Résumé Questions Exemples L’écologiste, l’économiste et le statisticien Revenus des diplômés masculins de l’université, par discipline Des conducteurs rationnels ? Un faux absentéisme rationnel ? «L’exubérance irrationnelle»








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l’échange volontaire à travers les mécanismes de marché. Nous laisserons essentiellement l’étude des crimes et délits à la sociologie, des techniques de persuasion à la psychologie, et du pouvoir des groupes de pression à la science politique. Néanmoins « l’économie au sens large », elle, déborde sur ces domaines.
EXEMPLE 1.8 LE CRIME COMME CHOIX ÉCONOMIQUE – COMMENT TRAITER LES RÉCIDIVISTES
Le crime parfois paie. Ça peut être tout à fait rationnel, quoique certainement pas éthique, pour un criminel de voler plutôt que de travailler s’il estime que les gains justifient les risques. La criminologie conventionnelle, une discipline historiquement dominée par les sociologues, a toujours regardé les criminels comme des « déviants » qui ne font pas des choix rationnels. Dans cette vision traditionnelle, la solution au problème du crime est du ressort de la psychologie – par exemple, en cherchant à soigner les délinquants potentiels, ou bien en leur donnant de meilleurs modèles à suivre. L’analyse économique, sans nécessairement nier que les criminels soient d’une certaine manière psychologiquement « déviants », suggère que même l’activité criminelle peut être sensible aux incitations.

L’incarcération peut réduire la criminalité de deux manières : la neutralisation ou la dissuasion. La neutralisation ne fait pas intervenir la rationalité : une personne en prison n’est simplement plus en mesure de commettre de crimes contre la société. La dissuasion, en revanche, repose sur le calcul par le délinquant potentiel des coûts et des bénéfices de ses agissements criminels possibles. Donc une politique de dissuasion implique au moins un certain degré de rationalité de la part des délinquants potentiels.

Cette distinction était capitale lors du débat aux États-Unis sur la façon de traiter les récidivistes – la proposition, appelée « law of three strikes » (loi des trois coups), qu’à la troisième affaire les criminels soient automatiquement condamnés à la prison à vie. Si la neutralisation est le facteur principal affectant la criminalité, la loi des trois coups souffre d’un vice sérieux. Il est établi que la propension à commettre des crimes diminue avec l’âge, donc une telle loi remplirait les prisons avec des détenus relativement âgés qui de toute façon ne seraient plus dangereux, sans offrir de contrepartie positive. Tandis que si c’est la dissuasion qui est déterminante, la menace d’être rapidement mis à l’écart pour toujours pourrait décourager même de jeunes criminels.

Steven Levitt a mené une étude pour tenter de séparer les deux effetsa. En utilisant des données de la période 1970-1992, il a examiné comment le nombre de crimes dans une catégorie statistique, comme l’agression violente, était influencé par le nombre d’arrestations dans une autre catégorie, comme le cambriolage. Étant donné que beaucoup de délinquants commettent les deux types de crime, si la neutralisation est la principale force à l’œuvre, alors un plus grand nombre d’arrestations pour agression devrait réduire aussi bien les agressions que les cambriolages. Mais si la dissuasion est le facteur prépondérant, un plus grand nombre d’arrestations pour agression devrait conduire les criminels à commettre moins d’agressions – mais autant (sinon plus !) de cambriolages et autres crimes.

L’évidence suggérait que la dissuasion était plus importante que la neutralisation pour faire baisser la criminalité. La dissuasion expliquait environ 75% de l’impact total d’un plus fort taux d’arrestation sur la criminalité. L’étude apporte donc des arguments en faveur de la loi des trois coups, même si bien sûr ses effets sur le taux de criminalité ne sont pas les éléments pris en compte pour évaluer une telle législation. (Un autre élément à considérer est le coût de construction de prisons supplémentaires et les frais entraînés par une population carcérale plus nombreuse.) L’évidence récente, provenant de données sur les États de Washington et de Californie, tend à montrer que dans ces États les taux d’incarcération supérieurs associés à la loi des trois coups ont réduit le nombre de crimes.

Dans une autre étude, le même auteur s’est demandé pourquoi le taux de crime perpétré par des personnes jeunes a beaucoup plus augmenté que le taux concernant des personnes plus âgées durant la période 1978-1993b. (Au cours de cette période le taux d’arrestation d’adultes pour meurtre a baissé de 7%, mais le taux d’arrestation de jeunes a augmenté d’un extraordinaire 177% !) La principale explication, conclut-il, était que durant la période couverte par l’étude le taux moyen de punition des jeunes pour crime – déjà plus faible que pour les adultes – avait baissé de 20%, tandis que le taux de punition pour les adultes s’était accrû de 60%. Il observa aussi que le taux de criminalité d’une classe d’âge baisse sensiblement quand elle passe du système judiciaire pour les jeunes (plus indulgent) à celui pour les adultes (plus sévère).
a Steven D. Levitt, « Why Do Increased Arrest Rates Appear to Reduce Crime : Deterrence, Incapacity, or Measurement Error? » (Pourquoi l’accroissement des taux d’arrestations semblent réduire la criminalité : dissuasion, neutralisation, ou erreur de mesure ?), Economic Inquiry (juillet 1998).

b Steven D. Levitt, « Juvenile Crime and Punishment » (La criminalité et la répression chez les jeunes), Journal of Political Economy (décembre 1998).
On voit donc que l’analyse économique peut être utilement appliquée au crime vu comme une forme de comportement non marchand. L’action charitable en est une autre. Une troisième forme d’interaction non marchande, parfois pas très éloignée du crime, est la politique. L’approche économique des phénomènes politiques sera traitée dans la Partie VII de ce livre.
Les interactions marchandes ont deux caractéristiques fondamentales : elles sont mutuelles et elles sont volontaires. Parmi les interactions non marchandes possibles, l’action charitable est volontaire mais c’est une interaction unilatérale plutôt que mutuelle. Quant au vol, bien sûr, il est involontaire de la part de la victime.

Mais les interactions marchandes sont-elles réellement toutes volontaires ? Une personne pauvre peut-elle refuser un travail mal payé mais qui au moins mettra de la nourriture sur la table ? N’est-elle pas seulement « un esclave salarié » ? Ou pensez au bandit de grand chemin qui menace sa victime avec le cri « La bourse ou la vie ! » N’offre-t-il pas un deal volontaire ? Alors comment distinguer l’extorsion criminelle de l’interaction marchande ?

L’explication de ces différentes questions troublantes repose sur le concept de propriété. Le bandit propose un deal marchand : il s’abstiendra de vous prendre la vie en échange de votre argent. Mais dans notre système légal chaque individu est propriétaire de sa vie. La transaction apparemment volontaire proposée par le bandit est fondée sur le fait qu’il menace de s’emparer de quelque chose sur laquelle il n’a aucun titre de propriété – la vie de sa victime. En ce qui concerne « l’esclave salarié », il est exact qu’une personne riche peut acheter plus de ce qu’elle désire qu’une personne pauvre. C’est peut-être injuste, mais les personnes pauvres ne sont pas des esclaves. Leur capacité à fournir du travail est leur propriété, et elles peuvent aller négocier avec d’autres employeurs pour rechercher les meilleures conditions d’emploi. Les esclaves ne peuvent pas vendre ou échanger leur travail, car ils n’en sont pas légalement propriétaires.
Travail en cours

1 Pas une science gaie… non, ennuyeuse, désolée, repoussante en réalité, et désespérante : ce que nous pourrions appeler surtout une science lugubre.

– Thomas Carlyle (1795–1881)

2 Un consensus scientifique n’implique pas, cependant, un accord général politique. Voir plus bas la section « Analyse positive ou normative ».

3 Publié en français, en 1973, sous le titre « La Bombe P : 7 milliards d’hommes en l’an 2000 ». (N.d.T.)

4 La première édition, datant de 1981, a était traduite en français et publiée en 1985 sous le titre « L’homme notre dernière chance ». (N.d.T.)

5 La Richesse des Nations (1776), Livre I, Chapitre 2.

6 Voir Paul H. Rubin et Chris W. Paul II, « An Evolutionary Model of the Taste for Risk » (une modélisation du goût du risque dans le cadre de la théorie de l’évolution), Economic Inquiry, v. 17 (octobre 1979).

7 Adam Smith l’a bien dit :
Quel que soit l’égoïsme attribué à l’homme, il y a manifestement dans sa nature des principes qui le rendent sensible à la prospérité des autres, et font que leur bonheur lui est nécessaire, même s’il n’en tire aucun autre bénéfice que le plaisir de l’observer.
C’est la première phrase de son livre Théorie des sentiments moraux (1759).

8 Cette allégation a même été faite par des économistes : Robert H. Frank, Thomas Gilovitch, et Dennis T. Regan, « Does Studying Economics Inhibit Cooperation ? » (L’Étude de l’économie inhibe-t-elle la coopération ?), Journal of Economic Perspectives, v. 7, 1993.

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