I/ Caractéristiques du macro-contexte de l’ere en l’an 2 000








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Education, environnement et développement durable
Je tiens à l’expression d’éducation relative à l’environnement car pour moi il s’agit bien de la relation (« relative ») entre l’homme et son environnement. La discussion sur l’ERE est critique et à contre-courant de la mondialisation actuelle. Elle se trouve donc confrontée à un certain nombre d’expressions qui se sont installées, comme la durabilité, la soutenabilité et la viabilité. Si ces expressions ont été le signe d’une réaction au début, elles sont devenues des moules à penser qui sont des outils d’uniformisation. L’ERE devient dans ce discours dominant un outils au service du développement durable, développement à dominante économique. L’éducation perd donc sa caractéristique d’être une finalité universelle pour tous, pour tout âge et pour toujours. Je n’ai pas le temps d’expliquer plus précisément les dangers de cette évolution du discours et des pratiques dominantes mais ce que je sais, c’est qu’il faut passer à l’action et réaffirmer la place de l’ERE dans les objectifs à défendre et à légitimer.

I/ Caractéristiques du macro-contexte de l’ERE en l’an 2 000
Nous avons tous en tête la gravité (qui peut mener à l’irréversibilité), l’ampleur, l’accélération et la complexité croissantes des problèmes sociaux et environnementaux. Ce contexte est infiniment préoccupant car elle s’accompagne d’une crise de la peur, de l’éthique et de la sécurité fondamentale. La vie et l’intégrité physique ne sont plus que des mots face à la violence que peut provoquer la recherche de profits.
A/ Il y a une économisation et une globalisation des activités humaines (dont l’eau) avec une prémience de l’économie sur la culture, l’agriculture, les chansons (qui deviennent des « produits culturels ») etc. L’économie porte atteinte à la diversité culturelle et tend à homogénéiser la pensée et les pratiques culturelles dans le monde.
Le développement durable est un des « moules à penser » de cette économisation des activités humaines. Cette expression permet au discours libéral dominant de « digérer » toutes les oppositions bourgeonnantes pour en faire des outils au service du capitalisme à outrance. Le sommet de Seattle de l’organisation mondiale du commerce a été symbolique de ce point de vue. Au nom du développement durable – notion qui devient la priorité des organisations internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce (ce qui devrait d’ailleurs poser question) – l’intégrité de la vie est touchée non plus seulement de l’extérieur mais également de l’intérieur avec tout le débat sur les organismes génétiquement modifiés.
L’éducation est elle aussi touchée car elle est absorbée par la logique de l’éducation pour un développement durable et devient l’économie du savoir. L’UNESCO, qui avait une position assez ouverte dans les années 70 sur la question, est désormais rattrapée par le discours dominant et définit l’éducation comme moyen au service du développement économique qui doit pouvoir « durer » (d’où le développement durable, version récupérée).
Dans une publication de 19971997, « qu’est-ce que l’éducation citoyenne ? », l’UNESCO affirme que le développement durable doit promouvoir l’utilisation créatrice et effective du potentiel humain et de toutes les formes de capital pour assurer une croissance économique rapide et plus équitable, tout en réduisant les incidences sur l’environnement. L’environnement n’est plus alors qu’une simple contrainte au développement et n’a pas de valeur en lui même. Le développement humain durable est un cadre fonctionnel, l’homme est réduit à sa fonction d’homo economicus, au service de l’économie. L’équité et la compétitivité sont sur le même plan et la protection de l’environnement devient la garantie d’une consommation durable.



Le schème du développement durable


Entre 1992 et 1995, l’UNESCO a changé de discours pour parler d’éducation pour un avenir viable, dans la mouvance du développement durable. Le développement est à nouveau essentiellement associé à l’économie.






EAV
L’éducation pour un avenir viable (EAV)
Dans une publication de 1999, « Eduquer pour un avenir viable », le discours de l’UNESCO est le même. L’éducation devient aussi un concept récupéré comme a pu l’être le développement durable. Il n’y a plus trace d’une quelconque opposition et la logique économique dominante continue sa dynamique destructrice sans écouter les souffrances qu’elle provoque. Le Conseiller du Président des Etats-Unis présente d’ailleurs le développement durable comme un moyen de la compétitivité. Le paradigme du développement durable est devenu prémient et implique une certaine vision du monde.
Dans le rapport Brundtland de 1987, la notion de développement durable a servi de stratégie très judicieuse pour faire débloquer la situation qui opposait les partisans de l’économie à ceux du développement. Le développement durable a donc été le compromis accepté par les différents protagonistes. C’était la seule clé conceptuelle dont on disposait pour débloquer la situation, c’était à l’époque une stratégie pertinente et efficace.

Mais ce concept a débordé de son cadre d’origine. Il ne peut pas devenir le fondement de notre action éducative. L’économie est une entité exogène qui détermine les rapports entre l’environnement et la société, le consentement à l’inévitabilité économique n’est pas un projet de société ni une finalité éducative. On ne peut pas éduquer pour un développement durable. Il faut reprendre possession de l’économie.

Les relations économiques doivent être reconstruites. L’ERE intègre une préoccupation de revoir les choix économiques. Si des actions ont été faites pour la protection de l’environnement, l’économie pèse de plus en plus dans la balance et l’environnement devient une contrainte. L’ERE ne peut pas soutenir « l’insoutenable durabilité », la méprise d’une stratégie devenue fondement., d’autant plus que le développement durable est porteur d’un biais culturel nord-occidental et n’est pas porteur de la diversité culturelle nécessaire à la mise en œuvre d’une ERE.


B/ Une autre caractéristique du macro-contexte est l’essor ets l’institutionnalisation de l’ERE. La diversité et la structuration des recherches et des pratiques en la matière sont le signe d’une institutionnalisation nécessaire à sa légitimation.
C/ Cependant, l’ERE est à la recherche incessante d’une identité. On n’a jamais fini de définir cette expression car elle est par nature complexe. Elle est faite d’interactions entre les groupes sociaux et l’environnement et n’a pas de délimitations précises et potentiellement uniformes. Il y a potentiellement plusieurs ERE susceptibles d’être appropriées par les groupes sociaux en fonction de la culture, de la langue. L’ERE, comme l’environnement, ne peut exister que dans et par sa diversité.
D/ La recherche constante de cadre intégrateur a eu tendance à édulcorer l’originalité et la force de l’ERE.

  • Fait-elle partie de l’éducation pour le développement durable ? Cela a comme avantage de gagner une stratégie qui facilite certains partenariats mais comme inconvénient de répondre à une vision économissiste du monde. Tous les autres aspects du rapport au monde sont évacués.

  • Fait-elle partie de l’éducation pour un avenir viable ? Cela a comme avantage de rejoindre l’accent mis sur l’éducation à la paix, à la sécurité, mais par rapport au monde économissiste, le langage s’atrophie et sa portée diminue.

  • Fait-elle partie de l’éducation à la citoyenneté ? Cela a comme avantage de mettre l’accent sur l’idée de démocratie et l’environnement devient objet politique (viabilité, durabilité) mais cela limite notre rapport personnel au monde naturel car nous ne sommes pas que citoyens.

  • Fait-elle partie de l’éducation pour le développement de sociétés responsables?  Ce cadre n’est pas encore particulièrement adapté à l’ERE.


On cherche des cadres intégrants pour l’ERE. Il faut examiner ces propositions pour voir si elles correspondent véritablement à l’ERE. Il peut y avoir des propositions intéressantes mais il est vrai que pour le moment, le rattachement aux idées de « viable » et de « durable » atrophie le potentiel de l’ERE car ces notions qui sont utilisées à tout va pour dire tout et son contraire évacuent d’autres mots qui sont davantage significatifs. L’UNESCO a cherché à placer l’ERE dans le développement durable, ou viable. Depuis 1995, l’ERE a été digérée par la science et l’utilisation du savoir scientifique. Pour exemple, la revue « connexion », qui était exclusivement consacrée à l’ERE, a connu un virage vers un contenu plus scientifique. Il ne s’agirait pas d’exclure la science, qui est fondamentale dans le développement de l’ERE mais il ne faut pas oublier l’interdisciplinarité qui nourrit la complexité de ce champ de l’éducation.
On n’a pas suffisamment considéré la dimension fondamentale de l’ERE.
II/ Pistes de développement de l’ERE
A / Reconnaître l’ERE comme une dimension essentielle de l’éducation fondamentale. Il y a méprise des institutions internationales à ce sujet. Le schème de l’ERE serait davantage celui-ci :



environnement




Les autres




Soi-même

Sphère de l’

identité


Sphère de

L’altérité

Sphère de la relation au milieu de vie

(oikos)

Ce sont les trois sphères intereliées du développement personnel et social.

  • La sphère de l’identité contient : l’apprentissage, l’autonomie, la responsabilité par rapport à soi.

  • La sphère de l’altérité contient ce qui appartient au groupe : responsabilité par rapport à l’autre, droits de l’homme, paix, citoyenneté.

  • La sphère de la relation au milieu rappelle que notre maison de vie est aussi celle des autres êtres vivants. Elle doit développer le sentiment d’appartenance au grand réseau des êtres vivants (écocentrisme). Elle évoque les termes connaître, se situer, combler sa niche. On ne gère pas l’environnement. On se gère par rapport à l’environnement. On apprend à devenir les gardiens (stewardship), les utilisateurs, constructeurs, responsables de cette maison de vie partagée.


L’ERE n’est pas un instrument, un outils pour résoudre les problèmes. C’est une perspective éducative qui évoque la qualité d’être des personnes en relation avec leur milieu de vie.
B / Prendre en compte les multiples dimensions de l’ERE
L’environnement est par nature complexe, l’éducation qui aborde la relation des hommes avec leur environnement ne peut pas être simple.

Prenons la représentation de l’environnement :






Il y a une complémentarité et des interactions entre ces différentes dimensions de l’environnement, on les retrouve dans l’ERE.

  • L’environnement-nature : l’ERE est au delà d’une vision romantique, c’est méconnaître le rôle fondamental de la nature. Nous appartenons au réseau de la planète, il ne faut pas laisser la nature de côté. Le fondement du rapport au monde est le rapport à la nature.

  • L’environnement ressource : L’ERE n’est pas une éducation à la consommation, à la simple conservation des ressources. Nous avons une responsabilité dans la manière dont nous utilisons la nature. Nous devons le faire dans le respect et l’entretien de la résilience des écosystèmes.

  • L’environnement problème (ex pollutions) : L’ERE ne doit pas se limiter à une investigation critique des réalités des milieux de vie. Cela fait partie de la réalité de la relation de l’homme avec son environnement mais l’homme citoyen doit avoir une approche active pour mieux anticiper, limiter et résoudre ces problèmes.

  • L’environnement système : L’ERE doit être une éducation qui développe une vision systémique et globale de l’environnement et de la place de l’homme dans ce milieu de vie.

  • L’environnement milieu : L’ERE doit développer l’idée d’une appartenance, d’un enracinement dans une communauté de vie.

  • L’environnement biosphère : La terre est un globe de village intereliés, il faut mieux comprendre cette interdépendante et développer l’idée de solidarité.

  • L’environnement projet communautaire : L’ERE interpelle également les dimensions politiques, démocratiques, les engagements, la coopération.


L’ERE C’EST TOUT CA !

C/ Reconnaître la richesse du patrimoine pédagogique de l’ERE, participer à la construction de ce patrimoine.

  • L’ERE est socialement critique (il y a une 50ène de modèles pédagogiques)

  • L’ERE permet de développer les perspectives biorégionales.

  • L’ERE a vu se développer un courant féministe de l’ERE, comme l’environnement a permis le développement de l’écoféminisme.


Il faut participer à la construction de ce patrimoine, valoriser l’effort d’écriture. Il faut légitimer, clarifier, décrire, exprimer, confronter et diffuser.
D/ Dimension réflexive de l’environnement
Prise de conscience, connaissances, attitudes et valeurs, compétences, participation, action.
L’action fait partie intégrante de l’ERE. La pédagogie de l’ERE ne doit pas être un luxe difficile, il faut développer la recherche action et la collaboration. L’ERE doit aller au delà de la sensibilisation et du projet d’écocivisme, elle doit également aborder l’évaluation.
E/ Autres idées


  • Cadre éthique de l’ERE. L’ERE se situe dans une perspective anthropocentriste avec les idées actuelles de durabilité, de viabilité et de démocratie. On peut aller plus loin, cette approche n’est pas suffisante car elle est comptable. L’approche par le « viable » est minimaliste, c’est une vision atomistique des choses.

  • On peut développer une éthique de la responsabilité de savoir, d’être et d’agir.

  • On peut développer une éthique de l’humilité, de l’austérité et de l’espoir.


Ces différentes éthiques peuvent contribuer à la construction de l’ERE mais attention au piège de l’ailleurs (du futur, de la planète toute entière, de l’univers virtuel – écran siphon ou écran boomerang). Car c’est une fuite en avant.
L’ERE c’est ici, maintenant, concrètement et entre nous.

L’ERE, c’est à l’échelle du milieu de vie.


LUCIE SAUVE


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