Affrontement indirect et principalement idéologique opposant le camp américain et le camp soviétique








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date de publication14.04.2017
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Histoire. Chapitre 5 : La Guerre Froide, conflit idéologique, conflit de puissance

Intro – « la Guerre Froide » :

  • Expression inventée par l’écrivain britannique George Orwell dès 1945.

  • Popularisée par le journaliste américain Walter Lippmann en 1947.

= Affrontement indirect et principalement idéologique opposant le camp américain et le camp soviétique entre 1947 (fin de la Gde Alliance entre USA et URSS conclue contre les Nazis) et 1991 (effondrement de l’URSS).

Le philosophe français Raymond Aron la résume ainsi « guerre improbable, paix impossible ». Mais deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis et l’URSS n’entendent pas relancer une nouvelle guerre mondiale. Jamais ils ne perdront de vue la nécessité de maintenir la paix entre eux, même dans les moments de tension les plus vifs.

Problématiques : Pourquoi la Guerre Froide est-elle un conflit atypique ? Comment le cas de Berlin (1945-1989) permet-il de comprendre la Guerre Froide ?

I- Les grandes phases de la Guerre Froide (manuel pages 126-127)

Activité polycopiée + PPT

A. 1947-1953 : La formation de deux blocs opposés

  • 1947 : Rupture entre deux blocs antagonistes = bipolarisation du monde.

    « Monde Libre » dirigé par les États-Unis

    Idéologie : libéralisme politique et économique, capitalisme, démocratie libérale.

    Doctrine TRUMAN (pdt US 1945-52) : bloquer l’expansion de la zone d’influence soviétique par une pression militaire (endiguement / containment) et une aide économique (Plan Marshall = 13 milliards $ pour l’Europe).

    Bloc soviétique dirigée par l’URSS

    Idéologie : communisme, démocraties populaires (dictatures imposées en Europe de l’est et contrôlées par Moscou).

    Doctrine JDANOV (homme pol. proche de Staline) : contrer « l’impérialisme » américain en fédérant les PC du monde entier, refuser le Plan Marshall.

  • Des affrontements indirects :

1948-1949 : Blocus de Berlin.

1950-1953 : Guerre de Corée (le Nord, soutenu par l’URSS et la Chine, envahit le Sud ; les USA interviennent = situation de status quo, 1 M de morts et une division des deux Corées).

= des conflits emblématiques de la GF : affrontement idéologique + affrontement militaire dans un pays tiers.

  • Des alliances qui consolident les deux blocs :

- côté US : alliance militaire comme l’OTAN (1949) ; partenariat éco comme le Plan Marshall.

- côté soviétique : alliance militaire comme le Pacte de Varsovie (1955) ; subordination éco des démocraties populaires par le Comecon (1949).

B. 1953-1962 : Vers un dégel ?

  • Les deux grands ont l’arme atomique = « équilibre de la terreur ».

1953 : mort de Staline. Son successeur Nikita Khrouchtchev prône la « coexistence pacifique » = politique d’apaisement, qui reconnaît l’affrontement idéologique tout en refusant une guerre nucléaire. Elle doit permettre à l’URSS de rattraper son retard éco sur les USA.

  • Quelques résultats : fin de la guerre de Corée, non-intervention américaine à Budapest en 1956.

  • Mais les tensions restent extrêmement vives :

1961 : construction du Mur de Berlin.

1962 : crise des missiles de Cuba (Fidel CASTRO, allié à Moscou, menace les USA de JFK).

C. 1963-1975 : Une Détente fragile

  • Face au risque de guerre nucléaire, des voix s’élèvent pour contester la domination des deux géants :

vs USA : en 1966, De Gaulle conteste l’atlantisme et quitte l’OTAN.

vs URSS : en 1968, le Printemps de Prague voit le soulèvement d’une partie de la Tchécoslovaquie, et sa répression sanglante par l’Armée Rouge.

  • Les deux blocs optent pour davantage de diplomatie :

1963 : mise en place du « téléphone rouge », ligne directe entre Moscou et Washington.

1972 : Ostpolitik de Willy Brandt = reconnaissance mutuelle entre RFA et RDA.

1975 : Accords d’Helsinki pour la sécurité, la coopération économique et le respect des libertés en Europe (32 signataires en plus de l’URSS et des USA).

  • Malgré tout, les rivalités entre les deux blocs persistent, comme en Amérique latine :

Les É-Unis soutiennent des dictatures militaires au nom de la lutte anticommuniste. Ex : Pinochet au Chili (1973).

L’URSS soutient les guérillas communistes. Ex : Ernesto « Che » Guevara (mort en 1967).

D. 1975-1991 : La « Guerre Fraîche », du retour des tensions à la fin de l’URSS

  • A la fin des années 70, l’URSS semble prendre le dessus sur son rival américain...

1979 : intervention soviétique en Afghanistan, soutien au Vietnam contre le Cambodge. Mais…

  • Dans les années 80, « America strikes back ! » tandis que l’URSS perd peu à peu la partie :

1980-88 : les deux mandats de Ronald REAGAN font des USA une puissance agressive et offensive.

1985 : le nouveau leader soviétique Mikhaïl GORBATCHEV mène des réformes d’ouverture de l’URSS.

1989 : la chute du Mur de Berlin entraîne la réunification allemande en 1990, et symbolise la défaite politique et éco de l’URSS.

1991 : l’URSS disparaît et Gorbatchev démissionne.

II- Berlin, ville emblématique et enjeu de la Guerre Froide

A. Le blocus de Berlin marque le début de la Guerre Froide (1948-1949)

1945 : Berlin, « année zéro »

Les conférences de 1945 (Yalta en février et Postdam en juillet) décident du sort réservé à l’Allemagne. Les Alliés s’opposent déjà : les occidentaux veulent une Allemagne unifiée, pacifiée et prospère (tirant les leçons du traité de Versailles de 1918) ; les Soviétiques veulent un territoire dominé et affaibli.

Faute d'un accord global, il est décidé de partager l’Allemagne en quatre zones d’occupation gérées par les vainqueurs de la 2GM : R-Uni au nord-ouest, France au sud-ouest, E-Unis ay sud et URSS à l’est. Berlin connaît le même découpage.

Causes et contexte du Blocus de Berlin

Plusieurs facteurs expliquent le déclenchement du blocus de la ville de Berlin :

  • L’opposition idéologique est ouverte depuis 1947 (doctrine Truman vs doctrine Jdanov)

  • La division de Berlin met en contact deux modèles idéologies rivaux. L’isolement de Berlin-Ouest la fait dépendre d’axes de communication qui traversent la zone soviétique.

  • La fusion des secteurs occidentaux, annoncée en 1948 (création du Deutsche Mark pour les 3 zones occ), se fait sans consulter Staline. Ceci est intolérable pour l'URSS, qui redoute une brèche dans son système d'Etats-tampons. A Berlin, la tension monte : les contrôles se multiplient aux frontières, entre la zone occidentale et la zone soviétique. Le 24 juin, les Soviétiques interrompent tout trafic ferroviaire ou routier : c’est le début du blocus en représailles.

Déroulement du blocus

Le Blocus a lieu de juin 1948 à mai 1949. L’Armée Rouge entoure et isole les secteurs occidentaux de Berlin. Le ravitaillement est bloqué. D’où la mise en place d’un pont aérien entre Berlin ouest et les bases militaires occidentales d’Allemagne de l’Ouest. En moyenne, un avion atterrit toutes les trois minutes à Berlin Ouest. Les Alliés ont effectué 280 000 vols et acheminé 2,3 M t de fret. En mai 1949, Staline doit stopper le blocus qui est un échec cinglant. Il ne parvient pas à empêcher la fusion des zones occidentales.

Conséquences du Blocus

En 1949, l’Allemagne se scinde en deux États : la RFA à l’Ouest (démocratie libérale, camp occidental, capitale = Bonn) et la RDA à l’Est (régime communiste, démocratie populaire, camp soviétique, capitale = Berlin est).

Une autre conséquence du blocus est la signature du Traité de l'Atlantique Nord, et la création de l'OTAN. Les Européens de l'Ouest veulent assurer leur sécurité contre l'URSS, et impliquer les É-Unis dans leur défense, car l'ONU est paralysée par les vetos US et soviet. Le point central du Traité, signé le 4 avril 1949 à Washington, est que les pays signataires sont solidaires en cas d'attaque contre l'un d'eux.

B. La construction du Mur de Berlin symbolise la Guerre Froide (1961)

Dès 1946, Winston Churchill dénonce le « rideau de fer descendu à travers le continent », entre Europe de l’ouest démocratique et Europe de l’est annexée peu à peu par Staline.

→ Le Mur va matérialiser cette frontière politique et idéologique.

Doc. 1 : Les autorités de RDA justifient la construction du Mur. Décret relatif à Berlin, 12 août 1961.

Doc. 2 : Discours de J.F. Kennedy sur la place de l’hôtel de ville à Berlin, 26 juin 1963.

Doc. PPT : le système-mur (1961-1989). Construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le mur séparant le secteur communistes du secteur occidental est progressivement renforcé par des dispositif visant à la rendre infranchissable.

Une frontière dans la ville

Longueur totale : 155 km. Longueur du mur de béton (4 m de haut) : 107 km. Fossé anti-véhicules : 105 km

Un mur presque étanche

Miradors : 302. Gardes-frontière : 14 000. Personnes ayant réussir à franchir le mur : 5 043.

Personnes arrêtées aux abords du mur : 3 221. Fugitifs abattus : 239.

1. Rappelle dans quel contexte est construit le Mur. Comment est-il justifié par les autorités communistes ?

2. Décris le système-mur.

3. Comment le camp occidental réagit-il ?

Contexte et justifications

Le Mur est construit dans une période de « Dégel » entre USA et URSS. Staline est mort et son successeur Khrouchtchev prône la coexistence pacifique. C’est pour mieux cacher les difficultés éco et pol de l’URSS. La RDA connaît alors une émigration clandestine massive vers la RFA.

Pour les autorités de RDA, obéissant à Moscou, le Mur est une réponse à « l’hostilité » des forces occidentales, qui prépareraient une nouvelle guerre. La construction est facilitée par l’enclavement territorial de Berlin-Ouest, située au milieu du territoire de la RDA.

Le Système-Mur

Le Mur est construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961 (d’abord provisoire avec des barbelés et des blocs de bétons, avant d’être construit en dur). 155 km de long sur 4 m de haut, il isole totalement Berlin-Ouest. 14000 soldats est-allemands surveillent le mur et empêchent qu’il ne soit franchi (239 morts entre 1961 et 1989 en tentant de le franchir).

Les réactions

En juin 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy se rend à Berlin dans un contexte de tension extrême, suite à la crise des missiles de Cuba : discours « Ich bin ein Berliner ». Pour lui, le Mur montre que le système soviétique repose sur la contrainte et non sur l’adhésion au communisme. La pop de Berlin-E fuit vers Berlin-O pour y trouver des conditions meilleures et plus libres. Le Mur symbolise l’échec de l’URSS.

[Sur les 3,6 M d'Allemands de l'Est qui passent à l'Ouest jusqu’en 1961, 2 M sont passés par Berlin, dont bcp de médecins, d'enseignants, d'ingénieurs. C'est une véritable fuite des jeunes actifs et instruits, qui menace l'économie du pays et l'existence même de la RDA.]

Un symbole de la Guerre Froide

La construction du mur de Berlin est emblématique de la GF. Le Mur est le symbole de la division politique de Berlin, de l’Allemagne et du monde. Il matérialise le « rideau de fer ». Il symbolise aussi une frontière entre deux idéologies et modes de vie dont Berlin devient la vitrine : un modèle capitaliste et libéral contre un modèle communiste et national. Il montre la « paix impossible ».

Si les Alliés de l'Ouest protestent officiellement contre le « Mur de la honte », ils reculent devant un affrontement militaire direct, susceptible d'entraîner une guerre mondiale. Avec le mur de Berlin, les frontières des zones d'influence des deux grands sont fixées en Europe, jusqu'à la fin des années 1980.

C. La chute du Mur de Berlin annonce la fin de la Guerre Froide (1989)

Doc. 3 : Les causes de la chute du mur (Interview de Gorbatchev dans le Le Temps, 2 novembre 2009)

Doc. PPT : Les Berlinois, acteurs de la chute du Mur.

Des causes internes et externes expliquent la chute du Mur en novembre 1989

  • Causes internes : les Berlinois de l’Est souhaitent passer le Mur depuis 1961. Ils aspirent à plus de liberté et de démocratie, et envient la prospérité des voisins occidentaux. Les Berlinois de l’Ouest aspirent eux-aussi à une réunification (famille).

  • Causes externes : à cette période, les autorités de l’URSS ne se mêlent plus de la politique intérieure des démocraties populaires. Mikhaïl Gorbatchev dit ainsi à Honecker : « c’est vous qui déciderez ce que vous voulez pour votre pays ». C’est la fin de la « doctrine Brejnev » : dès mai 1989, la Hongrie avait ouvert sa frontière avec l’Autriche.

Une portée historique majeure

La chute du mur de Berlin est un mouvement populaire : le 9 novembre 1989, les autorités de RDA autorisent le franchissement du Mur à la Porte de Brandebourg, sur simple pièce d’identité. Des millions de Berlinois traversent pacifiquement, dans les deux sens. L’armée n’intervenant pas, des Berlinois commencent à abattre le Mur. Il témoigne que la RDA n’existe que sous la tutelle soviétique.

Le slogan scandé par les manifestants "Wir sind das Volk" (« Nous sommes le peuple ») est remplacé par "Wir sind ein Volk" (« Nous sommes UN peuple »). Les Allemands réclament la réunification de leur pays.

Le 20 sept 1990, la Chambre du Peuple de RDA et le Bundestag de RFA adoptent le traité d'union qui entre en vigueur le 3 octobre 1990. C'est ce jour qui est choisi pour devenir la fête nationale allemande.

Le 20 juin 1991, le Bundestag de l'Allemagne réunifiée décide que Berlin redevient capitale à part entière. Au bout de 10 315 jours d'existence, le Mur de Berlin est tombé, même si sa disparition physique prendra plusieurs mois. Sa fin annonce celle de la GF. Celle-ci s’achève là où elle a commencé, sans violence.

Conclusion : Un conflit avant tout idéologique et indirect

• La GF ne reprend pas les mêmes logiques que les deux premiers conflits mondiaux. C’est un affrontement idéologique où les deux grands font tout pour éviter une confrontation militaire directe.

• Ceci est principalement dû au fait que les États-Unis et l’URSS dispose d’un arsenal nucléaire leur permettant de s’autodétruire et de détruire la planète. D’ailleurs, ils s’en tiendront à des essais nucléaires et des menaces, afin d’intimider l’autre.

• La Guerre froide prend fin en 1991 non pas par une défaite militaire mais bien par un épuisement économique de l’URSS qui conduit à sa disparition, sans aucune forme de violence.


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