Note du mémoire : 18/20








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C.Au niveau national, une prise en compte globale de la « nouvelle donne »




  1. Deux discours hermétiques pour deux réalités concomitantes : nouvelles technologies et nouveaux seniors

  1. L’émergence d’un discours nouveau sur les personnes âgées :


Pendant longtemps, les politiques et les rapports publics n’ont pas échappé aux préjugés concernant la vieillesse que nous avons pu observer au début de l’étude : l’avance en âge est soit l’objet d’une dépréciation, soit le motif de discriminations positives. Le rapport Laroque (1962), qui se propose de prévenir et de limiter l’exclusion des personnes âgées, prône une continuité de leur mode de vie et leur maintien en activité ; mais cette perspective universaliste qui établit la dictature du “ rester jeune ” aboutit au refus de la différence et vise à l’assimilation : elle empêche de considérer l’homme vieillissant dans ses propres réalités. Le rapport Lyon (1982) quant à lui s’inscrit dans une logique différencialiste : il reconnaît l’étape du vieillissement comme une période spécifique de la vie mais survalorise les qualités particulières attribuées aux personnes âgées. Les clichés relatifs à la sagesse et à l’expérience resurgissent.

Aujourd’hui, les universitaires, chercheurs, statisticiens ou politiques issus de diverses institutions publiques ont pris conscience de la nouvelle donne « senior ». Ainsi, les écrits reflètent bien l’inquiétude générale vis à vis de l’accroissement de la population senior et du vieillissement de la population française, notamment en matière du développement nécessaire des services de maintien à domicile des personnes les plus âgées ou en matière d’avenir des retraites. Dans les rapports du CES87 de ces derniers mois, le rôle social des seniors est à ce titre valorisé (bénévolat, coordination d’activités intergénérationnelles, engagement associatif ou politique…) pour le bénéfice collectif indéniable qu’il apporte. On tient également compte des disparités en terme de pouvoir d’achat, et l’on note la volonté d’anticiper les attentes des seniors (relations entre générations, question de santé et d’assistance, besoins en logement et équipements collectifs) et de favoriser la réflexion collective. On veut informer les personnes âgées sur leurs possibilités d’action, on reconnaît et on promeut leur place dans la société, on veut surtout leur assurer une meilleure représentativité (pp. 43-52). Les personnes âgées doivent pouvoir s’exprimer dans le débat public, leur augmentation en nombre leur donne une légitimité accrue pour accéder à une véritable reconnaissance sociale. Enfin, le CES, déterminé à accompagner cette évolution, s’interroge :“ Quel dynamisme pour un pays de vieux ? ”, reconnaissant que vivre mieux est la condition sine qua non du vivre plus longtemps ensemble. On insiste sur leur « jeunisme » et sur leur modernité, mais paradoxalement, les nouvelles technologies, dynamiques par définition, ne sont pas évoquées comme pouvant apporter, du moins partiellement quelque réponse…

        1. L’émergence concomitante d’un discours Internet aux intonations “ démocratiques ” :


Parallèlement, se développe, dans un contexte du « tout Internet », une prise de conscience de l’urgence de la situation en matière de diffusion de NTIC à tout le territoire en tentant de combler le fossé numérique qui se creuse : tous ensemble, le Premier ministre en tête88, font le vœu d’une “ démocratie Internet ”, d’une “ société de l’information pour tous ” et d’une action coordonnée et équitablement répartie sur tout le territoire. Cette prise de conscience se traduit dans un premier temps, de façon très prolifique, par la production de rapports ou d’analyses statistiques, dans un second temps par de nombreux discours et conférences, notamment lors de la tenue annuelle à Hourtin de l’Université d’été de la Communication sur le thème « Bâtir une société de l’information pour tous » depuis août 1997 (www.crepac.com). La dernière s’est tenue du 20 au 22 août 2001. Les mêmes enjeux ont été ainsi reformulés : veiller à la liberté de communication, assurer la diversité et le pluralisme de l’offre, promouvoir le plus large accès à une offre de contenus de qualité. Ainsi s’exprime Catherine Tasca dans son discours d’introduction de l’Université d’été : “ En terme de contenus et de services, nous en sommes encore au stade de l’innovation et de l’expérimentation. Les technologies vont toujours plus vite que les usages ”, justifiant peut-être ici, par l’évolution rapide des NTIC, de la lenteur de la mise en pratique sur tout le territoire de façon égale des dispositions énoncées quatre ans plus tôt en ce même lieu. Elle confirme toutefois que l’ensemble du gouvernement est mobilisé pour accroître l’offre de contenus publics sur l’Internet et pour faciliter l’accès à ces données publiques numérisées.

        1. Le manque de lien entre les deux discours :


Rares sont les écrits où les seniors ou personnes âgées sont évoqués, et encore moins comme public prioritaire dans l’accès aux nouvelles technologies. Pourtant, ce n’est pas faute de reconnaître que les « vieux » ont changé, mais il semble que malgré leur poids (démographique…et électoral, rappelons que les plus de 60 ans représenteront un électeur sur deux en 2020), les seniors n’intéressent pas beaucoup les discours sur la modernité… Ainsi, lorsqu’il s’agit de faire un rapport sur les Nouvelles Technologies, ils sont parfaitement ignorés : dans le rapport du Conseil économique et social régional d’Ile-de-France sur “ L’accès aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication en Ile-de-France ”, six lignes seulement sont consacrées aux seniors, dans le chapitre “ La question transversale de l’illectronisme ou du fossé numérique ” (p.26), supposant par là même qu’ils en sont exclus. De même, dans le rapport du Conseil économique et social national sur “ Les personnes âgées dans la société ”, rien n’est dit sur les nouvelles technologies et Internet. Est-ce à supposer que les seniors sont incapables de s’adapter à la technologie et à la nouveauté, est-ce une volonté d’évincer le problème ? Ce n’est cependant pas une critique du senior comme inadaptable aux technologies qui est ici proposée, au contraire. Mais alors, s’il est capable de s’adapter, est-ce pour cela que l’on ne doit pas l’aider dans sa formation, d’autant plus que cette aide est revendiquée par nombre de seniors ? Peut-être est-ce simplement la marque d’une priorité, légitime par ailleurs, accordée par l’Etat aux écoles, aux entreprises et aux demandeurs d’emploi, acteurs à part entière de l’activité économique du pays… Et, en effet, des solutions sont proposées dans le rapport du CESR Ile-de-France précédemment cité (p.28) pour permettre une formation de ceux qui ne sont plus dans le système éducatif ou qui n’ont pas été formés dans le cadre de leur activité professionnelle aux NTIC : le niveau du quartier paraît pertinent, en termes de proximité, de pénétration sociale et de déplacement non motorisé. Le rapport se contente de souligner les initiatives municipales existantes, “ ateliers ” ou “ maisons ” des nouvelles technologies, atout certain puisque permettant une grande plage horaire et hebdomadaire d’ouverture et un bon encadrement. Il suggère également de se servir de lieux déjà équipés lorsqu’ils ne sont pas occupés. Il demeure beaucoup plus bavard en ce qui concerne les initiatives en direction des écoles et des entreprises. De même, il ne suggère pas d’autres applications possibles en la matière.

        1. Toutefois, des efforts récents de recherche menés par la Cnav et la Mire :


A souligner tout de même, les efforts engagés par la Cnav et la Mire : tenant compte du fait que les personnes âgées sont le plus souvent marginalisées, tout ce qui se rapporte aux innovations technologiques étant, a priori, réservé à la jeunesse, et que les différents travaux effectués dans le cadre du vieillissement jusqu’alors n’ont pas vraiment concerné la technologie, la Cnav et la Mire (Drees) ont initié en 1996 un programme pluriannuel de recherches en sciences humaines intitulé “ Vieillissement et Technologie : évolutions technologiques, dynamiques des âges et vieillissement de la population ”. Les cahiers de recherche de la Mire et la revue Retraite et Société s’en sont fait l’écho. Ces vingt-et-une recherches ont bénéficié de financements et ont mobilisé un partenariat institutionnel élargi à six nouveaux organismes intervenant, à l’échelon national, dans les domaines des technologies et des services publics : EDF, France Télécom, SNCF, Caisse des dépôts Branche Retraite, Secrétariat d’Etat à l’industrie, Plan Urbanisme Construction Architecture, Ministère des Transports, du Logement et de l’Equipement. Elles se rattachent à trois axes thématiques : les usagers et usages des techniques et technologies, les services à support technologique et les organismes intermédiaires, et la prise en compte du vieillissement dans la conception et l’offre de produits et de services à support technologique.
Ces publications, déclarations, recherches… dénotent un intérêt certain pour les seniors et pour Internet mais les lenteurs ou lourdeurs de fonctionnement de l’administration et des pouvoirs publics face à l’ampleur de la tâche à accomplir font que la mise en pratique est tardive, lente et pas toujours concertée et coordonnée. L’action globale qui est engagée reste souvent éloignée des considérations de terrain…

  1. Les actions globales concrètes réalisées par l’Etat : le PAGSI


“ Il ne suffit pas de dire que les nouvelles technologies doivent profiter à tous et être à la disposition de tous, il faut effectivement que l’Union et les Etats se dotent des moyens nécessaires pour faire profiter l’ensemble des citoyens de leurs avantages et de leurs atouts ”. Roger-Gérard Schwartzenberg.
  1. Janvier 1998 : naissance du PAGSI (Plan d’action gouvernemental pour la société de l’information)


En 1995-96, le gouvernement cherche à prendre en compte le phénomène Internet, qui est encore un phénomène nord-américain. En août 1997, le Premier ministre tient à Hourtin un discours inaugural très ambitieux sur « l’entrée de la France dans la société de l’information », soulignant les fortes inégalités d’accès au nouveau média, au profit des ménages les plus aisés et surtout les plus éduqués. Le fossé numérique est également géographique entre les Pays du Nord et du Sud, et au sein même du territoire national où les hauts débits atteignent de manière très inégale les zones d’activité et d’habitation denses d’une part, et les autres. Contre toute attente des médias, un programme d’action gouvernemental pour la société de l’information est publié dès le mois de janvier 1998. Ce programme ambitieux, qui a mobilisé jusqu’ici plus de 5 milliards de francs, se décline en six axes d’intervention de l’Etat : l’éducation et la formation (formation à de nouveaux métiers, réseau à haut débit dans les universités, centres de recherche et établissements d’enseignement, création d’un réseau national d’écoles de l’Internet) ; la politique culturelle (numérisation des contenus culturels et des patrimoines) ; les entreprises ; la recherche, le développement et l’innovation (renforcement des effectifs et des budgets de recherche en matière de NTIC, création d’un Comité stratégique des technologies de l’information, interconnexion à haut débit des réseaux de recherche et d’éducation européens) ; le domaine de la régulation et de la sécurité (lois sur la signature électronique, loi sur la société de l’information –LSI- permettant la liberté de communication, la lutte contre la cybercriminalité, et la protection des données personnelles, création d’un Forum des Droits sur l’Internet) ; et le chantier de l’administration électronique pour moderniser les services publics. Ne seront ici évoqués que les points du programme utiles à notre étude (cf. détails en annexes 9 et 10).

        1. L’administration électronique et les sites publics


L’Etat a su montrer l’exemple en lançant sa modernisation technologique : l’administration a rattrapé en deux ans le taux d’équipement du secteur privé89.

En ce qui concerne les services publics, les ambitions du Plan étaient doubles : il s’agissait de faire de certaines administrations des “ vitrines de la modernité ” et réformer les services publics, afin d’améliorer le plus possible les services rendus aux citoyens et aux entreprises. Les téléprocédures ont été mises en place dans ce sens, pour accroître la rapidité des démarches et réduire les déplacements.

Afin de procurer une meilleure information aux citoyens et aux entreprises, le secteur public a développé 2600 sites webs, dont 1500 concernent les établissements publics. Les autres sites relèvent des collectivités territoriales. Prenons comme exemple le site portail des services publics créé depuis peu : c’est un portail global dédié à l’ensemble du service public (www.service-public.fr), décliné en deux parties, l’une s’adressant aux citoyens et l’autre aux entreprises. Il propose un annuaire de 10 000 responsables de l’administration avec photo (on sait désormais à qui l’on s’adresse) et un annuaire de 15 000 services de l’administration qui permet d’accéder directement aux sites Internet publics nationaux, locaux et européens, des organisations internationales et des Etats étrangers. Les instruments de navigation sont assez simples à utiliser et un moteur de recherche indexe 1500 sites publics. “ Conçu pour répondre aux besoins des citoyens et à leurs interrogations ”, il propose un guide exhaustif des droits et démarches où les particuliers trouvent sans problème les informations pratiques qu’ils recherchent (comment renouveler sa carte d’identité, monter une association, toucher le RMI…), les adresses locales des administrations, les téléprocédures (pour remplir sa déclaration d’impôts ; en 2000, 3,1 millions de contribuables ont télédéclaré leur impôt sur le revenu et 470 000 ont téléchargé les formulaires90 ; un chiffre dérisoire comparé aux Québec où les sites sont plus fiables et les internautes plus familiarisés avec l’outil : 50% des contribuables y ont télédéclaré leur impôt sur le revenu), des formulaires en ligne (600 sont déjà en ligne et 600 autres sur les 2000 existants ont été supprimés)… Internet profite également au débat public : on a accès au Journal Officiel, aux divers codes, à l’actualité juridique et aux rapports publics. Enfin, le site s’engage à répondre aux questions de l’internaute-usager en 48 heures pour les questions simples ou une semaine pour les questions plus complexes (ce qui ne se vérifie pas toujours dans les faits…). Internet est d’abord mis au service d’une plus grande transparence et accessibilité des informations publiques essentielles. Elles sont mises à disposition des citoyens, gratuitement, sur le web, en plus d’une structure de réponse aux questions individuelles. Tout comme les sites privés, les sites publics jouent de l’interactivité et la possibilité de contact direct et personnalisé (et humanisé) avec les administratifs. Plusieurs forums permettent d’élargir le débat et une mission parlementaire étudie la question du vote électronique. Très prochainement, un site sera entièrement consacré au débat public.
En résumé, deux chantiers sont à l’œuvre : d’abord le chantier de l’administration en ligne (services en ligne aux usagers, informations, procédures, données accessibles à tous en temps réel, formulaires en ligne, échanges de données, contact personnel et interactif d’un service public voire d’un agent identifié avec l’usager). La France est particulièrement active dans ce domaine avec l’ouverture d’un portail donnant accès à l’ensemble des services publics disponibles en ligne, le développement de télé-procédures (par exemple pour les recrutements et les aides à la recherche. Ensuite et surtout le chantier du gouvernement en ligne : animer des débats publics, recueillir les réactions des citoyens sur les grandes initiatives politiques et améliorer la participation de chacun au fonctionnement de la démocratie. “ Je crois personnellement qu’Internet est un outil majeur pour enrayer la désaffection croissante des citoyens de l’Europe par rapport à la politique et permettre, en complément du vote qui reste évidemment la colonne vertébrale de la vie démocratique, d’autres modes d’expression et de lien politique. (…) Dans une démocratie moderne, le vote ne peut pas être le seul moment où le citoyen exprime son adhésion à des idées ou à un projet politique ” (Roger-Gérard Schwartzenberg).

        1. La politique des Espaces Publics Numériques (EPN)


Combler le fossé numérique, c’est aussi et surtout offrir à tous la possibilité de s’initier à l’Internet. Il s’agit d’abord de mettre le réseau à portée de chacun. Le 10 juillet 2000, le Comité interministériel pour la Société de l’Information a pris des mesures pour “ réduire le fossé numérique et préparer l’avenir de la société de l’information ”. Une de ces mesures concerne la mise en place d’ici 2003, de plus de 7000 lieux publics offrant un accès à Internet, par exemple dans les agences locales pour l’emploi, les bibliothèques publiques ou les centres d’information jeunesse mais aussi les mairies ou les lieux associatifs ; le réseau de ces « espaces publics numériques » dits « EPN » prendra appui sur les différents types de réseaux locaux associatifs et les structures municipales créées à l’initiative des élus locaux. 2000 sont aujourd’hui identifiés qui seront renforcés par la création de 500 EPN supplémentaires de proximité, implantés, en partenariat avec les collectivités locales, dans les territoires ruraux. Une “ charte des espaces publics numériques ” permettra à tous d’acquérir une première formation générale gratuite sous la forme d’un “ passeport pour l’Internet et le multimédia ”. 4000 emplois-jeunes supplémentaires de formateurs au multimédia seront affectés à ces EPN. L’Etat consacrera à ces emplois-jeunes deux milliards sur cinq ans. Ces EPN comportent au minimum cinq postes connectés au réseau Internet et un ou plusieurs médiateurs sont présents pour aider les personnes qui le souhaitent à acquérir les connaissances pratiques de base, nécessaires à l’utilisation de ces technologies. Les EPN n’ont pas de but lucratif et peuvent être gérés indifféremment par des personnes publiques ou privées. Mais ils seront plus particulièrement mis en place dans les réseaux relevant de la compétence de l’Etat : 1000 dans les sites prioritaires de la politique de la ville (50MF), 600 dans le cadre du programme cyber-jeunes (40MF), 220 espaces culture multimédia (22MF), et dans les salles multimédias des établissements scolaires (adaptées à d’autres publics que les seuls élèves). 500 cyberbases (portail www.cyber-base.org) verront également le jour dans le cadre d’un programme mis en place par l’Etat et la Caisse des dépôts et des consignations (www.caissedesdepots.fr) pour soutenir les collectivités locales dans leur volonté de développer des lieux publics d’accès à l’Internet (300MF) ; le Gouvernement décide également de mettre en place un dispositif de soutien aux projets territoriaux et donne mandat en ce sens à la Caisse des Dépôts et Consignations qui intervient pour le développement des territoires à travers ses programmes TIC et favorise l’émergence de l’accès public à Internet en développant notamment des projets “ cyberbases ” sur le territoire national. Un investissement de 1,5 milliard de francs sur 5 ans permettra à cette dernière de mettre ses capacités d’expertise et d’appui au service des collectivités locales pour accompagner le déploiement de projets d’infrastructures, de contenus et d’usages qu’elle engage.

        1. Internet, outil d’aménagement et de développement du territoire


Il convient également que l’Etat mène une réflexion stratégique sur les conséquences de la place croissante prise par les nouveaux réseaux d’information du point de vue de l’aménagement et du développement du territoire91. L’Etat doit, en même temps qu’il assure l’accès de tous aux technologies et aux services, accompagner l’entrée des territoires dans la société de l’information. Il faut rendre plus pratique et moins coûteuse la connexion au réseau, et surtout la généraliser de façon équitable sur tout le territoire. Dans ce sens, le Gouvernement permettra à tous les opérateurs de télécommunication d’offrir à un plus grand nombre de ménages un accès à haut débit et à tarif forfaitaire à Internet. A l’échéance de trois ans, l’objectif d’un accès généralisé et le programme des EPN doit répondre à une logique territoriale équilibrée, pour assurer à la fois la cohésion sociale et l’attractivité territoriale. Le dialogue entre l’Etat et les collectivités locales a permis de valider un objectif stratégique commun : le déploiement sur l’ensemble du territoire de réseaux à hauts débits. Il s’agit de renforcer sur le terrain, dans les territoires, la dynamique engagée depuis août 1997 par le PAGSI qui a créé les conditions d’une approche globale. L’importance désormais nettement perçue pour l’ensemble des acteurs (ménages, entreprises, écoles, services publics) d'avoir accès aux réseaux modernes d’information et de communication, quelle que soit leur localisation, souligne l’enjeu territorial. Désormais, le facteur-clé n’est plus seulement l’offre de technologies nouvelles mais leur rythme de diffusion sur les territoires et leur coût, en raison de leur contribution au développement local. L’oubli d’un territoire serait ressenti comme une profonde injustice, le fait de ne pas avoir d’accès génèrerait en elles un sentiment d’exclusion. Le gouvernement a donc décidé d’assurer un déploiement des réseaux d’information et de communication dans les zones défavorisées, les moins développées économiquement ou les moins peuplées. En cela, une étude sur l’état des lieux de l’accès public en Midi-Pyrénées commanditée par le Conseil régional de Midi-Pyrénées92 démontre que la plus grande partie des dispositifs d’accès à Internet se situe en zone urbaine, dans les grandes agglomérations, laissant le déficit se creuser dans les zones rurales, notamment dans le “ rural profond ”. Il est alors suggéré de mettre en place des plates-formes multiservices autour d’un consensus local et de favoriser l’implication des zones rurales peu ou pas sensibilisées par les TIC, et d’inscrire les acteurs locaux et les initiatives centrées sur les TIC au sein d’un réseau national.

Ainsi, le gouvernement décide de fixer pour objectif l’accès de tous au réseau à haut débit à des conditions abordables d’ici 2005.

        1. Une action en cohésion avec la politique européenne :


Le gouvernement est également soucieux de déployer ces efforts dans le sens d’un plus vaste ensemble territorial et politique. Cette action s’insère dans le cadre de l’initiative e-Europe (adoptée en 2000 et approuvée lors du Conseil Européen de Feira en juin 2000) et se conjugue avec la mobilisation du secteur privé, des associations et des collectivités locales. Il s’agit d’éviter entre autres que la coupure ne se creuse plus encore entre les pays européens du nord et du sud, et avec les pays limitrophe de l’Union ou les pays en voie de développement.

  1. L’instauration de « dates-événements » dédiées aux seniors ou aux technologies : l’occasion de rapprochements


Des journées, semaines ou années ont été depuis peu décrétées pour les personnes âgées : 1993 décrétée “ Année Européenne des personnes âgées et de la solidarité entre les générations ” par le Conseil de la Communauté Européenne, 1999 “ Année Internationale des Personnes Agées ” par l’ONU ; depuis octobre 1996, la « Semaine Bleue » est consacrée au troisième âge. Ces événements sont apparus dans un contexte de profusion des NTIC et de révolution Internet et de journées instituées en leur honneur : Fête de l’Internet, Netdays... Ces évènements sont souvent l’occasion de proposer des initiations à Internet pour les personnes âgées dans des lieux publics symboliques, comme c’est déjà le cas au Canada. Les seniors ont donc pu découvrir Internet à l’occasion de la présentation des sites gouvernementaux français à la Cité de la Villette lors de la Fête de l’Internet 2001, ou à l’Assemblée Nationale à la même date où l’ADIS organisait de succinctes initiations. Loin des hauts lieux symboliques de la Nation, ces dates sont également l’occasion d’événements de sensibilisation au niveau local.

Le problème de ces opérations reste qu’elles sont très ciblées géographiquement, qu’elles ne durent que peu de temps (quelques jours) et qu’elles drainent certes un public certes nombreux mais suffisamment informé et intéressé pour avoir connaissance de telles initiatives. Ce à quoi il convient d’ajouter le caractère minimal de l’initiation proposée et du bénéfice retiré. Peut-être même le risque de déception encouru… Il convient certes de multiplier les occasions de découverte mais les journées « banalisées » ne doivent pas être le seul prétexte à organiser des événements médiatiques sur la sensibilisation des seniors à Internet.

  1. La politique des « Villes Internet »


Dans le cadre de la politique de la Ville, il a été décidé qu’un label « Ville Internet » serait décerné sur le principe des “ Villes Fleuries ”. Allant de un à cinq le nombre d’arobases correspond à des critères précis d’implication : @, amorçage du développement Internet ou applications limitées (28 villes à ce jour) ; @@, villes engagées avec domaines à développer (34) ; @@@, réalisations significatives (21) ; @@@@, villes remarquables dans la majorité des domaines (3) et @@@@@, villes exemplaires dans tous les domaines (aucune à ce jour). Communes pionnières, Hérouville Saint-Clair (Calvados), Douvaine (Haute-Savoie) et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) sont les seules à arborer quatre icônes sur leur panneau municipal. Initié en 1999 par la Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l’information et le multimédia (Vecam) et placé sous le haut patronage du ministère délégué à la Ville, le concours est soumis à l’appréciation d’un jury composé d’élus municipaux et d’acteurs de la nouvelle économie. Ils doivent tenir compte de l’accessibilité à Internet dans la ville, de l’équipement, des effectifs du personnel dédié à l’apprentissage, des téléprocédures administratives interactives et de la mise en réseau des acteurs locaux. Les panneaux sont remis lors des journées de la Fête de l’Internet et les inaugurations locales se font dans le cadre de rencontres régionales, où des légions d’élus viennent échanger et débattre sur les nouvelles technologies. Une opération qui valorise les efforts des communes et qui reconnaît à la Toile ses vertus bienfaisantes pour le développement régional. Une occasion pour les communes, les maires et les opérations Internet destinées aux seniors (si elles existent) de gagner en notoriété et en image…

En Ile-de-France, on trouve également des initiatives régionales suivant le même principe, telles que le concours Idf@net, à l’initiative d’ARTESI, pour valoriser les collectivités locales, les associations et les lycées, qui s’impliquent concrètement dans le développement de l’utilisation des TIC. Il concourt à détecter les services, actions ou programmes, innovants et reproductibles, permettant de démocratiser et de favoriser l’usage des TIC dans la région. Les prix attribués à quatre lauréats sont d’une valeur globale de 200 000 francs. La cérémonie est présidée par Marie-Pierre de la Gontrie, Vice-Présidente chargée de la Culture et des Nouvelles Technologies et se déroulait en 2000 en présence de Viviane Reding, Commissaire Européen responsable de l’Education et de la Culture. Ce qui constitue indéniablement un apport en termes d’image et de notoriété pour les communes engagées dans cette voie.

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