidature. Monsieur X vient de disparaître. Se profile alors un autre homme : Mitterrand. Il va reprendre le flambeau de Defferre et ne va plus regarder vers le centre mais vers les communistes. Ca va configurer l’opposition.

Gaston Defferre fut présenté comme Monsieur X par l'hebdomadaire l'Express dirigé par Jean-Jacques Servan-Schreiber en septembre 1964. Le maire socialiste de Marseille voulait mener une campagne centriste, en s'efforçant de rassembler des réformateurs venus d'horizons variés, sans tenir compte de leur étiquette politique. Vertement critiqué par le PCF et l'aile gauche de la SFIO, il ne parvient pas à obtenir le soutien du MRP, qui refuse toute référence au socialisme et à la laïcité, indispensables aux yeux de son parti. Il est investi par ce dernier en mai 1965 pour former une "grande fédération démocrate et socialiste", allant des socialistes aux démocrates-chrétiens, dans l'objectif de mettre fin aux clivages partisans hérités de la IVème République pour transformer le paysage politique français autour d'un programme politique inédit. Malgré une campagne très active au cours de l'été 1965, son équipe finit par reconnaître son échec par manque de soutiens, et le projet est abandonné en juin.

SECTION 2 : LES CANDIDATS

En 1965 il n’y a que six candidats aux élections. Dans l’ordre d’arrivée au premier tour: Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jean Lecanuet, Jean-Louis Tixier-Vignancour, Pierre Marcilhacy, Marcel barbu (le plus nul mais laisse la touche nostalgique)

-- Charles de Gaulle commence sa carrière politique en 1940, a entamé une carrière militaire classique. S’est fait connaître avant la Deuxième Guerre mondiale par certains ouvrages : évoque la théorie suivante, la prochaine guerre sera offensive et non pas défensive, c’est le contraire de ce que pensent les commandants militaires Français. Il faut développer l’arme mécanique dit-il, ce qui explique sa médiocre carrière militaire. Général de Guyane. Appel du 18 juin, retour à paris, présidence du gouvernement provisoire, désaccord avec parti politique, traversée du désert (jusqu'en 1958 lorsqu’il se retire de la vie politique en 1946 dans sa maison à Colombey les Deux églises).

-- François Mitterrand est né en 1916. Il est issu famille conservatrice marquée par catholicisme. Premiers penchants se trouvent à droite voire à l’extrême droite. 1ere photo publique qu’on a de lui: années 1930 dans une manifestation avec étudiants parisiens contre la présence d’étrangers en France (période de grande xénophobie). Pendant la guerre il cherche sa voie, il est prisonnier dans un camp au début de la guerre. Entre à Vichy au service des anciens combattants et prisonniers de guerre. (Milieu qui lui sert de propagande) ce service décrit la politique de Vichy notamment contre les étrangers. On trouve un tract ambigu ou pas d’antisémitisme direct mais qui peut prêter à confusion. Il reçoit la distinction suprême de vichy (la francisque : ordre de la francisque gallique est une décoration qui fut attribuée par l’État français en tant que marque spéciale d'estime du maréchal Pétain sous le régime de Vichy.) qu’il va nier puis reconnaitre publiquement. (pierre péan, la jeunesse Française). Révélateur de la jeunesse Française, a failli basculé dans le monde de la collabo, il continue à bosser pour les anciens combattants. il va entamer une carrière politique (11 fois premier ministre, justice ou intérieur, dirige avec sévérité, « l’Algérie, c’est la France »). En 1958, il comprend qu’il n’a pas d’autre voie que celle de l’opposition frontale à Charles de Gaulle, le coup d’état permanent en 1964 (« J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement, il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de De Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus aimable, consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors elle m'apparaît plus redoutable encore. ») refus de la constitution de 1958, «cette constitution était mauvaise avant moi, elle le redeviendra après moi ». se rapproche de la gauche, aborde cette période au sein d’un mouvement politique disparu : la convention des institutions républicaines (La convention des institutions républicaines (CIR) était un parti politique créé par François Mitterrand en 1964, par la réunion de plusieurs clubs politiques issus de la gauche républicaine et . Cette fédération relativement souple va peu à peu se structurer en véritable parti politique, en particulier lors de l'élection présidentielle de 1965. Elle est alors la cheville du rassemblement qui sous le nom de Fédération de la gauche démocrate et socialiste va porter la candidature de François Mitterrand. En 1971, la CIR se dissout dans le Parti socialiste lors du Congrès d'Épinay. Les clubs qui constituaient la CIR vont pour certains d'entre eux exister à côté du PS comme structures associées). UDSR abréviation de Union démocratique et socialiste de la Résistance était une formation politique issue de la Résistance, elle constituait un groupe charnière sous la IVe République. Principales personnalités : François Mitterrand et René Pleven. Elle fut associée aux radicaux au sein du Rassemblement des gauches républicaines (qui dure jusqu'en 1951). (centre et gauche). Apres le départ de Defferre, il est candidat.

-- Jean Lecanuet est la surprise en terme de résultat du scrutin. Pendant l’élection il a 45 ans et ne cesse de le répéter pour montrer comme il est jeune par rapport à Charles de Gaulle. Agrégé de lettres, résistance dure, arrêté alors qu’il fait sauter une voie ferrée, s’échappe de justesse. Participe à plusieurs cabinets sous la Quatrième République. Le président du Mouvement républicain populaire (MRP) et sénateur de Seine-Maritime Jean Lecanuet joua sur sa jeunesse et son image de renouveau à droite, face à De Gaulle. Malgré l'usage de méthodes modernes (sondages, utilisation d'entreprises de conseils en communication, etc.), Lecanuet obtiendra un score d'à peine plus de 15 %, en-deçà de son objectif et très loin de Mitterrand.

-- Jean-Louis Tixier-Vignancour appartient à l’Extrême droite il profite de l’anti gaullisme né de la position de Charles de Gaulle sur l’Algérie. Au delà de l’idéologie, il compte sur le soutien des pieds noirs. Normalement les pieds noirs votaient à gauche. Organisation de campagne en ? : (référence film: sept ans de malheurs). Représente la droite. En 1981 il soutient François Mitterrand. Mais en 1983 nommé membre du conseil constitutionnel. Malgré une tournée des plages très médiatisée, la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour dirigée par Jean-Marie Le Pen ne décolle pas et il ne fédère guère au-delà de l'électorat traditionnel de l'extrême droite et notamment des rapatriés d'Afrique du Nord.

-- Candidat du Parti libéral européen, le sénateur de Charente Pierre Marcilhacy n'a pas une popularité dépassant sa région.

-- Marcel Barbu, candidat d'inspiration autogestionnaire, est le candidat surprise de 1965.

SECTION 3 : LA CAMPAGNE

Évènement à relater avant de commencer. Les Déclarations de candidature. Une bonne déclaration ne permet pas d’être élu mais Une mauvaise déclaration assure d’être battu, d’ou l’importance de la déclaration (Balladur en 1995, et Jospin en 2002 ont fait de très mauvaises déclarations.) Charles de Gaulle joue le suspens c'est à dire il attend le dernier moment pour se déclarer candidat en laissant planer le doute sur sa volonté de l’être. Sa tactique : F « j’ai pas envie d’être candidat mais si vraiment il faut que j’y aille, j’irai. »F. Charles de Gaulle dit F « je me prononcerai définitivement le 4 novembre, le jour de la saint Charles. »F Il s’adresse à 20H pour dire s’il est ou non candidat. Il enregistre déclaration le matin à l’Élysée. Il enferme journalistes jusqu'à 20H. Son discours F« je voulais pas être candidat, mais je suis venu pour relever la France ».F

La campagne montra par ailleurs l'importance de la télévision (la France comptant alors 6 385 000 récepteurs), chaque candidat ayant alors le même temps de parole lors de la campagne officielle.

-- Commençons par la campagne de Charles de Gaulle. Comment se passe t’elle ? Grande nouveauté : campagne de la radio et de la tv. C’est la 1ere fois que la tv joue rôle politique si important car tv devient objet de masse. Tous les candidats ont le même temps de parole. Les théâtres parisiens commencent leur représentation à 21H30 pour permettre aux Français de regarder la tv. +65% des ventes. Rôle de la tv détermine sans doute la campagne. Charles de Gaulle commet erreur majeure. Il décide de ne pas utiliser son temps de parole. F« vous me voyez parler avant ou après barbu ? Les Français me connaissent assez »F on réserve une plage horaire à Charles de Gaulle qu’il n’utilise pas. A la place on voit une fontaine qui déverse de l’eau. Sauf in extremis ou Charles de Gaulle se rend compte qu’il perd du terrain mais c’est trop tard et le discours qu’il fait l’avant veille du scrutin ne sert à rien.

-- La campagne de François Mitterrand est plus terne. Ce n’est pas le François Mitterrand qu’on connaît par la suite. PROBLEME DE FOND. Il a un positionnement politique qui n’est pas très simple. Gauche non communiste (radicaux…) mais il est la candidat de TOUTE la gauche y compris des communistes. Il est évident que ce positionnement politique rend difficile sa campagne. Il a la puissance du soutien du PC mais perspective éventuelle de 2ème tour. Il a du mal à recueillir voix du centre et droite. Contraires à ses convictions ? (Restera anti communiste jusqu'au bout). Ce soutien le gène car aucune envie d’être avec les communistes. PROBLEME DE FORME: c’est un avocat, passe mal à la tv (dents pointues..), il n’est jamais passé à la tv. Campagne de 1965 à la tv n’est pas très bonne. Il ne réussit pas à gagner toute la gauche. Sa force : il semble rassembler une partie très importante de l’opposition à Charles de Gaulle.

-- Lecanuet joue la carte du Kennedy à la Française. « Voici notre première rencontre, j’ai 45 ans, c’est l’âge des responsables des grandes nations modernes ». Il vise Charles de Gaulle est vieux c’est le passé.

-- Jean-Louis Tixier-Vignancour: la plus agressive et tellement outrancière qu’elle ne passe pas. Les pronostics placent Tixier en 3ème position et va tout au long de la campagne dégringoler.

-- Marcilhacy ?

-- Barbu : il ne reste que des larmes. Aujourd’hui encore on en parle. Candidat dont on ne sait rien, il n’a rien à dire. Tellement ému qu’il en devient touchant. Parfois de l’humour. F« mon général, je voudrais tant éviter que vous n’ayez le même sort que le maréchal Pétain »F

Phénomène des sondages perturbe la campagne. Les premiers sondages placent Charles de Gaulle en premier, on entendait que Charles de Gaulle. Au fur et à mesure on entend les autres candidats. Les Français aiment qu’on les courtise. Le silence de Charles de Gaulle est vécu comme un mépris.

Les résultats

Au premier tour (15% d’abstention, soit 85% de participation historique).

-- Charles de Gaulle a 44,8%.

-- Jean louis Lecanuet fait 15% il les a pris sur l’électorat de Charles de Gaulle. ca explique le ballotage.

-- Tixier-Vignancour fait 5,1% (faible on lui mettait 10%).

Candidat

%

Suffrages

Charles de Gaulle (Union pour la nouvelle République - Union démocratique du travail) en bleu

44,65%

10 828 523

François Mitterrand (Convention des Institutions Républicaines, investi par la Section française de l'Internationale ouvrière, soutenu par le Parti communiste français, le Parti Radical et le Parti socialiste unifié) en rose

31,72%

7 694 003

Jean Lecanuet (Mouvement républicain populaire, soutenu par le Centre national des indépendants et paysans)

15,57%

3 777 119

Jean-Louis Tixier-Vignancour (Extrême droite)

5,2%

1 260 208

Pierre Marcilhacy (Parti libéral européen)

1,71%

415 018

Marcel Barbu (Sans étiquette)

1,15%

279 683

A 22H on communique a Charles de Gaulle les résultats on ne sait pas comment il va réagir. Tous les collabo se heurtent à un refus. Président du sénat (Gaston Monnerville président du Sénat de 1959 à 1968), réussit : F« vous avez confondu élection et référendum »F et F« c’est génial 45% avec des opposants qui n’ont cessé de vous attaquer »F Charles de Gaulle se dit alors candidat pour le second tour.



La campagne François Mitterrand/Charles de Gaulle est étonnante. François Mitterrand fait bonifier les décors de la tv (biblio..), Charles de Gaulle accepte journaliste monsieur Droit ? L’interview de Charles de Gaulle compare la France à une maison ou ménagère veut avoir un aspirateur, un frigo, une machine à laver, une auto. Légende parue dans le figaro où on voit Charles de Gaulle très grand que Marianne regarde, Charles de Gaulle se met en pyjama, François Mitterrand paraît alors trop distant. Charles de Gaulle l’emporte à 55% contre 45% alors que Charles de Gaulle ne récolte aucun ralliement du premier tour. Lecanuet dit qu’il laisse le choix aux Français de choisir. Les autres appellent à voter François Mitterrand.

SECTION 4 : LES CONSÉQUENCES DE CE SCRUTIN

Conséquences institutionnelles. Bouleversement institutionnel n’a pas eu lieu puisque Charles de Gaulle reste président de la République. Reste le problème du gouvernement. Comme beaucoup de grands hommes il pense que c’est la faute du gouvernement s’il a été mis en ballotage. Faute de Pompidou et surtout VGE (ministre de l’éco et des finances) et sous les instructions de Valéry Giscard d'Estaing il a lancé un plan de stabilisation c'est à dire économie Française va si vite qu’il faut freiner la production. Conséquence dans l’économie solution : changer le 1er ministre mais Charles de Gaulle trouve que c’est trop tard. Il change en 1967 (élections législatives). L’exclusion de VGE en 1966 joue un rôle dans son élection comme président. Pompidou est reconduit comme premier ministre. VGE est remplacé par Debré.

Conséquences sur les forces politiques

La majorité : la structuration de la majorité est composée d’une petite coalition gaulliste et giscardienne (=républicaine). Dans ces conditions, le départ du gouvernement de VGE affecte cette majorité. Il quitte gouvernement mais reste dans la majorité. VGE retrouve sa liberté de parole. Il n’est plus lié par sa fonction gouvernementale. Alors il pratique une politique qui résume la stratégie du «oui mais ». Pompidou compare VGE à un cactus (référence chanson Dutronc). Cette majorité se retrouve perturbée car Charles de Gaulle se sent perturbé car il a mal vécu le ballotage. Mal être dans la majorité qui n’a pas vraiment de raison d’exister. Il y une opposition divisée.

L’opposition : c’est pas l’extrême droite. C’est la gauche socialiste. 1ere force d’opposition qui sort amère de ce combat qu’elle a perdu. Elle n’a pas eu le seuil qu’on attendait. Idée de rassembler gauche communiste et non communiste on pouvait approcher les 50% mais ca ne s’est pas vérifiée. Cette gauche doute car sa structuration interne pose un problème. Le PC est la force dominante de la gauche dans les années 1960 (1965- 1966- 1967). Raison externe l’URSS auquel le parti est très lié n’a pas envie de voir les communistes Français au pouvoir. Charles de Gaulle est un rempart. Retour de la France contre les Etats-Unis. Le PC pose a François Mitterrand un problème : le PC veut pas gouverner. Pb aussi avec la perso de François Mitterrand (zone d’ombres). Attentat de l’observatoire contre François Mitterrand en 1959 qui déteste les communistes. Mais raison d’espérer : stratégie choisie est celle de l’union de la gauche. On s’engage dans une alliance qui dépasse famille politique. François Mitterrand est un fédérateur de la gauche non communiste, avant 1965 se constitue une fédération démo et socialiste qui regroupe SFIO, radicaux… On a reproché à la gauche d’être désunie. Union de la gauche et réunification de la gauche non communiste se remettent en marche. Mais 15,5% au centre. Pas très loin du score de la SFIO. Il faut faire quelque chose de ces électeurs. Création CDS.

Les élections législatives de 1967. La gauche va montrer qu’elle est une force de gouvernement. Elle sort troisième de l’élection présidentielle ? Elles embrouillent le paysage politique Français. ca devient plus compréhensible. Mai 1968 clarifiera ce qui ne l’a pas été en 1958. Stratégie de front républicain. Le Front républicain est une coalition électorale de centre-gauche nouée en France à l'occasion des élections législatives de janvier 1956. Pierre Mendès France fit alors figure de leader naturel de ce regroupement. Celui-ci était composé du parti socialiste SFIO, du Parti radical-socialiste, de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) conduite par François Mitterrand, et des Républicains sociaux dirigés par le gaulliste Jacques Chaban-Delmas. Candidat de gauche arrivé 2eme se désiste en faveur de celui arrivé 1er. Pourtant PC largement devant le parti socialiste. Le centre se présente tout seul avec une question majeure : sur le second tour. Le premier a lieu le 5 mars : triomphe sans précédent pour parti gaulliste (38%) le centre démocrate de Lecanuet. Charles de Gaulle doit garder Pompidou

Groupe

Membres

Apparentés

Total

 %

UNR (3)

180

20

200

41,15

FGDS

116

5

121

24,90

Communiste

71

2

73

15,02

RI

39

3

42

08,64

PDM

38

3

41

08,43

Non inscrits

10

-

10

02,,1

Total

453

33

486

100,0

Un premier tour largement favorable à la majorité, un deuxième tour moins évident.

Charles de Gaulle avait très mal vécu le ballotage de 1965 et avait accusé le gouvernement de Pompidou d’être la cause principale de cet échec. Il avait décidé que Pompidou devait être remplacé après les élections de mars 1967 et avait choisi le successeur ; Couve de Murville (considéré très proche de Charles de Gaulle). Puis il y a eu un problème au second tour du scrutin : de Murville est battu dans la circonscription parisienne dans laquelle il se présente. Il est battu par Frédéric Dupont, « le candidat des concierges » (il est dans le 16ème et a fait campagne auprès des concierges). Il ne pouvait pas élire Couve de Murville alors qu’il avait été battu aux législatives. On garde Pompidou, le plan couve de Murville (sans grand charisme, ni courage) échoue. Ca s’est joué à quelques voix près. Avec Couve de Murville 1er ministre pour mai 68 ca ne se serait pas passé de la même manière. Pompidou était sans doute plus compétent. En mars 1967 c’en est fini du gaullisme triomphant on est passé à une autre période politique.

CHAPITRE 2 : L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU 1ER ET 15 JUIN 1969

Election anticipée. Normalement elle aurait du avoir lieu en 1972 ce qui n’aurait pas eu lieu de toute manière puisque Charles de Gaulle meurt en 1970.

SECTION 1 : LE CONTEXTE

On va voir l’état des forces politiques (qui ne se préparent pas à cet échec puisqu’il était inattendu) et les évènements majeurs de cette période (à commencer par mai 68)

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