Programme des nations unies pour le developpement (pnud)








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Strategie



Les changements climatiques génèrent autant de risques que d’opportunités en matière de développement. Afin d’en maximiser l’impact positif et d’en réduire les contraintes, les politiques menées dans le domaine des changements climatiques ne peuvent être conduites de façon isolée. Il est au contraire nécessaire qu’elles soient intégrées et pleinement parties prenantes d’une politique de développement.
En effet, les politiques visant à prévenir la vulnérabilité aux changements climatiques (adaptation) et à réduire les émissions de GES (atténuation) sont étroitement liées aux choix conduits en matière de développement humain et économique. Elles ont un impact direct sur une variété de secteurs tels que l’agriculture, l’accès aux services essentiels que sont l’eau et l’énergie, les infrastructures, etc., et donc en ce sens sur l’amélioration de vie des populations les plus pauvres et marginalisées. Il s’avère ainsi primordial d’adopter une approche programmatique afin d’intégrer les changements climatiques dans le processus de planification pour être en mesure d’examiner les synergies mais aussi les arbitrages éventuels qui doivent être conduits entre des objectifs divers et potentiellement contradictoires.
La nouvelle dynamique lancée par de nombreux Etats en matière de lutte contre le changement climatique, au nombre desquels figure le Sénégal, doit pouvoir s’appuyer, être étayée et mise en œuvre au travers d’une multiplicité de dynamiques territoriales. Seul un ancrage territorial des politiques nationales permettra d’obtenir une efficacité maximale et une atteinte des objectifs fixés aux niveaux international et national.
Or il s’avère que, comme cela a été précédemment souligné, que le Sénégal, pays doté d’une expertise relativement importante dans le domaine des changements climatiques au niveau central, définit une stratégie sectorielle dans ce domaine qui pâtit fortement d’un manque de traduction, d’ancrage au niveau territorial. Cette absence d’articulation de la politique nationale avec les niveaux infra-étatiques constitue une barrière majeure à une mise en œuvre effective d’une politique climat au Sénégal. Elle est par exemple en partie responsable du faible taux d’exécution des plans établis au niveau national (PANA, Communication Nationale, Plan de lutte contre l’érosion côtière, etc.).

Sans une implication à part entière de cette courroie de transmission que constitue l’échelon régional entre le national et le local, la cohérence et l’effet de levier tant des politiques arrêtées par le gouvernement que des initiatives développées au niveau local demeureront atrophiés.
Mais nous avons souligné les nombreuses barrières contraignant à une pleine implication des régions : manque de ressources, absence d’expertise, etc. De nombreux acteurs tendent à les lever, au travers d’un apport en expertise (Ferme agrobiologique de Samba Dia dans la région de Fatick, Etudes dans le cadre de la création de la réserve communautaire du Boundou dans la région de Tambacounda, etc), d’un renforcement des capacités de planification (le PNDL au travers des ARD, des ONG telles ENDA et la PERACOD ont commencé à appuyer les collectivités locales à intégrer les contraintes climatiques et énergétiques dans leur processus de planification), de la diffusion d’innovations (Maison Durable du Conseil Régional de Matam, le charbon-vert produit par PRONATURA et BIOTERRE, le modèle de foyer amélioré développé par l’ADEME et Poitou-Charentes), du renforcement de filières (adaptation de la filière caprine dans la Région de Fatick), de la sensibilisation des communautés (appui à la replantation de mangroves par l’OCEANIUM, etc.).
Si ces efforts produisent des résultats non négligeables, ils sont cependant menés sur des échelles réduites, de façon relativement dispersés et sans être appropriés par la région au travers d’une stratégie intégrée, ce qui contraint la création d’un véritable impact en termes de développement, ainsi qu’une mobilisation des flux d’investissements nécessaires.

Le PNUD en appuyant ,en partage des coûts avec la Belgique ,la Région Poitou-Charentes , la mise en œuvre du programme « Vers des territoires moins émetteurs de GES et plus résistants aux Changements Climatiques » au Sénégal entend contribuer à la réduction de cette barrière majeure à l’intégration des contraintes climatiques et carbone dans un but de promotion du développement en appuyant l’établissement d’une politique intégrée des changements climatiques au niveau territorial, niveau à la fois suffisamment large et local pour avoir un réel effet de levier sur la mise en œuvre de la politique nationale.
Afin de lever cette barrière, ce projet propose la stratégie suivante pour chacun des territoires de mise en œuvre:


  • Promouvoir au niveau territorial l’élaboration d’une véritable stratégie intégrée des changements climatiques, déclinée en plan d’actions, prenant en compte tant les problématiques d’adaptation que celles d’atténuation, et ce dans un souci de développement économique et humain : ceci sera mis en œuvre au travers de l’appui à l’élaboration un Plan Climat Territorial Intégré (PCTI) ;




  • Etablir un cadre de gouvernance et de partenariats permettant d’articuler et de coordonner les différents échelons de décision (international, national, régional, interrégional et local) et leurs acteurs intervenant dans des domaines impactés par les changements climatiques, afin de développer les synergies, de mobiliser les multiples expertises de façon complémentaire et d’assurer une plus grande fluidité tant dans la verticalité des décisions arrêtées (lien entre le gouvernement central et les communautés rurales) que dans son horizontalité (articulation des différents acteurs du territoire, secteurs d’intervention, et régions elles-mêmes). Pour ce faire, les accords de coordination avec les initiatives et programmes existants en matière d’appui au développement local et de gestion intégrée des changements climatiques seront notamment recherchés : programme ART, PADEL-PNDL, Africa Adaptation Programme (ACCC) programme financé par le Japon, etc.




  • Promouvoir les partenariats entre régions de pays industrialisés, émergents et en développement afin de renforcer le transfert de connaissances, de bonnes pratiques, d’expertise, de technologies, et la formation de paire à paire, etc. ;




  • Définir un Plan de financement qui permettra d’exécuter et ce, de façon effective, le PCTI susmentionné : Pour ce faire, les régions doivent pouvoir être en mesure de :

    • dégager des financements à court terme en identifiant et en mobilisant les différents acteurs et bailleurs potentiels. Ceci sera notamment facilité grâce à l’appui prodigué par le cadre de partenariats susmentionnés 

    • identifier les différentes sources de financement pouvant apporter des cofinancements à moyen-long terme, qu’elles proviennent du secteur privé (au travers de partenariats public-privé par exemple), des fonds internationaux (FEM, Fonds pour l’adaptation, etc.), des mécanismes de développement propre, mais aussi et surtout du gouvernement national (enjeux tels que celui de la décentralisation fiscale, de la mise en place de contrats-plan, etc.). Eut égard à cet aspect le cadre de gouvernance établi jouera un aspect non négligeable.




  • Mettre en œuvre des projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques en s’assurant qu’ils renforcent les capacités, la maîtrise d’ouvrage et donc le développement économique au niveau local :

    • Projets sans regret à échelle réduite, objets d’une mise en œuvre rapide lors de la phase préliminaire du programme (un ou deux par territoire ;

    • Projets d’impact sans regret, ayant pour objectif de développer un projet pilote ayant démontré un certain succès à l’échelle locale et de le diffuser à l’échelle du territoire afin de démontrer l’effet de levier en termes de promotion du développement économique et humain, et un accès renforcé aux financements ;

    • Appui dans le cadre du PCTI à l’établissement d’un portefeuille de projets répondant aux critères d’éligibilité aux mécanismes de financements innovants dans le domaine des changements climatiques (LDCF, SCCF, UN REDD, FEM, MDG CF, finance carbone volontaire, etc.).


Enfin, il est à noter que, dans le cadre d’une approche territoriale des changements climatiques, les territoires sont envisagés comme des entités sous-nationales cohérentes en matière d’intervention et de définition de politique intégrée. Il est donc pertinent de mettre en œuvre le Programme sur des zones géo-écologiques, unités naturelles dotées de caractéristiques, risques et opportunités similaires en termes d’impact des changements climatiques et de développement. Ces zones peuvent couvrir plusieurs régions, collectivités locales. Le choix du gouvernement et des partenaires s’est donc porté sur deux zones en particulier pour une mise en œuvre du programme dans un premier temps :

    • La ZSP, comprenant cinq régions, dans laquelle le bassin du Fleuve Sénégal est caractérisé par un processus de dégradation très avancé des écosystèmes, affectant fortement les capacités de production des ressources naturelles dont dépend précisément l’économie agro-sylvopastorale du territoire. Par ailleurs, l’initiative innovante au Sénégal et fort intéressante de constitution d’une Entente Interrégionale entre ces régions fut un facteur d’incitation afin de participer et appuyer cette approche en termes de territoires.

    • La zone du Sine Saloum, dont les trois régions sont dotées de façon identique de caractéristiques communes, et particulièrement intéressante dans la mesure où il s’agit de régions pourvues d’un taux de pauvreté très élevé, qui ont pourtant commencé à faire le pari d’un développement respectueux du développement durable et peu consommateur en énergie. Sur cette, zone, le programme sera initié sur la Région de Fatick, et un processus de coordination, voire d’entente, entre régions sera recherché.

La démarche adoptée se devra d’être pragmatique, viable, et donc progressive. Ainsi donc, si la finalité du programme consiste à une intervention intégrée sur l’ensemble des zones naturelles, il s’agira dans un premier temps de mise en œuvre de prendre en compte les critères suivants :

    • Un minimum d’un million de dollars USD par région est requis ;

    • La volonté de la région à coopérer doit être signifiée et l’engagement à être partie prenante du programme doit être vérifiée ;

    • Les capacités minimum à une coopération effective inter-régions doivent exister en termes tant financiers que de ressources humaines, afin de pouvoir dépasser les barrières physiques et administratives.

Ainsi donc le programme débutera par une mise en œuvre dans les régions suivantes ciblées :

    • Fatick pour la zone du Sine Saloum

    • St. Louis, Matam, Louga, Tambacounda, pour le Ferlo.

Enfin, concomitant à cette démarche de gestion intégrée des changements climatiques sur une unité naturelle, un appui à la constitution et/ou au renforcement d’ententes interrégionales sera mené.

  • Les résultats escomptés


Le programme « Vers des Territoires moins Emetteurs de GES et plus Résistants aux Changements Climatiques » au Sénégal se propose de relever ces enjeux en mettant en place le cadre d’activités suivant, décomposé en quatre produits, chacun de ces derniers devant aboutir à divers résultats:


Produit 1: Un cadre de gouvernance assurant la coordination mis en place entre échelons de décisions, secteurs et acteurs. Objectif du produit 1 : Garantir le caractère participatif, transversal, cohérent et coordonné de la programmation régionale en matière de changements climatiques et ce, entre les différents échelons de décision.




    • Résultat 1.1 : L’appropriation et une définition consensuelle des objectifs est assurée grâce à la mise en place d’un processus participatif


Afin d’assurer un alignement des activités sur les besoins locaux, une appropriation par les acteurs du PCTI et donc le caractère soutenable de sa mise en œuvre, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des intérêts des différents acteurs, de pouvoir bénéficier de leur expertise et savoir spécifiques, ainsi que de parvenir à une définition consensuelle des objectifs et lignes d’action du PCTI.
Il est proposé que ce cadre de gouvernance puisse prendre la forme d’un Comité Régional des Changements Climatiques (COMRECC), déclinaison territoriale du COMNACC créé au niveau national.
Ce Comité serait institué au niveau de la région (Région de Fatick) ou au niveau interrégional lorsque les régions ont déjà mis en place un processus de gestion concertée de leurs ressources (cas de la ZSP). Placé sous l’autorité du Président du Conseil Régional (ou du Président du Conseil Régional désigné par ses pairs dans le cas de l’entente interrégionale de la ZSP) et hébergé au sein du Conseil régional, le COMRECC sera doté d’un groupe de travail régional (GTR) scientifique et technique. Le GTR devra aligner sa composition et ses modalités de travail sur la structure existante du COMNACC. Le GTR mènera le processus de planification au niveau local au travers d’un processus participatif. Son secrétariat sera assuré par la DREEC, en étroite liaison avec le Conseil Régional.
Le PCTI sera avalisé par le Conseil Régional.
Il s’agira donc de s’assurer du caractère participatif du processus de planification et de l’existence d’une représentation large des acteurs du territoire dans le GTR du COMRECC. Tous les représentants des différentes institutions et secteurs intervenant dans le domaine des changements climatiques et affectés par ces derniers, suite à un travail d’identification précis et inclusif, seront invités à prendre part aux travaux du processus de planification : Conseil Régional, ARD, services déconcentrés, organisations communautaires de base (OCB), secteur académique et de la recherche, société civile (ONG, Groupements de femmes, etc.), corporations (coopératives, chambre de commerce, etc.), secteur privé, etc.
Par ailleurs, les populations locales seront les bénéficiaires directs du PCTI, voire participeront à sa mise en œuvre. Il est donc essentiel qu’elles soient sensibilisées et informées de l’élaboration de ce dernier. Afin de faciliter la diffusion de l’information par les représentants directement impliquées au sein du GTR auprès de leur base, il est important que soit engagé un réel effort de communication, au travers de l’établissement d’une stratégie et de la mise en œuvre d’actions concrètes dans ce domaine (ateliers de sensibilisation, supports de communication, etc.).
Activités :

      • Entreprendre une analyse détaillée des différents acteurs intervenant sur le territoire

      • Mise en place du COMRECC local : rédaction des TdRs afin d’établir les rôles de chacun de telle sorte que le COMRECC s’aligne sur la structure nationale existante, le COMNACC, et devienne une institution de référence sur le territoire dans le domaine des changements climatiques ; signature des conventions entre le Conseil Régional et les institutions du territoire afin de garantir une transparence dans l’institutionnalisation du comité et le mode de prise de décisions

      • Organisation, au minimum sur une base semestrielle, des réunions du Comité de Pilotage afin de discuter des avancées et des prochaines étapes

      • Organisation, sur une base mensuelle, des réunions du GTR, et d’ateliers de planification, visant à définir les objectifs du PCTI, puis à appuyer son élaboration, ainsi qu’à établir le plan de travail annuel

      • Développement d’une stratégie de communication visant à faciliter le travail de relais de l’information par les représentants des communautés auprès des populations locales.



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