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Managers des grandes entreprises :

En raison de la complexité de l’organisation, FAYOL énonce les caractéristiques fondamentales exigées des chefs à la tête des grandes entreprises. A priori, il accorde une importance accrue à la maîtrise des fonctions d’administration sans que ceci n’exclue les autres exigences d’ordre technique, financière et commerciales. Afin de mieux illustrer son idée centrale, nous proposons cette citation : « Il est admis, en effet, que lorsque la prévoyance, l ’ organisation, le commandement, la coordination et le contrôle s’exercent efficacement sur toutes les parties de l’entreprise, toutes les fonctions s’effectuent convenablement et la marche de l’entreprise est satisfaisante. Nous pouvons conclure donc que la première condition que doit remplir le chef d’une grande entreprise est d’être bon administrateur. »1

Il faut admettre que FAYOL offre ici un véritable cours de management moderne notamment dans sa partie consacrée aux compétences managériales. Même si la capacité administrative soit considérée comme une compétence fondamentale, la prise de décisions dans les autres domaines demeure une exigence importante. L’auteur précise aussi que le chef ne soit pas tenu de posséder toutes les compétences nécessaires à l’exercice de ses missions mais il doit tenir compte, dans la prise des décisions, de l’avis des chefs de service et de son état-major.

En outre, il est exigé du chef ne doit, en aucun cas, manifester une incompétence dans la fonction de base de son entreprise car, s’il gère une entreprise commerciale, il doit maîtriser la fonction commerciale et c’est ainsi pour les autres activités tout en pouvant se prononcer sur les autres questions en bon connaisseur. Pour cela : «  il s’ensuit que la seconde condition requise chez le chef d’une grande entreprise est de posséder une assez grande compétence dans la fonction spéciale caractéristique de l’entreprise. »2

Néanmoins, FAYOL attire l’attention de tout le monde sur l’impossibilité pour une seule personne de maîtriser toutes les fonctions d’une entreprise. Par contre, il reste souhaitable de connaître les notions générales pour les fonctions secondaires et être assisté par les avis des chefs de service afin de pouvoir prendre des décisions en étant suffisamment éclairé sur les différents aspects. L’auteur expose ensuite les douze (12) groupes de qualités et de connaissances souhaitables chez les chefs des grandes entreprises à savoir :

  1. Qualités morales qui sont décomposées en sous- qualités suivantes : souci de l’intérêt général, fermeté, courage, persévérance, audace, et volonté ;

  2. Santé et vigueur physique ;

  3. Disposant d’une forte culture générale ;

  4. Ayant une capacité administrative qui constitue pour FAYOL le fondement même de sa pensée ;

  5. Prévoyance et compétence dans l’élaboration des programmes d’action ;

  6. Organisation et surtout connaître comment constituer le corps social ;

  7. Coordination et notamment conjuguer les efforts et mettre en harmonie les actes ;

  8. Contrôle ;

  9. Disposant des notions générales sur toutes les fonctions essentielles d’une entreprise;

  10. Maîtrisant largement la profession spéciale caractérisant l’entreprise.

  11. Commandement : savoir diriger les hommes ;

  12. Intelligence et vigueur intellectuelle.

Nous remarquons clairement que FAYOL a essayé de dresser le profil du chef d’une entreprise en exigeant des qualités communes pour l’ensemble des gestionnaires quelle que soit la taille et l’activité d’une entreprise. Contrairement aux critique adressées contre FAYOL en le confinant dans une vision strictement administrative, il propose certaines qualités professionnelles qu’aucun spécialiste en organisation ou en management ne puisse omettre comme les compétences professionnelles exigées, ou même cette 11eme qualité qui est devenue aujourd’hui un souci majeur du management des ressources humaines dont la problématique principale tourne autour de cette question : dans quelle mesure le manager est –il- capable de gérer les ressources humaines en les mobilisant autour des objectifs de l’entreprise.

Aussi, il est clairement démontré aujourd’hui que les qualités morales constituent des exigences partagées par les différents spécialistes car un manager qui ne manifeste pas une volonté de réussite et de lutte pour maintenir son entreprise en vie, ne pourra pas constituer exemple pour l’ensemble des salariés de son entreprise.

Les exigences liées à la rigueur, à l’intelligence et à la vigueur intellectuelle constituent aujourd’hui même le sujet d’études et d’enquêtes menées par les spécialistes en management et en organisation auprès des meilleures entreprises dans le monde pour chercher les secrets de leur réussite.

FAYOL a distingué entre les exigences du chef à la tête d’une grande entreprise et son homologue gérant une entreprise qu’il préfère nommer « rudimentaire ». La distinction opérée se situe au niveau de la nature des compétences exigées car pour le premier chef, il doit avoir une maîtrise sans faille de la compétence administrative qui constitue, pour l’auteur, une capacité importante et l’emporte sur toutes les autres capacités réunies. Par contre pour les chefs des entreprises rudimentaires, il leur est exigé de posséder la capacité technique (celle de la profession caractéristique de l’entreprise).

Par ailleurs, ce qui mérite une attention particulière demeure certainement les éléments de valeur accordés aux chefs et agents des entreprises. Ici, FAYOL a développé les caractéristiques exigées pour le chef en essayant d’argumenter chaque exigence. Pour la santé et la vigueur physique et sans le contredire, cette exigence demeure et restera une condition fondamentale pour l’exercice de cette fonction de manager en raison du dynamisme exigé et la masse de travail intellectuel et même physique induite par l’exercice de ses misions. De même pour l’intelligence et la vigueur intellectuelle car comme il le précise lui-même : « intelligence et vigueur intellectuelle sont d’autant plus nécessaires que la fonction comporte des opérations plus nombreuses, plus étendues et plus complexes. Le grand chef a besoin d’une largeur de vues et d’une souplesse d’esprit que ne réclament qu’à un très faible degré les fonctions de contre- maître et encore moins celles d’ouvrier. »1.

En ce qui concerne les qualités morales, nous remarquons que les managers d’aujourd’hui sont évalués par rapport à ces qualités qu’il soit pour les collaborateurs ou pour l’ensemble des travailleurs. L’initiative que FAYOL exige pour les « grands chefs » concorde avec le courant du management depuis les dernières décennies car la flexibilité et la souplesse réclamées aujourd’hui pour les managers en raison des changements complexes et imprévisibles de l’environnement de l’entreprise, fait appel de plus en plus à la créativité et à l’initiative des autres chefs et non seulement de la part du premier responsable. La valeur de la culture générale que l’auteur exige pour les chefs est sans doute d’actualité. Le manager de nos jours doit être doté de notions générales dans les différents domaines car l’exemple nippon dans ce cadre le confirme sans équivoque. Par contre, les connaissances administratives se résument aux activités de base de chaque manager d’aujourd’hui et particulièrement : La prévoyance, l’organisation, le commandement, la coordination et le contrôle.

Ces capacités sont extrêmement importantes pour les managers occupant une fonction élevée et son degré d’importance, reste lié au niveau hiérarchique occupé par le dirigeant.

Ici, FAYOL annonce déjà les prémices d’une nouvelle sciences en précisant : «Il me semble qu’il est grand temps de systématiser les données de l’expérience et de mettre une doctrine à la portée de tous »2 .En plus, l’auteur exige aussi que chaque manager doit être doté de notions générales dans les spécialités ou les autres métiers en plus de la maîtrise de son activité de base. C’est ainsi que FAYOL critique une situation de son époque ou ni l’un ni l’autre ne maîtrisait sa spécialité.

Nous pouvons remarquer ici que la conception générale consistant à demander à chaque agent de l’entreprise d’étendre ses connaissances au fur et à mesure qu’il augmente dans la hiérarchie reste d’actualité. Les japonais, par exemple, ont bien réussi lorsqu’ils ont institué la polyvalence en demandant à l’université de former des généralistes et la spécialisation reste l’affaire des entreprises.

En outre, FAYOL malgré les différentes affirmations le présentant comme un classique dans sa pensée, propose une vision moderne et très pratique dans les différents domaines de l’activité organisationnelle et managériale. En proposant des tableaux synoptique pour les besoins de surveillance du corps social, comme il l’a bien précisé, est fortement significatif pour la gestion du personnel. Aujourd’hui on continue d’utiliser ces procédés dites classiques en ayant amélioré la forme et le contenu avec le concours de l’outil informatique. La gestion des personnels pour toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa situation (création, en déclin, ou en développement), a été très développée par l’auteur et surtout dans la partie consacrée à la gestion prévisionnelle des ressources humaines et ce lorsqu’il précise : «  Or toute modification dans une partie du corps social peut avoir de larges répercussions et influer sur la marche générale. Le tableau offre de particulières facilités pour découvrir ces répercussions et y parer ; mains il faut constamment le mettre à jour. A cette condition, c" est un précieux instrument de direction. »1.

Mais de quoi est-il composé ce tableau d’organisation que l’auteur lui accorde une telle importance ?

Ce tableau d’organisation est composé des éléments sous- indiqués :

  1. l’ensemble du personnel,

  2. la constitution et les limites sociales de chaque service,

  3. par qui chaque poste est occupé,

  4. les chefs auxquelles un agent obéit et les subordonnées auxquels il commande ;

  5. les informations concernant la valeur personnelle des agents, leurs attributions, les limites topographiques de leurs responsabilités, la désignation des suppléants sont consignées dans des états spéciaux qui accompagnent le tableau d’organisation.

Nous remarquons bien que FAYOL ait développé, même en détails, la gestion pratique des ressources humaines. Pour cela, nous pouvons faire une analogie de terminologie de la GRH entre la pensée de FAYOL et les pratiques actuelles :

Termes de GRH chez FAYOL

Équivalent aujourd’hui.

  • Tableau d’organisation

  • Corps social

  • Limites sociales entre services

  • Valeur personnelle

  • Limites topographiques

  • États spéciaux.

  • Organisation de la GRH

  • Les ressources humaines

  • Les lignes hiérarchiques

  • Compétences et potentialité

  • Les attributions de chaque poste

  • fiches de poste.

Que préconise FAYOL dans la partie la plus désignée aujourd’hui : le recrutement ?

D’abord, il considère que cette opération est parmi les importantes et les plus difficiles pour toute entreprise en précisant que : « la difficulté du choix augmente avec le niveau hiérarchique de l’agent : quelques jours, parfois quelques heures, suffisent pour apprécier la valeur d’un ouvrier ; il faut des semaines ou des mois pour connaître la valeur d’un contre- maître ; il s’écoule parfois des années avant qu’on soit exactement fixé sur la valeur du chef d’une grande entreprise. Il importe donc au plus degré, de ne pas commettre d’erreur dans le choix des grands chefs ».1

Malgré que FAYOL n’ait pas développé cet aspect, ceci n l’a pas empêché de il lui accorder une place considérable. Il reste évident que cette partie et celle consacrée la formation, constituent deux volets très importants du management des r0essources humaines. FAYOL présente la formation comme un moyen de rectifier un mauvais choix dans le recrutement et que cette tâche n’incombe pas uniquement à l’école comme il le précise ici : « Cependant quelle que soit la difficulté du choix des agents, elle n’est peut-être pas aussi grande que celle de leur formation. Le bon agent- technique, commercial, financier, administratif, ou autre- n’est pas un produit spontané de la nature ; pour qu’il existe il a fallu le former et cette formation représente généralement de longs et laborieux efforts auxquels participent la famille, l’école, l’atelier et l’Etat.».1

Pour bien illustrer sa pensée, FAYOL a pris l’exemple de l’industrie minière et métallurgique en France où il a développé le rôle de l’école, de l’atelier (du patron), de la famille et de l’Etat. Pour cette partie importante, il reste intéressant de présenter les principaux éléments2 :

  • La formation supérieure ne doit pas se limiter à l’enseignement technique et mathématique aux dépens de l’enseignement général, la littérature, de l’histoire et de philosophie.

  • La capacité administrative exige un enseignement conséquent dans ce domaines pour les ingénieurs car il sera appelé à conduire et à commander.

  • L’enseignement abusif des mathématiques ne permet pas d’inculquer à l’ingénieur les connaissances philosophiques, littéraires, historiques et chimiques qui constituent, pour FAYOL qui est aussi un ingénieur, de grands facteurs de progrès social ;

  • Il reste utile d’introduire des notions d’administration dans l’enseignement primaire afin d’introduire la culture managériale dans l’esprit de l’enfant ;

  • Le rôle de l’école se termine au moment où le formé est recruté dans une entreprise, le relais est pris par le patron.

  • Le patron doit jouer son rôle d’éducateur à tous les niveaux et en permanence ;

  • « Il faut découvrir les aptitudes, encourager les efforts, faciliter l’initiation, l’apprentissage, récompenser le zèle et le succès, opérer une sélection continue. On arrive ainsi à former un bon personnel. »1

  • la formation dans l’entreprise doit s’exprimer par un échange de connaissance entre les différents agents comme par exemple l’ingénieur qui inculque au

  • contre- maître un peu de sa science en contrepartie des notions expérimentales accumulées ;

  • la famille ne pourra pas rester en marge et elle a besoin d’administration et elle : « pourrait être une excellente école d’administration. »2

  • ce savoir familial reste transmissible aux enfants qui pourraient les développer à leur tour ;

  • l’état doit jouer un rôle dans la formation administrative des citoyens par la création des écoles et par ses exemples car par exemple entre la famille et l’atelier les valeurs très différentes et très variables.

Que peut-on retenir  de ces éléments ?

Nous pouvons retenir que FAYOL a exprimé des idées managériales modernes en insistant sur des parties importantes sans lesquelles les entreprises d’aujourd’hui ne pourraient pas se développer. Le recrutement et la formation constituent même les composantes du management moderne dont les exemples Nippons et Américains sont édifiants.

Par contre, l’originalité de FAYOL réside dans sa conception globale et intégrée en essayant d’intégrer la famille et l’entreprise dans le processus de la constitution du personnel capable d’administrer et de gérer. Aussi, lorsque FAYOL a critiqué l’excès de l’outil mathématique au dépens des autres parties de la connaissance, concorde convenablement avec ses idées organisationnelles lorsqu’il a insisté sur la nécessité pour le chef, quel que soit son rang dans la hiérarchie, d’être enrichi en notions générales en plus de la maîtrise de la capacité principale liée à son poste.

Néanmoins, il faut remarquer que FAYOL insiste principalement sur l’administration sans laquelle, fait-il remarquer, aucun agent ne serait capable d’exercer des tâches de direction ou de commandement y compris la famille qui a besoin, selon FAYOL toujours, d’administration (prévoyance, coordination, commandement et de contrôle).

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