Ville Walo et Kalle Hakkarainen : Odotustila








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Ville Walo et Kalle Hakkarainen :

Odotustila

Salle d’attente

Le fait d’attendre

Coordonnées :

Mechelininkatu 10 A 9, 00100 Helsinki, Finlande

Tél. +358 50 587 7042 / +358 50 370 5123

Fax. +358 9 454 6721
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ay-rOop – 11 rue du manoir de servigné – 35000 Rennes, France

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contact@ay-roop.com

www.ay-roop.com

Ville Walo et Kalle Hakkarainen : Odotustila

Le fait d’attendre - Salle d’attente

A notre époque, un citadin passe en moyenne deux semaines de sa vie rien qu’à attendre que le feu passe au vert.

Création du spectacle : Ville Walo, Kalle Hakkarainen et Anne Jämsä
Interprètes : Ville Walo et Kalle Hakkarainen 
Chorégraphie : Ville Walo, Kalle Hakkarainen et Katarina McAlester
Assistants à la mise en scène : Katarina McAlester, Micke Rejström
Costumes et décors : Anne Jämsä
Lumières :

Marianne Nyberg


Images et montage : Matias Boettge et Kalle Hakkarainen


Coproduction : WHS, théâtre Kiasma, Conseil des Arts de Finlande, Comité de la Culture et des Bibliothèques de la ville de Helsinki


Musique :

Brothom States : Mdrmx

Ran Blake : Nica’s Dream

Flanger : Bosco’s Disposable Driver

Jan Jelinek : They, Them

Múm : On the Old Mountain Radio

Murcof : Unison

Kimmo Pohjonen Kalmukki et Emboli

Schlammpeitziger : Verhörspielquäkerseat

Susumu Yokota : Circular

Ville Walo et Kalle Hakkarainen :
ODOTUSTILA
Dans leur spectacle de cirque moderne, le jongleur Ville Walo et le magicien Kalle Hakkarainen allient avec inventivité les disciplines du cirque traditionnel, comme le jonglage et la magie, à la projection vidéo. Le titre finlandais Odotustila signifie en français « salle d’attente », « le fait d’attendre » ou « être dans l’expectative ».
Le nouveau cirque se rapproche de la danse et du théâtre. Odotustila raconte l’histoire de deux hommes assis sur un banc dans la salle d’attente d’une gare. Leur attente pleine d’impatience, de lenteur, d’intensité et de frustration se transforme en mouvements physiques. Dans un espace public, l'homme qui attend est autant l'observateur que l'observé. L’homme se noie dans la foule, mais en même temps, cette dernière l’observe, le discerne et contribue à la prise de conscience par l'homme qui attend de sa propre solitude. La gare est un lieu de rencontres, de coïncidences et de hasard, elle est une sorte de carrefour où se croisent différentes routes. La scène est constituée à la fois de la salle d'attente et d’un appareil cinématographique actionnant l'horloge de la gare. Pendant le spectacle, les illusions de la magie et le mouvement physique de la jonglerie fusionnent avec l’image vidéo projetée, créant ainsi une unité narrative bien éloignée de notre réalité quotidienne si limpide. Le mouvement des objets, les images ainsi que les gestuelles dansantes se retrouvent à travers des formes et un thème similaires. Ce théâtre muet accompagné d’une légère musique est intense et onirique.
Dans Odotustila, le cirque n’est pas qu’un simple élément comique, elle est, au contraire, la forme de langage la plus importante de tout le spectacle. On y retrouve également, malgré tout, un humour ambivalent engendré par des situations absurdes. Ce cirque esthétique et onirique dépeint notre état d’esprit face aux situations de notre quotidien. Le monde environnant est perçu à travers les distorsions et les illusions provenant des images produites par le cerveau d’un individu. Tout au long de cette représentation, l’accent est mis, d’une part, sur la beauté des coïncidences mystérieuses et des détails surréalistes et, d’autre part, sur le langage dansant des mouvements.
La première d’Odotustila a eu lieu le 26 avril 2003 au théâtre Kiasma, dans les locaux du Musée d’Art Contemporain Finlandais, à Helsinki, en Finlande.

Ville Walo est un précurseur, un innovateur et un réformateur de la jonglerie contemporaine. A travers le jonglage, il explore de nouvelles techniques ainsi que des mouvements physiques et spatiaux novateurs. Walo a élargi les diverses expressions du jonglage au théâtre visuel et au théâtre d’objets.

Il a développé un style qui lui est propre, puisant son inspiration dans des scènes de claquettes des vieilles comédies musicales, en particulier celles interprétées par Fred Astaire et Gene Kelly, mais aussi dans les mouvements artistiques expérimentaux du début du 19ème siècle comme le futurisme, le Bauhaus et le modernisme russe.

Walo est le directeur artistique du 5-3-1, un festival de nouveau jonglage, ainsi que du festival du Nouveau Cirque Cirko se tenant à Helsinki. En plus de ces collaborations et de son travail en solo, il a également travaillé avec la Compagnie Jérôme Thomas. Le Conseil des Arts de Finlande a octroyé à Walo une subvention artistique pour une durée de 5 ans à compter de 2006.

Kalle Hakkarainen est un magicien et un vidéaste originaire de Helsinki. A travers son travail, il examine les possibilités d’expression d’un nouveau genre qu’offrent les images vidéo ainsi que leurs capacités vis-à-vis du temps et de l’espace. Hakkarainen le magicien s’est spécialisé dans l’invention de nouvelles formes et nouveaux tours de magie. Ses inventions ont été publiées dans les plus importantes revues consacrées à la magie professionnelle, y compris MAGIC-Magazine, le plus grand magazine dans ce domaine. En 2000, il a remporté la troisième place au Championnat Mondial de Magie (FISM) dans la catégorie « inventions ». En plus de sa carrière de magicien, Hakkarainen a travaillé en tant que réalisateur, monteur et animateur pour des émissions TV, des spots publicitaires et des courts métrages. En ce moment, il étudie la communication à l’Académie des Beaux-Arts.

La troupe de cirque est devenue célèbre, d’une part, pour le style de jonglage de Walo qui oscille à la frontière du jonglage, du théâtre de marionnettes et de la danse et, d’autre part, pour l’ampleur des moyens d’expression utilisés par Hakkarainen, comme la vidéo en passant par la manipulation d'objets et la magie. Leurs cinq spectacles Waloville (2002), Odotustila (Salle d’attente / Le fait d’attendre, 2003), Katoamispiste (Point de fuite, 2004) et Keskusteluja (Discussions, 2006) et Puun syy (Fibre du bois / Faute de l’arbre 2008) les ont emmenés en tournée en Norvège, au Danemark, en Estonie, en Lettonie, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en France, au Portugal, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Ukraine, en Croatie, en Serbie, en Slovaquie et en République Tchèque de même qu’aux USA, en Colombie, au Brésil, en Corée du Sud et au Japon.

Une critique tirée du quotidien finlandais Helsingin sanomat 04/05/2003 :

Une salle d’attente surréaliste


Odotustila. Interprétation Ville Walo et Kalle Hakkarainen, création, chorégraphie et mise en scène Walo, Hakkarainen, Anne Jämsä, Katarina McAlester et Micke Rejström, film et images vidéo Matias Boettge et Kalle Hakkarainen. Théâtre Kiasma.

    Nous passons une grande partie de notre vie à attendre. Des pièces et des espaces ont même été spécialement construits pour l'attente. Et l’attente, c’est justement le thème abordé dans Odotustila, un spectacle de cirque contemporain présenté au théâtre Kiasma. Avec le magicien Kalle Hakkarainen et le jongleur Ville Walo, l’attente prend une forme physique et devient l’élément principal du spectacle au lieu de n’être qu’un état transitoire.

    La salle d’attente créée par Walo et Hakkarainen est un espace surréaliste où le temps est manipulé, les gens marchent en arrière et les trains foncent comme des taureaux dans la muleta du magicien. Tuer le temps devient une forme d’art.

    L’approche semble, en effet, très ludique. Ville Walo est un jongleur innovateur dont la performance peut, dans ses meilleurs moments, s’apparenter à de la danse pure. Il n’a nullement besoin d’accessoires spectaculaires. Trois balles lui suffisent, mais il les utilise d’une façon particulièrement ingénieuse, mettant à profit le sol et tout son corps. Par moments, on a même l’impression que les tours sont inventés juste là, sous nos yeux, pour tuer le temps.

    Je n'ai jamais vu auparavant, dans quel que spectacle finlandais que ce soit, des images vidéo être utilisées d’une façon aussi amusante et inventive que dans Odotustila. Le tout forme un décor vivant et crée un autre monde. Les artistes entrent directement dans l’image vidéo où l’histoire continue sans interruption, un peu dans le style de la Laterna Magika de Prague.

    Le spectacle atteint d’ailleurs son paroxysme lors de ces transitions et montages amusants. Des images représentant une piste de bowling sont projetées sur la scène, une rangée de quilles y est renversée, et à ce moment précis, celles-ci tombent sur la scène pour devenir les accessoires de jonglage de Walo.

   

La scène que j’ai trouvée tout à fait incroyable est celle dans laquelle trois Ville Walo jonglent ensemble. Deux d’entre eux sont des Walo virtuels et le troisième est le vrai. Les massues, matérielles et immatérielles, jaillissent de telle sorte qu’il devient impossible de distinguer les vraies des virtuelles ! Derrière l’illusion se cache un minutage parfait.

    Odotustila, qui se prête à merveille au théâtre Kiasma, est un mélange réussi des possibilités offertes par le cirque contemporain et la technologie. Ville Walo est un des meilleurs jongleurs « artistiques » que je connaisse et Kalle Hakkarainen, à peine âgé d’une vingtaine d’années, un interprète sympathique.

   



JUSSI TOSSAVAINEN
Une critique tirée du magazine Teatteri 4/2003 :

Le côté inattendu de l’attente dans le cirque contemporain

par Tomi Purovaara
L'évolution du cirque traditionnel du nouveau cirque au cirque contemporain s’est déroulée dans le monde entier durant ces trente dernières années, mais d’un point de vue finlandais, cela s’est fait de façon presque inaperçue. Et pourtant, même en Finlande on monte des spectacles étroitement liés à l'évolution mondialement généralisée touchant l'art du cirque. A travers ces pièces, on recherche de nouveaux moyens d'expression tout en remettant en question les traditions, et il semblerait que ces spectacles soient davantage appréciés en dehors de la Finlande que dans le pays lui-même.
Deux hommes sont debout côte à côte sur la scène. Ils tiennent deux grandes balles blanches. Sur la surface blanche de ces balles est projetée l’image de deux yeux fermés dont les paupières et les cils battent légèrement. Une fois que le public est installé dans la salle, les yeux s’ouvrent brusquement. L’image vidéo projetée à l'arrière-plan montre la gare de Helsinki. Les yeux bougent, sondant la gare. Cette gare est un espace vide, tout comme le théâtre où nous venons d’arriver. Les yeux projetés sur les balles pourraient être les nôtres, ceux des spectateurs regardant un spectacle qui parle d’une gare. Cette scène offre au spectateur son propre rôle en tant que spectateur conscient de sa position : cet endroit est le théâtre Kiasma du Musée d’Art Contemporain Finlandais, ce spectacle est une œuvre d’art, le devoir du spectateur est de trouver les signes et leur interprétation. Il n’existe pas à l’heure actuelle de système de signes pour regarder le cirque contemporain.
Les yeux se ferment. Les balles sont, en fait, des ballons de baudruche, l’un d’eux étant petit à petit dégonflé par l’homme. La balle et la séquence rétrécissent pour finalement disparaître. On a pris possession de la pièce, il s’agit d’une salle d’attente. Ces hommes sont des personnes anonymes, ils représentent monsieur Tout-le-monde, autrement dit : nous. Odotustila reprend les aspirations du cirque contemporain pour aboutir à une œuvre d’art complète. D’après le programme, le cirque est au cœur du spectacle, c’est sa langue de narration. Les traditions du jonglage et de la magie, les différents genres de film et de vidéo ainsi que l’histoire en sont sa grammaire. La musique enregistrée est, de par son côté minimaliste, hypnotique. Dans ce mélange d’images et de mouvements exécutés en direct par un artiste, on pourrait percevoir une influence de l’avant-garde du début du 20ème siècle. Le jongleur Ville Walo poursuit, dans un style original, son exercice de remise en question des traditions du genre. La plasticité des mouvements et la gestuelle dansante sont combinées à la manipulation d’accessoires de cirque, le tout dans le calme. La surprise et la menace peuvent être perçues à partir de l’attitude du magicien Kalle Hakkarainen. La tension entre les deux artistes suffit à mener à bonne fin le spectacle dans son intégralité, et ce, malgré l'absence de contact avec le public.
Un homme (Ville Walo) est assis à l’avant de la scène sur une caisse en bois de forme rectangulaire. On ressent nos propres attentes vis-à-vis de l’artiste. Il nous regarde, discerne l’attente et commence à jouer avec le temps. Pour marquer le début du jeu, il prend une balle. De la même façon que celui qui attend remue souvent ses pieds nerveusement juste histoire de s’occuper, l'artiste bouge la balle blanche…et la paire de chaussures qu’il vient de retirer de ses pieds. Les chaussures et la balle empruntent des chemins où l’homme voudrait déjà se trouver. Le mouvement n’est pas prisonnier du temps ni de l’espace. Celui-ci est d’ailleurs, par définition, partie intégrante des chaussures et de la balle. L’état statique associé à l’attente se heurte au mouvement, la scène perdure.
L'inattendu est le contraire de ce qui est attendu, tout comme à l'opposé de la réalité, il y a l'illusion. Dans une scène avec Kalle Hakkarainen, la balle blanche renie ses propriétés puisque celle-ci se dirige vers le haut, refusant de tomber. La balle, le symbole même de la jonglerie, rejoint la magie. Elle est remise en question, dépouillée de ses anciennes significations. D’abord, elle se laisse façonner comme de la pâte à modeler, puis elle se transforme finalement en un t-shirt que l’homme enfile. La scène réduit à néant le signe distinctif le plus fort de la jonglerie.
La même chose se produit lorsqu'une série de quilles apparaît sur la scène dans un numéro d’illusion pendant lequel Hakkarainen renverse, à l’aide d’une balle qui disparaît sans laisser de trace, une rangée de quilles de bowling que l’on peut voir dans la projection vidéo. Ensuite, les images vidéo et la réalité fusionnent lorsque Walo échange les quilles avec pas moins de six représentations virtuelles de lui-même. Les yeux du spectateur croient à l'illusion, le regard devient alors partie intégrante de la jonglerie. Ce qui plaît dans ce spectacle, c’est son approche audacieuse de la tradition et de la modernité. L’ironie y est légère, les artistes n’en font pas trop, ils prennent le risque, au contraire, de laisser au spectateur le soin de découvrir et d’interpréter par lui-même.
Une scène splendide où un homme fait le torero avec son long pardessus transporte le spectateur à l'époque des frères Lumière. La musique fougueuse et sauvage de Kimmo Pohjonen accompagne le train à la gare où ce dernier est attendu par nos deux artistes. L’homme moderne ne se contente pas d’attendre le train, il va le défier, quand celui-ci approche à maintes reprises comme un taureau ou une image du passé. La fin ironique de la scène nous montre, néanmoins, notre véritable situation. L’ourlet du pardessus se coince sous le pied de l’homme, le train-taureau fonce sur lui…et le spectateur.
La dernière scène reproduit sur l’ourlet du manteau de l’homme les écrans représentant le train que nous venons juste de voir. Mais à présent, l’écran est vide, il ne reste plus que le cadre. Un jongleur joue avec les cadres rectangulaires vides. On peut voir son visage à travers. L'objet s’est transformé : la balle ronde a pris une forme angulaire. Quant au rythme, il a perdu de sa fluidité et cliquète vers la fin. Le projecteur commence à faire avancer un film blanc et vide dans un cliquetis. Les petites traces de salissures se trouvant sur le matériau du film 16 millimètres se répandent sur les écrans. Le jongleur dévoilé par l’éclatante lumière blanche se faufile à travers les cadres plusieurs fois de suite, l’illusion de l'image encadrée et la réalité immédiate ne font plus qu'un.
L’homme écrasé par le train se tient debout sur l'avant-scène quand commence à se dérouler du plafond un film 35 millimètres. Il y a maintenant trois cadres entre les mains du jongleur, tout comme il y avait trois trains fonçant sur nous lors du dernier triptyque d’images. Seulement maintenant, les cadres restent vides. Le film s’entasse sur le sol. L’homme s’empare d’une des extrémités du film et glisse ce dernier à l’intérieur d’une bobine accrochée au mur. Il commence à tirer le film, de sorte que celui-ci traîne derrière lui, l’artiste remonte ensuite le couloir latéral qui longe l’emplacement réservé au public et finit par disparaître. Le spectacle s’évanouit et la dernière image que nous voyons est celle de l’homme écrasé par le train marchant vers nous. Il porte autour du cou un chemin de fer en miniature sur lequel tourne en rond un petit train électrique. Le spectacle touche à sa fin, l'attente est finie. La dernière forme reprend la forme circulaire de la balle ronde du début. Le train s’arrête. Les lumières s’éteignent. Le regard du spectateur s’éteint dans la pénombre.
L’utilisation des techniques de cirque relie Odotustila au cirque contemporain. Mais plutôt que de s’en tenir à une simple virtuosité, les compétences sont approfondies de sorte à former un nouveau langage, encore indéterminé, de l'image et du mouvement. Ce qu’il reste de l’arène traditionnelle, c’est la forme elliptique du spectacle ainsi que la vitalité du mouvement circulaire sans cesse répété. Le travail de recherche entrepris par Walo et Hakkarainen a donné naissance à un spectacle intelligent et riche en émotions, si bien que le spectateur attend avec impatience la suite.

***

L’auteur a travaillé en tant que producteur de nouveau cirque. Il prépare une thèse sur l’art du cirque à l’Université de Helsinki dans la section « sciences du théâtre ».

Tribuna de Salamanca

26 août 2004



« Odotustila »

La compagnie finlandaise Ville Walo & Kalle Hakkarainen
Inauguration de la nouvelle scène du vieux Cinéma Madrid
La compagnie finlandaise Ville Walo & Kalle Hakkarainen a inauguré hier un des nouveaux espaces du Festival, le vieux Ciné Madrid, qui se prêtait à merveille à l’occasion avec ses rangées de sièges d’amphithéâtre et une scène nouvellement construite. « Odotustila », la pièce que les membres de la troupe ont présenté, a plu au public qui a apprécié sa magnifique mise en scène. Les costumes, la musique et la chorégraphie constituèrent, sans nul doute, une autre source de fascination dans ce spectacle qui raconte l’histoire de deux hommes qui se rencontrent alors qu’ils sont assis dans la salle d’attente d’une gare. Avec comme point de départ ce contexte, la pièce analyse l’impatience, le passage lent du temps et la frustration engendrée par l’attente, en passant par les mouvements psychologiques des personnages. Durant leur passage dans cet espace public, les protagonistes sont à la fois les observateurs et les observés. C’est ainsi que la gare apparaît comme un lieu de rencontres et de coïncidences, elle est une sorte de carrefour où se croisent des routes différentes. L’intensité de la pièce, qui ne manque pas d’humour avec ses situations absurdes, est renforcée par les images vidéo projetées en continu et la musique.

Correio Braziliense

17 juillet 2004

Le Visage Mélancolique du Clown Moderne
Pendant que le public s’installe dans la salle, deux personnages se tiennent immobiles sur la scène. Ils attendent le train. Ces personnages se tenant en position figée ressemblent à Vladimir et Estragon dans En attendant Godot de Samuel Beckett. En français, Odotustila signifie « salle d’attente » ou « le fait d’être dans l’expectative ».
A l’instar des grands classiques de l'absurde, ils s’amusent pour tuer le temps. Dans la version de ces deux jeunes illusionnistes, l’oisiveté existentielle suggérée par « rien à faire » (la phrase d’ouverture du texte de Beckett) est exprimée par des actions. Ces personnages de citadins solitaires se servent des tours de magie et de la jonglerie comme de passe-temps inventifs, sans attendre d’applaudissements en retour, comme s’il s’agissait juste de deux personnes anonymes parmi la foule. L’attente en soi, sans un signe de gaieté ou d’enthousiasme, révèle le visage mélancolique du clown. Ici, pas de scènes humoristiques inutiles. Les clowns de Walo et de Hakkarainen laissent de côté les blagues banales et, sans la moindre aspiration, recherchent un sens de l’attente plus large.
La diversité de ce spectacle de clown proposé par le festival Planeta Circo a retenu l’attention de Demetrius França, 23 ans, étudiant en psychologie : « Ce style d’humour est différent, plus sain. Il n’y a ni stéréotypes ni préjugés. Leur travail porte sur la cause et l’effet ». Socorro Souza, 51 ans, compare le spectacle à d’autres représentations du Planeta Circo : « J’ai vu Joaõ e o pé de feijaõ et Cabaré do Planeta. Ce sont des spectacles très différents, mais celui-ci est le plus intéressant que j'ai jamais vu », déclare-t-il.

Odotustila vient directement de Finlande. Le Centro Cultural Banco do Brasil était plein à craquer lors de la première représentation du couple Ville Walo-Kalle Hakkarainen. A 21h, il y avait une longue queue sur la passerelle reliant le théâtre au guichet. Les artistes d’Odotustila se sont fait connaître par l'intermédiaire du responsable culturel Ute Classen, une Allemande qui recherche dans toute l’Europe de nouveaux talents du cirque. Lors de la dernière édition du Planeta Circo, elle a présenté Once, un des spectacles les plus populaires du festival, interprété par la troupe russe Derevo qui s’est installée en Allemagne.
L’illusionnisme est une véritable réussite dans Odotustila. Différentes surfaces de projection redimensionnent les films 16 mm montrés sur la scène. Le dialogue entre les images et la réalité prend le dessus dans la magie du spectacle. Les personnages apparaissent tantôt sur l’écran, tantôt sur scène. Grâce à des ressources extraordinaires, Walo se multiplie au point d'exécuter des numéros de jonglerie avec ses propres clones. Le public l’applaudit bien fort pendant sa performance. Il y a cependant des moments où les numéros de jonglerie sont excessifs. Hakkarainen s’obstine, par exemple, à manipuler des petites balles blanches alors que celles-ci n'ont aucune fonction dramatique dans la mise en scène du spectacle.

Jornal do Brasil

15 juillet 2004

Angoisse et Impatience dans un Spectacle de Cirque
Les interprètes du Nouveau Cirque montrent au CCBB la frustration que ressent une personne qui attend quelque chose
Le festival Planeta Circo, dont le chapiteau était bondé lors de la première semaine de représentation, présente deux des meilleurs représentants du Nouveau Cirque européen pour tester les limites de la magie du cirque au Centro Cultural Banco do Brasil (CCBB). Les Finlandais Ville Walo et Kalle Hakkarainen apporteront sur scène, à partir d’aujourd’hui (15 juillet) jusqu’à dimanche, un mélange de magie, d’images vidéo et de jonglerie dans leur magnifique spectacle appelé Odotustila.
En finnois, ce mot signifie le fait d’attendre. Et c’est à partir de ce concept abstrait que les artistes développent 55 minutes d’action. Le spectacle est sur deux personnes dans une gare qui montrent, par le biais de mouvements exagérés et de techniques de cirque, l’angoisse, l’impatience et la frustration engendrés par l’attente. Exubérant de plasticité, Odotustila mélange des séquences dramatiques et comiques de manière à plaire même à un public adulte. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle le spectacle a été transféré du chapiteau au théâtre du CCBB. « On pourrait dire que c'est un film muet avec des effets sonores. Nous représentons des choses très abstraites et nous nous exprimons à travers l’art du cirque », explique le sympathique Ville Walo âgé de 29 ans.
Il exploite les techniques du Nouveau Cirque depuis 1991, alliant des aspects du théâtre aux claquettes dans des numéros d’illusionniste. Kalle Hakkarainen, 22 ans, est magicien (il a déjà remporté divers prix pour ses tours innovateurs) et cinéaste. Son expérience des caméras a eu une influence sur son choix de donner à la vidéo le rôle principal dans ce spectacle, de sorte que les images sont plus qu'un simple arrière-plan.
Dans Odotustila, les expérimentations ne se limitent pas seulement à l’aspect multimédia. Pour ce qui est du jonglage, par exemple, Walo préfère utiliser des objets de forme carrée ou même des chaussures avec une technique qui, d’après lui, n’a jamais été utilisée avant. Parallèlement, les formes de la scène vide s’altèrent en raison des images et des éclairages différents.
« Dans le cirque traditionnel, tu travailles sur la même chose pendant 20 ans et tu le présentes sur scène en 7 minutes. Nous faisons toujours quelque chose de différent. Et dans le Nouveau cirque, il est important de ne pas essayer de prouver quoi que ce soit. Je n’ai pas besoin de faire un double saut périlleux juste pour prouver que je suis capable de le faire. Pour moi, la technique du cirque est importante, mais ce n’est pas non plus l’essentiel dans le spectacle », explique l’artiste.
Cette semaine, le festival Planeta Circo présente aussi la troupe Circo Piccolino originaire de Bahia. La compagnie va interpréter le spectacle cenascotidianas@circ.pic qui est destiné à un public d’enfants. Le festival s’achèvera la semaine prochaine avec une autre star internationale : la compagnie anglaise F/Z.
Karlsruhe

7 juillet 2004


Ouest-France

29 novembre 2004


La Libre Belgique

21 novembre 2006




Stradda

Le Magazine de la Création Hors les Murs

Numéro 02 - octobre 2006

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