A définition du merveilleux








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L’Odyssée d’Homère, chants V à XIII
Le Merveilleux


Introduction
L’une des caractéristiques de l’Odyssée, et plus particulièrement dans les chants V à XIII, c’est l’introduction du merveilleux dans le registre épique qu’utilise Homère au long du récit. En effet, les aventures du héros Ulysse sont rythmées par ses rencontres extraordinaires et des aventures incroyables
Quel rôle joue le merveilleux dans l’Odyssée d’Homère ?
Nous verrons tout d’abord que le récit est plus abordable et dans un second temps, que le merveilleux apporte aux personnages un caractère extraordinaire, enfin nous analyserons les enjeux qui sont mis en place par le merveilleux.

I- Cela rend le récit plus abordable
Le merveilleux permet en effet de donner du relief aux éléments du récit, et de rendre ainsi plus agréable la lecture de l’Odyssée. Par sa présence, on peut en déduire une définition, qu’on pourra adapter à chaque personnage et à chaque aventure du corpus.
A) Définition du merveilleux


  • Tout d’abord le merveilleux est défini en général comme un registre qui fait acte de faits non vraisemblables en incluant des créatures hors dans un monde réel

  • Dans l’Odyssée d’Homère, le merveilleux se caractérise par des créatures aux capacités extraordinaires, telles que les Lestrygons géants mangeurs d’hommes

(Chant X, 80-132 « une femme plus haute montagne ») p 163 v 112-113 et aux pouvoirs merveilleux tel que le dieu Eole (Chant X, 19-20 « il me donna une outre où il avait bouclé les chemins des vents hurlants ») p 160

  • De plus, la structure de l’œuvre est telle que le récit des aventures d’Ulysse n’est pas chronologique. En effet, il est conçu d’analepses, figures de styles permettant les retours en arrière lorsqu’Ulysse compte ses aventures.

A cet effet, le récit du cheval de Troie, l’arrivée chez les Cicones

(chant IX, 39« loin de Troie, le vent m’entraina chez les Cicones »), p143

Le passage chez les Lotophages (chant IX, 83-84 « nous débarquions au pays des mangeurs de feuilles, les Lotophages »), p 144

L’épisode chez le Cyclope Polyphème (chant IX, 106-107 « nous atteignîmes un pays des hors la loi, les Cyclopes »), p 145

L’aventure sur l’ile d’Eole (chant X, 1-2  « nous atteignîmes l’ile d’Eolie, là demeurait Eole, dieu aimé des immortels »), p 160

Le détour chez les Lestrigons (Chant X, 81-82 « apparut la citadelle de Lamos, télépyle des Lestrigons ») p162

La rencontre avec Circé (Chant X, 210-214 «  au fond d’un val ils virent les demeures de Circé (…) autour était des loups des montagnes et des lions qu’elle avait su ensorceler avec ses drogues »), p 166

La descente aux Enfers (Chant XI, 35 «  le peuple des morts par vœux et prières implorées (…) les âmes des défunts trépassés affluèrent ») p179

L’escale sur l’île du Soleil, et enfin les 7 années chez Calypso la nymphe (Chant V 448-449 « les dieux me firent aborder à l’ile où loge calypso, déesse aux beaux cheveux, la redoutable à voix d’humaine ») p96, marquent ce récit en analepse, où règne le domaine du merveilleux.
Le merveilleux est donc ici défini par les diffèrents pouvoirs dont sont dotés les personnages que rencontre Ulysse. Ces créatures l’entraineront ainsi dans des péripéties extraordinaires.
B) Des péripéties extraordinaires


  • Des aventures marines hors du commun


Lors de son voyage, Ulysse fait preuve de courage face aux épreuves qu’il subit lorsqu’il navigue.

En effet, des aventures marines hors du commun sont mises en scène.

Lorsqu’il quitte la nymphe Calypso au chant V, le dieu Poséidon déchaine une tempête épouvantable «  ce disant, il rallia les nuages, troubla la mer, trident en main, des quatre coins de l’horizon, il déchaina les quatre vents et couvrit de nuées la terre avec la mer, du haut du ciel tomba la nuit »p92 v 291-294

mais grâce au voile magique de Leucothée, néréides vivant dans la mer, Ulysse évite une mort certaine

«  prend ce voile divin et étend le sur ta poitrine, tu n’auras plus a craindre la souffrance ni la mort » p93 v346-347

«  ainsi ayant parlé, Leucothée lui donna le voile puis elle replongea dan les remous pareil à la mouette et le flot noir la recouvrit »p 94 v 351-352


Le voyage sur la mer d’Ulysse se poursuit par la rencontre avec les sirènes prévu par Circé (Chant XII. «  D’abord tu croiseras les sirènes qui ensorcellent tous les hommes quiconque arrivent à leur parage ») p 199 v 39-40
Ces dernières ont le pouvoir d’enchanter les marins grâce à leurs voix divines, et les font échouer sur les rochers. « Viens Ulysse fameux, gloire éternelle de la Grèce, arrêtes ton navire, afin d’écouter nos voix, aucun navire noir n’est passé sans écouter de nos bouches de doux chants ».

Cette rencontre est sans dégâts, grâce à l’ingéniosité d’Ulysse qui mit en place un plan afin de boucher les oreilles de ses compagnons et de se faire ligoter au mat de son propre bateau.

La dernière aventure marine, qu’Ulysse et ses compagnons subissent est le passage de Charybde et Scylla, en effet, ces deux monstres terrifient les marins à leur passage

« Nous avançâmes vers l’impasse en gémissant d’un coté attendait scylla, de l’autre Charybde, terrible, engloutissant la saumure de la mer »p 204 v 234

« Scylla, la terrible aboyeuse (…) est un affreux monstre que personne à voir ne prend plaisir (…) même un dieu craindrait la rencontre(…) p 200 v 85

nul marin ne peut se vanter d’être encore passé là sans dommage avec son bateau ; chacune de ses six tètes enlève une autre proie au navire de sombre proue ». p 201 v 98
Le vaillant Ulysse a survécu à cette terrible épreuve malgré la perte de 6 de ses compagnons, il réussi par la suite à atteindre l’ile du soleil.

  • Des aventures terrestres


Le voyage d’Ulysse, en plus d’être marin, est aussi terrestre, puisqu’il fait plusieurs escales avant de rejoindre sa patrie : la ville d’Ithaque. Il s’arrête tout d’abord, chez les Lotophages, où ses compagnons consomment des fleurs lotus, dont les effets sur le cerveau les empêchent de repartir chez eux.

« Les gens ayant gouté ce fruit doux comme le miel ne voulaient plus rentrer nous informer mais ne rêvaient que de rester parmi ce peuple égorgé de lotus, ils en oubliaient le retour »

p144 94-97

Cette épreuve pousse Ulysse à avoir d’autant plus de volonté pour repartir.

Le voyage se poursuit en terre des Lestrygons, géants mangeurs d’hommes, en effet Ulysse, lors de cette étape perd un nombre important de compagnons puisque ca se termine en massacre « sans attendre il en broya un pour son repas » chant X .p163 v 116

Suite à ce passage sanglant, Ulysse fait escale sur l’ile du soleil où il fait jurer à ses compagnons de ne pas toucher aux vaches sacrées du dieu. Ces derniers profitent de son sommeil afin de les tuer et les manger. Le dieu du soleil tuent tous les compagnons, Ulysse est alors seul survivant.

«  Châtiez les compagnons du valeureux Ulysse, ils ont insolemment tués les vaches qui faisaient ma joie » chant XII. p 208 v 378-379



  • La descente aux Enfers


Le séjour d'Ulysse aux Enfers occupe une place centrale dans le récit au merveilleux. elle est encerclée par cinq aventures avant et cinq aventures après.

(Cinq avant : les Lotophages, le Cyclope, Eole, les Lestrygons : cinq après : les Sirènes, Charybde et Scylla, l'île du Soleil, Calypso, les Phéaciens.)
Mais ce n'est pas une étape comme les autres. Tout d'abord elle est accomplie volontairement. Ulysse ne débarque pas aux Enfers par hasard, ballotté par les flots déchainés par Poséidon.

Il s'y rend de son plein gré, même si l'annonce de la nécessité de ce voyage le désespère :

« En entendant ces mots, je sentis mon cœur éclater » (X, v.496 p173).

Une fois parvenu jusqu'au lieu indiqué par Circé, il pratique un rite étonnant et complexe qui va lui ouvrir les portes de l'autre monde.
Le merveilleux est présent dans le fait qu’Ulysse puisse parler aux morts tels que sa mère, ou le devin Tirésias, mais également parce qu’il a accès à un monde où vivent ces morts alors que lui est vivant. On peut donc parler de mise en abîme, puisqu’Ulysse lui-même a conscience qu’il vit un instant extraordinaire.
Ulysse, a également un protocole à exercer pour rentrer en contact avec les enfers, composé d’offrandes et de sacrifices. Tout ce qui touche à la mort suscitant la crainte, ces gestes et ces offrandes sont autant de précautions prises pour ne pas offenser les morts et le maitre des Enfers. Leur signification est mystérieuse, mais on peut noter le rôle du sang, cette énergie vitale dont les morts sont privés et qu'ils sont avides de boire après le sacrifice. Le tableau qu'Homère nous livre des Enfers reste assez global, à la fois macabre, pathétique et effrayant : « les âmes des défunts trépassés affluèrent », « ils accouraient de tous côtés/avec d'étranges cris, et la peur verte me gagnait » (XI, v.37 et 42-43) p179. Par nature ces morts sont des esprits, qui ont encore une vie mais pas sur terre. Le défunt, dépouillé de toute substance corporelle, conserve sa silhouette, d'où le fait qu'Homère parle des « têtes sans force des morts » (XI, v.49) p179. Tous les personnages rencontrés par Ulysse aux Enfers matérialisent la réalité de la mort aux yeux des Grecs.

C) Un cadre attractif
Le merveilleux est présent dans ce récit à travers la description des paysages, en effet, l’abondance des richesses naturelles fait preuve d’idéal.

Cette présence est particulièrement prononcée chez la nymphe Calypso «  un bois avait poussé, près de la grotte avec richesses, des peupliers, des aulnes, des cyprès, qui sentent bon, des oiseaux de vaste envergures nichaient, des chouettes, des éperviers, … » p86 v62
On peut également parler d’opulence de la nature avec la description du palais des phéaciens : « Car des parois de bronze s’élevaient des deux côtés, du seuil jusques au fond, avec des frises d’émail bleu ; des portes d’or fermaient la robuste maison ; les montants en étaient d’argent, le seuil de bronze, d’argent encore le linteau, l’anneau d’or » p115 v86 à 90

La nature ici est apprivoisée, et cependant les richesses qui parent le palais rendent sa beauté incroyable, ce qui introduit le merveilleux
Dans l'Odyssée la nourriture est elle aussi une marque de l’exeption de la nature. Cependant, cette nourriture n'est pas seulement humaine. En effet, Ulysse voyage dans des lieux parfois naturels, parfois imaginaires, et dans ces derniers, il doit faire face à des dangers dont lui-même n'a aucun savoir. C'est d'ailleurs à ce moment là où les dieux deviennent les meilleurs conseillers du héros.
La notion de nourriture se retrouve chez les Cyclopes, dans « un pays de hors-la-loi » (IX, v.106) p145. Ici, Ulysse et ses compagnons sont en grand danger, car soumis à la dictature de Polyphème, le fils de Poséidon, qui les mange deux par deux : « Découpés membre à membre, il en fit son souper »p150 v291, « puis, lorsque le Cyclope eut bien rempli sa vaste panse, /mangé la chair humaine et bu du lait pur par-dessus, /il s'étendit dans l'antre en travers de ses bêtes» p150 v 296. Aussi, le cyclope se nourrit de chair humaine, ce qui est totalement contre nature.

Ulysse conte ensuite l'épisode de la magicienne Circé. Il est conseillé par Hermès, messager des dieux, qui le prévient du piège tendue par la magicienne. Cette dernière accueille les compagnons d'Ulysse et leur prépare « du miel, de la farine et du fromage/dans un vin de Pramnos, ajoutant ensuite au mélange/un philtre qui devait leur faire oublier la patrie » (X, v.234-236 p166). Cette nourriture est souillée par une magie maléfique, et Circé sur un coup de baguette, transforme les compagnons en cochons. De ce fait, la nourriture est vectrice de maux divers dont l'Homme est le tributaire.
L’attraction du cadre se fait sentir à travers la nourriture, notamment l’Ambroisie et le Nectar. « Craintives colombes port[ent] l'ambroisie à Zeus le père » (XII, v.63) p200. Cette nourriture est exclusivement celle des dieux. Cette nourriture est extrêmement rare et révèle un aspect magique et divin face auquel les Hommes demeurent impuissants.
Le merveilleux est donc présent dans la nature, et il structure également l’ensemble du texte, en nourrissant les personnages de caractéristiques hors du commun.
II- Cela apporte aux personnages un caractère extraordinaire
A) Dieux et attributs


  • Poséidon

C’est quand Ulysse aveugle le cyclope Polyphème que le voyage du retour vers Ithaque se complique énormément, car celui-ci demande alors à son père, le dieu Poséidon de rendre impossible le périple d’Ulysse, et d’empêcher son retour chez les siens

"Écoute, Poséidon aux cheveux bleus, maître des terres ! Si je suis vraiment ton fils, toi qui prétends m’avoir fait, empêche de rentrer chez lui cet Ulysse, Fléau des villes !" (Chant IX, 528-530.) p 156
C’est de là que part la haine que Poséidon voue pour Ulysse, et c’est pourquoi sa navigation sera à plusieurs reprises entachée des tours de Poséidon, comme le prévoit Tirésias

"Tu désires un doux retour, illustre Ulysse : un dieu va te l’aigrir. Car je ne pense pas que Poséidon oublie, son âme est pleine de rancune, il t’en veut d’avoir aveuglé l’un de ses fils." (Chant XI, vers 100-103.)180

L’importance de Poséidon est telle que c’est par sa faute qu’Ulysse sera confronté à toutes les figures merveilleuses que nous avons déjà énuméré, soit Éole, qu’il aborde au pays des Lestrygons, dans l’île de Circé, et dans celle de Calypso, chez les Cimmériens et chez les Phéaciens, et qu’il affronte les Sirènes ou vient défier Charybde et Scylla.

Or Poséidon est un dieu très puissant et respecté dans toutes la Grèce, ce qui nous ai prouvé par la crainte d’Alcinoos, le roi des Phéaciens

"Voici quelque avis qu’autrefois me donna Nausithoos mon père : Poséidon, disait-il, nous en voudrait un jour de notre renommée d’infaillibles passeurs et, lorsque rentrerait de quelque reconduite un solide croiseur du peuple phéacien, le dieu le briserait dans la brume des mers, puis couvrirait le bourg du grand mont qui l’encercle." (chant VIII, vers 564-569.)p137

Face à Poséidon, les bonnes relations qu’Ulysse entretenait avec les dieux, n’étaient plus d’aucune utilité car la haine de Poséidon contre Ulysse était si forte que personne n’osait s’y opposer. Ainsi Poséidon ne se résignera jamais à oublier sa colère contre Ulysse

"Malheur ! Les dieux ont donc changé leur attitude envers Ulysse, quand j’étais en Éthiopie ! Le voilà presque en terre phéacienne, où le destin, au comble de malheur qui l’attendait, l’arrachera ! Mais il aura encore, par ma foi, son poids d’ennuis !" (chant V, vers 286-290.) p92

 Or Poséidon possède d’indéniables pouvoirs, et inévitables pour Ulysse qui doit forcément passer par la mer pour rentrer en Ithaque. Les tempêtes que déclenche Poséidon arrivent à trois reprises, dont la première au chant V :
"Ce disant, il rallia les nuages, troubla la mer, trident en main ; des quatre coins de l’horizon il déchaîna les quatre vents, et couvrit de nuées la terre avec la mer ; du haut du ciel tomba la nuit. Notos, Euros, Zéphyre hurlant, Borée d’azur s’abattirent ensemble en soulevant d’énormes vagues." (chant V, vers 291-296.)p92

 Ainsi, Poséidon a dans l’Odyssée un rôle fondamental, et on peut comprendre que ses pouvoirs sont une explication aux catastrophes climatiques qui marquent le périple d’Ulysse, tout en introduisant le merveilleux dans le récit


  • Athéna


Athéna apparaît des chants V à XIII de l’Odyssée en déesse protectrice d’Ulysse durant son périple. Ses actions sont très importantes, puisque c’est elle qui convainc les dieux de laisser Ulysse partir de l’île d’Ogygie par les moyens d’un discours touchant qui met en valeur les malheurs d’Ulysse :

(Chant V, vers 13 à 17) « Le voila sur une île à souffrir de cruels tourments, dans la demeure de la nymphe Calypso qui le retient contre son gré ; il ne peut pas regagner sa patrie, car il n’a ni vaisseaux à rames ni marins qui puissent l’emmener sur le dos énorme des eaux. » p 84
C’est donc en quelque sorte grâce à elle que le périple d’Ulysse prend son départ. Après cette intervention fondamentale, elle multiplie ses apparitions, toutes en faveur du retour d’Ulysse. Par exemple, quand Ulysse arrive en Phéacie au chant VI, elle organise par ses tours la rencontre avec Nausicaa. Elle multiplie également les apparitions merveilleuses en rêve ou en métamorphose en prenant forme humaine comme dans le chant VI (vers 22) ou elle apparait en « enfant de Dymas, l’armateur » p100 ou encore dans le chant XIII (vers 222-223) où c’est « un tout jeune pâtre de troupeau, presque un enfant » p218
Ainsi elle peut guider Ulysse dans son périple, tout en apportant une dimension merveilleuses aux décisions et aux itinéraires qu’il choisi.

Ainsi, Athéna tout comme Poséidon apporte le merveilleux dans le périple d’Ulysse, puisqu’ils sont tous les deux à l’origine des directions qu’Ulysse emprunte lors de son retour en Ithaque ; l’une en sa faveur à l’inverse de l’autre. Homère introduit dans le récit ces dieux qui donnent à l’itinéraire d’Ulysse une dimension merveilleuse.
B) La magicienne Circé
Circé est un personnage mythologique fort. Fille d'Hélios et de Perséis, l'Océanide, elle est la magicienne la plus célèbre de la mythologie grecque. Plusieurs légendes la peignent comme un être cruel et redoutable, elle a transformé Scylla en monstre – elle a donc le don de la métamorphose. C'est sous ce jour perfide qu'elle apparait d'abord dans l'Odyssée, puisque, sous l'apparence de la séduction « tisse une grande toile là-dedans/et chante un si beau chant que toute la salle en bourdonne »,

X, v.226-227 p166, se cache une femme inhospitalière qui transforme les compagnons d'Ulysse en pourceaux. En ce sens, elle s'oppose au charme véritablement hospitalier de Nausicaa et se situe du côté des monstres qu'Ulysse doit affronter. Par la mise en garde d’Hermès :

« qu’elle n’a pas sur toi d’autres dessins et ne veut t’ôter, ainsi nu, ta virilité » (p168 v301)elle apparait même en castratrice, mais grâce à ses conseils – « mais sans pouvoir t’ensorceler ; car la bonne herbe que je te donnerai l’empêchera » (p168 v201), le héros va transformer cet être sauvage en femme amoureuse. Lui résistant grâce à un contre-philtre et à sa force physique, le héros va la métamorphoser en femme hospitalière auprès de laquelle il va vivre une année et qui ne l'empêchera pas de repartir. D'ailleurs, l'épithète qui lui est accolée, « la merveilleuse » (X, v.455, 487, 503), montre bien que, dans l'Odyssée, elle passe du statut de personnage malfaisant à celui de personnage positif et bienfaisant.
En réalité, après une année, Circé devient pour Ulysse une véritable initiatrice. Elle est d'abord un adjuvant doté des mêmes connaissances qu'Athéna et Hermès, puisqu'elle donne à Ulysse les indications nécessaires pour affronter les ultimes épreuves de son parcours.

Mais ses conseils prennent une tournure différente. Il n'y est pas question seulement de magie et de métamorphose. Alors qu'Athéna se transforme pour avertir Ulysse, Circé reste elle-même et joue plutôt le rôle de celle qui met en garde, qui donne des conseils de mesures

: « Malheureux, tu ne rêves que travaux de guerre/et combats ! Ne céderas-tu pas même aux dieux ? » (XII, v.116-117) p201. C'est Circé qui engage Ulysse à se rendre aux Enfers. Il ne s'agit pas là d'éviter un danger, mais d'en affronter un de façon consciente et volontaire. En ce sens, la rencontre avec Circé prend une dimension symbolique


C) Polyphème le Cyclope
L'épisode occupe la quasi-totalité du chant IX.

L'épisode peut être scindé en trois temps : la découverte de l'antre, les heures passées dans l'antre, la sortie de l'antre et la fuite. L'action est dense et un certain suspense est mené dès l'instant où Ulysse décide de pénétrer dans la grotte, le lecteur est tenu en haleine par une mécanique inquiétante.

Les dialogues contribuent également à la dramatisation de l'épisode : dialogue d'approche (IX, v.251-286) p149, dialogue de séduction (IX, v. 347-352)p 151, dialogue de ruse (IX, v. 355-370) p151-152.

Le merveilleux est donc une mise à l’épreuve du héros.

Ulysse contre Polyphème : l'intelligence contre la bêtise

Dans la première partie du récit, sont expliquées les caractéristiques inhumaines du pays des cyclopes. Ce n'est pas l'animalité qui définit les Cyclopes, mais leur refus de la civilisation : ce sont des « hors-la-loi ceux qui n'ont pas de, loi divine ou morale ce qui indique que les Cyclopes n'obéissent à aucune règle, qu'ils se situent en dehors du cosmos. Un deuxième terme les qualifiant apparait dans le texte grec, l'adjectif « très fort, très puissant » mais aussi « excessif, orgueilleux, arrogant ». Il peut donc désigner le gigantisme des Cyclopes et leur orgueil démesuré qui, moralement fait d'eux des êtres monstrueux.

Dès lors, l'inhumanité et la monstruosité des Cyclopes ne sont plus seulement physiques. Polyphème est certes « un monstre gigantesque, il ne ressemble pas à un mangeur de pain, mais plutôt au sommet boisé d'une haute montagne apparue à l'écart » (IX, v. 190-191) p147.

Mais cette description physique est brève. En revanche, l'inhumanité et la monstruosité morale et sociale des Cyclopes est plus longuement décrite. C'est son intelligence qui va permettre à Ulysse de triompher de cette monstruosité. A la brutalité physique, au triomphe des instincts, au cannibalisme, à la loi du plus fort et au chacun pour soi, Ulysse va opposer tout ce qui caractérise l'humanité : il fabrique des outils, ici l'épieu acéré, il invente des ruses, il réfléchit aux moyens d'échapper à la mort ,par l'art du langage, il dupe le stupide Polyphème , grâce à l'entraide du groupe, il parvient à pallier sa faiblesse et à tromper le géant. il est aussi l’homme pieux, qui respecte les dieux et les lois de l'hospitalité.


III- Les enjeux du merveilleux

Les enjeux du merveilleux dépassent largement les caractères attribués aux différents acteurs de l’intrigue


  1. Le merveilleux peut faire comprendre la réalité

D’une part, dans l’univers marin, le merveilleux permet à Homère d’attribuer à des éléments réels une dimension magique mais aussi d’expliquer des faits qu’il ne peut comprendre. Le merveilleux est introduit dans un cadre réel : la mer, d’où Poséidon déclenche des tempêtes extrêmement violentes grâce à ses pouvoirs.

Son trident est un de ses attributs dont il se sert pour contrôler les mers.

Le merveilleux est représenté dans un cadre marin grâce à l’intervention de Leucothée, la protectrice des marins et naufragés et la déesse des mers calmes, cette dernière vit dans les fonds marins et aide les voyageurs en difficultés, comme Ulysse à garder la vie sauve contre Poséidon. Elle lui donna un voile magique, tissu n’existant pas dans la vie réelle, qui le protège d’une mort certaine. Le voile magique, élément extraordinaire, est inséré dans un cadre réel : la mer et même si ce voile reste pour le lecteur tout à fait étrange, on peut le compter comme un objet irréel introduit dans le récit.

De la même manière Charybde et Scylla sont représentés tels des monstres dans l’Odyssée, mais en réalité c’est pour rendre compte du réel danger du détroit de Messine en Méditerranée. On les considère comme des créatures du merveilleux par leur description épouvantable. Charybde et Scylla symbolisent respectivement les marées et les récifs du détroit.
On retrouve d’autre part le merveilleux dans l’univers terrestre ;

Avec les Lestrygons, dont la taille est tout à fait extraordinaire ce qui est improbable dans le monde réel. On peut interpréter ce gigantisme par le massacre qu’a subit l’équipage d’Ulysse. En effet, la violence de cette rencontre et la déchéance des compagnons d’Ulysse est justifiée par la taille hors du commun de leurs adversaires ;

Aussi, le merveilleux est représenté dans les feuilles de lotus, qui sont considérées comme une plante magique créant des sensations de bien être aux compagnons. En réalité, ces plantes ont la capacité de résister à l’eau voila pourquoi on appelle l’  « effet lotus » mais dans l’œuvre, elles sont détournées en drogue.

Enfin, dans l’univers terrestre on retrouve Polyphème, le cyclope qui ne possède qu’un œil et dont la taille est hors norme. Une fois encore, sa taille de géant peut justifier la difficulté qu’Ulysse et ses compagnons on rencontré pour le combattre, tandis que son œil unique peut s’expliquer par sa monstruosité. Ainsi, lui comme les Lestrygons ne sont pas maitrisables par Ulysse ce qu’Homère justifie par le merveilleux.

De ce fait, Homère use du merveilleux pour expliquer des faits qu’il ne peut comprendre comme aujourd’hui on les assimile grâce aux sciences, et aux connaissances acquises au fil des siècles. De plus, il nous apprend la manière dont les grecs caractérisaient ces phénomènes par leurs croyances. Ainsi le merveilleux nous permet d’apprendre comment étaient la société et ses valeurs à l’époque d’Homère, et plus loin d’Ulysse soit respectivement au VIIIème et XVIème siècle avant Jésus Christ.



  1. La fonction actantielle du merveilleux

Les mythes sont une façon d’interpréter le monde réel

Adjuvants

Destiateur : 1. Circée Destinataire : Auditeur

Homère 2. Hermès de l’aède et le lecteur

3. Eole

4. Athéna


Sujet : ATTEINDRE Objet :

Ulysse Ithaque

Opposants :

  1. Poséidon

2. Calypso

3. Poliphème

- Polyphème

- Lestrigons

- Les sirènes

- Charybde et Scilla
Le schéma actanciel du merveilleux dans le texte donne une fonction à chaque élément du texte.

Le héro de ce schéma, Ulysse à pour quête son retour en Ithaque. Le merveilleux intervient par les opposants et les adjuvants.

Pour les opposants, le principal acteur est Poséidon qui, à plusieurs reprises déclenche de terribles tempêtes sur l’équipage d’Ulysse.

En second, arrive son fils, Polyphème, qui est à l’origine de la colère de Poséidon contre Ulysse, et qui mange quatre compagnons d’Ulysse.

Puis, les lestrygons, c’est géants qui massacrent une partie de l’équipage d’Ulysse.

De plus, les sirènes cherchent à envouter l’équipage, tandis que Charybde et Scylla anéantissent les derniers compagnons d’Ulysse

Enfin, la nymphe Calypso retient celui-ci pendant 7 ans par sa maitrise des vents.

Pour les adjuvants, on peut évoquer la sorcière Circée qui après avoir échoué dans sa tentative de transformer Ulysse en pourceau comme ses compagnons, devient une aide précieuse pour notre héro. Athéna, elle donne des conseils à Ulysse en se faisant passer pour des enfants du peuple ; et s’introduit dans les songes de Nausicaa, toujours dans le but de faciliter son retour en Ithaque.

Enfin, Hermès offre à Ulysse des herbes magiques qui lui permettent de résister aux drogues de Circée.


  1. Le merveilleux valorise les personnages et le cadre

Les sirènes, attiraient par leurs chants les navigateurs et les entrainaient vers la mort ; elles étaient alors représentées avec un corps d'oiseau et une tête de femme.

Leur chant envoutant, entraine les marins à s’échouer sur les rochers, ce qui n’existe pas dans la réalité. Ici encore, ces créatures extraordinaires du domaine marin font preuve du merveilleux puisque qu’elles sont dans un cadre réel (rochers, mer) mais n’existent pas.

Les personnages des Lestrygons, ces créatures extraordinaires, ont une taille phénoménale, ce sont des géants et ont une nourriture différente de celle des hommes normaux, ils dévorent des humains. L’action se déroule dans un cadre réel, le palais du roi Antiphatas, mais le roi en soit est une créature extraordinaire de part sa taille.

De même que les cyclopes sont pleinement des personnages merveilleux, par leur physionomie hors du commun : une taille gigantesque et un seul œil.

Le merveilleux est également présent à travers le personnage de Circé, en effet, c’est une sorcière donc une créature hors du commun. De plus elle aide Ulysse dans ses aventures comme une femme humaine. Voila pourquoi on peut parler de merveilleux, il y a un mélange entre réalité et éléments du surnaturel.

Le fait qu’Homère leur attribue des capacités ou des caractéristiques hors du commun apporte à ces personnages une irréalité qui permet au lecteur de s’évader du cadre historique et épique. En effet le récit est beaucoup plus divertissant grâce à ces créatures mythiques, que si Homère s’était contenté de décrire des combats et des voyages sans originalité.

Il est indéniable de parler du rôle du merveilleux sur les décors qui entourent le périple d’Ulysse. Les ressources qu’offre le paysage mis en place semblent irréelles par leur abondance, et grâce aux épithètes qui les rendent presque divines.

la réalité. Par exemple, le merveilleux est présent à travers la nourriture chez Circée. En effet, une abondance mise en scène par celle-ci est soulignée, puisqu’une sorte de rituel est mise en place afin d’amadouer les compagnons. Le cadre est alors attractif et les compagnons se retrouvent piégés puisque les pouvoirs de Circé les transforment en cochons. les cochons sont des animaux réels mais la transformation magique tient du domaine du surnaturel donc il y a présence du merveilleux. Mais le merveilleux semble même donner un rôle à la nature, et un parti pris à celle-ci, puisque on peut la qualifier d’adjuvant ou d’opposant selon les étapes du récit. Ainsi, la mer par son attribution à Poséidon semble être un obstacle au bon déroulement du voyage d’Ulysse. Donc le merveilleux apporte de l’importance à la nature et en fait un personnage de l’Odyssée.
Conclusion : Le merveilleux tient donc un rôle essentiel dans le récit de l’Odyssée, puis qu’il le rend dans un premier temps plus abordable, à l’aide du registre, des péripéties dont il est l’origine et du cadre qu’il met en place. De plus, le merveilleux offre aux personnages des capacités extraordinaires, et des pouvoirs hors du commun.

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