Loisirs et société à Brazzaville pendant l’ère coloniale








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Phyllis MARTIN

Loisirs et société à Brazzaville pendant l’ère coloniale

Paris, Karthala, 2005


L’ouvrage reconstruit l’histoire d’une ville africaine sous l’ère coloniale tout en explorant la manière dont ses habitants créèrent, contestèrent et occupèrent leurs heures de loisirs. Le colonialisme y est vu comme une arène de négociations et de médiations donnant lieu à toutes sortes de transformations sociales, culturelles et politiques. Le phénomène du loisir dans la ville coloniale y est étudié sous deux aspects : la lutte pour un nouvel ordre de temps et d’espace en réaction aux tentatives européennes visant à imposer leurs structures coloniales et capitalistes ; les efforts menés pour créer une atmosphère conviviale adaptée aux besoins des Africains malgré la domination coloniale.

Exemple introductif : en 1936, le football de Brazzaville se trouve au centre de toute une polémique. Il s’agit de décider si les joueurs doivent jouer pieds nus ou avec des chaussures. Les dirigeants européens de la Fédération sportive indigène décrètent que le port de chaussures encourage la violence sur le terrain. Les Africains doivent jouer pieds nus. Certains capitaines d’équipes qui, appartenant à l’élite, portent des chaussures tous les jours, s’offusquent et écrivent au gouverneur général de l’AEF. Peine perdue. Cette controverse précipite une crise entre organisateurs sportifs européens et joueurs africains. Les capitaines d’équipes organisent un boycott et la ligue officielle de football s’effondra. La mission catholique, rivale de l’administration, décida alors de former ses propres équipes avec les joueurs rebelles. Certains d’entre eux préférèrent participer librement à de petits matchs amicaux. Les plus jeunes et les plus pauvres continuèrent à jouer pieds nus, comme d’habitude. Cet accident montre qu’une activité susceptible d’apparaître comme le symbole du triomphe du modèle culturel colonial de domination peut devenir le vecteur de résistances.
L’histoire de Brazzaville est celle d’une nouvelle ville coloniale, capitale de l’AEF, située sur les rives nord du Pool Malebo où le fleuve Congo forme un grand lac. La ville moderne est officiellement établie en 1880 quand le roi Iloo, souverain Tio, concède le territoire à Savorgnan de Brazza qui représente les Français.
« L’expérience coloniale à travers la majeure partie de l’AEF (Moyen-Congo, Gabon, Oubangui-Chari et Tchad) relève surtout d’un mélange de négligence, d’exploitation et de brutalité, en particulier au tout début de la colonisation. » L’Afrique centrale se trouve au dernier rang des priorités de l’Administration coloniale française. Une fois qu’une région est conquise et mise hors de portée des rivaux européens, elle est reléguée aux compagnies concessionnaires qui pratiquèrent une « économie de pillage » jusqu’au premier conflit mondial. La situation s’améliore un peu à la suite de la publication de récits comme Voyage au Congo de Gide (1927) et Batouala de Maran (1921). Les subventions métropolitaines et le lancement d’un emprunt, interrompu après la crise de 1929, rendent possible la construction du chemin de fer Congo-Océan (1921-1934), vingt-trois ans après l’achèvement de la ligne belge qui relie Léopoldville-Kinshasa au port de Matadi. En 1930, « l’opposition exprimée en France mit fin au règne des compagnies concessionnaires ». Mais ce n’est qu’avec la proclamation de Brazzaville capitale de la France libre par de Gaulle que la ville se hisse au premier plan de la vie politique coloniale française. Après la guerre, le Congo bénéficie d’investissements français et la capitale connaît un bref sursaut économique.
Sous l’ère coloniale, les phénomènes de contrôle, de sécurité et d’identité sont des enjeux importants. À Brazzaville, les relations sociales et les formes culturelles se caractérisent par des choix et un degré d’expérimentation plus importants que ceux permis par les structures anciennes de la vie au village. Les Africains s’adaptent à la vie urbaine en y intégrant et en y transformant les activités traditionnelles tandis que les Européens se consacrent à l’édification de leur vision de la société coloniale.
Ce sont les missionnaires, les employeurs et les administrateurs qui instaurent des limites de temps et d’espace au moyen de lois et d’interdits. Si la durée du temps au village est « élastique » car fondée sur les besoins de l’activité, le temps urbain se divise clairement entre travail et loisirs1. Le temps libre est circonscrit au dimanche et à certains jours de fête. Toutefois, le processus d’assimilation des nouveaux concepts de durée urbaine du temps est long, inégal et incomplet, en particulier à Brazzaville, où, pendant les cinquante premières années de son histoire, le noyau de citadins permanents est faible par rapport au nombre de travailleurs migrants temporaires.
Bien que l’idée de loisirs soit liée à un concept de temps, elle implique aussi une utilisation propre de l’espace. Les Européens, par la voie de la planification urbaine et de ce qu’ils appellent « l’embellissement » de leurs zones de travail et de jeux, se servent de l’espace pour protéger leurs intérêts, ségréguer les loisirs. À la veille de la Première Guerre mondiale, la division planifiée de la ville en deux quartiers africains (Bacongo et Poto-Poto) et un centre européen génère la création d’une identité urbaine tout en facilitant l’application du vieil adage « diviser pour régner ». L’organisation de l’espace devient un instrument de distanciation sociale et psychologique.


I. Brazzaville, naissance et développement d’une ville coloniale
* Brazzaville : 1880-1915
Brazzaville : un carrefour africain
Brazzaville s’est construite autour du « Pool » : il s’agit d’un véritable lac (30 kilomètres de long sur 20 kilomètres de largeur) issu d’un élargissement du fleuve Congo. De part et d’autre du Pool, deux villes ont émergé : Brazzaville au nord et Léopoldville qui allait devenir Kinshasa au sud. Avant la colonisation, le Pool servait de terminus pour la navigation intérieure sur le fleuve Congo, il s’agissait du principal lieu de déchargement des marchandises qui transitaient par ce fleuve. Au XVIIIe siècle, le Pool était un carrefour pour le marché des esclaves qui étaient ensuite acheminés vers la façade Atlantique. Au XIXe siècle, c’est le marché de l’ivoire qui se développe sur les rives du Pool. Il s’agit bien d’un centre du commerce « international » mais aussi régional et local puisque s’échangeaient sur les marchés de ses rives toute sorte de produits : du manioc, du maïs, des légumes ou encore du poisson séché. Il s’agit bien d’un lieu stratégique que les Français allaient pouvoir exploiter.
À la base, deux agglomérations existaient sur la rive nord du Pool : Mfoa et Mpila. Des agglomérations aux fonctions essentiellement marchandes, où l’on trouvait de nombreuses maisons de commerces. On parlait de ces deux agglomérations comme de « mavula » : « l’endroit pour devenir riche ».
Les principaux acteurs du système économique construit autour du Pool étaient les chefs tios, du nom du royaume qui exerçait sa souveraineté sur cet espace. C’est d’ailleurs le souverain du royaume Tio, le Makoko Iloo qui céda en 1880 une partie de ses terres à Savorgnan de Brazza pour permettre l’installation d’un poste français. Reste que l’importance du Makoko Iloo était essentiellement spirituelle. A l’arrivée des Français, le pouvoir des Tios était en effet contesté par des commerçants du Bas-Congo : des populations apparentées au groupe des Bakongos qui étaient devenues les intermédiaires essentiels du commerce à longue distance avec les Européens. C’est dans cette société divisée entre vieilles élites traditionnelles tios et nouvelles élites commerçantes bacongos en essor qu’arrivent les Français. Leur arrivée contribue à transformer cette situation. En effet, à partir des années 1880, les habitants et les commerçants de Mfoa et Mpila durent s’adapter et surtout faire une série de choix : accepter ou non de participer à l’économie coloniale, prendre ou non place dans les agglomérations autour du Pool dynamisées par l’arrivée des Européens.
C’est ainsi que la colonisation entraîne une vraie rupture dans la société. En effet, les élites tios quittèrent les rives du Pool. Cette mobilité peut être analysée comme une forme de résistance. Il s’agirait en effet d’une « protestation par la fuite » : comme si les Tios préféraient s’écarter du Pool plutôt que d’accepter d’être absorbés par le système d’économie coloniale. Les Tios demeurent tout de même le long du fleuve Congo, mais davantage en amont où ils adoptent une économie de subsistance, refusant de se plier au travail forcé imposé par les Européens. En 1905, on ne compte ainsi plus qu’un seul Tio, le conducteur du ferry d’Etat qui traverse le Pool, travaillant pour l’administration.
Suite au départ des Tios, de nouvelles populations sont apparues sur les rives du Pool. Des travailleurs du Bas-Congo – les Bakongos – vinrent en effet en nombre pour prendre leur place. Ce sont eux qui travaillent à la construction des premiers bâtiments de l’administration. Phyllis Martin parle de « travailleurs migrants » pour qualifier ces Bakongos qui travaillent à Brazzaville, y vivent une partie de l’année, tout en maintenant des contacts avec leur village d’origine. Leurs épouses venaient parfois s’installer en ville mais sur une base semi-permanente : elles gardent les terres en zone rurale et restent au village pendant la saison des semences. Dans un premier temps, l’administration coloniale prend en charge le transport et les moyens de subsistance des épouses des travailleurs étrangers qu’ils recrutent, mais en 1905, cette pratique jugée trop coûteuse fut supprimée.
La réputation croissante de l’agglomération attire également des travailleurs migrants venus d’autres parties de l’Afrique Equatoriale. C’est ainsi que des travailleurs du Tchad et de l’Oubangui-Chari, fuyant l’économie de pillage des compagnies concessionnaires, viennent vers Brazzaville. En 1902, l’établissement d’une école coranique à Brazzaville témoigne de l’augmentation des familles musulmanes : il s’agit pour l’essentiel de familles venues du Tchad ou de l’Oubangui-Chari. Ce sont également des mécaniciens, des forgerons, des menuisiers du Sénégal, ou encore des travailleurs venus de l’Afrique anglophone, de la Gold Coast ou de la Sierre Leone, qui viennent gonfler les rives du Pool. Ces travailleurs viennent avec leur culture propre. C’est ainsi que l’accordéon fut introduit à Brazzaville par des travailleurs venus de ces régions. Il ne faut toutefois pas imaginer des cas trop nombreux : au cours de la seconde moitié de l’année 1901, l’administration de Brazzaville comptait 195 travailleurs étrangers. Certains font même partie de l’élite de la ville comme les Gabonais, souvent diplômés des écoles missionnaires, qui occupent une place importante « tout au long de l’ère coloniale » parmi l’élite africaine de Brazzaville. Reste que si les Gabonais sont présentés comme une élite, les Gabonaises du Pool apparaissent dans les comptes rendus européens comme des prostituées. Ces dernières pouvaient entretenir des relations de longue durée avec des Européens, comme l’écrit Phyllis Martin : « l’Européen se mettait en ménage avec une Africaine en échange d’un montant mensuel fixe, ou contractait un mariage temporaire en payant une dot à la famille de la femme. De telles relations avec ces femmes que les Européens appelaient « ménagères » étaient souvent très stables et pouvaient durer pendant tout leur séjour dans la ville ».
Cette société complexe comptait également des administrateurs coloniaux noirs originaires des Antilles françaises. Ces Antillais tenaient une place singulière. En effet, les Européens les traitaient parfois comme des Blancs à titre honorifique, en autorisant notamment les bons footballeurs antillais à jouer dans le Club athlétique brazzavillois constitué uniquement de Blancs. Ils allaient servir d’intermédiaires entre les populations africaines et les Européens.
La construction d’un espace ségrégué
Dans les années 1880, seuls quelques bâtiments indiquaient la présence européenne, il s’agissait des symboles des principales institutions coloniales. Dès leur arrivée, les Français s’établissent dans un espace à l’écart, en hauteur, surplombant le fleuve. C’est là qu’allait se construire la ville européenne, dans un quartier appelé « le Plateau ». Pour les Français, cet espace du Pool apparaît d’emblée stratégique. Ainsi, en 1884, Charles de Chavannes, nommé par Brazza pour administrer cet espace y voit la « clé de l’exploitation de l’Afrique Equatoriale ». Sur le Plateau, on ne trouvait dans les années 1880 qu’un poste administratif et un poste militaire. Sur les rives du Pool, on comptait trois compagnies de commerce : une belge, une française, une hollandaise. Il y avait là également quelques commerçants individuels, avec des boutiques au bord du fleuve. Mais le symbole le plus visible du pouvoir européen était le poste de la mission de la Congrégation du Saint-Esprit. En 1894 fut inaugurée une cathédrale de style gothique pouvant contenir plus de 1000 personnes. Une école missionnaire fut également ouverte où l’on trouvait de jeunes esclaves rachetés ainsi que des jeunes filles mises au couvent « pour assimiler les principes chrétiens de leur rôle d’épouse et de mère ».
Dans les premières années du XXe siècle, Brazzaville prend une nouvelle importance pour les Français. En 1904, elle devient la capitale du Congo français puis en 1909 la capitale de l’Afrique Equatoriale Française. En 1911, Brazzaville reçoit le statut de « commune » avec un maire et un conseil municipal de quatre membres, choisis parmi des Français de plus de 25 ans. C’est alors que se met alors un vrai système de planification. Le modeste poste française se transforme en ville. En 1909 une première mesure vise à ségréguer l’espace urbain : le terrain situé à l’Ouest du Plateau est désigné par l’administration coloniale comme étant le quartier africain de Bacongo. En 1911, de l’autre côté de la ville, l’administration décide de développer un second quartier pour les Africains : il s’agit de Poto-Poto (Poto signifie « boue » en lingala). Des lots sont distribués en vue de la construction de maisons. Cette division de la ville correspond à un projet conscient des Européens, répondant à des préoccupations hygiéniste et morale mais également à une volonté de mieux contrôler et surveiller les populations africaines. Il s’agit tout d’abord pour l’administration de séparer les populations blanches des indigènes afin de protéger les premières de la malaria et notamment des moustiques que l’on imagine alors cantonnés dans les marais de Poto-Poto. Par ailleurs, les sources évoquent d’autres raisons « pratiques », il s’agirait pour les Européens de fuir « les tam-tams et autres danses bruyantes » qui empêcheraient les braves familles blanches de dormir en paix. Un autre facteur à l’origine de cette politique de ségrégation urbaine est la volonté de contrôler les émeutes. Des émeutes qui pouvaient principalement être des « émeutes la faim » trouvant leur origine dans la désorganisation entraînée par l’arrivée de économie coloniale autour du Pool. La disparition des marchés d’échanges locaux entraînant des crises de subsistance alimentaire qui furent à l’origine d’émeutes, principalement en 1911.

Bacongo et Poto-Poto deviennent des entités administratives avec des « chefs » locaux élus, responsables de l’entretien, de la sécurité, de l’impôt, de hygiène, et de la police. Ces chefs sont les principaux intermédiaires entre les populations locales et l’administration coloniale. Chaque dimanche avait lieu une réunion dans le bureau du maire entre les « chefs » et l’édile de Brazzaville.
La division de la population africaine entre Bacongo et Poto Poto correspond dans l’esprit des autorités coloniales à des divisions préexistantes basées sur la « race ». C’est ainsi que les autorités coloniales allaient être à l’origine d’une nouvelle ethnicité urbaine en « inventant » des étiquettes que les Africains finirent par s’approprier. Bacongo était dans l’esprit des Français réservé aux populations du Pool et de la région du Bas-Congo tandis que Poto-Poto, au nord de la ville, devait être habité par les populations du haut du fleuve ainsi que par des étrangers comme les Africains de l’Ouest et les Gabonais. Ce processus de construction d’une différenciation ethnique se matérialisait concrètement : ainsi, chaque chef de famille recevait du maire une carte d’identité indiquant sa « race ».
Parallèlement à cette construction d’une ville ségréguée entre Européens et Africains, mais aussi entre les Africains, l’administration coloniale cherche à se rapprocher du modèle urbain que constitue Léopoldville-Kinshasa, le joyau de la couronne belge qui brille de l’autre côté du Pool. En 1912, Brazzaville se dote d’une série de nouveaux bâtiments : une nouvelle résidence pour le gouverneur général, des tribunaux, un hôpital militaire, un hôtel de ville. La mentalité des fonctionnaires coloniaux se trahit dans la terminologie employée pour le quartier blanc, qualifié de « ville » tandis que Bacongo et Poto-Poto sont appelés « villages »…
En trois décennies, la société et l’économie précoloniale des bords du Pool ont donc été radicalement perturbées par le capitalisme commercial et l’arrivée des Européens : se développe une société stratifiée avec de nouveaux emplois et de nouvelles populations. Un des principaux emplois ouverts aux populations africaines est celui de domestique. C’est ainsi qu’en 1913, les domestiques représentent ¼ de la main d’œuvre africaine, signe que ces nouveaux emplois servent avant tout à la politique plus globale de domination des Européens.
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