Contribution à l’histoire d’Unix chez Bull René J. Chevance©








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Contribution à l’histoire d’Unix chez Bull

René J. Chevance©

Juin 2004



Avertissement



L’objectif de ce document est d’apporter un témoignage sur l’histoire d’Unix chez Bull ainsi que sur quelques épisodes plus ou moins associés. Les faits relatés ici sont essentiellement ceux que j’ai vécus. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une histoire « officielle » mais simplement d’une contribution personnelle. Je tiens à remercier Jean Papadopoulo dont les commentaires ont permis de compléter ce document.

Prémices



L’article des Communications de l’ACM de juillet 19741 avait éveillé mon attention sur le système Unix. L’annonce du rapprochement entre CII et Honeywell-Bull en mai 1975 eut pour conséquence l’arrêt du projet Y sur lequel je travaillais (voir l’article « Le Projet Y » sur le site de la FEB). Mes activités furent alors orientées vers le Mini 6 (précédemment appelé Level 6 et ensuite DPS 6 puis DPS6000).

Après la création du langage TR6 qui a été utilisé pour le développement du frontal (FEP Front End Processor ou DNS), au sein de l’organisation dirigée par Claude Boulle, je me suis intéressé à d’autres applications potentielles du Mini 6.

La première de ces applications potentielles a été le projet TPO (Très Petit Ordinateur). Nous avons été chargés (avec Claude Gouin et Georges Krystal) de cette étude en avril 1977, c’est à dire lors de la mise en place effective de la fusion entre la CII et Honeywell-Bull. Bien que ce projet nécessite un papier à lui seul, il n’est pas inutile d’en dire quelques mots ici.

La cible marché du TPO était les PME/PMI, un exemple de produit concurrent était le System/36 d’IBM. Le TPO était donc le successeur potentiel du DPS 61 et, dans une moindre mesure, du DPS 4. Deux approches techniques concernant la plate-forme devant servir de support pour le TPO existaient :


  • Approche 61 défendue par l’équipe 61 de Claude Bouvier avec notamment Pierre Tassin qui participait à notre étude ;

  • Approche Mini 6 défendue par l’équipe « Produits » de François Sallé, notre correspondant dans la ligne de produits étant Douglas Jackson.


Plutôt que de partir dans une approche « partisane » du style « c’est comme ça dans le 61 ou dans le Mini 6 (selon notre interlocuteur), c’est donc comme ça dans le TPO », nous avons choisi une démarche logique consistant à faire, dans un premier temps, une spécification fonctionnelle du TPO (i.e. qu’est ce que c’est qu’un TPO) et, dans un second temps, à évaluer les qualités des plates-formes pouvant supporter le TPO et proposer les compléments nécessaires.
Nous avons donc développé les spécifications du TPO en quelques semaines. En ce qui concerne les plates-formes, il est apparu rapidement que les limitations de l’architecture du 61 (capacité d’adressage essentiellement) ne permettaient pas de le considérer. Le Mini 6, malgré quelques réserves en ce qui concernait les projets de Billerica2 en matière de mécanisme de gestion de mémoire virtuelle, semblait un bien meilleur véhicule.

Indépendamment de ces considérations techniques, le « vent politique» était nettement en faveur du Mini 6.

Une mission à Boston, du 10 au 15 octobre 1977, nous avait permis de chiffrer les compléments minimaux nécessaires pour faire du Mini 6 un TPO. Après la présentation de ce projet, le processus de décision3 s’enlisa. En conséquence, après cet avant-projet mené tambour battant, d’autres activités ont été recherchées.
Sans grande surprise, c’est autour du Mini 6 que ces activités se sont organisées. En 1978/1979, le paysage Mini 6, en termes de systèmes d’exploitation, était plutôt encombré : MOD 400 et MOD 600 développés à Boston, TPS 6 qui était un système transactionnel organisé autour d’une base de données spécifique et avait été développé par Honeywell en Angleterre, les projets MOD200 et MOD100 pour le support des satellites. Dans un but de simplification, j’écarte de ce paysage le frontal qui avait son propre système d’exploitation.
J’avais proposé de porter Unix sur Mini 6. Il me semblait qu’Unix pouvait prendre la place de MOD600, au moins pour certains des objectifs de ce dernier. Le portage d’Unix aurait nécessité l’introduction d’un nouveau mode sur Mini 6 avec les deux modifications techniques suivantes :


  • Une unité de gestion de mémoire virtuelle (MMU Memory Management Unit) en mode plat (i.e. à la IBM/370) en lieu et place du mécanisme dérivé de Multics qui était proposé ;

  • La suppression de l’index flottant (i.e. la valeur d’un registre d’index était considérée comme un ordinal puisqu’il y avait multiplication de la valeur du registre d’index par la longueur de l’élément de tableau avant calcul d’adresse). La suppression de l’index flottant aurait permis l’assimilation faîte implicitement par C qu’un pointeur est un entier (et donc non-sujet au mécanisme d’auto-décalage).


En 1979, cette idée n’a pas reçu d’écho. Une implémentation d’Unix a été faîte sur DPS 6 et, apparemment, elle ne rencontra guère de succès. Je ne saurai pas en parler plus car, au moment de ce projet, je ne faisais plus partie de la Compagnie l’ayant quittée pour Transac-Alcatel.
Parallèlement à cette proposition, Jean-Claude Sinthomez, qui devait appartenir à la direction « Produit » de François Sallé mais pas dans la partie « ligne de produit 64 », avait proposé de porter Unix sur le 64. Cette idée n’avait pas non plus entraîné l’adhésion des personnes concernées à ce moment. De fait, à la ligne de produits DPS7/GCOS7, Jean Papadopoulo fut chargé, en 1983, de la définition d’une stratégie Unix pour cette ligne4. Unix a été porté sur le DPS 7 et a servi de base des produits d’interconnexion et interopérabilité avec les systèmes standards (i.e. Unix et assimilés et Windows) 5. On remarquera à ce sujet que les implémentations d’Unix sur des architectures propriétaires n’ont pas connu de succès, la pauvreté du catalogue d’applications et les prix d’accès relativement élevés (pour des clients initiaux) sont certainement des causes de ces insuccès. Il faut noter les efforts actuels d’IBM sur les zSeries avec son offre Linux (sur machines virtuelles) alors que son offre d’une interface Unix sur MVS n’avait rencontré que peu de succès. Il sera intéressant d’observer la pénétration de cette offre, surtout en dehors des clients « traditionnels » des zSeries.
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