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Le rapport des seniors aux nouvelles technologies : usages et non-usages34


Nombre de faits qui ont été constatés ci-dessus viennent conforter l’hypothèse que l’âge n’est pas un facteur déterminant dans l’accès aux nouvelles technologies et à Internet en particulier. Les obstacles entrevus à l’accès aux NTIC sont souvent les mêmes au-delà et en deçà de 50 ou 60 ans, même si les effets liés au vieillissement peuvent parfois constituer un frein dans l’accès à Internet.

  1. Quatre “ logiques d’usage ”


La logique utilitaire : La logique utilitaire consiste à porter une appréciation (positive ou négative) sur l’ “ utilité ” de l’objet technologique considéré, que celle-ci soit évidente (les raisons ne sont pas explicitées tant cela semble aller de soi : “ le frigo, c’est indispensable ”ou“ [Internet],je vois pas la nécessité, je connais rien ”) ou expliquée par rapport à la situation présente, par le contexte : le mode de vie adopté depuis la retraite (beaucoup opposent, pour expliquer l’inutilité de certains appareils, le contexte de la retraite à celui de l’activité professionnelle, en particulier du point de vue du rapport au temps : “ on est en retraite, on a le temps, c’est pas comme les gens qui sont pressés… ”) ; la situation familiale ; les difficultés physiques et les problèmes de santé ou l’environnement matériel de l’objet (« à quoi bon s’équiper d’un minitel si on a un programme Minitel Timtel dans les multimédias de son ordinateur… »). Le discours de l’inutilité est associé à une conception de la retraite comme période d’épanouissement et de réalisation de soi, plus répandue dans la classe moyenne. Ceux qui tiennent ce discours, plutôt bien informés, sont intéressés par les technologies dans la mesure où elles peuvent leur être utiles, ce qui ne leur semble pas être le cas du micro-ordinateur : ils déclarent ne pas en avoir besoin dans le cadre des activités qui sont les leurs aujourd’hui ou ne guère avoir de temps à lui consacrer. De même, la retraite est l’occasion de développer des activités extérieures et ils ne souhaitent pas passer trop de temps devant la télévision ou un autre écran : « c’est peut-être bien, mais on est pas tenté de s’en servir, on est en retraite, on a le temps… ». Certains considèrent d’ailleurs qu’il leur serait possible de s’y mettre si une motivation suffisante venait à apparaître : “ c’est apparemment seulement qu’on est déconnectés (…) Internet, on s’y mettrait rapidement ”, estime un retraité n’ayant jamais utilisé l’ordinateur.
La logique identitaire : elle consiste à expliquer l’usage (ou le non usage) par l’adéquation (ou l’inadéquation) de l’objet avec ce que l’on est, à évoquer une affinité, une familiarité avec lui (ou au contraire un sentiment d’étrangeté). Les propos tenus ne sont plus “ ça m’est utile ” ou “ à quoi ça me servirait ? ”, mais “ j’aime ça ”, “ j’y suis habitué ” ou encore “ c’est pas pour moi, ça ! ”. Ce lien identitaire avec les objets peut être fait d’habitudes, de gestes reproduits dans le contact régulier avec les choses qui composent l’environnement familier ou recouvrir la forme d’un « investissement psychique » dans des objets “ spéciaux ”. Le poids des habitudes est souvent invoqué pour justifier de la non adoption d’une innovation technologique pour rester fidèle à un appareil ancien. On note souvent une réticence forte à désorganiser le quotidien et ses repères : selon J.C. Kaufmann, si les personnes âgées sont peu réceptives aux “ manières de faire nouvelles ” qu’introduisent les innovations techniques, c’est que celles-ci “ s’affrontent à un bloc d’habitudes déjà constituées, garant non seulement du système de pratiques acquis, mais aussi d’une part essentielle de l’identité, dans la mesure où ces gestes s’enracinent dans une longue mémoire familiale. Remettre en cause la manière de procéder reviendrait non seulement à désorganiser le quotidien mais aussi à porter atteinte à cette mémoire ”35. Ce dernier évoque aussi les femmes âgées qui ont construit leur identité sociale comme femme au foyer comme étant plus réticences à l’introduction de technologies remettant en cause leurs compétences et ce qu’elles considèrent comme relevant de leurs prérogatives (lave-vaisselle). Le même problème pourra se poser avec Internet et les cybercourses ou l’achat en ligne : où sera donc le rôle de la ménagère et où sera alors le plaisir du shopping ?

Le changement, c’est-à-dire la possibilité d’adopter de nouveaux objets et donc de nouvelles manières d’être et de faire, n’est possible que par l’apparition d’un sentiment de pénibilité lors de l’exécution des tâches manuelles, par la réorganisation des routines imposées par certains événements tels que des problèmes de santé, la retraite, le veuvage ou le relogement. Kaufmann cite le cas de certains hommes, surtout dans les milieux populaires qui ne sont pas familiarisés avec le téléphone ou le répondeur, faute sans doute de les avoir utilisés professionnellement (ils ne laissent pas de message ou parlent au répondeur comme à une personne).

L’objet peut évoquer le passé et susciter un “ écho identitaire ” qui vient expliquer un attachement particulier mais il peut aussi prendre sens par rapport au présent et à l’avenir. C’est ainsi que le micro-ordinateur peut susciter l’intérêt non pour son utilité supposée, mais parce qu’il donne le sentiment de “ rester dans la course ”, de ne pas être “ dépassé . Les retraités sont sensibles aux conventions sociales et craignent d’être considérés comme “ vieux ” ou “ pauvres ”, ce qui les incite à adopter les innovations techniques, dès lors qu’elles ont du succès et se banalisent. Le besoin “ de ne pas être exclu d’une société qui s’informatise de toute part ” peut présider à l’achat d’un micro-ordinateur. De ce point de vue, le rapport aux objets technologiques peut être analysé comme un moyen d’intégration à la société, ou encore comme un marqueur de statut, un signe d’appartenance à un “ troisième âge ” encore jeune, actif et dynamique, et de distinction par rapport au “ quatrième âge ” et à la vieillesse. L’adoption des NTIC par les personnes âgées est donc probable dès lors que les influences sociales et leur intérêt personnel convergent et que l’objet leur semble utile et compatible avec leur style de vie. Cette attitude peut se manifester à travers une certaine inquiétude des grands-parents pour l’avenir et les conséquences que leur ignorance de l’informatique pourrait avoir sur les relations intergénérationnelles : “ Moi je dis toujours : on n’a pas de micro-ordinateur, on est complètement largués dans ce domaine-là… euh… le jour où les petits-enfants seront plus grands, on sera complètement nuls ” déclare une grand-mère (64 ans) qui souhaiterait s’inscrire à des cours d’initiation . D’autres font en sorte de suivre cette évolution : “ Bon, j’avais un vieux micro là, j’en ai acheté un autre cette année, là, parce que quand je… je n’étais plus dans la course …il fallait quand même… se mettre un petit peu dans la course, ne serait-ce que pour… être un petit peu au courant vis-à-vis des petits-enfants ”. D’ailleurs, pour ce retraité, être équipé en matériel technologique est une nécessité pour que ses petits-enfants continuent à avoir envie de venir chez lui : “ Qu’est-ce que vous voulez, ils viendraient ici, ils diraient : “Ah, y’a même pas un micro-ordinateur, euh bon, on peut même pas écouter les Spice Girls, on peut pas voir ça, y’a pas de magnétoscope, mais qu’est-ce que c’est que cette maison, c’est des croûlants, les…” ”. Une tierce attitude est possible –elle est même majoritaire- et consiste à ne pas s’inquiéter de l’existence de ce fossé : il est dans l’ordre des choses, rien ne sert de vouloir le combler. Ils ne se montrent pas inquiets , mais ravis, que leurs petits-enfants soient familiers avec l’informatique : “ Tant mieux, tant mieux ! Pour eux, tant mieux. C’est l’avenir ! Enfin… nous, notre avenir est fait, c’est fini ”. Dans cette optique, il faut prendre acte de la différence inéluctable entre les générations, ne pas tenter en pure perte de se placer sur le terrain des plus jeunes, mais leur faire découvrir autre chose, et en particulier ce qu’on a soi-même connu et vécu : “ Non, on fait d’autres choses, là ici je vais les avoir en fin de semaine bon, on verra le temps comment ça s’arrange, on ira promener, on ira au zoo, on ira, on fera des choses, au cinéma s’il ne fait pas beau ”.
A l’inverse, il est des discours qui traduisent un sentiment d’étrangeté qui naît d’une absence d’affinité ou de familiarité avec l’appareil. Certains se montrent très critiques vis-à-vis du répondeur considéré comme un outil qui entrave la communication. Il se peut aussi que l’appareil n’éveille aucun écho identitaire et paraisse appartenir à un autre univers que le sien : “ J’y tiens pas, parce que rien qu’à tapoter sur leur clavier, là, je dis ça, c’est pas mon truc, hein (…) des ordinateurs, des minitels, tout ça, c’est pas mon rayon, hein ”. Ce peut aussi être un discours qui se manifeste par la peur : « J’ai peur d’une fausse manœuvre, j’ai peur de détraquer ». Cette absence de familiarité ou d’intérêt, lorsqu’elle se trouve explicitée, est souvent associée à l’appartenance générationnelle (“ on est encore à l’âge du chèque ! ” pour expliquer la faible utilisation de la carte bancaire), à l’avance en âge (“ Tout le monde parle d’Internet, Internet ! Ben, c’est pas de notre âge, hein, s’occuper des trucs comme ça, hein ! ”) ou à l’appartenance sociale (il apparaît impossible à certains retraités de milieu populaire de s’initier à l’informatique, associée au monde des “ bureaux ” : « l’ordinateur, c’est mon jardin »). Ce discours est essentiellement présent chez les personnes les plus âgées qui conçoivent désormais la retraite comme moment du repos. Désormais, l’existence présente se trouve placée sous le signe de la tranquillité et du refus de s’embarrasser de choses nouvelles : « Je vous l’ai dit, je veux être tranquille » ; « J’ai ma petite vie tranquille, tout ça, alors donc…du moment que c’est pas primordial, je vais pas chercher à comprendre ». Idem, dans nos questionnaires concernant Internet : « pour l’instant, je vis bien sans »
La logique de la médiation : L’usage ou le non usage se trouvent là expliqués par l’intervention d’un tiers (conjoint, enfant, ami, etc.), qui peut faciliter l’usage ou l’entraver : Simmel pense le lien et la dissociation selon deux figures : la médiation de type « pont » et la médiation de type « porte ».

La médiation de type « pont » peut consister, tout d’abord, en une incitation à l’achat : il peut s’agir d’un conseil ponctuel et désintéressé ou d’une pression plus insistante. Elle prend, ensuite, la forme de cadeaux, plus ou moins attendus et désirés par ceux qui les reçoivent (“ Ça [le répondeur] c’est quelque chose qui me plaisait pas trop, mais enfin les enfants disaient : ‘‘ on téléphone, vous n’êtes pas là ! ’’ ”). Les appareils offerts le sont surtout par les enfants. Ainsi, ils jouent un rôle important dans l’accès de leurs parents retraités aux innovations technologiques : au delà du simple rôle de pourvoyeurs d’appareils techniques, ils diffusent des informations sur les innovations technologiques (coût, mode d’utilisation, qualité) et permettent un relais de l’information que donnent les médias ou la publicité ; enfin, ils peuvent guider les premiers pas de l’utilisateur retraité (aide à l’installation…) : une véritable “ assistance à l’usage ”, parfois essentielle pour amorcer un processus d’appropriation qui, sinon, n’aurait sans doute jamais eu lieu. Les motivations des enfants sont diverses : procurer à leurs parents un mieux-être, les doter d’outils de communication pour faciliter le contact avec eux… Lorsqu’un fils offre à son père néo-retraité un ordinateur, il lui propose deux choses : une activité pour s’occuper et l’image d’un homme encore jeune initié à l’informatique. A noter que l’essentiel des cadeaux offerts concernent davantage la communication et les loisirs que les biens d’équipement.

Les petits-enfants ont un rôle de médiation plus limité. En effet, la plupart d’entre eux, ne sont pas encore indépendants financièrement et offrent très peu de cadeaux technologiques à leurs grands-parents. Cependant, par leur seule présence, ils incitent les grands-parents à faire certaines acquisitions et les initient parfois à certaines technologies dont ils sont familiers (le magnétoscope par exemple). Enfin, les cadeaux que les grands-parents offrent à leurs petits-enfants constituent aussi une occasion de découverte (Game boy, CD-ROM éducatifs). Cependant, cette familiarisation, cette sensibilisation restent très superficielles. Beaucoup de grands-parents ne sont pas toujours séduits par ce qu’ils voient et guère enclins à s’équiper ou à persévérer dans l’usage de ces technologies. D’autre part, les appareils de leurs petits-enfants leur semblent souvent faire partie du monde des jeunes et pas du leur. Ainsi, les objets technologiques constituent de puissants marqueurs générationnels. Certains d’entre eux apparaissent propres aux générations plus jeunes, d’autres sont considérés comme dangereux (avec le baladeur, “ on est en train de fabriquer des générations de sourds ”) et leur usage est critiqué : le jeune qui l’utilise apparaît peu respectueux d’autrui car il s’isole au milieu de l’espace public36 et impose à ceux qui l’entourent sa musique. Le téléphone portable est l’appareil qui suscite les évaluations les plus négatives. Ces jugements, qui ne sont pas propres aux personnes âgées, portent parfois sur son coût, plus souvent sur l’usage qui en est fait ; d’autres soulignent sa dangerosité lorsqu’il est utilisé au volant, s’indignent de ce qu’il puisse sonner en des lieux peu appropriés (dans le train ou à la messe), trouvent ridicules que certains s’en servent en faisant leurs courses… De manière massive, les discours expriment l’agacement que suscitent les usages publics de l’appareil. C’est le sentiment d’étrangeté et la méfiance suscitée par l’appareil que reflètent ces jugements négatifs.
La médiation de type “ porte ” sépare, fait écran entre la personne âgée et l’appareil technique. Le tiers médiateur peut décourager une acquisition ou utiliser l’appareil à la place de la personne âgée, qui en “ bénéficie ” sans le manipuler elle-même. On observe ce type de phénomène dans le cadre des relations conjugales, du fait de la forte spécialisation sexuée des usages de certains objets technologiques : les caméscopes et micro-ordinateurs sont souvent utilisés de façon exclusive par les hommes, le lave-vaisselle et la machine à laver par les femmes.
L’entourage personnel du retraité, ses « réseaux sociaux » jouent un rôle fondamental dans la construction de ses valeurs et de son style de vie. Le retraité ne sera en effet pas incité à utiliser le courrier électronique s’il n’a pas de correspondant potentiel dans son entourage. En revanche, l’objet technique devient plus abordable s’il est familier et utilisé par des personnes proches ayant des besoins et un style de vie similaires. Avec cette réserve émise que, de façon assez paradoxale, le retraité inscrit, intégré dans un réseau relationnel aura plus de chances d’adopter l’objet de communication et d’apprendre plus vite à s’en servir, alors que le retraité seul, isolé aurait d’autant plus besoin de cet appui pour pouvoir communiquer, via Internet par exemple, avec ses amis ou sa famille éloignée géographiquement.

Cependant, les réseaux sociaux de nature amicale, professionnelle ou familiale sont très peu homogènes et il n’est pas suffisant de côtoyer amis ou parents pour subir leur influence. Entre parents et enfants, l’échange se limite le plus souvent à une simple relation d’assistance, les uns et les autres légitimant l’absence d’apprentissage par le manque de temps. Cette justification sociale permet en réalité d’échapper à une situation de malaise et de privilégier une claire séparation des rôles. En revanche les activités associatives incitent souvent les retraités à adopter des innovations techniques. Au-delà, des intermédiaires “ institutionnels ” peuvent également développer avec leurs clients ou usagers des relations plus personnelles fondées sur la confiance (l’employé de banque qui conseille de prendre une carte bleue…). Ainsi, nous voyons dans le doc. 7 que Denise est venue à Internet, sous l’impulsion de sa caisse de retraite qui lui a proposé une initiation.
Souvent les retraités répondent ne pas être intéressés car ce qui a fait défaut c’est que personne ne les a “ inter-essés ”, c’est-à-dire ne s’est “ mis entre ”, placé entre eux et l’objet technologique. Rogers distingue deux grands canaux par lesquels circule l’information : les médias jouent un rôle essentiel pour la connaissance des innovations (même s’ils ne sont pas équipés, ils “ connaissent ” souvent les nouveautés technologiques pour en avoir entendu parler), alors que les relations personnelles apparaissent particulièrement importantes pour la persuasion, conformément au modèle de la communication à deux niveaux de Lazarsfeld.
La logique d’évaluation consiste à porter un jugement sur l’objet technologique lui-même, sur ses caractéristiques ou ses performances et à lui associer une image positive ou négative. Cette évaluation amène parfois à comparer l’appareil avec un dispositif rendant un service proche (appareil photo et caméscope ; carte bancaire et chéquier ; guichet automatique et “ humain ”), et mobilise différents registres : économique, pragmatique, idéologique, esthétique et spatial.

Le coût d’acquisition ou de fonctionnement peut d’abord être mis en avant pour expliquer l’absence de tel ou tel équipement. L’évaluation peut également consister en un jugement, positif ou négatif (défauts de l’appareil, son caractère peu pratique, son manque de fiabilité, sa complexité d’usage), sur les performances de l’appareil, sur son efficacité. Ces défauts peuvent être estimés à partir de ce qu’on en a entendu dire, de ce que l’on sait de son fonctionnement ou d’une expérience malheureuse (les appareils n’ont pas donné satisfaction ou ont créé des ennuis), ou en référence à un système de valeurs qui est clairement affirmé. Il en va ainsi lorsque l’usage est refusé ou évité au nom de la défense de l’emploi : si l’un s’abstient d’utiliser les pompes à essence avec guichet automatique et “ passe volontairement à la caissière ”, c’est “ parce que ça permet de maintenir un emploi ”. Il arrive aussi qu’on se refuse à installer une alarme électrique car elle renvoie “ l’image d’une société sécuritaire ” dont il ne veut pas être complice. Lors de notre conversation avec les surfeurs novices de la Maison de l’Amitié à Albi, les deux risques ont été évoqués37. Le registre d’évaluation esthétique intervient, lui, de façon ponctuelle de même que le critère de logique spatiale : on ne veut pas « défigurer » la maison par un objet trop encombrant.

        1. Les usages au fil de l’âge


Il convient à présent de rendre compte de l’évolution des usages au cours du vieillissement à partir de l’étude d’un double phénomène : l’occupation de positions successives dans le parcours de vie, d’une part (le passage du rôle d’actif à celui de retraité, la perte –ou la transformation– du rôle parental, la disparition du rôle de conjoint lors du veuvage, l’apparition du rôle grand-parental) ; les effets “ propres ” du vieillissement, d’autre part (dimensions physiologiques et psychologiques, rapport à l’avenir et sentiment de l’âge et de sa finitude)38.
L’usage des objets technologiques dans les premières années de la retraite : Tous les enquêtés ont vu leur espace domestique s’enrichir de plusieurs objets technologiques depuis leur retraite. Le contexte des premières années de retraite présente trois caractéristiques majeures : un nouveau mode de vie ; des relations familiales marquées par la présence de jeunes petits-enfants ; un réaménagement de l’espace domestique. Après la retraite, des activités nouvelles apparaissent qui canalisent de nouveaux usages. La plupart des acquisitions « récentes » directes s’expliquent par leur utilité dans le cadre du mode de vie adopté depuis la retraite. La retraite n’est plus le temps du repos mais celui de la réalisation et de l’épanouissement de soi. Ainsi, les pratiques de mobilité conduisent à envisager l’achat d’un téléphone portable ; les voyages suscitent l’acquisition d’un caméscope ; les responsabilités associatives stimulent la connaissance et l’usage d’appareils tels que le fax, la machine à traitement de texte ou le micro-ordinateur (sans conduire pour autant à l’équipement systématique car certains craignent, s’ils s’équipent, d’être sollicités au-delà de ce qu’ils souhaitent). D’autres ont une vie à la retraite plus casanière : ils vont alors, plus volontiers, acheter un téléviseur grand écran, faire installer une parabole et s’abonner aux chaînes satellites.

Le nouveau mode de vie qui se met alors en place passe aussi par une réorganisation temporelle, qui réduit l’utilité de certains appareils. D’autres usages s’expliquent par l’importance des relations familiales et par la présence de jeunes petits-enfants : les grands-parents s’équipent afin de pouvoir accueillir une famille parfois nombreuse (d’où le multi-équipement en réfrigérateur et en congélateur). Enfin, la retraite est souvent l’occasion de réaménager l’espace domestique : achat d’une cuisine équipée, renouvellement de certains appareils qui permet de profiter d’améliorations techniques. A l’inverse, d’autres deviennent des “ ruines ” techniques, parfois délaissés parce qu’il symbolisent les contraintes de l’activité professionnelle (saturation par rapport au téléphone…).
L’usage des objets technologiques après le veuvage : Le veuvage se traduit, en premier lieu, par une moindre utilisation de plusieurs appareils, parfois même par un “ déséquipement ”. Les besoins sont moindres désormais et certains appareils techniques perdent de leur utilité. En second lieu, la logique économique se fait plus prégnante, en particulier pour les femmes de milieu populaire39 et revient comme un leitmotiv pour expliquer le renoncement à certains équipements. En troisième lieu, le survivant éprouve parfois des difficultés à utiliser certains appareils dont il “ bénéficiait ” par l’intermédiaire de son conjoint (plusieurs veuves se trouvent “ démotorisées ” au moment du décès de leur conjoint, une démotorisation qui réduit l’espace accessible et la sociabilité). Enfin, l’appropriation de certains des appareils dont le conjoint était le spécialiste peut s’avérer impossible, parce qu’étrangers au survivant ils nécessiteraient un apprentissage qui semble impossible à réaliser, ou parce que trop fortement chargés du souvenir du conjoint.

A l’inverse, il est des appareils qui se trouvent davantage utilisés et d’autres qui font alors leur apparition dans l’espace domestique. En s’individualisant, les activités peuvent mobiliser de nouveaux appareils (recours au four à micro-ondes pour les veufs). Par ailleurs, le téléphone et les médias domestiques (télévision et radio) acquièrent une utilité nouvelle : ils permettent de rompre la solitude et donnent le sentiment d’une présence et permettent de “ combler le vide ”. Le veuvage a ainsi incité Béatrice et Alice à s’initier à l’informatique et à Internet (doc. 5 et 12).
Usage des objets technologiques et “ effets propres ” du vieillissement : L’avance en âge se trouve aussi marquée par les effets “ propres ” du vieillissement qui impliquent également des changements dans les usages : en premier lieu, les déficiences physiques. Certains appareils deviennent inutilisables, et donc inutiles. L’âge n’est pas le facteur déterminant dans le choix d’utiliser ou non les technologies, c’est surtout la diminution des activités après 70 ans qui exclut, de fait, les personnes âgées. De plus, l’inadaptation de certains objets (touches trop petites, appareils trop lourds), les difficultés pour comprendre et mémoriser les instructions de fonctionnement, ne les incitent pas à apprendre à se servir d’appareils “ trop compliqués ”. Par ailleurs, les notices explicatives sont souvent rédigées par des techniciens ou ingénieurs, en petits caractères et en anglais, ou mal traduites. Concevoir des notices rédigées par des professionnels de la communication et des objets techniques aux caractéristiques plus didactiques permettrait de limiter ces effets (et serait tout aussi bénéfique pour les autres catégories de la population).

Mais il est aussi des objets technologiques qui constituent un recours en cas de difficulté physique (une retraitée se sert de son organiseur électronique pour pallier ses problèmes de mémoire) ; les technologies de communication sont précieuses pour pouvoir joindre un service d’urgence. Par ailleurs, la maladie et les problèmes physiques peuvent provoquer une réorientation des activités et se traduire par un usage accru de certains appareils (comme la télévision). Les objets technologiques peuvent ainsi être des palliatifs aux effets de l’âge. J. Fisher signale le cas de personnes âgées ayant fait l’acquisition d’un téléphone au moment où elles n’ont plus pu écrire ; il évoque aussi le cas d’un homme de 73 ans qui a adopté le minitel suite à la baisse de son acuité visuelle qui rendait la consultation du bottin téléphonique difficile.

Les gérontologues américains ont mis en évidence une autre manifestation du vieillissement, psychologique celle-là, qu’il ont appelé la “ conscience de sa finitude ” (awereness of finitude) : la conscience aiguë que le temps qui reste à vivre est désormais compté (Marshall, 1975). C’est à l’aune de cet horizon temporel limité que certains évaluent l’utilité d’une éventuelle acquisition. Aussi justifient-ils leur refus d’acquérir de nouveaux équipements domestiques en laissant entendre que “ cela ne vaut plus le coup ” désormais : “ Je n’ai plus de projets comme dans le temps. Vu mon âge, vous savez, ce que j’ai, ça me suffit ”. De même, dans nos questionnaires de « non surfeurs », on trouve comme motif au refus d’Internet : « c’est trop tard, je suis trop vieux ». A l’inverse, d’autres adoptent une logique plus épicurienne : le sentiment de sa finitude explique certaines acquisitions : le début de la retraite apparaît comme la dernière occasion de moderniser l’équipement domestique car “ si on attend un peu, ce sera peut-être plus la peine, donc autant le faire maintenant ”.

Enfin, le vieillissement se trouve marqué par un phénomène de “ déprise ”, qui consiste en un “ amoindrissement de l’impulsion vitale ”, se manifeste par un manque d’envie, le souci d’économiser ses forces et de les concentrer sur quelques activités, et se traduit par l’abandon progressif d’objets technologiques jusqu’alors couramment utilisés, par un refus de s’investir dans des choses nouvelles. C’est alors que l’on devient vraiment “ étranger au monde ” (Margaret Mead).

        1. Les personnes âgées ou jeunes retraités peuvent-ils s’adapter aux évolutions technologiques ?


Deux thèses coexistent aujourd’hui sur la question de l’attitude des “ personnes âgées ” à l’égard des technologies : la thèse de l’incompatibilité et la thèse de la familiarité. Il convient pourtant de dépasser ces discours très généraux (d’une part, ils font peu de cas de l’hétérogénéité des catégories sur lesquelles ils se fondent : « personnes âgées » ou « seniors » sont des ensembles très disparates et « raisonner au niveau d’une de ces entités sans considérer ses différences internes, c’est se laisser piéger par l’existence de ce regroupement sociologiquement peu pertinent » selon Vincent Caradec ; d’autres part, ils oublient trop souvent que les “ innovations technologiques ” sont diverses et n’ont pas pour seule caractéristique d’être technologiques –elles ont aussi un prix, une apparence, sont censées rendre tel ou tel service, etc) et refusent de comprendre la diversité des usages au sein de la population âgée.

La thèse de l’incompatibilité est souvent la plus prégnante. Le rapport des “ personnes âgées ” aux technologies se trouve, le plus souvent, abordé à partir de la comparaison des taux d’équipement de la tranche d’âge la plus élevée avec ceux des tranches d’âge plus jeunes. Même si les résultats varient selon le découpage en tranches d’âge utilisé –l’usage croissant de la catégorie des “ seniors ” permet d’améliorer les taux d’équipement des “ personnes âgées ”, en englobant les 50-60 ans– et suivant l’appareil technique considéré, cette approche fait effectivement apparaître un net sous-équipement des plus âgés40. Le non-équipement ou le sous-équipement se trouvent alors expliqués par la “ résistance à la nouveauté ” des personnes âgées (Pochet), leur “ résistance au changement ” (Paillat), ou encore leur “ appréhension des nouvelles techniques ” (Delbès, Gaymu). De telles formulations –qui peuvent aussi bien renvoyer à un effet d’âge (on résiste aux innovations parce qu’on devient moins téméraire en vieillissant et davantage ancré dans ses habitudes) qu’à un effet de génération (on résiste aux innovations parce qu’on ne s’est pas familiarisé précocement avec elles)– posent problème. Si la résistance au changement est aussi prégnante, comment expliquer qu’une part de personnes âgées soient équipées et que des acquisitions continuent à se faire après l’âge de la retraite ? Comment expliquer aussi que cette résistance joue de manière différente suivant les appareils techniques et qu’elle puisse même, parfois, ne pas se manifester (comme dans le cas de la diffusion du téléphone41) ?

Les explications en terme de “ conservatisme ” et de “ frilosité ” des personnes âgées paraissent viciées dans leur fondement même : partant du constat d’un équipement différentiel suivant l’âge, elle font de cette différence le symptôme d’une inaptitude. Ce type d’explication repose sur l’idée qu’il existe une logique dominante (celle des classes supérieures ou celle de la diffusion de l’innovation technique) qui s’impose à tous et que les écarts observés par rapport à cette logique ne peuvent renvoyer qu’à une incapacité à s’y conformer. Elle se refuse donc à envisager que ces écarts puissent être dotés de sens pour les acteurs concernés.

De même, il convient de rendre compte de la diversité des rapports qu’un même individu (âgé) peut avoir avec différents objets technologiques. Comment expliquer, en effet, que certains puissent avoir un discours hostile ou indifférent aux technologies en général et être séduits par telle technologie en particulier, que d’autres se montrent enthousiastes envers telle nouveauté et peu intéressés par telle autre, que d’autres encore soient équipés de tel objet technologique et ne l’utilisent pas ? Aussi, plutôt que de considérer a priori que les “ personnes âgées ” sont ancrées dans leurs habitudes et “ résistantes à la nouveauté ” ou, à l’inverse, que les “ seniors ” sont enthousiastes et avides d’innovations, il convient de comprendre pourquoi les personnes à la retraite possèdent –ou ne possèdent pas– et utilisent –ou n’utilisent pas– un certain nombre d’appareils techniques en leur demandant de s’exprimer elles-mêmes sur ces usages ou ces absences d’usage, en s’efforçant de « casser » la catégorie de personnes âgées42, sans pour autant créer de nouvelles sous-catégories insignifiantes.
En résumé, il apparaît que le rapport des retraités aux technologies ne se réduit pas aux explications en termes de résistance et d’incompétence souvent avancées : l’absence d’équipement et d’usage peut certes renvoyer à un sentiment d’étrangeté (“ c’est trop compliqué pour nous ”, “ je connais rien dans ces trucs-là ”), mais peut aussi se trouver justifié par un discours d’inutilité (“ étant donné notre situation, on n’en a pas besoin ”), par une évaluation négative (“ c’est trop cher ” ; “ ça ne marche pas très bien ” ; “ on n’a pas la place de l’installer ”) ou encore par le fait qu’on en bénéficie par l’intermédiaire d’un proche et qu’on ne voit donc pas l’utilité de s’équiper soi-même. Toutefois, si les sujets de rejet disparaissent, les personnes âgées sont prêtes à devenir des utilisateurs de nouvelles technologies comme les autres. Cette recherche montre que les “ personnes âgées ” ne sont pas foncièrement hostiles aux innovations technologiques. Cependant, pour qu’elles s’équipent et accèdent à l’usage d’appareils nouveaux, encore faut-il qu’elles soient intéressées. Cet “ intéressement ” (Boullier) s’effectue à deux niveaux : tout d’abord, il est nécessaire que les retraités trouvent à ces appareils une utilité dans le cadre du mode de vie qui est le leur aujourd’hui (il faut donc prendre en compte le contexte dans lequel ils vivent, leur réseau relationnel et familial, leur conception de la retraite) ; ensuite, c’est souvent par la médiation d’un tiers qu’il accèdent à l’usage, et les usages sont aussi variés que peuvent l’être les situations familiale ou sociale, les moyens financiers, l’état de santé physique et le niveau de curiosité et de motivation de chacun…

Les objets techniques peuvent être amusants dès lors qu’ils donnent accès à une maîtrise du monde ou à la découverte d’un nouveau monde. Le rapport à la technologie n’est jamais neutre et froid mais met en jeu des émotions et des attitudes négatives ou positives. Pour beaucoup, la technologie n’a pas de valeur en soi mais est associée à des valeurs fortes. Les retraités réagissent comme les autres catégories d’âge en se fondant sur des préoccupations objectives (leur préoccupation principale étant de conserver des relations sociales) et en considérant l’utilité du produit et le besoin qu’ils en ont. Ils sont d’ailleurs prêts à changer d’attitude quand leur situation personnelle change. Par ailleurs, Jeremy animateur de stages Internet pour seniors à la Maison de l’Amitié, nous faisait remarquer à juste titre que les jeunes entre 15 et 25 ans ont également du mal à « se mettre à Internet », soit qu’ils n’en voient pas l’utilité, soit qu’ils le refusent par principe, au nom de la lutte anti-mondialisation par exemple.

Il paraît donc urgent et nécessaire de dépasser les discours généralisant sur les personnes âgées et les technologies, qui oublient de s’interroger sur la diversité des usages, et de ne pas recourir trop vite aux explications en termes de handicap physique ou générationnel : souvent, l’équipement et les usages des plus âgés sont appréhendés et évalués à partir de ceux d’individus plus jeunes, ce qui conduit à souligner soit leurs moindres performances physiologiques ou cognitives, soit leur “ manque de familiarité ” avec ces technologies, leur “ frilosité ” ou leur “ conservatisme ”. Sans rejeter complètement ces explications, il paraît préférable de partir de l’idée que les personnes âgées peuvent avoir de “ bonnes raisons ” de s’équiper (ou de ne pas s’équiper), d’utiliser (ou de ne pas utiliser) telle ou telle technologie nouvelle, qu’il convient de les écouter et de les prendre en compte. Si les personnes âgées sont moins que d’autres incitées à adopter les nouvelles technologies, en particulier les NTIC dont la diffusion reste particulièrement modeste parmi elles, il se pourrait bien que ce soit par manque de formation et surtout d’information…

        1. Prudence vis à vis de la nouveauté mais réceptivité à l’innovation43


Certains voient dans le vieillissement de la société française un frein à la diffusion de l’innovation et donc au dynamisme de la consommation. Les enquêtes Consommation et Modes de vie du CREDOC nuancent ces prévisions alarmistes. Certes les seniors sont moins équipés que le reste de la population, mais ils tendent à rattraper leur retard pour de nombreux produits technologiques.

La nouveauté du produit au sens le plus général séduit peu de seniors : après 50 ans, seule une personne sur cinq se dit incitée à l’achat d’un produit nouveau. Les seniors sont peu favorables à la prolifération de nouveaux produits dont la valeur ajoutée n’est pas réellement perceptible.

Par opposition à la nouveauté, l’innovation technologique se réfère plus souvent aux aspects fonctionnels et matériels du produit (rappelons que c’est le côté pratique et utile qui séduit le senior). Sa valeur ajoutée est plus apparente et rencontre davantage l’intérêt des consommateurs jeunes et âgées. Aujourd’hui une personne sur trois, quel que soit son âge, est incitée à l’achat par l’intégration d’une innovation technologique. “ Les seniors sont autant réceptifs que le reste de la population à l’innovation technologique, dans la mesure où elle apporte réellement un service nouveau, une amélioration de la qualité ”.

Au début des années 1990, une étude du CREDOC montrait le sous-équipement et les réticences des seniors pour certains produits technologiques comme le magnétoscope. Depuis que ces produits ont fait leurs preuves et ont mieux pris en compte les attentes fonctionnelles des seniors, ceux-ci ont commencé à rattraper leur retard. Ce rattrapage est très net pour le minitel. En revanche, en 1997, la micro-informatique ne semblait pas encore avoir séduit les seniors. A l’heure du sondage, leur taux d’équipement en micro-informatique est largement inférieur à celui de l’ensemble de la population (11% contre 19% selon les enquêtés). Cependant, la part des seniors prévoyant qu’ils feront davantage de choses à domicile avec l’informatique et ses nouveaux moyens est passée de 17% fin 1995 à 22% fin 1997. On estime que plus d'un senior sur trois (35%) est réceptif aux nouvelles technologies comme Internet44. De plus, comme le reste de la population, les seniors apparaissent convaincus de la généralisation inéluctable de la micro-informatique : 73% d’entre eux (et 80% des Français) envisagent une large diffusion du micro-ordinateur connecté à Internet dans les foyers à l’horizon 2010. A l’instar du magnétoscope ou du minitel qui ont fini par s’imposer chez les seniors, la micro-informatique saura les séduire si les fabricants proposent des matériels et logiciels adaptés à leurs besoins et surtout une simplification de l’utilisation.

De plus, le contexte économique apparaît défavorable à l’innovation. L’enquête du CREDOC montre que l’intérêt pour l’innovation technologique est plus fort chez les personnes optimistes sur l’évolution de leurs conditions de vie et de façon plus générale sur l’évolution de l’économie. Chez les seniors, cet écart de sensibilité à l’innovation entre optimistes et pessimistes est encore plus prononcé : ils apparaissent comme les plus pessimistes face à leurs futures conditions de vie. Dans un contexte où les inquiétudes touchent une grande partie de la population, ce lien entre pessimisme économique et faible sensibilité à l’innovation peut expliquer la baisse progressive depuis 1993 de l’intérêt accordé à l’innovation technologique. Chez les seniors, les incertitudes économiques devraient finalement avoir davantage d’impact sur la diffusion de l’innovation que des freins psychologiques qui s’avèrent de moins en moins déterminants.

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