Lien entre roman et histoire








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Romans & Histoire

Lien entre roman et histoire

  • Introduction :




    • L'Histoire détournée :


L'Histoire contemporaine apparaît par un détour. ( Exemple: Ulysse de JOYCE. ) Il appelle à un travail de lecture et de décryptage. Dans le cas de JOYCE c'est l'époque mythique qui se cache sous l'époque moderne. La relation entre surface et profondeur, entre explicite et implicite donne une impression d'étrangeté.


    • Le mythe comme moyen de représentation :


L'importance du mythe permet de proposer un schéma à quelque chose d'informe, un schéma auquel on pourrait se raccrocher. Faire appel au mythe est une façon d'exprimer la ré-actualisation de quelque chose de connu. C'est une sorte de contrôle de ce qui se passe. L'histoire est trop douloureuse pour qu'on l'évoque directement

Ex : chez ARAGON, ses œuvres se situent le plus souvent au XXe mais la semaine sainte traite de l'époque napoléonienne du point de vue du peintre de JERICHO qui raconte le périple des troupes royales qui se replient. La similarité entre la débâcle des cents jours et la débâcle de 1940 permet le détour par une autre période pour représenter le chaos de la France en 40 pour entrevoir quelque chose qui nous échappe. )
→ La tournure cyclique ou répétitive de l'histoire est importante chez les auteurs, tout comme détourner le lecteur pour avoir une certaine relativité ( en faisant travailler le lecteur ). Cela donne une impression d'étrangeté de l'aspect historique de l'histoire au XXe. Y aurait-il, alors, une difficulté à représenter l'histoire contemporaine ?


    • La difficulté de représentation :


L'histoire se présente comme quelque chose d'obscur et difficile à envisager. Sa représentation passe par des expérimentations assez formelles et assez poussés.

Exemple : W ou le souvenir d'enfance de PEREC : Deux parties : chapitres pairs : souvenirs imprécis / chapitres impairs : récit fictif, où le protagoniste, Gaspard Winkler, recherche un enfant disparu. Puis le protagoniste disparaît et une description d'une ville olympienne utopique se met en place. Mais même ces éléments fictifs apportent quelque chose à l'histoire de PEREC. C'est un propos alors haché, morcelé, discontinu et le lecteur doit reconstituer l'histoire.

Autre exemple : Claude SIMON : les périodes sont mélangées et l'auteur détourne la période contemporaine par la période révolutionnaire. Comme si on ne pouvais pas comprendre l'époque contemporaine sans ce détour. Ce détour permet cette compréhension et permet de s'abstraire du chaos.
Y a t-il une raison de ce détour dans ces œuvres ou est-ce une virtuosité technique ? N'est ce pas une réflexion sur l'Histoire en elle même ?


  • Caractéristique du roman :


Qu'est ce que le roman ?


    • Distinction : chroniques et romans :


On s'accorde sur le fait que le roman relève du domaine de la fiction. Bien qu'il existe des romans historiques mais ceux-ci peuvent prendre des libertés vis à vis de l'histoire. Roman : lui a la possibilité de prendre une très grande liberté. L'histoire relève des chroniques et se définit par une grande rigueur, par l'exactitude, l'objectivité et la certitude.


    • Le discrédit du roman :


Il y a une solide réflexion envers l'art depuis la nuit des temps.

cf : PLATON « Phèdre » in Oeuvres :

L'art ne véhicule pas de véritable savoir. Le savoir comprend une dialectique, un mouvement. Tandis que le livre est figé. Il ne représente pas une véritable compréhension et ne le permet pas.

Au XXe les auteurs veulent intégrer le lecteur et veulent mettre en dialectique le livre et entrer en dialogue avec le lecteur. Mais le livre est dit « mort ». Il y a une réelle méfiance envers le roman.

cf : Émile de ROUSSEAU : le roman propose un faux savoir, un savoir mort et ne correspond pas à l'idéal de savoir vivant où le pédagogue doit mettre en scène des enseignements pour que les élèves puissent penser par eux même et réfléchir par eux-même. Un réel discrédit pèse sur le livre.


    • L'art mensonger et la réalité simulacre de la vérité :


L'art est un mensonge, il représente ce qui n'est pas, c'est un simulacre. L'art essaye de représenter la réalité. PLATON dit que la réalité est aussi un simulacre, celui de la vérité qui est dans le monde des idées. L'art est une représentation très imparfaite de la vérité car il est alors éloigné de trois degré de la vérité. PLATON va encore plus loin en disant que, l'art détourne du vrai car il s'attache à la seule apparence. Pour lui, les poètes sont nocifs.

Cf : ARISTOTE in Poétique

Le poème est difficile à définir pour ARISTOTE : le poète est celui qui utilise des mots mais d'une manière propre. Mais pas juste dans la mise en vers ou en prose. Le poète n'agence pas son récit autour de la réalité mais de ce qui pourrait avoir lieu.

/ ! \ réalité n'est pas vérité.

Le chroniqueur s'en tient au réel et donne un reflet imparfait de la réalité. Le poète lui essaye de relater ce qui pourrait se produire selon le vraisemblable, le véridique.

→ La poésie se rapproche plus de la philosophie par un retournement contrairement à ce que dit PLATON. La Chronique traite le particulier, le poète tire ce particulier en quelque chose de plus générale et plus philosophique.

Il suppose qu'un poète qui écrit à partir d'éléments réels n'en est pas moins le poète ou le producteur. Car, en effet, il devient producteur de sens, d'une vérité où la réalité apparaît imparfaite. Tandis que le chroniqueur reste dans l'incomplet, l'imparfait. Le poème tire tout ce réel vers la vérité.

      • La tradition aristotélicienne :


ARISTOTE rejette les histoires à épisodes qui s'enchainent sans vraisemblance, ni nécessite.

La vraisemblance et nécessite est par exemple le personnage qui meurt par la statue de l'homme qu'il a assassiné. La destiné de cet homme doit avoir des liens nécessaires.

Mais les mauvaises poésies n'ont pas de nécessité, il s'agit juste d'une suite de faits avec des épisodes non nécessaires. Ce principe de nécessite entraine cet enchainement en poésie mais pas chez le chroniqueur. Il n'a pas la possibilité de ré-agencer le fait. Il ne peut pas changer l'ordre, il n'y a pas de début ni de fin : c'est un travail interminable.

ARISTOTE insiste sur cet aspect où la vertu d'une œuvre et soit la nécessite soit la probabilité. ( Chapitre VII ) Un tout c'est ce qui a un commencement, un milieu et une fin, et ce qui ne suit pas nécessairement autre chose. Les histoires bien faite ne doivent pas commencer au hasard.

L'historien écrit des chronique avec des faits relatés à des fins morales. Une grosse part de la littérature est fondée sur des personnages historiques. Elle a beaucoup puiser dans des événements historiques ou des domaines assez proche.

Quand y a t-il eu une frontière entre le roman fictif et le roman histor
Cours n°1 :
L’Histoire contemporaine apparaît, dans la littérature du XXème (et surtout durant la 1ère moitié du siècle) via des détours. Ainsi, on va recourir aux mythes afin de rendre compte d’une réalité actuelle (Joseph et ses frères, dans la Genèse etc). Pourquoi faire ça ? Les mythes sont des modèles susceptibles d’être reconnus. L’Histoire est envisagée selon une réactualisation des mythes connus, sans doute pour rassurer l’être humain sur son existence. De plus, ça oblige aussi le lecteur à réfléchir, puisque l’auteur l’invite à une réflexion qu’il doit se faire (en retrouvant la source, par exemple). Enfin, on y retrouve un certain traumatisme : l’Histoire est trop traumatisante pour être racontée directement, sans détours. Ex : Les 100 Jours de Napoléon, racontés par Aragon afin de rendre compte de la débâcle de 1940. Il y a un détour par une autre période pour montrer ce qu’Aragon a vécu, ce qui va peut-être lui apporter une distance salutaire.
On retrouve ce désir de donner à l’Histoire une portée mythique, cyclique et répétitive. On peut alors se demander quels sont les schémas que suivent les auteurs. Pour beaucoup, l’Histoire n’est pas toujours compréhensible, si bien que la représentation devient vite une expérimentation. Ex : W ou le Souvenir d’Enfance (Perec), rend compte de deux histoires qui, apparemment, n’ont pas de rapport entre elles. A cela s’ajoute, plus tard, l’arrivée d’une île de W, où le sport y est loué. C’est au lecteur d’établir une continuité entre ces trois histoires. La raison de ce désordre dans ces œuvres est une réflexion sur l’Histoire.
Le roman est un genre difficile à définir, mais tous s’accordent à dire qu’il est dans le domaine de la fiction (même s’il existe des romans historiques, qui possèdent quelques libertés). Le roman a une grande liberté, mais, dès l’Antiquité, Platon a émis une méfiance vis-à-vis des arts et des livres (ex : Phèdre). Pour Platon, le livre ne porterait pas de véritable savoir (il est figé, alors que le savoir est en mouvement). On a l’idée d’un livre mort, qui annulerait le savoir. Même idée dans Emile de Rousseau. Platon rejette aussi le simulacre, où l’art représente la réalité, mais cette même réalité est un simulacre, un reflet imparfait de la vérité. L’art est alors doublement coupé du vrai, puisqu’il détourne de la vérité en utilisant simplement les apparences.
Aristote, La Poétique, compare le poète (c’est-à-dire l’écrivain, puisque tout est poésie) au chroniqueur. Pour lui, cette comparaison repose sur une opposition entre les deux. Aristote cherche à définir cet art, mais il est difficile à définir car ses exigences ne sont pas celles de la réalité (la poésie rend compte de ce qui pourrait avoir lieu, alors que le chroniqueur s’en tient aux faits, au réel, à un reflet imparfait de la réalité, à ce qui a eu lieu). Le poète, lui, rend compte de ce qui pourrait s’approcher de la réalité (vraisemblable, nécessaire). La Chronique se compose d’éléments et d’individus particuliers, alors que la poésie va les tirer ver quelque chose de plus vrai, vers la vérité. La poésie a pour but de produire du sens et de la vérité. Aristote rejette aussi les « histoires à épisodes ». Pour lui, la vraisemblance et la nécessité reposent sur un enchaînement logique, si bien que les parties doivent être agencées entre elles (si on en supprime une, ça doit avoir des conséquences sur le reste). L’œuvre doit avoir un début, un milieu et une fin, de sorte que la fin soit le résultat logique des actions précédentes. La mauvaise poésie multiplie les épisodes, sans qu’ils soient nécessaires à l’action. Le chroniqueur n’a pas cette possibilité qu’a le poète, car il est l’esclave des faits et il ne peut pas les agencer comme bon lui semble.
Pendant longtemps, les faits ont été agencés à des fins morales (ex : mal que causent certains vices etc). Les évènements ont été reconfigurés, l’Histoire instrumentalisée, voire biaisée. Du coup, les limites entre litt/Hist sont floues (Matières se ressemblent, la litt a beaucoup puisé dans l’Histoire !).

Cours n°2 :
La littérature a un aspect beaucoup plus général que l’Histoire qui, elle, est tenue de respecter les faits. Cependant, on s’aperçoit que cette dernière ne respecte pas toujours la vérité des évènements, notamment en ne l’organisant pas selon la chronologie. Ainsi, Suétone raconte la vie de Caligula en répertoriant tout d’abord ses bonnes actions, pour terminer par ses mauvaises (toutes organisées selon une importance propre). L’Histoire a donc longtemps été un domaine aux frontières floues, dans la mesure où l’historien est libre d’agencer les faits (pas forcément de linéarité chronologique). De même, le roman n’était pas forcément une fiction.

Dans les textes du Moyen-Âge et de la Renaissance, il n’était pas certain que les lecteurs faisaient la distinction entre la fiction et ce qui s’était véritablement passé. Ex : Amadis de Gaule, qui est parfois mis sur le même plan que la vie quotidienne. Cette absence de distinction passe aussi par le recours aux mythes, notamment pour désigner des étendues géographiques (Californie, Amazonie etc). De même, les récits de voyage apportent des descriptions de « créatures fabuleuses », retranscrites ici dans la réalité. On voit donc bien que la limite entre la fiction et la réalité n’est pas toujours très établie.

Les Romans de Chevalerie, qui font fureur durant cette période, proposent des modèles éthiques, de la même manière que l’Histoire qui raconte les grands exploits de jadis. Ainsi, les deux genres ont une portée édifiante. On retrouve cet aspect chez certains poètes du 15ème, qui racontaient les hauts faits du passé, notamment pour inciter à une éventuelle imitation. Il devient donc difficile d’établir de réelles distinctions entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Cependant, certaines voix perçoivent les excès des romans de chevalerie. De même, des auteurs font la différence entre le fictif et des faits avérés.
A la Renaissance, le roman commence à être perçu comme quelque chose de mensonger, voire de dangereux. Jacques Amyot (évêque du 16ème) nous dit que les romans de chevalerie ne devraient pas atterrir entre toutes les mains car cela pourrait corrompre la jeunesse de l’époque. D’autres textes accusent les livres d’inciter aux mauvaises actions (ex : Catherine de Médicis à qui on a reproché de nourrir le roi avec des romans de chevalerie). Peu à peu, on voit apparaître des actes royaux qui interdisent (ou limitent) la diffusion de ce genre de roman, notamment en Espagne (Charles Quint, 1531, qui désirait préserver les colonies).

Un étrange paradoxe habite le roman : il est très apprécié du public, mais également dénigré, si bien qu’on le considère comme un genre mineur jusqu’au 19ème. Quoi qu’il en soit, à la Renaissance, un écart se forme entre la fiction et l’Histoire. Au début du 17ème, Charles Sorel, dans Histoire Fabuleuse, essaye de définir le roman. Il met l’accent sur l’aspect fictif de la chose. C’est quelque chose qui n’est pas vrai et qui est tirée d’un phénomène d’invention.
A cette même époque apparaissent des discours défensifs de la part des romanciers. Ils insistent sur le fait que leurs livres ne corrompent pas la jeunesse. C’est le cas de Fielding qui se présente comme étant un historien, voire un biographe, notamment en revendiquant la véracité de son œuvre. En revanche, il s’agit d’un personnage fictif. L’auteur fait la différence entre l’écrivain qu’il est et l’historien qui raconte la vie d’une nation. Fielding rapproche les historiens des romanciers et met l’accent sur le côté imaginaire. Ainsi, les historiens sont assimilés à des romanciers qui ne s’assument pas (les versions changent en fonction de la position des historiens).

Fielding affirme que ses faits sont « fiables ». L’Histoire se trompera sur l’essentiel, tout en ayant raison sur les circonstances (lieu, époque etc). Le romancier, lui, aura sans doute tort sur les circonstances mais il insistera sur l’humanité des personnages (ce qui est ici l’essentiel). Enfin, l’historien est obligé de se confiner à une époque particulière, alors que le romancier est beaucoup plus général, beaucoup plus universel (= vision empruntée à Aristote). A l’époque de Fielding, on considère que l’Histoire est vraie, par rapport au roman qui est dans une position d’infériorité.
Le roman n’a pas de caractéristiques précises. C’est un genre flou qui raconte quelque chose. De plus, il enchaîne les épisodes dans un certain ordre. Amyot, farouchement opposés aux romans de chevalerie, n’est pas contre tous les romans. Il propose d’en lire certains, s’ils sont bien agencés. C’est le cas des Ethiopiques d’Héliodore (IVème av JC). Il s’agit d’un récit qui commence in medias res, si bien que le lecteur ne comprend pas tout de suite ce qu’il se passe. Pour avoir le commencement de l’intrigue, il faudra avancer loin dans l’œuvre. L’art de l’auteur est donc de faire désirer le lecteur, de le maintenir en haleine par un agencement ingénieux des parties.
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