Civilisations de l’Asie Orientale Cadre naturel et chronologique








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huyên). Les élus locaux sont subordonnés à l’acceptation du parti.

Un rééquilibrage de la population est décidée : en cinq ans, de 4 à 5 millions de personnes doivent aller du Nord au Sud (colonisation des « nouvelles zones économiques »). En 1980, on constatera que cette mesure a été accomplie dans une proportion de 20%.

La politique du gouvernement s’appuie sur la gestion de la campagne. La ligne d’action économique et sociale de 1975-76 vise au renforcement de la politique socialiste. Le Vietnam ne disposant pas de moyens de transformation rapide, les efforts doivent porter sur la gestion des hommes. On accroît la collectivisation (les coopératives regroupent des propriétés privées de gestion collective), mais le projet, trop ambitieux, restera bien inférieur à tout ce qu’il y a eu en Chine. La planification définit des zones de culture spécialisées, qui échoueront à cause du manque de moyens de transport. Les propriétés capitalistes du Sud sont transformées en fermes d’Etat. En 1979, alors que la Chine abandonne le collectivisme, le Vietnam à l’opposé cherche à accélérer ce mouvement pour rattraper son retard.

Le Vietnam réussi plus ou moins à s’intégrer dans le paysage mondial. Il devient membre de l’ONU en 1977. En janvier de la même année, le président Carter amorce le rapprochement diplomatique. Le pays reçoit une aide soviétique. Ses rapports demeurent tendus avec le Japon, et ambigus en même temps que difficiles avec la Chine (contentieux historiques, mais aides pour la construction d’usines, de ponts, échanges de délégations).


    1. Une crise générale et profonde


Le Vietnam pensait rattraper rapidement son retard. Malheureusement, le gouvernement a négligé les aléas de la nature : typhon dévastateur en 1977, crue catastrophique du delta du Mékong l’année suivante. Le passage au socialisme est un échec, l’administration est en butte à la population. Dans le Nord, la production diminue, les paysans signent des pétitions pour sortir des coopératives, la collectivisation étant théoriquement volontaire. Dans le Sud s’exerce une pression réformatrice difficile. La volonté de détruire les vestiges de la « culture néo-colonialiste » exacerbe les mécontentements : la politique de rééducation se traduit par la détention préjudiciable de fonctionnaires, en particulier d’instituteurs. La suppression du commerce privé a entraîné la misère de tous les petits revendeurs et des commerçants d’origine chinoise. L’aggravation de la politique de redressement entraîne entre la mi 1978 et la fin 1979 le départ de plus de 500.000 Vietnamiens (boat people). Dans le Nord, 100.000 Chinois, tracassés par le gouvernement, rentrent en Chine. La situation économique et sociale est catastrophique, avec des millions de chômeurs, de soldats démobilisés, de réfugiés ou d’infirmes. Le manque de moyens techniques, l’inertie d’une partie de la population et les calamités naturelles rendent la situation alarmante.

Les difficultés aux frontières sont nombreuses. En décembre 1977, le Cambodge et le Vietnam sont en état de guerre, ce qui conduit à la fermeture des consulats et la cessation des relations commerciales avec la Chine. Devant l’aggravation de la situation, le gouvernement décide en 1978 l’adhésion au Comecon19 et signe un traité d’alliance militaire offensif et défensif avec l’URSS, visiblement contre la Chine. La même année, l’armée entre au Cambodge. Trois ans après la victoire sur les Etats-Unis, le pays est au bord d’une nouvelle guerre, sous la menace d’une intervention chinoise, et avec l’appui léger de l’URSS. Cette intervention de la Chine se produit en février 1979 et marque une catastrophe pour le Vietnam tout entier.


    1. La nécessité d’expériences nouvelles


Pékin retire ses troupes, mais cette confrontation provoque des dissensions parmi les dirigeants. Le Vietnam a libéré les Cambodgiens de la terreur des Khmers rouges, mais s’est trouvé accusé d’impérialisme. Ce fait installe une brouille durable avec les pays du sud-est asiatique et l’opinion internationale. Les pays occidentaux décident un embargo commercial.

On met en œuvre des expériences nouvelles pour stimuler la production, voir des méthodes précédemment interdites : rétablissement dès 1979 d’une certaine responsabilité des familles au sein des coopératives, tentatives de réorientation de la production vers les échanges extérieurs. Cette politique est réaffirmée en 1981, année où s’installe le tronc fondamental des réformes libérales, en même temps que le rôle dirigeant du parti communiste dans tous les domaines est confirmé (nouvelle Constitution de 1980).

  1. La pénible définition d’un néo-communisme : l’organisation des campagnes


En 1986 est proclamée la politique de nouvelle gestion dôi moi, « changer et renouveler » [à l’intérieur du système socialiste], qui n’est que la formulation des réformes entreprises depuis 1981.


    1. Réalisme et tolérance dans le domaine économique


La doctrine communiste ne peut éviter les compromis. Les responsabilités familiales au sein des coopératives sont accrues, ou plutôt restaurées, car les jardins privés ont toujours fourni le revenu principal des paysans. La préparation des terres (engraissement, semailles, repiquage) est dirigée par le conseil d’administration de la coopérative ; l’entretien des terres (contrôle du niveau d’eau, construction de digues, traite des insectes, récoltes) est confié aux familles responsables d’une surface fixée, devant livrer à la coopérative un poids de riz fixé par contrat. La récolte est rapportée à la maison : le surplus est acquis et ajouté aux récoltes du jardin et aux revenus des travaux artisanaux. Il y a coexistence d’une économie complémentaire privée, et motivation pour travailler plus, voir trop (absentéisme scolaire). Cette nouveauté apaise le pays, les moyens familiaux sont renforcés. Il s’agit cependant d’une expérience troublante pour les administrateurs locaux dont les revenus, peu élevés, restent stables et font naître différenciation sociale, baisse de l’autorité morale et hausse de la corruption. Les coopératives rencontrent des difficultés à remplir leur part du contrat (fournitures). Elles sont menacées de dissolution devant la remise en cause de leur rentabilité.

Une nouvelle loi sur la terre en 1988 marque l’acceptation du compromis et du réalisme. Des contrats complets sont signés avec les familles qui le veulent : concession longue, jusqu’à 30 ans, associée à un droit d’hériter, de vendre, d’avoir de la main-d’œuvre. Une part des récoltes est à fournir à l’Etat, le surplus est destiné à la vente ou à l’exportation (déconcentration de la gestion d’Etat). On ne peut néanmoins pas dire que l’économie est libérale. La terre est nationalisée en 1988, les familles en ont l’usufruit. Les coopératives sont des organes de ramassage et de fourniture sous contrat. La nouvelle loi agraire de 1993 confirme la concession à vie et marque un bond en avant de la production. Le Vietnam redevient en 1989 exportateur de riz, et se hisse parmi les premiers exportateurs mondiaux. La production augmente bien plus rapidement que la surface cultivée (+60% contre +20% – progression trois fois plus rapide du rendement).

Dans l’industrie, la rémunération aux pièces remplace celle au temps. Dans une même entreprise coexistent trois régimes :

  • une gestion socialiste (l’administration fournit les moyens, l’entreprise remplit des quotas).

  • une négociation du prix du surplus avec l’administration.

  • un accès libre pour les travailleurs à l’équipement de l’entreprise (les revenus auxiliaires dégagés marque un regain de tonus de la population ouvrière).

A la campagne comme à la ville, tout le monde cherche un travail complémentaire. En 1986, les entreprises familiales sont autorisées à employer des salariés, au maximum dix. Une loi de 1988 reconnaît la nécessité de l’entreprise de capital privé et favorise les investissements étrangers. Le conseil d’administration peut être en majorité étranger, les revenus rapatriés sous certaines conditions. L’économie vit sous aide étrangère certes, mais les progrès énormes favorisent l’essor du Vietnam socialiste.

L’ensemble de ces mesures de réalisme et de tolérance s’inscrivent dans un changement de la conjoncture internationale. En 1986, Gorbatchev déclare à Vladivostok l’établissement dans cinq ans d’un commerce d’égal à égal (commerce sans complaisance). En 1991, l’URSS et les aides qu’elle fournissait disparaissent. Le Vietnam doit repenser sa politique économique : en 1985, 75% du commerce se fait avec les pays du Comecon ; de nos jours, ce chiffre est tombé à 2,5%. Ce désengagement a pu être compensé par le renforcement des liens avec les pays asiatiques. La politique d’ouverture économique a permis de passer sans trop de difficulté de partenaires de la zone rouble à ceux des autres zones, et a vu arriver de nombreux investisseurs.

La transformation de la gestion fermée conduit en 1985 à une formidable inflation. La poursuite d’une politique monétariste la ramène en 1989 à un niveau tolérable. A l’intérieur, le prix du riz diminue et les exportations reprennent. En juin 1991, le PC adopte l’orientation vers l’économie de marché.


    1. Les efforts pour l’unité et l’harmonie nationale


Le transfert de population n’atteint pas le niveau espéré, mais dans les années 80 la production peut augmenter par la hausse des rendements. Le problème démographique se détend par une lente baisse du taux d’accroissement naturel (1,8% en 1999). Alors que les prévisions concluaient à une population de 80 millions en l’an 2000, ce chiffre ne sera atteint qu’à la mi 2001. L’unité morale connaît des progrès lents par la vague démographique : en 1990 en effet plus de la moitié de la population est âgée de moins de 18 ans et n’a pas connu la guerre. En l’an 2000, les dernières traces tendent à s’effacer. Le Parti communiste apparaît comme un organe de maintien de l’unité, et une assurance économique.


    1. La réintégration des relations internationales


L’évacuation du Laos et du Cambodge en 1989 permet d’entrer à l’ASEAN (Association des Pays de l’Asie du Sud-Est) en 1995. Le Vietnam se réconcilie progressivement avec la Chine : en 2000 est fixée la frontière du golfe du Tonkin. L’année 1994 voit la levée de l’embargo américain, suivie l’année suivante du rétablissement des relations diplomatiques.


    1. Les signes de libéralisation intellectuelle


Dans l’idéologie communiste, le peuple est maître, l’Etat gère les affaires, le Parti est la force unique qui le dirige. Les syndicats sont des écoles du communisme. Il s’agit d’une structure rigide qui n’empêche pas les innovations. Le 6e congrès fait une autocritique en reconnaissant avoir perdu le sens de la démocratie. L’introduction du réflexe critique ne marque pas un assouplissement complet : militer contre le parti équivaut à la prison, et la nécessité du marxisme-léninisme est réaffirmée, bien que l’on puisse s’interroger sur son emprise sur la pensée des populations vietnamiennes.

Le 8e congrès en 1996 affirme la volonté de clarifier les imprécisions et vides juridiques actuels. La vie intellectuelle connaît plus de tolérance, mais la naissance d’une littérature contestataire reste limitée (instituteurs surveillés). L’information, l’enseignement et la culture reste dominés par l’Etat, non sans une certaine tolérance à cause de sa faiblesse financière. La censure ne peut empêcher une authentique renaissance littéraire moderne. Le pays connaît une formidable résurgence du bouddhisme et de l’importance des pèlerinages. La pression de l’Eglise bouddhiste unifiée conduit le Parti à reconnaître dans la nouvelle Constitution de 1992 n’être que la force principale qui dirige l’Etat.


  1. Conclusion


La poursuite de l’ouverture aux investissements étrangers est freinée par une administration aux pratiques incertaines et un pouvoir politique où partisans du marché et du centralisme se font face. Le niveau de vie reste bas, tout en s’améliorant sous l’effet de la forte croissance économique. Celle-ci génère une inégalité, qui va croissant, entre villes et campagnes.

La période qui s’étend de 1975 à 1991 marque une introduction à l’histoire moderne du Vietnam, une transition entre les grands conflits et un certain démarrage. On peut cependant s’interroger sur la nature de cette ouverture, ce sur quoi elle va déboucher.

1 Le nom de « Chine » viendrait de cette première dynastie.

2 La palanche est une tige de bois, droite ou légèrement arquée, utilisée pour porter, sur l’épaule, deux charges accrochées à chacune des extrémités.

3 La guerre de l’opium (1839-1842) naît de l’inquiétude de l’accroissement de la consommation d’opium, favorisé par la contrebande protégée par les Anglais. Après bien des hésitations, l’empereur en interdit l’importation. Les Anglais occupent aussitôt Shanghai et obtiennent par le traité de Nankin en 1842, la cessation de Hongkong et l’ouverture au commerce européen de certains ports chinois.

4 La révolution Taiping (« Grande Paix ») est un mouvement politique et religieux qui agite la Chine de 1851 à 1864. Son fondateur Hong Xiuquan prétend sauver le pays de sa décadence. Il soulève les mécontents et reçoit l’appui de sociétés secrètes opposées à la dynastie mandchoue. En 1851, il annonce la fondation de l’Empire Céleste de la Grande Paix (Taiping tian guo) et se donne le titre d’Empereur. Il conquiert la basse vallée du Yangzi jiang (fin 1852- début 1853) et installe sa capitale à Nankin. Le mouvement rencontre l’hostilité des missionnaires catholiques, puis des commerçants français et anglais. En 1862 commence l’offensive générale contre les Taiping, qui menacent Shanghai. Nankin tombe le 19 juillet 1864.

5 Les Boxeurs (ou Boxers) est le nom donné par les occidentaux aux membres d’une société secrète qui, à partir de 1895, anima un mouvement xénophobe qui culmina en 1900, avec une véritable émeute, dite « guerre des Boxers ». Celle-ci menaça les légations étrangères, mais une expédition internationale en eut finalement raison.

6 C’est un cas général pour les chocs des cultures, qui souvent masquent des états de pré-développement.

7 Le tào, ou dào, « la voie », existait déjà dans l’ancienne philosophie chinoise. Il est le principe d’ordre qui fait l’unité de l’univers.

8 Le yáng (le versant ensoleillé d’une montagne, l’adret) représente le soleil, le jour, la chaleur sèche, la force vive, le masculin, le lumineux ; le yīn (le versant humide, l’ubac) représente la lune, la nuit, le froid humide, l’inertie, le féminin, le sombre.

9 Sima Qian (ou Se-Ma Ts’ien) critique les Annales anciennes, et met en place un modèle dynastique. Ses Mémoires Historiques (Shĭjì 史記) sont divisées en cinq sections : des annales principales, des tableaux chronologiques, les huit traités, les maisons héréditaires, des monographies (histoires exemplaires et moralisantes). Cet ouvrage est le modèle de l’historiographie chinoise.

10 Le Zhuangzi tel qu’il existe a été remanié de façon radicale vers 300 AD (version de 52 pian réduite à 33 pian par Guo Xiang).

11 Théorie datant du premier empire des Qin et professée par les philosophes de l’école des lois. Elle déclare que le pays ne doit pas être gouverné par des rapports personnels entre la cour et les grands nobles, mais de manière unitaire sur tout le pays par la loi incarnée par le souverain. Elle exclue toute pensée morale. Les Han tempéreront le légisme par des conceptions morales : on cherchera à éduquer et protéger le peuple avec bienveillance.

12 Les hexagrammes, au nombre de soixante-quatre, sont des figures formées de six lignes pleines ou interrompues, permettant d’interpréter la structure de l’univers et ses mutations.

13 Le xìao 孝 , « piété filiale », est en fait une marque de respect ou de déférence due à toute personne « supérieure » : l’enfant envers ses parents, ou envers toute personne âgée, l’épouse envers son époux, le cadet envers l’aîné, l’élève envers le maître, le sujet envers le souverain.

14 L’origine même de ce caractère est obscure. S’agit-il de イ + 二 , « homme » + « deux », ce qui en ferait la qualité de l’homme en société, ou de イ + 上 , « homme » + « haut », c.-à-d. la qualité de l’homme supérieur ?

15 Terme adopté en Chine sous la pression des sinologues occidentaux. Le terme néo- s’oppose en effet à la conception de supériorité des faits et philosophies anciens.

16 Si les bouddhismes du petit véhicule et du véhicule tantrique règnent d’une manière à peu près absolue dans les pays où ils se sont implantés, le bouddhisme du grand véhicule s’est superposé à d’autres religions sans qu’il ait jamais réussi à les éliminer. C’est en particulier le cas de la Chine où le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme existent simultanément, de sorte qu’on se trouve en face d’une masse flottante de plusieurs centaines de millions d’hommes plus ou moins bouddhistes. Il n’est donc pas étonnant de constater que les évaluations varient jusqu’à 500 millions.

17 Yâna signifie véhicule ; grâce au yâna, le bouddhiste traverse le fleuve des réincarnations et arrive sur la rive du Nirvâna. Il représente un transport vers la délivrance.

18 Ouvrage à consulter : Jean-Marie BOUISSOU, Le Japon depuis 1945, éd. Cursus-Armand Colin.

19 sigle de Council for Mutual Economic Assistance (Conseil d’assistance économique mutuelle, C.A.E.M.), organisme de coopération économique créé à Moscou en janvier 1949.
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