Pourquoi l’afrique reste en retard pour son developpement?








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20- Pour mettre fin à « l’égalitarisme » en Afrique.


L’égalitarisme est un phénomène qui est devenu un des obstacles majeurs au développement de l’Afrique. En effet ce phénomène signifie le nivellement par le bas c’est-à-dire qu’entre Africains, il est inconcevable que l’un émerge aux yeux des autres, sa réussite est comme une menace pour les autres. Pourquoi lui et pas moi? L’environnement social de celui qui émerge lui devient invivable de telle sorte que sa vie sera désormais en danger. La conséquence est l’existence permanente de la peur des autres, ce qui rend difficiles les relations de coopération entre les gens d’un milieu pour s’unir pour réussir. C’est une réalité qui se vit tous les jours en Afrique et cela rend infécondes les actions réelles pour le développement. Ce phénomène est un produit de la solidarité mécanique induite par la vie communautaire, l’explication est simple, comme nous vivons en communauté, le bien personnel n’existe pas, tout bien est commun. S’il arrive qu’un élément va dépasser les autres surtout économiquement parlant, il devient une menace pour les autres car sa réussite mettra en évidence une différence que la majorité supportera difficilement, la solution est de l’expulser ou de lutter contre sa présence. Il ne sera pas facile de mettre fin à ce fléau, seulement il suffira de créer un climat continental favorable à l’émergence des uns et des autres pour que la compétition pour le progrès soit acceptée et adoptée. Et la seule manière d’y parvenir rapidement est de devenir une seule nation, les Etats-Unis d’Afrique. Un tel climat d’émergence n’existera que quand la culture du travail par excellence sera instaurée en Afrique pour hâter le développement continental.

21- Pour instaurer la culture du travail par excellence et combattre la culture de la médiocrité.


En toute sincérité, l’un des freins puissants du non décollage de l’Afrique est l’absence du travail par excellence. La majorité des Africains fait semblant de travailler et tourne en rond et ne produit aucune richesse. Le travail signifie fondamentalement la production de la richesse. En réalité l’Afrique ne travaille pas, cela pourrait agacer certaines personnes mais pour s’en rendre compte, il suffirait de voir dans chaque famille, sur dix personnes capables de faire quelque chose, combien travaillent réellement ? Peut-être quatre, et même parmi les quatre combien se préoccupent de la qualité et de la quantité de leur travail effectué dans un temps donné et jugé rentable ? Peut-être une seule personne. La culture du travail par excellence n’existe pas en réalité ou si elle existe, elle n’est pas dominante, c’est plutôt la culture de la médiocrité qui règne dans l’espace africain. Si l’Afrique se met ardemment au travail, la pauvreté sera du passé car les Africains se reposent plus qu’ils ne travaillent. C’est par défaut de travail en tant que facteur de production de la richesse que l’Afrique demeure un continent de mendicité. La notion du travail est à revoir car nombreux occupent inutilement le temps soit pour eux-mêmes ou surtout pour autrui en n’attendant que l’heure de la fin pour vider les lieux se convainquant qu’ils ont travaillé tout simplement parce que le temps a été occupé. Mais qu’a-t-on produit qualitativement et quantitativement ? Personne ne se demande quel est l’équivalent en matière de production de richesse réalisée pendant le temps occupé ? Personne ne cherche à savoir la qualité et la quantité du travail effectué dans un temps donné. L’Afrique produit moins que ce qu’elle consomme par jour dans tous les domaines et c’est ce qui engendre et cultive la pauvreté, la misère, la mendicité et l’attentisme. Depuis le champ jusqu’au bureau où l’administrateur le plus diplômé travaille, la notion du travail rentable est moins connue et dans certains cas très inconnue. Nombreux s’occupent d’arrondir leurs ongles dans les services étatiques et même privés, ils tuent le temps pour gagner de l’argent, ils font parfois acte de présence pour disparaître. S’il arrive qu’ils restent au bureau, c’est pour téléphoner à tous les amis en longueur de la journée gaspillant les ressources de l’Etat. Du veilleur de la nuit jusqu’au cadre le plus gradé, personne ne s’évalue, on tourne en rond, et paradoxalement on pense qu’on travaille. Le génie des ingénieurs sommeille car eux-mêmes préfèrent les bureaux climatisés au lieu d’aller dans leurs vrais domaines d’activité. L’Afrique étonne par sa réaction face au travail voire une mission donnée. Par exemple, la nomination d’un directeur général ou d’un ministre en Afrique se fête. Quel paradoxe ! C’est une contradiction. Le nouveau directeur général ou le nouveau ministre doit avoir plutôt des nuits blanches pour chercher à circonscrire son champ d’action et surtout s’évertuer à maîtriser sa mission et se donner clairement des objectifs précis, concis, mesurables et y déduire des indicateurs de qualité et de quantité afin de se tracer une ligne directive pour accomplir sa mission. Ce n’est qu’à la fin de sa mission qu’il pourra fêter sa réussite et jamais sa nomination. La notion de la culture du travail par excellence doit être enseignée à toutes les couches sociales en Afrique. Et cela ne peut être que le produit d’une décision politique, l’exemple du Bénin de YAYI BONI est frappant, bon nombre de personnes dans l’administration béninoise ont déjà perdu des dizaines de grammes de graisse tout simplement parce que le leader BONI a imposé un nouveau style de travail: la recherche de la qualité s’impose à tout travailleur sans exception, personne n’est sûre de garder son poste longtemps car l’inefficacité est synonyme de la perte de son poste. Aucune complaisance n’est permise, cependant des poches de résistance et de culture de médiocrité existent encore. L’éducation à produire un travail de qualité et en quantité raisonnablement favorable au développement doit avoir une place prépondérante en Afrique. Et la réalisation du rêve, les Etats-Unis d’Afrique, sera une excellente opportunité pour insuffler à tout l’espace africain une nouvelle vision du travail, levier pour le développement.

La dynamique de la culture du travail par excellence favorisera la transformation de l’Africain en un homme du devoir et de droit car il faut accomplir un devoir de qualité pour attendre un droit incontestablement mérité.

22- Pour rendre l’Africain un homme de devoir et de droit.


L’homme a naturellement des droits et les institutions internationales les lui reconnaissent. Par exemple les droits fondamentaux de l’homme sont connus de la majorité : se nourrir, se vêtir, se loger, s’instruire et se soigner. De façon plus large, les différentes catégories de la population ont des droits spécifiques. Les enfants en ont, les femmes en ont, les travailleurs en ont, etc. Pour éviter que ces droits soient bafoués, plusieurs institutions de droit ont vu le jour, il y a même des cliniques de droit de l’homme où ceux dont les droits sont bafoués sont reçus et défendus avec vigueur et rigueur. Le non respect du droit de l’homme est un mal social juridiquement connu. L’espoir de la majorité des citoyens des Etats africains est l’instauration des Etats de droit. Tout cela est bon, voire très bon. Néanmoins dans ce contexte d’illumination des droits de l’homme, il apparaît qu’aucun faisceau de lumière ne se prolonge sur les devoirs de l’homme. Cette situation de déséquilibre total a transformé l’Africain en un homme que de droit et il ignore éperdument ses devoirs. Pour un décollage réel et rapide de l’Afrique, il convient d’instaurer des institutions des devoirs de l’homme pour propager sur le plan continental les obligations qui doivent être le lot naturel de l’homme. Si l’Afrique parvient à convaincre suffisamment ses peuples de leurs devoirs et à les y illuminer, elle passera à la vitesse supérieure de son développement. Les gens n’ont que de droit, ils le chantent, ils le répètent, ils le réclament, ils le défendent. Jamais on ne constate des gens qui s’associent pour revendiquer, clamer et défendre énergiquement et vigoureusement leurs devoirs. La cassure entre le droit et le devoir en Afrique est un obstacle majeur au développement de ce continent. Naturellement, le devoir implique le droit, celui qui accomplit ses devoirs attend sans autres grandes exigences ses droits, mais en Afrique c’est le contraire qui s’installe. On réclame des droits et on n’effectue pas ses devoirs. Si un chef d’Etat africain se hasarde à créer un ministère de la promotion des devoirs de l’homme ajouté à un ministère de la justice et des droits de l’homme, à première vue on le qualifiera d’étrange. Mais une telle création favorisera l’émergence d’une nation forte car les hommes se mettront à leur devoir et nul n’acceptera l’existence de parasites, de corrompus. Le ministère des devoirs de l’homme instaurera un mouvement démocratique au service du travail bien fait qui mérite une reconnaissance ou un droit juste et équitable. L’instauration des Etats-Unis d’Afrique visant le développement de la mentalité du devoir et du droit propulsera l’Afrique de son espace d’attentisme, de réclamation incessante, de mendicité populaire vers un monde nouveau où chacun œuvrera énergiquement pour accomplir ses devoirs dans des normes développementales et pour mériter ses droits incontournables et évidents.

Mais une telle promotion des devoirs de l’homme ne pourra se réaliser que dans un climat de la culture du patriotisme au service du développement.

23- Pour définir et développer un patriotisme au profit de l’émergence de l’Afrique.


La plus grande chose, qui manque à l’Afrique, est le patriotisme. L’amour de la patrie n’est pas encore une réalité africaine. En réalité le patriotisme fonde l’unité des citoyens et favorise le développement national. Les Etats-Unis d’Amérique ne seront jamais ce qu’ils sont aujourd’hui s’ils avaient tout sauf le patriotisme. En tout, l’Américain se montre patriote, c’est naturel de défendre sa nation en tout et partout. La société américaine existe parce qu’elle est patriote, la pierre angulaire de son existence est le patriotisme. D’ailleurs les USA n’existeront pas s’il n’y avait pas eu des patriotes déterminés. En Afrique, la peur de la mort a inhibé toute propension patriotique car la seule destruction de Patrice LUMUMBA suivie d’autres crimes politiques, d’autres massacres de cerveaux pensant en Afrique, véritables ardents patriotes prédicateurs de la vérité, ont créé un climat de non patriotisme. Ce temps est révolu même si les forces de destruction de l’avenir heureux de l’Afrique planent dans l’ombre encore. En Afrique, il semble qu’il y a une grande épée de DAMOCLES qui plane au-dessus du continent entier menaçant toute réelle initiative patriotique allant dans le sens du développement indépendant de l’Afrique. La remarque est que tout leader africain qui se révolte contre une telle situation, se sent menacé dans son tréfonds car il se dit qu’il a des ennemis dans l’ombre et il s’exprime violemment contre des inconnus. Nous avons la conscience que les forces du passé existent toujours sous d’autres formes, et personne n’ose prononcer un discours patriotique. La peur de la mort est le plus puissant handicap voire le majeur obstacle au développement sur tous les plans en Afrique, mais ce que l’Afrique oublie est que seuls ceux qui sont parvenus à vaincre la peur de la mort font avancer ce monde. La peur de la mort garde l’être humain dans son cocon et sa vie n’est jamais épanouie, il ne voit que lui-même dans la vie, il n’a ni l’audace d’oser s’affirmer, en réalité il n’existe pas. La peur de la mort inhibe le développement réel de l’homme, le rend non inventif, l’aliène, le transforme en un être limité qui ne cherche qu’à plaire aux autres non pas dans la vérité mais en se trompant et en les trompant. Si aujourd’hui nous voyageons facilement d’un bout du monde à l’autre bout de la terre, c’est simplement parce que des êtres simples comme nous ont vaincu la peur de la mort pour oser conquérir l’espace en risquant gros pour leur vie. Le dicton « qui ne risque rien n’a rien » est une réalité qui se vit en Afrique. L’Afrique ne risque rien donc n’a rien, d’ailleurs, qui ne risque rien n’a non seulement rien mais n’est rien. La parole de sagesse populaire « qui ne risque rien n’a rien » est une réalité de la vie humaine comme le souligne Jean-François Mattei : « Pour les sociétés traditionnelles, il semble bien que la condition humaine ait été pensée comme inséparable du risque, dans l’ordre religieux, politique ou éthique, en ce que chaque forme de risque ouvrait vers cette dimension supérieure de l’existence qui exprime l’exigence du sens »16. Il ajoute que « si la morale des sages modernes est celle de l’épargne, selon le mot cruel de Bernanos, le monde reste toujours attaché au risque aux yeux des philosophes, car il est tout entier ouvert : "le monde sera demain à celui qui risquera le plus, prendra plus fermement son risque17" ».18 Par ailleurs il souligne que « Le risque parce qu’il met toujours une vie en jeu, est peut-être la notion métaphysique par excellence, celle qui donne son poids et son tragique au geste décisif que nous devons accomplir lorsque nous sommes sommés de le faire ». Empruntons à Gaël RAOUX ses mots pour dire qu’il faut prendre du risque car le plus grand danger dans la vie, c’est de ne rien risquer du tout or celui qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien et surtout n’est rien, il ne peut ni changer, ni se développer, ni participer au développement de son monde ; « enchaîné par sa certitude il devient esclave, il abandonne sa liberté, seuls ceux qui risquent sont libres »19. Risquons donc, mais réfléchissons à la nature et à la raison du risque, avant de nous y mettre entièrement. L’Afrique doit prendre des risques majeurs pour lancer véritablement son développement. Braver la mort doit être le point du départ du développement de l’Afrique aux plans socio-économique, politique, culturel, etc. La peur de la mort a muselé l’Afrique et l’a transformée en un continent incapable de s’affirmer ouvertement et efficacement sur le plan international sur la réalité de ses problèmes et de leurs origines. Que l’Afrique prenne des risques et qu’elle s’exprime avec toute l’audace qu’il faut et l’ère du changement et du développement s’ouvrira naturellement devant nous. Nous avions vécu la situation de musellement pendant la révolution marxiste au Bénin, en milieu scolaire et universitaire, personne n’osait afficher un avis contraire aux idéaux de la révolution, sinon la suite était connue de tout le monde, la mort ou la torture dans une prison cachée. Mais depuis la conférence nationale des forces vives de la nation en février 1990, la liberté est totale et c’est ce que je souhaite pour l’Afrique entière : un peuple libre et patriote comme les Américains !

Quand l’Afrique devient féconde pour le patriotisme ou si elle décide promouvoir le patriotisme développemental, elle hâtera son développement tant sociopolitique qu’économique et culturel. Si le vrai patriotisme s’installe, le peuple se donne tous les sacrifices pour le progrès sur tous les plans et surtout au plan du développement de la nation. Qu’un grand vent patriotique traverse l’Afrique et la suite sera l’émergence de l’Afrique. La démarche de vouloir constituer les Etats-Unis d’Afrique suscite et suscitera fortement la naissance d’un panafricanisme nouveau à la fois politique, économique et culturel. Nous avons l’opportunité de nous affirmer par la démonstration de l’amour de notre patrie, l’Afrique. Certes cela ne doit pas conduire à la haine des autres, mais nous devons nous animer d’une compétence spéciale pour vaincre la peur de l’altérité afin de pouvoir composer avec tout le reste du monde. Nous n’existerons pas si nous choisissons la politique de vie en vase clos. Le plus grand déficit en Afrique, autrement le gravissime déficit dont souffre l’Afrique est le manque du patriotisme réel au plan :

- politique ;

- développemental ;

- social ;

- économique ;

- et culturel.

Ce déficit patriotique a engendré des maux au plan politique et développemental, ce qui a transformé d’une manière ou d’une autre l’espace africain en une jungle.

24- Pour que l’Afrique cesse d’être une jungle où les plus forts écrasent les plus faibles et les plus riches piétinent les plus pauvres.



L’Afrique la jungle !
L’Afrique est l’espace où les plus pauvres, les plus faibles sont facilement écrasés par les plus riches, les plus forts. Les plus malades en Afrique sont les pauvres en très grand nombre, et ce sont les enfants, les femmes, la jeunesse en perdition, ces faibles meurent chaque jour soit du SIDA ou du Paludisme ou de la faim ou des guerres ou simplement en s’embarquant pour l’Europe. Ils sont des laissés pour compte. C’est horrible comme situation humaine. Elle est catastrophique et c’est la réalité quotidienne en Afrique. Ayons le courage d’en parler et d’y remédier rapidement. Mais c’est une gigantesque entreprise et elle nécessite l’établissement des Etats-Unis d’Afrique. Quand nous nous mettrons ensemble, nous vaincrons cette fatalité. Mais voyons de près cette situation. Nous sommes dans un monde qui se comporte en réalité comme une jungle. Dans une jungle la loi qui gouverne toute chose est celle du plus fort. Le fort démontre sa force en écrasant le plus faible, et il en est fier et les autres le craignent. Dans notre monde, les plus forts s’acharnent à faire de même, brimer les plus faibles. Cette réalité est facteur du recul en Afrique. Au plan social, il est destructeur et inhumain. En Afrique, les personnes âgées, vieilles, faibles, incapables de se défendre, sont parfois considérées par leur environnement social et surtout par leur propre progéniture comme des sorcières ou des sorciers pour être abandonnées. Dans le contexte africain une vieille personne est automatiquement surnommée sorcière au cas où malheureusement cette personne âgée aurait perdu un fils ou un petit fils. Notre société rejette habilement les personnes âgées. On ne les traite pas convenablement quand elles sont malades, on les prive des soins qui peuvent faire durer leur vie, d’ailleurs quand elles sont malades on consulte le devin « F » ou un marabout pour savoir si leur guérison sera heureuse ou dangereuse pour leur famille. Pour la plupart du temps, le verdict reste incontournable, « votre père ou votre mère veut échanger sa mort contre la vie de l’un de ses fils ou de ses petits fils, éloignez-vous de lui, sinon vous mourez ». Quel drame ! Le parent est ainsi condamné à mort, abandonné, il meurt quelques jours et les fils, pour calmer leur inhumaine conscience, clament que ce sont eux qui doivent l’enterrer, ils organisent des cérémonies très coûteuses pendant lesquelles des parents et amis viennent manger à satiété en donnant quelques enveloppes. Quelles situations abominables en Afrique ! Le deuil est synonyme de fête et les gens en sont fiers. Cela n’a rien de culturel, mais c’est la pauvreté qui a transformé quelques uns en monstres et ils n’ont de pitié pour personne, même pas pour leur parent. Cette attitude totalement irrationnelle, antisociale, inhumaine qui tend à se généraliser a des conséquences sur la société africaine en général. Si simplement chaque cas de décès est enregistré par la mairie avec un préalable d’enquête des causes éventuelles de la mort, les gens pourraient se ressaisir.

L’autre fléau est le commerce ou le trafic des enfants, ces êtres fragiles, plus faibles, qui ont besoin d’être élevés dignement (entretenus comme il faut, éduqués, nourris, vêtus, soignés, protégés, etc.) sont chosifiés, commercialisés et condamnés à exécuter des travaux forcés. Des parents vendent leurs progénitures avec des prétextes qu’ils les ont envoyées pour travailler à l’étranger. Il semble que l’humanité, dans certains Africains, du fait de la précarité récurrente, est érodée et ces derniers sont devenus des monstres vidés de tout ce qui est humain et devenus capables de transformer les être humains en des sous-hommes. C’est pire que la traite négrière organisée dans le passé par la société occidentale en complicité avec l’Afrique. C’est abominable, inhumain, ignoble et ce crime contre l’humanité doit être puni de la réclusion à perpétuité sans aucune possibilité de libération. Et pour mettre un terme à cette vie de jungle en Afrique au plan continental, la constitution des Etats-Unis d’Afrique sera la solution, la définitive, car ce sera l’opportunité de créer des équilibres au plan socioculturel, l’occasion d’humaniser certains Africains. Il faut que l’Afrique cesse d’être une jungle où les plus faibles n’ont aucun droit d’existence afin de mettre en valeur l’homme avec son potentiel mental.


25- Pour reconnaître et mettre en valeur, à grande échelle, les deux matières fondamentales du développement (la matière grise et le temps)


L’Afrique reste un monde sous-développé et végète dans cet état pour trois raisons fondamentalement anthropiques :

- la non utilisation de la matière grise humaine ou le potentiel mental humain autrement c’est l’utilisation inadéquate, irrationnelle, non optimale de la capacité de raisonner, de réfléchir, bref de remuer utilement le cerveau humain pour inventer, innover, créer à partir de rien, rendre dynamique et productif le génie humain.

- la non utilisation du temps, la ressource équitablement et convenablement distribuée à tous les hommes sans aucune forme d’exception.

- l’incapacité de sortir de la domination de son environnement c’est-à-dire l’exercice de l’intelligence pour repousser et pour maîtriser les forces d’aliénation de son monde d’existence.
L’Afrique demeure dans son état d’espace en retard pour ces trois grandes raisons que nous tenterons de développer brièvement. Le troisième point est développé à travers tout ce document, il est transversal. Nous tâcherons de nous préoccuper des deux premiers points.

En effet, l’Afrique est en retard pour le développement simplement parce que les deux facteurs fondamentaux du vrai décollage sont ignorés : l’utilisation optimale de la matière grise humaine et le temps. Nous avons imaginé et inventé une formule pour mieux présenter notre pensée.

Soit Dac = U(GH + Rt) ce qui signifie que le développement (D) résulte du degré d’utilisation de la valorisation optimale et adéquate de la ressource mentale (du génie humain GH) et du temps. Dans cette formule :

  • Dac signifie Développement anthropocentré c’est-à-dire pour le bien présent et futur de l’humanité, durable en un mot.

  • U le contexte favorisant l’utilisation des ressources et cela dépend de certains facteurs tels que la politique du régime en place, l’ambition du peuple concerné, etc. Le facteur U n’est donc pas numérique.

  • GH = 100(I/25%P) I nombre de brevets d’invention par an divisé par 25% de la population d’un pays multiplié par 100 signifie le degré de valorisation judicieuse de la ressource mentale c’est-à-dire le pourcentage de valorisation de son capital en « Génie Humain » et le GH s’exprime en pourcentage, par exemple on peut dire que le GH utilisé d’un pays de 10 millions ayant obtenu 1700 brevets d’invention l’année 2006 est 100x1700/2500000 = 0,068% c’est-à-dire que le pays n’a utilisé en 2006 que 0,068% de sa capacité de réfléchir personnellement et pratiquement pour se développer. Pour faciliter le calcul de cet indice nous avons décidé d’utiliser le nombre de brevet d’invention qu’un pays obtient par an estimé en rapport avec le quart de sa population. Nous estimons que l’utilisation et la mobilisation du quart de cette potentialité suffit pour atteindre un degré très élevé du développement, et c’est pourquoi nous estimons que GH doit être compris entre 1 et 25%.

  • Rt est l’indicateur de la valorisation de la ressource temps, un peuple qui a l’ambition d’émerger valorise efficacement, utilement, énergiquement chaque instant de son temps et c’est pourquoi nous estimons que la durée moyenne journalière du temps de travail est le 1/3 des 24 heures donc 8 heures. Et si les ¾ de la population active d’un pays s’occupent réellement pendant 8 heures par jour en produisant de la richesse tangible (matérielle et immatérielle), le progrès sera certainement au rendez-vous d’un tel pays. Le développement d’une nation ne s’importe de nulle part, mais il se fait quand la nation se met au travail sérieusement et avec la détermination d’avoir des résultats en quantité et en qualité.

Rt se calcule de la manière suivante : Rt = 75%.Pa.N

La valeur du travail en quantité jugée suffisante et en qualité acceptable en une heure de temps, d’où Rt ayant pour unité Tqq la quantité de travail de qualité pendant une heure par jour, N le nombre total d’heures de travail de qualité par chaque individu de la population active d’un pays, Pa la population active estimée à 40% de la population nationale d’un pays, nous estimons qu’au moins 75% de la population active devrait être au travail et Pr le nombre de personnes actives produisant effectivement de la richesse (matérielle et immatérielle).

Rtpossible le potentiel possible de la production journalière d’un peuple qui sait valoriser le temps est donc 75% du Pa multiplié par N

Soit Rteffectif le potentiel effectif de la production journalière d’un peuple qui sait valoriser le temps et dont une partie de sa population Pr s’est consacré à produire effectivement de la richesse (matérielle et immatérielle) est donc Pr multiplié par N

Si le travail efficace d’un citoyen vaut 8400 Fcfa par jour (1050 Fcfa / heure) dont 37,5 % (3150 F) pour son salaire journalier, 40% (3360 F) pour son entreprise, 22,5 % (1890 F) pour les taxes étatiques et le développement national, le total de Tqq suffisant pour le décollage d’un pays d’un million d’habitants dont la population active travaille pendant 8 heures sera donc :

Rtpossible = 75%*1000000*40%*8 = 2400000 Tqq

La valeur monétaire de cette quantité de travail est : 2400000*8400 = 20160000000 Fcfa.

Partant de cette valeur monétaire nous retenons que le minimum de production journalière d’un peuple d’un million d’habitants doit être 20 milliards c’est-à-dire 2000 Fcfa de valeur brut de la richesse produite par jour et suffisant pour un habitant, mais si le peuple travaille moins de 8 heures ou si sa population active est en dessous de 40% de sa population entière et moins de 75% de sa population active s’adonne réellement à un travail productif de richesse, un tel pays est dans l’ornière de la pauvreté.

Partant de ces deux facteurs de développement d’un pays, la valorisation du génie humain et celle du temps, l’indice du développement se calculera alors autrement, il faut désormais parler du degré de développement des pays, un pays qui utilise moins les ressources de son Génie Humain et dont 75% de sa population active travaille réellement moins de 8 heures recule et s’enlise dans la précarité.

Si nous supposons que le ¼ d’une population doit avoir 10% de son effectif qui doit faire au moins une invention par individu et cela par an, le GH minimum d’un pays d’un million d’habitants engagés dans le développement est alors de :

GH = 100*10%*250000/25%*1000000= 1

Ainsi, pour émerger rapidement, il faut d’abord un GH supérieur ou égal à 1 c’est-à-dire que 10% du ¼ d’une population nationale doit devoir faire au moins une invention par individu et par an et il faut qu’au moins les ¾ de la population active du pays consacré au travail de qualité et en quantité suffisante pendant 8 heures par jour pour se lancer dans le développement véritable. En effet, il faut que les ressources tels que le génie humain (le cerveau) du quart de la population soit exploitées c’est-à-dire qu’au moins le quart d’une population active se consacre à bien réfléchir pour oser inventer des voies et moyens de créer de la richesse ou de trouver des solutions à des problèmes connus comme entraves à l’émergence et il faut aussi qu’au moins le tiers des 24 heures du jour soit efficacement utilisé par la majorité (75%) active d’une population.

Notre nouvelle méthode d’appréciation du niveau de développement d’un pays sera présentée plus en détail dans un document séparé et publié sur le site www.afrique-emergence.com

En attendant nous voulons insister sur l’étude de l’utilisation du temps en Afrique pour mieux présenter combien de fois nous gaspillons cette grande ressource.
la notion du temps et le comportement conséquent de l’Africain
La notion du temps est totalement particulière. L’Africain se croit propriétaire du temps et il vit tout comme s’il peut reculer à un moment voulu le temps, il est souvent surpris qu’il n’ait aucune maîtrise du temps.

1- Le phénomène
Dans le contexte africain, le temps est la propriété humaine, chacun dispose du temps comme il entend, en voyant marcher les gens on le sait, on traîne les pas, rien ne presse, on a le temps. Le visiteur apporte le bonheur, il s’invite allègrement chez l’autre et doit être bien reçu pour être écouté et le temps doit lui être consacré convenablement pour le comprendre et communiquer aisément avec lui. Le simple « je n’ai pas de temps » agace le visiteur et crée un conflit social et celui qui ose agir ainsi est surnommé le "Blanc" c’est-à-dire le non africain, l’acculturé qui se comporte comme un homme de l’Occident.
2- Explication et origine du phénomène
En Afrique, on regarde le soleil pour mesurer le temps et tant qu’il y a la lumière du jour, on a le temps. N’importe où l’Africain se présente, celui qui le reçoit doit lui disposer son temps. Celui qui reçoit un visiteur improvisé, se sent heureux parce que le fait de s’inviter chez lui est une marque de considération et une preuve qu’il a une certaine importance dans la société. S’il reçoit joyeusement son visiteur imprévu, il prouve la fraternité qui doit exister et démontre qu’il ne ressemble pas au "Blanc" chez qui on ne s’invite pas. Celui qui bénéficie d’une visite imprévue, laisse tomber toutes ses préoccupations de quelque nature que ce soit et se dispose pour consacrer tout le temps que désire le visiteur pour l’écouter et échanger avec lui. Toute manifestation d’un comportement allant à montrer au visiteur qu’il doit vite partir, est un affront et une entorse à la tradition qui veut que le visiteur soit rendu heureux depuis son arrivée jusqu’à son départ.

3- L’assise du phénomène
Ce phénomène, un héritage de la tradition, perdure parce que l’Africain considère que c’est une bénédiction qu’une visite s’improvise chez soi et qu’on doive consacrer le temps nécessaire pour recevoir et échanger avec le visiteur. Utiliser son temps pour les autres, c’est une manière de s’affirmer africain et de se différencier des "Blancs". C’est une dignité de considérer que les autres ont besoin de notre temps et vice- versa, s’y opposer, c’est comme renoncer à n’être plus africain et de s’attirer la foudre de son environnement social. Le poids du regard ou du jugement des autres oblige l’individu africain à perpétuer ce principe qui ne peut que le reculer voire l’aliéner. Dans mon cas particulier, refuser à mes employés à me voler mon temps c’est comme si je les rejetais carrément et que je sois devenu antisocial selon l’analyse africaine des choses. Mais si je ne suis pas capable d’interpeller cette règle, comment puis-je devenir un sujet autonome ? Ce phénomène mérite une analyse plus approfondie.
4- Analyse du phénomène
Le développement20 selon moi, est le fruit du travail quotidien voire minute par minute. Par contre le sous-développement ou la paupérisation est le produit de l’accumulation journalière voire minute par minute de l’inexistence d’une production tangible et utile qu’elle soit intellectuelle ou matérielle. La première ressource pour le développement d’un individu ou d’une nation ou d’un continent, est le temps et ce dernier est équitablement distribué à tous les êtres humains (24 heures par jour). Le développement dépend de comment chacun utilise cette ressource pour produire de la richesse de quelque nature qu’elle soit.
Paradoxalement, l’Africain à une autre notion du temps. Le temps lui appartient, il semble contrôler le temps, tant que le soleil luit, il a le temps. Il ne se rend surtout pas compte qu’il perd le temps, car il s’imagine propriétaire du temps. Un autre paradoxe frappant en Afrique, est que l’Africain ne porte pas une montre bracelet pour s’organiser dans le temps ou pour bien gérer son temps. Il la porte tout simplement à cause de la qualité ou de la matière avec laquelle cette montre est faite (montre en or, ou nouvelle marque, ou montre de haute gamme). Il porte une montre pour paraître, pour mériter une valeur aux yeux des autres et mériter leur attention particulière. Il arrive qu’on demande quelle heure il fait à quelqu’un et il affirme poliment qu’il n’a pas l’heure, cela veut dire simplement que sa montre ne fonctionne pas, ce n’est donc qu’un ornement !
Les Anglais disent que le temps c’est de l’argent « time is money » et ils en profitent au maximum. Selon cette conception, le temps considéré comme en tant que de l’argent peut être alors économisé, ce qui n’est alors pas possible, il passe de façon inexorable. Cependant, c’est une conception qui pousse les êtres humains à utiliser le temps pour gagner de l’argent en faisant quelque chose d’utile et de valeur marchande.

Mais selon Alan Lakein21 « le temps c’est la vie, perdre son temps c’est perdre sa vie ». Selon cette dernière conception, chaque minute qui passe rapproche l’être vivant de la fin de sa vie d’une minute c'est-à-dire son capital "durée de vie" diminue d’une minute et c’est une immense perte de n’avoir pas mis en valeur la minute épuisée inutilement. Elle est irrécupérable.

Dans l’exercice de ma profession et dans ma vie sociale, j’ai décidé utiliser à l’optimum mon temps. J’épouse la conception d’Alan Lakein. Mais mon grand problème est la distance existant entre ma notion du temps et celle de mon environnement social. Je refuse que cette première ressource du développement que constitue le temps soit gaspillée et pour cela, je m’insurge contre l’imagination africaine issue de la tradition qui considère que le temps nous appartient et que nous devrions en disposer pour les autres quand ils veulent et comme ils veulent. Ce mécanisme est un véritable handicap au développement de l’individu et de la société. Au plan individuel, ce comportement trouble l’Africain à utiliser efficacement son temps pour réfléchir, pour s’interroger, pour interroger ce qui se passe dans son environnement et repenser les règles et les normes qui régissent sa vie en société. L’individu comme la société, doit profiter au maximum du temps pour grandir aux plans intellectuel, économique, etc. Perdre du temps ou faire perdre du temps à l’autre c’est s’accorder pour encourager la pauvreté et le sous-développement. Ce mécanisme, vu l’obstacle qu’il constitue au développement de l’individu et de la société, mérite d’être neutralisé.
5- Que faire pour neutraliser cette entrave ?
Ce mécanisme trouve son ancrage dans la tradition africaine et s’exprime quotidiennement dans le comportement de l’Africain. Le combattre n’est pas et ne sera pas une chose facile. Néanmoins dans mon cas particulier j’ai procédé par deux méthodes qui donnent des résultats:
- La première : j’ai enseigné à mes employés et collaborateurs la gestion du temps. J’ai appris à chacun de classer ses occupations journalières en quatre catégories et de les écrire chaque jour. Le tableau suivant résume cet apprentissage (Méthode empruntée à la programmation connue sous le nom de PRINCIPE D’EISENHOWER, général américain chargé pendant la seconde guerre mondiale d’organiser le débarquement en Normandie, et Président des États-Unis d’Amérique de 1953 à 1961. Eisenhower classait les tâches selon leur degré d’urgence et d’importance).





Très important

Peu important

Très urgent

A

C

Peu urgent

B

D


° Les activités A constituent celles qui sont à la fois très urgentes et très importantes et doivent être prioritairement gérées par l’individu lui-même et tant qu’il n’a pas fini, il ne doit pas consacrer son temps à autre chose.

° Les activités B constituent celles qui sont très importantes mais peu urgentes, elles méritent donc l’attention particulière de l’individu, mais ne nécessitent aucune urgence, et doivent être reportées pour plus tard et ne doivent pas occuper le temps pour le moment.

° Les activités C constituent celles qui sont peu importantes, mais très urgentes, donc ne nécessitent pas que l’individu s’implique personnellement, mais elles doivent être exécutées immédiatement, d’où l’individu les confie à des responsables subordonnés qui doivent lui rendre compte.

° Les activités D, constituent celles qui sont peu importantes et peu urgentes donc qualifiées de voleurs du temps qui doivent être supprimées ou rangées dans le casier.
- La seconde méthode : j’ai affiché dans le couloir débouchant sur mon bureau, sur la porte de mon bureau et au mur derrière le siège de mon bureau et à ma droite des écrits qui interpellent toute personne me visitant. Ces écrits sont : « la bonne gestion du temps favorise le développement donc que personne ne le gaspille », « Bienvenue mon cher visiteur, vous êtes sur mon lieu de travail, donc je travaille et je n’ai pas le temps de loisir et de la plaisanterie dans ce local », et le dernier que le visiteur lit en étant assis devant moi parce que collé au mur derrière moi est « Mon cher visiteur, mon temps c’est ma vie, allons rapidement et pour un bref temps à votre préoccupation car perdre mon temps c’est perdre ma vie ». J’ai énormément perturbé l’esprit de mes employés et de mes visiteurs, on me quitte vite, certains se fâchent mais finissent par dire « vous avez quand même raison ! ». De mon côté, j’utilise efficacement mon temps et je provoque un changement de comportement au niveau de ceux qui me rencontrent par l’attachement à mon principe de gestion du temps.
Ces deux méthodes ont permis à mes employés d’utiliser efficacement leur temps et d’éviter de perturber le mien. Mais, mes écrits collés au mur, continuent d’agacer certains qui affirment que je me comporte radicalement comme un homme de l’occident alors que je suis un Africain. Tout compte fait, j’ai pu m’« affirmer pleinement comme sujet développant une pensée critique et libérée des allégeances claniques »22 ou traditionnelles. Vaincre cette pesanteur culturelle, c’est encourager et hâter le développement en Afrique.
Conclusion de l’analyse

Le développement est un processus qui implique à la fois chaque individu et la société en général. Mais l’individu doit œuvrer d’abord pour son propre développement avant de pouvoir participer au progrès collectif. Et c’est ce qu’affirme Philippe De Leener et collaborateurs en écrivant « … est-il possible de parler sérieusement de transformer la société, ou le monde, si on néglige la question de la subjectivité, ce que veut être une personne, ce que signifie fondamentalement vivre en tant que sujet ? »23.Dans son évolution personnelle c'est-à-dire dans la construction de son identité, l’individu devient sujet quand il se rend capable d’interpeller les règles et les normes qui régissent sa société. Mais dans cet élan dynamique, des pesanteurs socioculturelles constituent ses entraves. De telles entraves se transposent souvent dans la sphère professionnelle ou dans la vie quotidienne et compliquent la vie de l’individu. Tout Africain doit se sentir interpellé et doit décider d’un changement radical d’abord à son niveau personnel et ensuite au niveau de la société. Il est temps et même urgent pour qu’il y ait un changement réel en Afrique, que nous puissions réfléchir, raisonner convenablement, collectivement, et que les intellectuels africains puissent bâtir une théorie africaine de développement. La mise en pratique de cette théorie provoquera une révolution culturelle pour un ajustement culturel au cours duquel un tri s’effectuera au plan culturel pour supprimer les pesanteurs qui handicapent le développement de l’individu et des nations. C’est ce qu’affirme Daniel Etounga Manguelle en écrivant qu’il faut « tuer en nous tout ce qui s’oppose à la maîtrise de notre avenir ; c'est-à-dire non seulement à l’amélioration de nos conditions de vie mais surtout à l’éclosion de sociétés africaines saines au plan des institutions, viables économiquement et résolument tournées vers le progrès et l’épanouissement des individus qui les composent »24. Mais il est raisonnable de savoir comme le dit A. Minc, qu’ « un effort instantané n’efface pas un retard accumulé »25. L’espoir demeure, le trajet est long mais la prise de conscience doit être que "Le développement doit être d’abord un processus culturel et politique avant d’être économique et technologique"26.

Nous n’avons besoin de rien d’autre pour lancer notre développement, mettons suffisamment le génie humain et le temps en valeur et le développement suivra pour notre commun bonheur. Nous serons moins solidaire mécaniquement, mais la solidarité organique aura la suprématie.

26- Pour définir et instaurer la solidarité organique en Afrique au détriment de la solidarité mécanique.


Je me suis prononcé publiquement un jour en milieu universitaire en affirmant que l’Africain n’est pas associatif et cela m’a attiré la colère de quelques uns. Cette réalité indéniable est africaine, la solidarité mécanique est celle qui se pratique au détriment de la solidarité organique en Afrique. L’Africain reste solidaire parce qu’il y a un lien familial ou ethnique ou parce que l’origine régionale est la même et non parce qu’il y a une valeur commune à défendre, une idéologie à défendre, une pensée commune à défendre. Cette attitude de relation mécanique bien que utile quelque part est fondamentalement nuisible à la mise en place de toute forme d’association réelle et durable. Ce qui divise les Africains n’a souvent pas de valeur, mais de petits intérêts claniques créent des fossés entre de grandes personnalités ensuite rendent inféconde toute capacité d’union régionale ou nationale. Les partis politiques vivent dans cette dynamique de solidarité mécanique et non organique. Et c’est cela qui favorise la division quotidienne des partis politiques ou toute forme d’association créant un contexte de production de petits groupes qui se diviseront à leur tour. Cette attitude a créé l’Afrique des divisions sans fin rendant impossible toute entente permanente. Si la racine d’un mal est décelée il est bien facile de le traiter définitivement. Nous, Africains, devons tourner dos à la solidarité que mécanique pour nous fondre aussi dans une posture de solidarité organique, nous devons défendre désormais des idées, des valeurs et non des ethnies, des pensées et non des personnes. Ce dont je parle ici est la pierre angulaire de la réalisation de la constitution des Etats-Unis d’Afrique car il faut absolument un patriotisme panafricain pour y arriver, son fondement doit être la solidarité organique. Mais cela suppose que l’Africain, où qu’il soit, doit être animé d’un esprit de sacrifice pour sa nation, l’Afrique, pour s’unir autour des valeurs d’unité continentale. Tant que nous ne prêtions nos veines au sang patriotique de Nelson MANDELA et des autres défenseurs de l’Afrique, nous ne pourrons y arriver. L’amour pour la patrie est le premier facteur pour braver toutes les peurs et toutes les intimidations pour affronter toutes les forces contraires afin d’instaurer le nouvel ordre politique africain. Tant qu’il n’y aura pas un vent panafricaniste réel et continental, les Etats-Unis ne verront pas le jour en Afrique. Que l’Afrique se soude par des organisations autour des valeurs idéologiques et non autour des considérations ethniques, claniques et nous serons surpris du progrès sur le chemin de la constitution de la grande nation africaine, ainsi nous aurons enfin une identité réelle et définitive.

27- Pour que l’Afrique ait une identité et ses peuples aient une identité, une seule et définitive.


Aux yeux des autres et même à nos propres yeux, l’Afrique semble n’avoir pas d’identité propre car ses valeurs intrinsèques sont progressivement érodées depuis des centenaires et une situation d’absence d’identité imposante s’installe progressivement. La situation est plus que dramatique, car toute perturbation ou érosion identitaire conduit à une errance et le développement d’une attitude prédisposant les individus à s’ouvrir à tout courant identitaire dans leur environnement, ce qui les transforme en un être sans réel repère identitaire. L’Afrique est et demeure victime d’une attaque de sa racine principale de vie, l’entreprise esclavagiste, coloniale et les ingérences postcoloniales assaisonnées des ingrédients de la mondialisation, ont porté un coup presque fatal mettant en agonie la personnalité de tout le continent africain. A nos jours, ce sont les feuilletons qui cherchent à imposer à la jeunesse africaine une certaine attitude dont les conséquences continuent d’être ignorées. C’est une nouvelle civilisation, l’Afrique s’abreuve à des sources dont elle ignore les intentions réelles et cachées. L’Afrique erre, se cherche une identité, les jeunes ne savent pas d’où ils viennent et où ils vont, ils ne savent pas qui ils sont, les plus âgés se sentent perdus, résignés, ils marchent vers l’inconnu. Dans ce contexte tout se passe comme si c’est le Nord (l’Occident) qui a créé l’Afrique car après avoir favorisé l’érosion de l’identité africaine, il se donne une mission de nous imposer subtilement des valeurs ou des prétendues valeurs. Non ! Notre identité ne doit pas dépendre de l’Occident, nous étions avant qu’ils nous rencontrent, nous devons rester nous-mêmes mais dotés d’une capacité de sélection pour ne pas nous isoler. Organisons-nous et retrouvons notre identité, soyons nous-mêmes et cessons définitivement de vivre et d’exister par procuration. Ce qui a manqué à l’Afrique, c’est l’union de ses forces pensantes, ce qui a laissé place à la division et la désunion créant une situation favorable à la pénétration des forces du dehors et à l’adultération des valeurs internes. Nous devons refuser la situation monstrueuse qui nous a totalement affaiblis et nous permet de coucher avec toutes les valeurs démoniaques de passage. La constitution des Etats-Unis d’Afrique favorisera l’existence de l’identité de l’Afrique, ses peuples auront une identité définitive de sorte que l’Africain peut dire fièrement, je suis Africain et voici mes valeurs identitaires. Notre santé culturelle en dépend. Mais l’autre urgence est que notre santé physique soit enfin une priorité pour que l’ange de la mort soit désœuvré dans l’espace africain.


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