Civilisations de l’Asie Orientale Cadre naturel et chronologique








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croissance (%)

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1960 1970 1973 1980 1990 2000 t
L’épargne d’investissement ne vient pas de l’extérieur (pas d’endettement), mais est canalisée par l’épargne fort des foyers (18 à 20%), aux taux d’intérêt peu élevés. Un circuit clos économique se met en place (contrôle des changes par le Ministère des Finances). Le Japon devient un géant ignoré. Après la crise de 1973, quand on s’aperçoit que sa croissance se poursuit à un rythme soutenu (5%), il devient un modèle économique, un modèle d’initiative technologique (cela se poursuit jusqu’aux années 90, quand les Etats-Unis prennent les commandes de la révolution Internet). On s’interroge sur les raisons du succès nippon. On met en avant la culture de l’entreprise comme seconde famille : emploi à vie (de 22 à 55 ans), salaire et avancement à l’ancienneté (rémunération multipliée par quatre), etc. En fait, la gestion de la main-d’œuvre n’est pas aussi rigide : elle concerne seulement un tiers des employés (les PME ne disposent pas de ces garanties), les « licenciements discrets » (affectations à des travaux ingrats et décourageants) sont nombreux, le climat de concurrence au sein des entreprises est très fort. D’un autre côté, en conclure à une dualité de travailleurs (aristocratie d’employés) est exagérée, les conditions de travail progressant vers le haut de manière généralisée.

Les revers à la politique économique concernent l’absence d’aide à la consommation des ménages, ou l’inexistence d’efforts au niveau de l’environnement (procès de pollution au mercure, etc.) Les mouvements de citoyens sont nombreux (manifestations estudiantines dans les années 60 à propos du traité de sécurité ou de la guerre du Vietnam).


  1. L’organisation des partis politiques


Le PLD reste le parti dominant. Ecrasant, il est deux fois plus puissant que le parti socialiste. Il n’existe pas d’union de la gauche probante. Le PLD recrute parmi les agriculteurs (agriculture protégée et hyper-subventionnée, prix garantis), les entrepreneurs et les cadres, les personnes âgées (à 70-80%).

Le Parti socialiste, figé à gauche, rigide doctrinalement, est le principal parti d’opposition (salariés de la fonction publique). Mais ces années voit l’émergence du Parti communiste qui sort de la clandestinité : de 2-3% des voix en 1960 à 10% en 1970 (électorat protestataire des grandes villes).

Enfin, le Kômeito, l’émanation politique de la secte bouddhique Sôkagakkai, qui compte trois millions et demi de fidèles dans les années 60, est marqué par ses pratiques communautaires (regroupements massifs, propre à la culture japonaise, qui lui ont valu des regards suspicieux de la part des occidentaux).

Sur le plan diplomatique, les relations avec l’URSS sont rétablies en 1955, mais restent très froides. Suite à la visite de Nixon en 1972, le Japon reconnaît la République populaire de Chine.


  1. L’évolution économique après 1973


Le pays connaît une secousse monétaire en 1971, la monnaie est réévaluée. L’année 1973 marque la fin de la période de haute croissance. La crise du pétrole affecte le Japon qui est énergiquement totalement dépendant : le quadruplement du prix du pétrole entraîne une inflation importante qui atteint 25% en 1974. En 1975, la croissance est négative. Rapidement, les mesures de croissance prises par le gouvernement la ramènent à 5% : relance budgétaire par la compression des coûts, baisse fiscale, travaux publics. Une politique identique dans les années 90 (cf. infra) sera un échec total et amènera à la dette actuelle du Japon (300 à 400% du PIB). La fin des années 70 et les années 80, pendant lesquelles les grandes entreprises nippones sont constamment louées, sont marquées par la conquête du marché américain. Les Japonais sont animés d’une confiance très forte en leur économie. On s’imagine que le Japon va devenir dans les années 90 la première puissance et le centre de l’économie mondiale. En 1990, le PNB est égal à ceux de la France, l’Angleterre et l’Allemagne de l’Ouest réunis. Il représente les ⅔ de celui des USA, pour une population moindre de moitié. L’indice de la Bourse de Tôkyô dépasse celui de Wall Street. Le PIB/hab. s’élève à 23.000 $, mais les prix de consommation courante sont très élevés : le pouvoir d’achat est en fait proche de celui des Européens.

Les excédents commerciaux ne cessent de croître. Les conflits très aigus des années 80 voient les pays occidentaux reprocher au Japon de s’implanter chez eux (le quart du marché automobile américain) en gardant son propre marché totalement fermé. Les Etats-Unis forcent en 1985 la réévaluation du yen. Les exportations restent cependant aussi élevées et le Japon accumule des sommes importantes, ce qui en fait le financier du monde (prêts aux Etats-Unis). Une bulle spéculative se forme, les valeurs des actions montent fortement. L’indice Nikkei passe de 12.000¥ en 1985 à 39.000¥ en 1989, les proportions sont identiques pour les indices immobiliers (on passe d’un indice 150 à 380 ; la somme des prix des terrains autour du palais impérial de Tôkyô vaut la valeur immobilière de la Californie). Les effets pervers sont multiples : fermeture aux entreprises étrangères et aux salariés japonais (locataires à vie), profit des ventes et reventes aux yakuza qui alimentent ainsi leur système de corruption… La richesse accumulée est malsaine, le gonflement des prix purement nominal. Les entreprises enrichies n’ont plus recours au crédit bancaire. Les banques se replient sur l’immobilier. A la fin des années 80, 44.000 milliards de yen (11% du PNB) sont investis dans le crédit immobilier. Ces prêts à tout-va concernent des opérations d’actifs surévalués, dans une économie de casino. L’éclatement de la bulle spéculative et le renversement de la conjecture interviennent au début des années 90. En 1990, le Nikkei perd 50% de sa valeur.

Il faut ajouter à cela le problème du vieillissement de la population. Les plus de 65 ans représentent 12% de la population (les prévisions sont de 16% en 2000, 18% en 2005, 23,5% en 2020, ce qui en fait la population la plus âgée de la planète). Le taux de fécondité est tombé à 1,5 enfant par femme, l’espérance de vie est de 76 ans pour les hommes et de 82 ans pour les femmes.

Ces phénomènes inspirent une remise en cause globale de tous les équilibres et du triangle d’airain : le gouvernement japonais est sur la défensive. Le PLD perd sa légitimité à la suite de scandales de corruption.


  1. Les années 1990 : la fin du « modèle japonais »


Entre 1992 et 1996, l’éclatement de la « bulle spéculative » se transforme en la plus longue récession que le pays ait connue depuis la guerre. Elle remet en cause le modèle sur lequel la prospérité et la stabilité sociale reposaient depuis les années 1960. Le triangle d’airain du pouvoir a perdu sa légitimité et sa cohésion dans une succession de scandales financiers. La crise de légitimité culmine d’ailleurs en 1995, année marquée par le séisme de Kôbe (4000 à 4500 morts, structures soi-disant anti-sismiques détruites ; mauvaise organisation des secours, certaines zones ont été isolées plus de 24 heures) et l’attentat au gaz sarin du métro de Tôkyô (mort d’une douzaine de personnes) perpétré par la secte Aum, dont les membres comptaient les élites de la jeunesse scientifique. Ces faits entraînent une perte de confiance majeure dans les actions du gouvernement et le système éducatif.

Le système politique est ébranlé. En 1993, le PLD perd le pouvoir après une quarantaine d’années de domination. En 1994, il revient au pouvoir, au prix d’une étrange alliance avec les socialistes, en pleine décadence. En 1996-97, il semble reconquérir son hégémonie. Mais le système des partis est bouleversé et l’explosion du système politique mine leur légitimité.

Sur le plan international, la position du Japon est de moins en moins confortable. Le développement accéléré de l’Asie, Chine en tête, offre de nombreuses opportunités économiques, mais implique aussi un rééquilibrage majeur de la puissance. Avec la fin de la guerre froide, la région est grosse de conflits potentiels, y compris entre Tôkyô et ses voisins immédiats.


  1. Le Japon face à la mondialisation : le remise en cause du modèle économique et social




    1. De l’éclatement de la bulle spéculative à la récession


Les dégâts causés au système financier sont énormes. L’indice Nikkei s’effondre de 39.985 yens fin 1989 à 14.903 yens en août 1992. L’immobilier perd jusqu’aux deux tiers de sa valeur. Les banques et les organismes de crédit qui ont prêté à tout-va se retrouvent avec une montagne de créances irrécouvrables. La crise provoque une marée de scandales. Beaucoup de prêts ont été consentis à des sociétés liées aux yakuza. Ce climat prive les élites de la légitimité indispensable pour faire payer les faillites par le contribuable. Quand la liquidation des sociétés de crédit immobilier est financée sur le budget 1996-97, les heurts sont violents à la Diète. Le PLD manque la majorité absolue aux élections d’octobre. Il devient donc difficile de renouveler l’opération.


    1. La récession complexe « fukugô fukyô »


La crise gagne le secteur industriel. La production commence à reculer en 1992 et chute à 88 en 1994, pour un indice 100 en 1990. Beaucoup d’entreprises ont spéculé. Les pertes enregistrées les obligent à réduire les investissements. Pendant quatre ans, tous les indicateurs sont au rouge :

  • le taux de croissance tombe de 5,1% en 1991 à 1,5% en 1992. Il est négatif en 1993 (-0,3%), stagne en 1994 (0.6%) et 1995 (1%). Il repart en 1996 (3,6%) pour retomber par la suite.

  • le chômage progresse de 2% en 1992 à 3,3% en 1995 et s’établit à 4,6% en 1999. Il atteint des taux comparables aux autres pays, voir supérieurs aux Etats-Unis et certains pays européens. Les licenciements sont massifs (10.000 sur 53.000 pour Nissan après son rachat).

  • le commerce extérieur semble toujours brillant : 125 milliards de dollars d’excédents en 1999.

  • les profits chutent chaque année de 10% en moyenne à partir de 1990. Presque toutes les entreprises affichent des pertes entre 1993 et 1995. La consommation intérieure s’affaisse.

Le Japon, auparavant le pays technologique le plus avancé, s’est vu ravir cette place par les Etats-Unis qui dirigent la net-économie.

Le gouvernement réagit par des mesures de relance massive. Au total, six plans injectent plus de 50.000 milliards de yen (3.000 milliards de francs) dans l’économie entre 1993 et 1996. Cela n’a eu pour effet immédiat que de faire exploser les déficits publics. L’échec de la relance oblige à penser la crise comme un phénomène structurel qui appelle d’autres mesures. Le futur est incertain, la cure prendra encore au moins 5 à 10 ans. Les années de laisser-faire de 1985 à 1990 nécessitent en effet de 15 à 20 ans pour être récupérées.


    1. La société japonaise


Entre-temps, l’évolution de la société est significative. Les grands thèmes de préoccupation occidentaux sont aussi présents au Japon : manifestations contre les bases américaines d’Okinawa et le militarisme, procès pour la reconnaissance des crimes de guerre, scandale du sang contaminé, luttes contre la discrimination (le Japon compte 1.600.000 étrangers, certaines villes ont mis en place des Conseils des résidents étrangers) et le harcèlement sexuel…


  1. Le positionnement international


La montée en puissance de la Chine a modifié les équilibres géostratégiques en Asie. Les dirigeants de Pékin manifestent des velléités de rétablir leur hégémonie historique sur la région (occupation d’archipels en mer de Chine du sud, tension militaire avec Taiwan en 1995-96, retour de Hong Kong en 1997 et de Macao en 1999). Toute la région est le théâtre d’une course aux armements. En 1997, plus du tiers des armes achetées dans le monde l’ont été par l’Asie.

Le Japon possède une forte capacité d’influence régionale. Il est un modèle de réussite et de stabilité. Sa force économique et l’aide au développement qu’il distribue (environ 8 milliards pour l’Asie) lui confèrent inévitablement un poids politique. Sa culture populaire – mangas, karaoké, sushi et autres boys bands – se répand à l’égal de celle d’Hollywood, et en fait un modèle pour la jeunesse asiatique. La multiplication des organisations régionales (APEC, ASEAN) lui est favorable a priori, car Pékin est gêné dans des enceintes où ses principes politiques ne sont pas ouvertement défendables, et préfère le jeu des rapports de forces bilatéraux. Le Japon, de puissance économique d’après-guerre, s’est assagi en mûrissant.

Mais Tôkyô souffre aussi de nombreux handicaps pour prétendre au leadership, ou au co-leadership, en Asie. La stratégie amorcée pour élever la stature internationale de l’archipel a porté peu de fruits. Les demandes réitérées de Tôkyô pour un siège permanent au Conseil de Sécurité n’aboutissent pas. Des casques bleus ont été envoyés au Cambodge en 1992, au Mozambique, au Rwanda et sur le Golan, mais les opérations de maintien de la paix n’y sont pas probantes. Le Japon tente d’accentuer son rôle au sein des organisations internationales, comme la Croix Rouge ; cependant, Yasushi Akashi, émissaire de l’ONU dans le conflit yougoslave, a été très critiqué. Les discours écologiques n’ont pas été suivis d’effets : le Japon refuse les normes contraignantes pour limiter les rejets dans l’atmosphère et poursuit un programme nucléaire controversé.

Enfin et surtout, le Japon souffre toujours des trois handicaps majeurs hérités de sa défaite : la limitation de ses forces armées, les divisions de son opinion et de ses élites, et des contentieux territoriaux avec tous ses voisins qui tendent à se rallumer (îles Kouriles avec la Russie, île Takeshima avec la Corée, archipel Senkaku avec la Chine).



4. Vietnam contemporain,







  1. Les illusions dans l’optimisme triomphant (1975-1980)




    1. Une grande victoire historique


La victoire de 1975 marque un revers éclatant des défaites de 1883-85. Le peuple vietnamien retire une grande fierté d’avoir battu la première puissance mondiale. C’est aussi le triomphe du parti communiste qui bénéficie de sa participation à la victoire et à la réunification. Il est lié de façon intime à l’épopée nationale. Cependant, la même équipe le dirige depuis sa fondation en 1930. Ce sont des personnes plutôt âgées, qui ont rencontré de nombreuses difficultés pendant quarante ans et suivent une doctrine marxiste-léniniste stricte ; tous ces éléments contribuent à une incapacité à faire des compromis. Dans ces conditions, on peut se demander si le parti va pouvoir garder son autorité morale.


    1. Une situation problématique


Le parti profite des bouleversements que la guerre a provoqués parmi des populations prêtes à n’importe quel changement. Mais la guerre, en plus d’avoir été très dévastatrice (défoliants), a aussi entraîné une sur-évolution démographique problématique. Plus qu’un conflit contre les Etats-Unis, il s’agissait d’une guerre entre Vietnamiens. Cette déchirure nationale entraîne une forte émigration, et des difficultés pour mettre en place des institutions dans le Sud.

L’indépendance est limitée : les aides soviétiques sont importantes, mais restent le seul moyen pour contrebalancer l’aide chinoise encombrante. Les négociations avec les Etats-Unis demeurent difficiles pendant vingt ans, en particulier à cause du problème des prisonniers américains disparus.


    1. Des volontés fortes malgré tout


En 1973, les accords de Paris reconnaissent l’autonomie du Sud, et prévoient des élections pour la constitution d’un gouvernement central. Ils ne sont en réalité pas appliqués, et en avril 1976 des élections générales mettent en place une Assemblée nationale du Vietnam réunifié qui proclame la République Socialiste du Vietnam et la dictature du prolétariat. Le 4e congrès du parti en 1976 définit la nouvelle ligne de politique.

Le IIe plan quinquennal (1976-1980) veut relancer l’économie et rapprocher la planification socialiste du Nord et le capitalisme du Sud. Les réformes administratives visent dans ce cadre à une unification accélérée. Le nombre des régions est diminuée, l’autonomie des minorités restreintes. L’administration est basée sur les districts (
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