Pourquoi l’afrique reste en retard pour son developpement?








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REFLEXION TIREE DE LA LECTURE DE L’OUVRAGE FAITE PAR LE PARRAIN DE LA CEREMONIE DU LANCEMENT DE LA PREMIERE EDITION



Quarante raisons pour construire les Etats-Unis d’Afrique
Il s’appelle Valentin AGON. Les Béninois, ses compatriotes, connaissent davantage le spécialiste en médecine douce, le phytothérapeute, le chercheur et le détenteur de plusieurs brevets d’invention portant notamment sur des médicaments pour traiter le paludisme et le sida. Ils découvrent l’essayiste qui vient de commettre un ouvrage portant sur un sujet d’une brûlante actualité : « Pourquoi et comment constituer les Etats-Unis d’Afrique ? Pourquoi l’Afrique reste en retard pour son développement ? »
Un double titre sur le mode interrogatif, pour un livre sous titré « L’appel à l’intelligence du devoir, de l’audace d’être nous-mêmes ». Le mode opératoire utilisé par l’auteur pour traiter les questions qu’il se pose est de recenser, selon lui les 40 raisons qui expliquent le retard de l’Afrique sur le chemin des Etats-Unis d’Afrique et de fournir les 40 raisons qui justifient la constitution des Etats-Unis d’Afrique.
A la vérité, l’intérêt de l’ouvrage de Valentin AGON tient à l’invitation expressément faite aux Africains, sur le chemin des Etats-Unis d’Afrique, d’opérer une triple rupture.
Première rupture : les Africains doivent tuer le vieil homme qui sommeille en eux. Ce n’est point prendre le chemin du progrès quand on choisit de s’enferrer dans la recherche de on ne sait quel « Royaume d’enfance », en érigeant à hauteur d’un mythe son passé, en s’y réfugiant, alors que tout invite, dans un monde devenu un village planétaire, à se confronter à son présent et à se diriger d’un pas ferme et résolu vers son avenir, avec les autres. C’est en cela que le devoir de mémoire n’est valable que dans la mesure où il fournit de nouveaux repères pour construire le présent et pour inventer l’avenir.
Pour ne prendre que ce seul exemple : l’Afrique doit se convertir à une ponctualité de rigueur, le temps s’imposant de plus en plus comme un bien marchand qui a du prix ou alors doit sortir du monde des vivants. Un choix s’impose, par conséquent, entre le temps quantifié de nos montres et le temps élastique, problématique des saisons qui passent et repassent. L’Afrique est ainsi appelée à faire un grand feu de ses vielles habitudes, de ses idées et pensées limitatives inspirées par le fatalisme, la résignation, l’indiscipline, le manque de rigueur, le laxisme, la paresse, le manque de confiance en soi.
Deuxième rupture : les Africains doivent liquider les vestiges d’une histoire écrite sans eux et souvent contre eux. Pour ne prendre que deux exemples, les frontières héritées de la colonisation et l’école.
Sur le premier point, à savoir les frontières héritées de la colonisation. Plus d’une cinquantaine d’Etats, autant de drapeaux, d’hymnes, de constitutions, d’armées, de diplomatie… cela fait proprement désordre. Enfermés dans ces cloisons intérieures, les Africains restent sans possibilité de libérer leurs capacités créatrices, de développer leur volonté d’entreprendre. Quand on ne peut voir le monde que par le petit bout de la lorgnette, incapable que l’on est de lever les yeux par-dessus la palissade de sa maison, on s’occupe à cultiver et à faire fleurir les nationalismes les plus outranciers, les plus sectaires, les plus bornés. Tant que les choses resteront en l’état, la pire ennemie de l’Afrique sera l’Afrique elle-même.
Sur le second point, à savoir l’école. Le modèle de l’école hérité de la colonisation se survit à lui-même. Les temps changent, mais l’héritage demeure. La nouvelle école africaine où l’on apprend à construire une Afrique nouvelle, unie et forte est à inventer. Car l’Afrique doit s’acheminer, par l’école, vers la formation de cadres de conception qui savent penser par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Ceci pour nous libérer d’une dépendance intellectuelle et idéologique qui va s’accentuant. Nous sommes-nous posés la question de savoir pourquoi les Africains, dans leur immense majorité, restent des consommateurs des biens qu’ils ne produisent pas ? Pourquoi la plupart des problèmes de l’Afrique trouvent rarement leurs solutions en Afrique même ?
Troisième et dernière rupture : les Africains doivent refuser le changement qu’on leur impose par le jeu des intérêts des autres. Nombre d’institutions internationales s’intéressent à l’Afrique et y arrivent comme des sapeurs-pompiers, au nom d’un néolibéralisme qui ne dit pas son nom et dans lequel sauvetage économique, assistance humanitaire, ingérence étrangère se mélangent et se confondent à l’envi.
Vous avez dit mondialisation ? Mais cela ressemble plutôt à une foire de prêts à penser, une foire de prêts à consommer, usines clé en main, modèles pré-établis de croissance et de développement, recettes contre la pauvreté. Une foire bien singulière, dans la mesure où ce sont ceux qui vendent qui s’arrogent le droit de dicter à ceux qui achètent ce qu’ils doivent acheter et à quel prix.
Il faut arrêter la mascarade. L’Afrique ne peut être bien soignée que par elle-même. Elle ne peut attendre la guérison que de ses propres initiatives. Même si, chemin faisant, elle devra compter avec les autres, tirer profit de leur expertise et de leur assistance. Mais faut-il encore qu’elle sache ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut, où elle va.
Toutes ces idées trouvent leur illustration dans l’ouvrage de Valentin AGON. Un ouvrage aux accents graves et solennels d’une interpellation. Il y a de moins en moins place pour les petites et faibles entités, sans poids spécifique. Le temps est aux grands ensembles. L’Afrique ne saurait être, dans ce mouvement planétaire, l’exception qui confirme la règle. En tout cas, la voix de Valentin AGON a été assez forte et sa foi assez haute pour écrire un ouvrage tissé d’une conviction à toute épreuve. « Africa must unite » « L’Afrique doit s’unir ». Le légendaire Kouamé Nkrumah l’avait dit. Valentin AGON le redit à sa manière. Plus nombreux nous serons pour le dire, le redire et le croire, mieux cela vaudra.
La chronique du jour du17 juin 2008
Jérôme Carlos
Historien de formation, poète, romancier, essayiste, journaliste, il est Directeur de la radio CAPP FM. Chroniqueur de talent, il est une référence et un modèle en matière de journalisme au Bénin. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages.

E-mail : jeromecarlos2000@yahoo.fr


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