Civilisations de l’Asie Orientale Cadre naturel et chronologique








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Histoire contemporaine (1980-2000)



1. Chine contemporaine,





Le communisme, de 1949 à 1979, a donné la priorité à la révolution (ère des révolutions), l’objectif de modernisation étant ajourné continuellement. En 1979, Deng Xiaoping, faisant fi de la politique de transformation autoritaire du pays et des mentalités qui visait à l’avènement d’un Etat socialiste, a mis l’accent sur l’amélioration des conditions matérielles de la population. L’ouverture et les réformes étaient perçues comme un moyen de recrédibiliser la Chine.


  1. La modernisation économique


Le slogan du parti communiste en 1979 est « ouverture et réformes » (kaifang gaige). Durant l’après-guerre jusqu’aux années 60, la Chine a entretenu une forte amitié avec l’URSS. Puis elle s’est retrouvée isolée jusqu’au rapprochement avec l’occident impulsé par Mao Zedong dans les années 70. Ses objectifs étaient conjoncturels, face à la menace de l’URSS et de son allié vietnamien. Cette politique est achevée par Deng Xiaoping. Après sept ans de négociations, en 1979 a lieu la première réelle ouverture diplomatique avec la visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis.

Dans les années 80, les objectifs sont économiques. La Chine fait le choix progressif d’entrer dans l’économie de marché, alors qu’initialement l’économie devait être planifiée. Elle a dû se résoudre devant l’épuisement du modèle d’après-guerre, qui ne pouvait fournir qu’une croissance économique inférieure à la croissance démographique.


  1. Les réformes agricoles


Les réformes commencent en novembre 1978 par la base de l’économie, la production agricole, qui est aussi le seul domaine à faire le consensus des dirigeants chinois. Les campagnes sont décollectivisées progressivement de 1978 à 1983 : on passe des communes populaires à un type familial. On évolue en un sens vers la privatisation : la terre est louée par l’Etat au foyer paysan pour des périodes de plus en plus longues. On accorde aussi un droit de vente de l’usage de la terre (fermage généralisé). Ces mesures s’accompagnent d’une libéralisation du commerce des produits agricoles, les monopoles d’Etat deviennent des marchés privés. Il s’agit d’une mutation fondamentale de l’agriculture.


  1. Les réformes industrielles


En 1984 sont appliquées les premières réformes dans l’industrie, de manière très progressive. On ouvre un volet à l’économie de marché, sensé fournir le supplément de production nécessaire. Ce projet doit mettre en place un système à double voie des entreprises : les mêmes entreprises participent au plan et pour une légère part à l’économie de marché. Cela doit entraîner une réforme générale de toute l’entreprise, la petite partie devant profiter à l’ensemble. Dans les faits, on assiste à un gel de la part de l’économie planifiée et à une explosion de celle de l’économie de marché.
Y


surplus de

production de

l’économie de marché

production prévue




production effective



production de

l’économie planifiée



décision initiale


t
Bientôt, le gouvernement délivre des autorisations de création d’entreprises uniquement tournées vers l’économie de marché. De nouveaux acteurs économiques font leur apparition : des entreprises individuelles, des entreprises étrangères et des entreprises collectives non incluses dans le plan. On passe progressivement à une vraie économie de marché.


  1. La fin de l’autarcie


L’économie de la Chine s’insère dans l’économie mondiale. Celle-ci applique les méthodes du Japon ou de la Corée : produire pour exporter. Elle représente aujourd’hui 5% du commerce mondial, et est devenu un partenaire clef des pays industrialisés. Pour se moderniser, le pays a dû emprunter de la technologie étrangère, et pour se faire a dû choisir entre s’endetter sur le marché international ou attirer les entreprises étrangères sur son territoire. C’est la deuxième solution qui a été retenue pour moderniser le système de production chinois. Les résultats sont spectaculaires, la croissance est passée de 3% à 8-9% pendant les années 80 et 90, mais les variations restent énormes entre les provinces et les secteurs.

Ces réformes ont aussi entraîné de profondes transformations structurelles : on est passé d’une société agraire rurale à une société urbaine industrialisée. La part des services a augmenté pour atteindre 20% de la population active. On assiste à l’émergence d’un secteur non étatique, les entreprises d’Etat qui représentaient 80% du total ont diminué de moitié. Cela s’accompagne de transformations radicales des villes chinoises (construction de buildings) et des conditions de vie de ses habitants (plus de viande, variété de produits…).


  1. Les limites de la réussite


L’économie demeure à deux vitesses : d’un côté, des secteurs modernisés, peu demandeurs d’emplois, qui reçoivent la plupart des investissements ; de l’autre, des secteurs traditionnels très consommateurs de main-d’œuvre, où les conditions de travail demeurent déplorables.

Aujourd’hui encore, il existe une surpopulation rurale, malgré un certain exode. Les déséquilibres sociaux (développements des inégalités, chômage) et régionaux (régions côtières intégrées à l’économie mondiale au détriment des provinces intérieures arriérées) restent préoccupants.


  1. La transformation de la société : une société en mouvements


Ce point soulève les contradictions du projet révolutionnaire, dont les ambitions de réformes autoritaires dans le but de construire une société socialiste égalitaire ont échoué. La population rurale a été fixée dans les campagnes, et ce fait s’est accompagné d’une fixation des modes de pensée (statut des femmes).

En 1979, les initiatives par le bas (naissance d’entreprises individuelles) ont démontré que la société chinoise a été davantage transformée par la pragmatique de Deng Xiaoping que par l’autoritarisme de Mao Zedong. Cette société est plus ouverte, plus fluide, mais a aussi donné naissance à une nouvelle hiérarchisation : sous Mao, les clivages s’organisaient selon sa proximité ou non avec le pouvoir politique ; ils s’articulent désormais autour de la différence de revenus, ce qui constitue en somme une normalisation avec les autres sociétés. Seule une fraction de la population est économiquement favorisée (200 millions) : cadres d’entreprises, ingénieurs, entrepreneurs privés, commerçants, qui se sont lancés avec avidité dans la société de consommation (en particulier biens occidentaux, voyages à l’étranger). Parallèlement se développe une population au grand niveau de pauvreté. Les licenciements ont été massifs, y compris d’abord dans les entreprises publiques : le taux de chômage officiel est à moins de 4%, mais en réalité il doit approcher les 20%, à cause de la multiplicité des statuts. Tous ces phénomènes caractérisent une dualisation de la société. La privatisation de l’éducation concerne la frange riche de la population. Même l’école publique n’est pas gratuite (marchandisation des anciens secteurs publics).

Le chômage coexiste avec une sur-population active (dizaines de millions de travailleurs en surplus dans les entreprises publiques, 100 millions dans les campagnes). De nouvelles formes de protestation secouent villes et campagnes. Dans les années 80, les réformes étaient favorables à la population rurale, dans les années 90 à la population urbaine. Les troubles contre l’administration se sont multipliés dans les campagnes, parfois violemment : protestations contre les taxes imposées par l’administration locale (autonomie concédée par la décentralisation). Cela marque une dégradation incontestable de l’autorité de l’Etat. Les villes aussi sont très agitées, en particulier celles dont l’économie dépend majoritairement d’entreprises d’Etat en difficulté (non-versement des salaires, mauvais fonctionnement de l’entreprise). La crise sociale est généralisée.


  1. Le retard politique


La mise en place des réformes et l’ouverture sur l’étranger ont induit une évolution économique et sociale en contradiction avec les fondements mêmes des structures politiques encore très autoritaires. Le système étatique n’a pas évolué face aux changements de la société. Pourtant, la politique de Deng Xiaoping s’est inscrit dans une volonté de rupture avec le gouvernement de Mao Zedong, caractérisé par l’instabilité dans le fonctionnement des institutions : règles non respectées, ou au bon vouloir des dirigeants. Ainsi, à la mort de Liu Shaoqi en 1971, le poste de Président disparaît avec la personne. Il est rétabli en 1983, et une nouvelle constitution est adoptée en 1982. Deng Xiaoping déclare que le Parti communiste doit mener ses activités dans le cadre de la Constitution et des lois. L’effort de stabilisation fait une place au droit. L’alignement du droit chinois sur le droit international est en effet une des conditions de réussite de l’ouverture. Pour la première fois, les droits et devoirs du citoyen sont définis, un code civil et un code pénal sont introduits. Les années 90 voient l’émergence d’un droit administratif : le citoyen peut poursuivre l’Etat (limitation au pouvoir de l’Etat). L’arbitraire de l’Etat recule dans ses rapports avec la société modernisée. La justice acquiert une indépendance par rapport aux pressions politiques, mais ce processus n’est pas encore achevé.

La libéralisation réelle de la société, caractérisée par un enrichissement libre qui entraîne des excès outrageants (mêmes distorsions et abus que dans l’Europe du 19e siècle), s’accompagne néanmoins du maintien du monopole des questions politiques. La répression est toujours utilisée comme moyen de contrôle de la population (massacres de Tiananmen, 1989). Le système politique en transition combine les caractères de l’ancien régime autoritaire et d’un système nouveau de droits en construction. Une large incertitude demeure sur les prochaines évolutions. Il est certain qu’il n’existe pas de force d’opposition : les réformes doivent venir de l’intérieur du parti. Plus personne ne croit cependant aux grandes idéologies communistes. Le seul argument qui rassemble et mobilise encore la population est le nationalisme à outrage exercé contre les ennemis de la Chine (affaire de Taiwan et implication des Etats-Unis).


  1. conclusion


De grandes incertitudes demeurent sur l’avenir :

  • l’économie sera-t-elle capable de maintenir une croissance très vive, autour de 8 à 10% ? Un tel niveau est toujours nécessaire pour absorber la main-d’œuvre excédentaire. 25% du PNB est tiré de l’exportation : celle-ci a-t-elle atteint un niveau de saturation ? L’incertitude concerne la poursuite du modèle de croissance des vingt dernières années.

  • quelles solutions le gouvernement trouvera-t-il à la situation sociale explosive ? Jusqu’à maintenant, la crise sociale ne s’est pas traduite en crise politique, les manifestations n’ont pas donné lieu à l’organisation de forces politiques. Les travailleurs insatisfaits demandent au contraire plus de communisme, synonyme pour eux d’un retour à un état de salaires assurés.

  • l’entrée de la Chine à l’OMC implique la concurrence des industries étrangères. Dans ces conditions, quel est l’avenir des entreprises chinoises ? En l’absence de solutions, le chômage risque d’augmenter encore largement. Comment créer de nouveaux emplois ?

On peut dire que la réforme introduite progressivement et avec précaution a beaucoup plus transformée la Chine que la révolution maoïste. Le régime communiste est déconsidéré, les idéaux égalitaires décrédibilisés. Le nouveau slogan communiste de « socialisme à caractère chinois » masque en fait le passage à l’économie de marché d’une société en proie aux mêmes problèmes que les sociétés capitalistes.


2. Corée contemporaine,




3. Japon contemporain18,







  1. Les années d’après-guerre




  1. Les réformes


Contrairement aux autres pays d’Asie orientale, le Japon n’a pas connu de colonisation ou de protectorat déguisé. Sa modernisation, mise en œuvre par l’ère Meiji, fut précoce. Le Japon entre dans la seconde guerre mondiale dès 1937, par un conflit général avec la Chine. En 1941, l’attaque de Pearl Harbor marque l’entrée en guerre des Etats-Unis. 2.000.000 de soldats et 700.000 civils japonais trouvent la mort ; les villes sont rasées, sauf Kyôto, préservée par son patrimoine historique, le pays est exsangue. La capitulation de 1945 entraîne un large programme de réformes sous égide américaine, caractérisées par un souci de démilitarisation et de démocratisation. L’occupation américaine se prolonge sept ans, jusqu’en 1952.

La nouvelle Constitution de 1946 est mise en vigueur l’année suivante. Elle s’appuie sur un régime impérial, mais la figure de l’empereur est désacralisée et celui-ci, privé de tout pouvoir, n’est que le symbole de l’unité du pays. Il y a séparation entre le shintô et l’Etat. Le régime est à caractère parlementaire : le pouvoir législatif revient à une Diète composée d’une Chambre basse (députés) et d’une Chambre haute (sénateurs). Le pouvoir judiciaire est tenu par une Cour Suprême au sommet de la hiérarchie des différentes institutions.

L’article 9 de la Constitution prive le Japon de toute force armée, de tout droit de belligérance. Le procès de Tôkyô (1946-48) entraîne quelques condamnations à mort. La purge touche 200.000 personnes, mais les peines sont rapidement annulées. Elles permettent cependant une cure de rajeunissement des élites politiques et économiques. Les réformes touchent l’éducation (suppression des cours de morale et d’idéologie militaire, alignement sur le modèle américain), le code civil (égalité entre hommes et femmes qui obtiennent le droit de vote, suppression du droit d’aînesse).

Malgré diverses tentatives, le pays reste très centralisé autour de Tôkyô. Les zaibatsu (trusts) sont démantelés, la concurrence entre des entreprises indépendantes est rétablie. Des réformes agraires sont mises en place.

Au total, le Japon s’achemine, dans un climat de pénurie, vers un rapprochement des pays occidentaux grâce à l’établissement de tous les moyens nécessaires à son redressement. Ainsi, en 1952, il réintègre la communauté internationale et l’ONU, et 1955 marque le début de la grande période de croissance.


  1. Le paysage politique


Les deux partis conservateurs fusionnent en un Parti libéral démocrate, au pouvoir jusqu’en 1993. L’opposition (30% des pouvoirs) est constituée par un Parti socialiste. Il existe une certaine similarité avec l’Italie, où un grand parti d’opposition communiste est en désaccord constant avec la politique des élites au pouvoir (Démocratie chrétienne italienne, assez semblable au PLD), ce qui débouche aux scandales de la fin des années 1980 (cf. infra). La structure du pouvoir, surnommée « triangle d’airain », composée du PLD, du patronat et de l’Administration – c.-à-d. politiciens, hommes d’affaires et bureaucratie –, se caractérise par un consensus très fort sur des valeurs économiques et de développement.

Le Japon est très proche géographiquement du bloc de l’Est. Le pays sert de véritable « porte-avions » pour les Etats-Unis : les bases militaires américaines d’Okinawa servent de relais dans les guerres de Corée et du Vietnam. En 1960, la question du renouvellement du traité d’alliance est sujette à d’importantes luttes politiques.


  1. Le redressement et le leadership (1955-1990)




  1. Le miracle économique


De 1955 à 1973, le produit intérieur est multiplié par cinq. La croissance est de 10% par an.
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