La datation controversée du linceul de Turin Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité








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La datation controversée du linceul de Turin

Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité.

Paru le: mardi 28/06/2005

A première vue, ce n'est qu'un drap de lin blanc, de 4,36 m de longueur et 1,10 m de largeur. Peu d'objets au monde ont pourtant suscité autant de polémiques que ce « linceul de Turin »... La dernière datant de la semaine dernière avec la présentation, par le mensuel Science et Vie (1), de la réalisation d'un « vrai-faux suaire de Jésus » (lire La Croix du 22 juin) en tamponnant une pièce de lin humide appliquée sur un bas-relief avec de l'oxyde ferrique lié par du collagène. « On ne dit pas que c'est la méthode qui a été utilisée au Moyen ge pour fabriquer le linceul, mais on dit que l'image ainsi laissée est en trois dimensions et résiste au lavage », s'empressait de préciser le journaliste Paul-Eric Blanrue (lire page II) lors de la démonstration devant la presse, mardi dernier.

Bien avant cette dernière démonstration aux allures de provocation, les polémiques autour du linceul n'ont pas cessé... depuis six siècles et demi. Dès 1357, en effet, quand ce tissu apparaît dans le trésor de la collégiale fondée à Lirey (Aube) par Geoffroy de Charny, mort quelques mois plus tôt pendant la guerre de Cent Ans, certains mettent en doute son authenticité. À commencer par l'évêque de Troyes, qui interdit de le montrer, considérant qu'il s'agit d'une peinture. Il faut dire qu'à l'époque, les sanctuaires européens rivalisent dans la course aux reliques pour attirer les pèlerins. Et puis, nul ne sait d'où vient ce linge. S'agit-il du « Mandylion » (première peinture du Christ sur un linge de coton) portant l'empreinte du Christ et vénéré jusqu'en 944 à Edesse (dans l'actuelle Turquie) ? Aurait-il été ramené en Occident par un croisé, après le sac de Constantinople (1204) puis transmis à la famille de Charny ?

Cependant, les premières ostensions à Lirey, autorisées en 1390 par le pape Clément VII, attirent les foules. « En cette sombre époque marquée par des guerres interminables, la peste et le grand schisme (1378-1417), le linceul semble le joyau que la piété populaire, dévouée à l'Homme des douleurs, attendait », explique Odile Celier dans un ouvrage de référence sur le linceul (lire page III). Vendu par la famille de Charny à celle de Savoie en 1453, le suaire devient relique privée. Ses ostensions, rendues solennelles à partir de 1506 (le pape Jules II fixe au 4 mai la fête du Saint-Suaire), attirent toujours plus de pèlerins dans la chapelle du château de Chambéry. En 1532, celle-ci est ravagée par un incendie, et la châsse en argent qui protège la relique se met à fondre sur le tissu plié. L'empreinte du corps n'est pas détériorée, mais le drap, rapiécé par des clarisses, présente désormais des traces symétriques de brûlures.

La dévotion au linceul n'en devient que plus fervente. Au cours d'une épidémie de peste dans son diocèse de Milan, saint Charles Borromée (1538-1584) promet de se rendre en pèlerinage auprès du « saint suaire ». C'est d'ailleurs pour lui éviter la traversée des Alpes, que le duc de Savoie, en 1578, transfère solennellement la relique de Chambéry à Turin, sa nouvelle capitale. Le culte de la relique, encouragé par la Contre-Réforme, décline pourtant à partir des Lumières. Si bien qu'en 1898, lors d'une exposition d'art sacré à Turin, nul ne se soucie plus du linceul... Sauf Secondo Pia, qui est autorisé à en prendre des clichés : avec stupeur, cet avocat passionné de photographie voit apparaître sur les plaques de verre, au lieu d'une image en négatif, celle « en positif », de face et de dos, du corps d'un homme qui semble avoir été supplicié et crucifié comme l'a été Jésus.

Ces clichés font rebondir la question de l'authenticité du linge : un faussaire du Moyen ge aurait-il pu fabriquer une relique aussi élaborée, alors qu'à cette époque personne n'était en mesure de voir ces empreintes ? Dès lors, de nouvelles recherches pluridisciplinaires sont entreprises, démenties à chaque fois par les teneurs de la thèse du « faux ». Dans les années 1930, le docteur Pierre Barbet, à partir d'expériences sur des cadavres, établit que le seul endroit pour planter un clou dans les bras d'un crucifié est au niveau des poignets, ce qui correspond aux plaies de l'homme du linceul. À partir de 1938, on travaille également sur la toile de lin : elle se présente comme un sergé en chevrons 3x1 (trois fils au-dessus, un fil au-dessous) qui, pour certains, serait caractéristique d'une fabrication juive du Ier siècle, et, pour d'autres, aurait nécessité un métier à quatre cadres de lisses qui n'apparut au Proche-Orient qu'au VIe siècle. Plus tard, on procédera à l'analyse du sang déposé sur le linceul : il serait humain, du groupe AB, et contiendrait de la bilirubine (pigment de bile sécrété en cas de souffrance extrême). À partir de 1973, le Suisse Max Frei, jugé peu crédible par certains, entreprendra des recherches sur les pollens sur le linceul : il identifie 58 espèces végétales dont 44 poussant, selon lui, au Proche-Orient.

En 1976, deux Américains de l'US Air Force, John Jackson et Eric Jumper, en utilisant un analyseur d'images VP8, obtiennent à partir de la photo du linceul une image en relief sans déformation, prouvant que, à la différence des photographies ordinaires, le linceul serait codé en trois dimensions. Deux autres Américains, Lorre et Lynn, démontrent que l'empreinte ne comporte pas de traces directionnelles, obligatoirement décelables quand on utilise un pinceau. En 1978, à l'occasion de la plus longue ostension du linceul, un deuxième congrès international de « sindonologie » (science du suaire) est organisé à Turin et permet une nouvelle expertise du linceul. Plusieurs chercheurs américains fondent alors le Sturp (Shroud of Turin Research Project) qui disparaîtra en 1996.

Dix ans plus tard, avec l'autorisation du Saint-Siège (propriétaire du linceul) et de l'archevêché de Turin (qui en est le dépositaire), une datation au carbone 14 est réalisée par trois laboratoires universitaires (Tucson dans l'Arizona, Oxford et Zurich) et supervisée par le British Museum de Londres. Cette datation situe « avec un taux de fiabilité de 95 %, les origines du linceul entre 1260 et 1390 après Jésus-Christ ». Et sous-entend donc que le suaire serait un « faux ».

Pour autant, cette datation scientifique n'interrompt pas les polémiques. Selon certains, les tests auraient été perturbés, soit du fait de l'incendie de 1532, soit par un autre phénomène inexpliqué qui aurait « rajeuni » de treize siècles le linceul. En janvier dernier, le chimiste américain Raymond Rogers, retraité du laboratoire de Los Alamos en Californie et ancien membre du Sturp, comparant le taux de vanilline (composé chimique présent dans la lignine des fibres de lin et qui se dégrade au fils du temps) dans divers échantillons du linceul, soutient que les échantillons prélevés en 1988 provenaient d'un raccommodage ultérieur.

Parallèlement, d'autres recherches pointues se poursuivent afin d'éclaircir le mystère d'une image à la fois tramée (formée de points lumineux), isotrope (sans axe préférentiel), parfaitement plane (aucune déformation de volume) et tridimensionnelle (avec effet de relief). Sans parler de la mise en évidence, en 1994, par André Marion, spécialiste du traitement numérique des images à l'Institut d'optique d'Orsay, d'inscriptions « effacées » en grec et en latin autour du visage du linceul qui pourraient être lues comme provenant des mots « nazaréen », « Jésus »...

Quant aux chrétiens, il y a ceux qui, tel Paul Claudel, sont convaincus que « c'est Lui, c'est son Visage », et ceux qui récusent toute idée d'authenticité. Bon nombre cependant souhaitent que l'Église catholique sorte de sa prudence et se prononce officiellement sur le statut du linceul... Et ce, si possible, avant le 2 000e anniversaire de la mort et de la résurrection du Christ, qui pourrait être célébré en 2031. Mais, d'ici là, ce simple drap de lin peut encore réserver des surprises.

CLAIRE LESEGRETAIN

(1) Saint Suaire, la science aveuglée par la passion, Science & Vie, n° 1054, juillet 2005, 3,90 Euro.
Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité. Les propriétés du lin expliqueraient l'image. Ancien expert pétrolier à la retraite, Marcel Alonso se consacre à l'étude des fibres du linceul de Turin. LESCAR (Pyrénées-Atlantiques), de notre correspondant régional. .

Paru le: mardi 28/06/2005

Marcel Alonso, retraité depuis 1995, vit à Lescar, dans la banlieue de Pau, où sont installés de nombreux ingénieurs de l'ancien groupe pétrolier Elf-Aquitaine. Lui-même ancien expert pétrolier, il a été sollicité dès 1993 par le Centre international d'études sur le linceul de Turin (Cielt) pour donner un avis à propos du traitement d'images de chevrons du tissu du linceul de Turin. Depuis, son intérêt pour le linceul n'a cessé de croître, si bien qu'aujourd'hui plus de deux pièces et tout le sous-sol de sa résidence y sont consacrés : une pièce d'archives, une collection de tissus très anciens, des échantillons de fils du linceul, des ordinateurs puissants, un vidéoscope, trois microscopes...

« L'essentiel de mes travaux, précise cet ingénieur, porte actuellement sur les fibres de lin, leurs structures physique et chimiques et la façon dont elles sont modifiées par l'image. » Des travaux pour lesquels il a sollicité des chercheurs du CNRS. Marcel Alonso se réunit par ailleurs tous les mois avec d'autres ingénieurs de Pau passionnés par le linceul, pour faire le point sur les travaux et les théories en cours.

Spécialiste de la capillarité (le pétrole se divise en gouttelettes enfermées dans les pores de la roche), Marcel Alonso constate que ce phénomène a joué un rôle essentiel dans la formation de l'image du linceul de Turin. S'appuyant sur l'observation de la face postérieure de la toile, devenue accessible en 2002 - lors de la restauration de la relique -, il pense que la sueur et le sang de l'homme crucifié ont adhéré au lin, par « une capillarité modérée » des mailles du tissu, et évolué chimiquement, inscrivant de façon précise et indélébile l'image que nous connaissons. Ce processus physico-chimique, rendu possible par « un lin fortement hydrophobe », peut expliquer selon les lois de la nature l'image fixée sur le linceul, sans devoir « chercher des hypothèses sur des rayonnements, invérifiables en l'état actuel de nos connaissances ».

Selon lui, le linceul, resté longtemps en quasi anaérobie (à l'abri de l'air et de la lumière), a pu voir les traces du corps torturé apparaître et se renforcer avec le temps, comme une fleur séchée laisse sa marque jaunie dans un livre fermé. En effet, l'empreinte laissée par la fleur sur les fibres de cellulose du papier obéit grosso modo aux mêmes principes que l'image du linceul, « y compris la tridimensionnalité ». « Ce sont l'évaporation et la condensation de la sueur qui ont complété l'image primaire dessinée par contact direct des plaies et des parties proéminentes, comme le nez, les mains ou les genoux », précise Marcel Alonso. Et ce, grâce aux propriétés des fibres du lin : « Si le linceul avait été en coton, il n'y aurait que des taches informes. »

De telles images latentes sont connues depuis longtemps. Un évêque citait en 1934 l'exemple d'un voile de mariée qui, plié après les noces et conservé longtemps dans une armoire, fut retrouvé, portant les traces du nez, du front, et même de l'endroit par lequel la mariée tenait son voile, imprimées par la sueur jaunie avec le temps. Mais il n'y a aucun exemple au monde d'une image aussi parfaite que celle de Turin. Les thèses faisant appel à des rayonnements divers, cherchant pour la plupart à expliquer la Résurrection, paraissent donc « infondées » à Marcel Alonso, particulièrement celle faisant intervenir un rayonnement protonique - issu de la désintégration du deutérium - car « on ne connaît pas de réaction nucléaire à énergie faible ». « Si, pour expliquer la Résurrection, on cherche à faire disparaître instantanément 80 kilos de matière sans détruire Jérusalem, poursuit l'expert, ce n'est pas du côté des lois de la physique qu'il faut chercher ! » L'ingénieur - qui se déclare profondément catholique - prend rigoureusement « le parti scientifique » et fait une distinction entre les phénomènes naturels et la Résurrection, qui, pour le moment, ne s'impose pas à la compréhension des propriétés de l'image, demeurant « un mystère à respecter dans la foi ».

On comprendra que, selon Marcel Alonso, la datation au carbone 14 fut une « mauvaise action », car à ses yeux elle rend « inappropriées » beaucoup de recherches récentes, pourtant effectuées par des chercheurs de grande valeur internationale. « De tels résultats publics rendent difficile toute décision par les autorités de Turin de lancer de nouvelles recherches. » Marcel Alonso, regrettant qu'il n'y ait pas, auprès de ces autorités, de personnalités scientifiques et théologiques d'envergure, désire que Benoît XVI prenne personnellement sous sa protection le linceul de Turin et veille à sa conservation, ainsi qu'au progrès de son expertise. Il vient d'écrire au pape en ce sens.

FRANÇOIS VAYNE
Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité. DÉBAT. Faut-il poursuivre les recherches sur le linceul de Turin ? « Oui, il reste des questions auxquelles la datation au carbone 14 ne répond pas. » Pierre Merat. Président du Comité international des études sur le linceul de Turin (Cielt). .

Paru le: mardi 28/06/2005

« L'origine du linceul est parfois considérée comme douteuse par ceux qui attendent de l'histoire des preuves qu'elle ne peut donner. Les témoins qui ont vu un linge décrit comme le linceul de Turin ne manquent pas : à Athènes, à Constantinople, à Edesse. Il est vrai qu'il existe une lacune, dans son parcours, entre son dernier propriétaire connu en Grèce, Othon de la Roche, et son arrière-petite-fille par alliance Jeanne de Vergy, épouse de Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey, où apparaît le linceul. Il y a là un chantier auquel s'attachent les historiens du Cielt.

Dans le domaine scientifique, il reste aussi bien des questions. L'image du linceul se présente comme un négatif photographique et contient une information tridimensionnelle, c'est-à-dire qu'il existe un rapport constant entre le degré de coloration et la distance du linge au corps. Le Français Gastineau l'a montré par un procédé optique et l'Américain Jackson par l'informatique : cela exclut toute intervention manuelle. Le procédé créateur de l'empreinte reste donc inconnu.

Celle-ci est constituée par une modification très superficielle de la cellulose du lin : la décarboxilation oxydative, qui colore quelques millièmes de millimètres de l'épaisseur de la fibre. Lorsque deux fibres se croisent, la plus profonde n'est pas colorée. De même, les fibres ne sont pas colorées sous les taches de sang. Le sang s'est déposé sur un linge enveloppant étroitement le corps, mais l'image n'a pu se former avec cette précision que sur une surface parfaitement plane. Récemment, Raymond Rogers a montré que le taux de vanilline contenu dans la cellulose du lin décroissait avec le temps. Il y a là une autre possibilité de datation. Bref, de nombreux points restent inexplicables et semblent aller à l'encontre des lois physiques connues, malgré la qualité des chercheurs qui y travaillent. »
Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité. DÉBAT. Faut-il poursuivre les recherches sur le linceul de Turin ? « A quoi cela servirait-il, si la fascination fait défaillir la raison ? ». Odile Celier. Enseignante à la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris. .

Paru le: mardi 28/06/2005

« Quand les clichés de Pia révélèrent les propriétés de l'empreinte du linceul, la science, par l'entremise de la photographie, reposa la question de l'authenticité, réveilla la dévotion et ouvrit un siècle de polémiques. Chercheurs et curieux s'empressèrent, et nombre de catholiques marqués par le scientisme virent en ce mystérieux objet le palladium d'une nouvelle croisade. La dévotion se fit militante et apologétique : la science défendait la foi en authentifiant la relique et, reconnaissant son impuissance à l'expliquer, désignait la résurrection du Christ. Une littérature « scientifique » vit le jour, où se côtoyaient rigueur, naïveté, crédulité, soif de miracle. Certains travaux confortaient la thèse de l'authenticité de la relique, sans briser le silence de son histoire avant 1357. Certes, il faudrait les reprendre, car les conditions d'une recherche scientifique n'étaient pas réunies ; entourée d'une aura sacrée, la relique était quasi inaccessible.

Dans ce sens, l'archevêque de Turin organisa la datation au carbone 14. Dès l'annonce des résultats (situant la fabrication du linceul aux années 1260-1390), les défenseurs de l'authenticité en neutralisèrent les effets. Les uns, conscients du caractère incontestable des tests, firent échapper la relique à leur verdict, arguant d'une substitution malveillante des échantillons datés ou d'accidents subis par le tissu. D'autres, à ce type de mesure qu'ils disaient peu fiables, opposèrent les arguments de l'histoire, s'aventurant à retracer le roman du linceul depuis l'an 30... Cette faible défense suffit à réconforter les fidèles. On ne s'étonne donc plus que les propriétaires d'un tel objet le gardent dans un coffre-fort. Pourquoi poursuivre des recherches dans des conditions d'expérimentation rigoureuses, quand la fascination fait défaillir la raison ?

Si le linceul est inaccessible, les archives ne le sont pas et les chantiers historiques sont ouverts. D'où vient le linceul ? Quand et comment arrive-t-il à Lirey ? Pourquoi, dès son apparition, l'évêque de Troyes en interdit-il l'ostension ? Étude des controverses qui en découlent, opposant chanoines, évêques, légat du pape, grands du royaume, Charles VI lui-même, jusqu'à la décision de Clément VII de n'autoriser les ostensions qu'à condition qu'il soit bien dit qu'il ne s'agit que d'une « figure ou représentation » du suaire du Christ. Que craignait-on, en ces temps où la prudence à l'égard des reliques n'est pas obsessionnelle, pour renoncer aux immenses bénéfices politiques et économiques que le linceul n'aurait pas manqué d'engendrer ? »
Depuis sa datation au carbone 14, en 1988, les recherches sur le suaire se poursuivent et relancent les polémiques autour de son authenticité. Document. Jean-Paul II : "L'icône de la souffrance des innocents".

Paru le: mardi 28/06/2005

(Méditation devant le Saint Suaire de Turin, le 23 mai 1998)

« La mystérieuse fascination qu'exerce le Saint Suaire pousse à poser des questions sur le rapport existant entre ce linge sacré et l'histoire de Jésus. Puisqu'il ne s'agit pas d'une matière de foi, l'Église n'a pas de compétence spécifique pour se prononcer sur ces questions. Elle confie aux scientifiques la tâche de continuer à enquêter pour arriver à formuler des réponses adéquates aux interrogations liées à ce suaire. (...) Ce qui compte surtout pour le croyant, c'est que le Saint Suaire est un miroir de l'Évangile. En effet, si l'on réfléchit à ce linge sacré, on ne peut faire abstraction de cette considération : l'image qu'il présente a un rapport si profond avec tout ce que racontent les Évangiles de la Passion et de la mort de Jésus que tout homme sensible se sent touché intérieurement et profondément ému lorsqu'il la contemple.

(...) Dans le Saint Suaire se reflète l'image de la souffrance humaine. Il rappelle à l'homme moderne, souvent distrait par le bien-être et les conquêtes technologiques, le drame de tant de nos frères, et il l'invite à s'interroger sur le mystère de la souffrance pour en approfondir les causes. L'empreinte du corps martyrisé du Crucifié, en témoignant de l'effrayante capacité qu'a l'homme d'infliger la souffrance et la mort à ses semblables, devient comme l'icône de la souffrance de l'innocent de tous les temps : des innombrables tragédies qui ont marqué l'histoire passée, et des drames qui continuent à se produire dans le monde. (...) En évoquant ces situations dramatiques, le Saint Suaire nous pousse non seulement à sortir de notre égoïsme, mais il nous porte à découvrir le mystère de la souffrance qui, sanctifiée par le sacrifice du Christ, engendre le salut pour toute l'humanité.

(...) La contemplation de ce Corps martyrisé aide l'homme contemporain à se libérer de la superficialité et de l'égoïsme avec lesquels, bien souvent, il traite de l'amour et du péché. Faisant écho à la Parole de Dieu et aux siècles de conscience chrétienne, le Saint Suaire murmure : Crois en l'amour de Dieu, le plus grand trésor qui ait été donné à l'humanité, et fuis le péché, le plus grand malheur de l'histoire. »

(Texte dans La Documentation catholique n°2 184 du 21 juin 1998.)

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