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GEOMORPHOLOGIE DYNAMIQUE
INTRODUCTION

Le but de ce cours est d’apporter des clés d’interprétation des paysages au travers de la Géomorphologie et de la Géologie. Il met en exergue les relations fondamentales entre le climat et les formes du relief terrestre. Dans toutes les zones de cette planète, on peut identifier des formes de relief dont la mise en place provient de différents mécanismes naturels dont ceux liés au climat. Ce cours se veut avant tout être une initiation à l’étude de certaines familles de relief et une introduction à la science qui les étudie : la géomorphologie, ici approchée dans sa dimension dynamique, mais également d’y replacer l’homme dans son contexte naturel. Au fil du temps, il est devenu une composante de plus en plus efficace dans ces dynamiques morphoclimatiques en favorisant certains processus et en déstabilisant des équilibres naturels pluri millénaires ;

Ce cours mettra donc l’accent sur plusieurs approches :

- l’aspect dynamique est fondamental : l’étude des processus dominants dans l’établissement des grandes formes de relief permet de mettre l’accent sur quelques mécanismes fondamentaux où sont mis en exergue les principaux agents naturels : l’eau, l’action du froid par le gel, l’action du chaud, du vent …
- l’aspect systémique est important : en effet, dans la nature, aucun mécanisme n’agit de façon isolée, mais plutôt en combinaison, en interaction les uns avec les autres. Les formes de relief découlent directement de cette interaction dynamique ;
- les grands domaines morphoclimatiques : certaines familles de formes ne se rencontrent qu’à certaines latitudes ou altitudes et sont issues directement de certains mécanismes privilégiés. Deux exemples peuvent être étudiés en priorité pour illustrer cette spécificité liée au déterminisme naturel : les domaines morphoclimatiques glaciaires et périglaciaires et les domaines arides chauds.

Chapitre 1 : Paysages littoraux

C’est le travail de la mer qui façonne le paysage. La remonté du niveau marin est la conséquence de la fonte glacière et de la dilatation thermique des océans  réchauffement (théorie du glaçon).

Le bilan = résultat de deux actions opposées, si elles sont de même intensité elles s’annulent, sinon un bilan soit positif, soit négatif. Bassin d’Arcachon bilan négatif car perte de sable  la mer avance (photo diapo).

L’avancement de la mer vers les zones de végétation devient un problème qui prend de l’ampleur.

On divise les espaces littoraux en 2 domaines : - les côtes de submersion (l’eau submerge le continent, rentre dans le continent) - les côtes d’émersion (celles qui se soulèvent, le continent qui ressort de l’eau)

75% des zones littorales sont en contexte de submersion.

I - Morphologie des estrans

A) Estrans sableux de graviers et de galets

Estran : correspond à la zone de l’ensemble de la plage  plage sous-marine (celle qui se passe dans l’eau) et plage proprement dite (celle qui se passe hors de l’eau).

La plage fonctionne par une rampe pré-littorale (= lien entre la partie aérienne de la plage et celle sous-marine).

Plateau continental = 10 m de profondeur (chercher détails) .Le sable amené provient du plateau continental. Il n’a pas toujours était sous l’eau.

ZONATION D’UNE CÔTE SABLEUSE

Les vagues sont le moteur de l’érosion littorale. L’action de la houle est importante car elle mobilise de l’énergie pour amener le sable. Cette houle est maximale dans 2 situations : - présence de marées (marnages), 2 à 3m en Aquitaine, 6 à 7m au Mont Saint-Michel + vents - lors des grandes tempêtes, l’essentiel de l’érosion se forme  l’eau pénètre plus profondément contre les terre, et tape le sable.

L’espace soumis à l’alternance des marées représente l’essentiel de l’érosion du littoral.

La granulométrie des éléments = taille des grains que l’on trouve dans ces estrans. On y trouve des argiles, du limon, des sables, des graviers, des galets. Plus on s’éloigne de la montagne est plus la granulométrie diminue. La taille des éléments qui se déplacent est proportionnelle à la force utilisée pour les déplacer.

Origine possible de ces matériaux : un héritage, matériaux provenant de périodes climatiques plus anciennes.

MORPHOLOGIE D’UNE CÔTE SABLEUSE ET A CORDONS DE GALETS

Profil de la plage : il permet de mettre en place différents types d’espaces sur la plage.

ZONATION DES SECTEURS DE LA PLAGE



Les courants-marins peuvent se classer en 2 catégories : - les courants océaniques - les courants marins côtiers rôle important dans les littoraux sableux

 dérive littorale : courant du N vers le S qui en Aquitaine, est parallèle à la plage. Elle joue un rôle important dans la dynamique globale du littoral, c’est elle qui exporte une grande partie des sables.

L’étude des profils doit être fait à plusieurs saisons, notamment parce-que ce profil est susceptible de se modifier dans l’année.

PROFIL SCHEMATIQUE DE LA PLAGE SOUS MARINE



Dunes hydrauliques = dunes formées non sous l'action du vent, mais par celle du courant marin, sous la mer.

Baïnes = petites cuvettes qui se remplissent d’eau à marée haute et qui se vidange a marée basse 2 fois par jour.

Berme = détermine le contact avec le haut de la plage

B) Les marais salés intertidaux

Ce sont des zones relativement plates. Intertidale = compris entre les 2 marées (haute et basse). Les espaces au-delà sont les espaces supratidaux (eux ne sont jamais concernés par les marées), et les espaces infratidaux (en-dessous de la mer).

Cette marée organise l’agencement de ces espaces. La zonation reprend 3 types d’espaces : - espace recouvert par la marée = la slikke - espace très peu recouvert par la marée, recouvert très rarement par les marées hautes, marées de haut coefficient = le schorre - espace où la marée n’y pénètre que de façon exceptionnelle = les prés salés

SLIKKE, SCHORRE ET PRES SALES DANS LA BAIE DU MONT SAINT MICHEL
1) la slikke

Zone recouverte à chaque marée haute, et qui sont hors de l’eau à marée basse. Le fait qu’elle soit recouverte fréquemment empêche la végétation supérieure de se développer. Les algues peuvent coloniser ces espaces. En général ce sont des espaces relativement plat, encadré par les chenaux de marée  amène l’eau et la retire. On parle également de vasière pour ces espaces, parcourue par un ensemble de chenaux ramifiés, c’est-à-dire structurés des plus gros vers les plus petits (estey pour le bassin d’Arcachon). L’homme en a modifié le fonctionnement et il a protégé les espaces qui n’était pas souvent recouvert la marée  protéger les zones de schorres et de prés salés.

2) les marais maritime : schorre et prés salés

L’extension de ces zones dépend de 2 facteurs importants : l’intensité des marées et la pente de l’estran. Ces secteurs ont très peu d’expansion mais ont un très grand développement sur toute la côte Atlantique. En contact avec les estuaires ces espaces ont un développement important. Dans ces estuaires on a une forte production d’éléments fins (argiles, vases,…) qui vont venir colmater certains secteurs et augmenter la surface de ces marais maritimes. On va trouver ces secteurs aussi en contact avec les grands fleuves, avec une grande extension aux abords des grands fleuves de la plante (l’Amazone et l’Orénoque). Cette dynamique de comblements fini par protéger des espaces où l’eau ne pénètre que très peu  zone de schorre et de prés salés. Dans ces deux zones la végétation y est beaucoup plus développée parce-que l’eau de mer n’y pénètre que très rarement (on appelle ces secteurs des herbus au niveau du Mont Saint-Michel).

En zone tropicale on trouve la mangrove qui va présenter une zonation équivalente partant des milieux les plus salés vers les milieux d’eau douce. C’est notamment une zone où on va trouver une végétation particulière : les palétuviers  arbres de grande taille ayant un encrage racinaires très important supportant la submersion par l’eau.

LES DIFFERENTS SECTEURS D’UNE MANGROVE

II – Cordons et dunes littorales

Action des vagues = cordons - action des vents = dunes littorales

 accumulation de matériaux dans des secteurs hors de l’eau et qui traduisent les actions de sédimentation.

A) Les cordons littoraux

Ils traduisent toujours un apport en sédiments importants : sables, graviers, des galets. Souvent ils réunissent 2 îles entre elles (Saint Pierre et Miquelon) ou une île à un continent (Tombolo). L’ensemble de ces cordons se mettent en place grâce à l’action des courants marins. Parfois à l’arrière de ces cordons peuvent se développer des zones de marais ou de lagunes. On retrouve ces zones d’accumulation de cordons dans les zones froides car il y a des courants marins tout à fait considérables.

Autre exemple d’accumulation  les lidos = accumulation de sable qui se forme à l’avant avec le mouvement des vases.

B) Les dunes littorales

1) L’édification des dunes

L’origine du sable provient du haut de la plage. Ce sable vient s’édifier à l’arrière de cette plage en formant ainsi des cordons dunaires. Cette dynamique ne peut se mettre en place qu’avec du vent ( élément moteur) qui soit souffler de façon constante et relativement intense.

Ces dunes accompagnent les variations du niveau marin et à plusieurs reprises sur les côtes Aquitaine et ailleurs, ces variations ont généré des cordons dunaires (lignes de dunes). Les anciens réalimentant les nouveaux.

L’important stock sableux disponible en Aquitaine a permis la mise en place de cordons dunaires relativement larges organisés autour de 2 types de dunes : dunes barkhanoïdes et dunes paraboliques.

2) Les champs de dunes

Ils se forment lorsque le matériau sableux est suffisant et s s’organisent en cordon parallèle successifs. Ils vont venir modifier l’hydrographie de leur secteur.

LES SYSTEMES DUNAIRES AQUITAIN

LA DUNE AQUITAINE ET SES COMPOSANTES
On va trouver 2 formes principales d’érosion :

- le caoudeyre :

- plaque de déflation :

La mobilité des formes sous l’action du vent mais aussi en rapport avec la végétation. Plus le système est végétalisé plus il est stable potentiellement.

III – Les embouchures

Les cours d’eau fournissent à la mer des sédiments qui pour partie viennent s’accumuler dans ces embouchures. Ce sont des matériaux fins à très fins car les cours d’eau n’ont pas une grande capacité de transport et pour l’essentiel ce sont des particules assez fines (argiles), si le cours d’eau à une plus grande capacité ce sont des limons.

Dans ces embouchures on va trouver 2 objets importants : - les estuaires = pénétration des terres dans la mer - les deltas = constructions sur la mer

A) Les estuaires

Ce sont des espaces d’interface entre les eaux marines d’une part et les eaux continentales d’autre part. Donc ce sont des interfaces intéressantes sur le plan dynamique parce-qu’ elles vont fonctionner de façon différente par rapport à la marée et aux arrivées d’eaux continentales. Le mélange de ces deux eaux va amplifier, favoriser la dynamique des dépôts.

Une des caractéristiques de ces estuaires est la présence de vase en grande quantité. Elles vont au fil du temps constituer le bouchon vaseux. Ce bouchon vaseux bouge en fonction des flux d’eau et de la marée. Tous les estuaires présentent plus au moins un bouchon vaseux.

A la base ce sont des milieux de grande biodiversité car ils abritent ou abritaient une profusion de formes de vie à la base de chaine alimentaire  rôle écologique fondamental. Ce sont des milieux où la dynamique est très rapide ce qui complique considérablement la navigation. A chaque marée se met en place des bancs de sable, notamment à marée montante (le flot = courant amené par la marée montante) ainsi que des dunes hydrauliques à marée montante et descendant.

Un certain nombre de ces espaces sont aménagés par l’Homme. On y recreuse des chenaux de navigation, on met en place un certain nombre de protections. Mais parfois mise en place d’un banc d’arguin qui se met dans place dans les chenaux. Des profondeurs faibles et mobiles.

Les zones d’estuaires sont des zones basses. Si l’arrivée d’eau douce en grande quantité coïncide avec la montée de la marée pendant une période, les eaux ne peuvent pas s’évacuer  niveau d’eau de l’estuaire qui monte, puis au bout d’un certain temps inondation (conjonction de phénomènes = conjonction de la marée + arrivée d’eau douce + parfois tempête).

B) Les deltas

C’est aussi une interface entre eau marine et eau continentale mais là une dynamique un peu différente. La construction deltaïque amène une avancée du littoral sur la mer. Il faut que la quantité de matériau amené soit supérieure à la quantité qui part par l’érosion.

On ne va pas retrouver des deltas partout. On les retrouve aux débouchés des grands fleuves de la planète. Les deltas peuvent se mettre en place dans des zones où l’érosion est importante (tant que le bilan reste excédentaire). Souvent on retrouve les plus beaux deltas dans les mers intérieures (fermées ou semi-fermées). Tous les deltas de la planète sont récents en terme géologique parce-que le niveau marin ne fait que fluctuer en permanence.

FORMATIONS SEDIMENTAIRES CONTINENTALES ET MARINE DANS LE DELTA DU RHONE
Deux choses importantes se passent dans l’évolution des deltas au niveau planétaire : - remontée du niveau marin à un rythme assez soutenu - diminution très forte de la fourniture en matériau liée à l’implantation et à la multiplication des grands barrages hydro-électriques (36 000 dans le monde gros barrages  aucun cours d’eau n’est épargné). Ces barrages vont retenir les plus gros matériaux, d’où impossibilité de construire un delta.

CHAPITRE 1 : LES PAYSAGES LITTORAUX

IV) LES PLAINES ET DEPRESSIONS SUBLITTORALES

Entre les cordons littoraux et la ligne de rivage atteinte primitivement par la transgression flandrienne s'étendent des plans d'eau peu profonds et des marais plus ou moins saumâtres, qui se comblent, peu à peu, en raison d'apports sédimentaires venus de la mer et du continent, ou de l'accumulation de matière organique. Dans les régions arides tropicales, ces étendues soumises à une évaporation intense sont occupées par des sédiments algo-laminés et des évaporites.

On rencontre aussi, sur les littoraux de submersion, des étangs salés correspondant à l'envahissement de dépressions sublittorales d'origine tectonique. Ces plans d'eau ne communiquent parfois avec la mer que par un canal entaillé dans une barre rocheuse : Étang de Berre. Les échanges avec la mer sont, par contre, importants dans le cas des barrières coralliennes. Les zones conquises sur la mer par les entreprises humaines constituent des milieux particuliers, perpétuellement menacés d'inondation : polders néerlandais.

A) LAGUNES, BASSINS ET ETANGS

Les lagunes occupent des dépressions s'allongeant parallèlement au versant continental, à l'abri d'un cordon de sable ou de galets généralement percé d'ouvertures assurant les communications avec la mer et permettant aux eaux continentales de s'écouler. Le dépôt de sédiments fins, d'origines marine et continentale, réduit peu à peu la profondeur de ces plans d'eau. Leur surface tend également à diminuer en fonction du recul des cordons littoraux. A l’inverse, dans les régions soumises à un soulèvement glacio-isostatique, les lagunes et étangs littoraux finissent par se vider et s'assécher.

Les lagunes sont d'autant plus larges que la plate-forme continentale est étendue et en pente faible (côte orientale des États-Unis, golfe du Mexique, côte sud du Brésil, littoral occidental de la Libye). Lorsque la pente s'accélère, elles se réduisent souvent à des plans d'eau étroits et discontinus. Dans les mers sans marée, en l'absence d'exutoire fluvial important, on observe habituellement des lagunes fermées, comme les étangs de la côte languedocienne où quelques graus permettent aux eaux continentales de gagner la mer. Par contre, sur les littoraux soumis aux courants de marée, ceux-ci entretiennent souvent de larges passes permettant une vidange biquotidienne de la dépression : bassin d'Arcachon.

Des plans d'eau presque fermés protégés par des flèches littorales et utilisés comme abri par les marins sont aussi appelés anses et parfois mers (anse de Kernic, Mer Blanche, Mer de Gâvres, en Bretagne). On observe donc de nombreux types de lagunes et d'étangs littoraux dont les fonds sédimentaires évoluent en fonction des apports continentaux et marins. La présence d'ouverture, ou leur absence dans les cordons, est essentielle car elle conditionne les modalités de la sédimentation sur les fonds lagunaires. Les lagunes ouvertes reçoivent plus de sable d'origine marine, et le courant de flot y édifie des bancs émergeant parfois à marée haute : banc de flot de l'Île aux Oiseaux dans le Bassin d'Arcachon. Les passes sont d'autant plus larges et profondes que le courant est fort et que l'amplitude de la marée est importante. Les passes correspondant à la présence d'un courant fluvial peuvent se fermer temporairement lorsque le débit du cours d'eau faiblit en raison de cycles climatiques ou de détournements accidentels ou d'origine anthropique. Il arrive également que des passes nouvelles se créent à l'occasion d'une tempête ou du passage d'un hurricane (côte atlantique des États-Unis), par suite d'un afflux d'eau de mer et de sédiments marins dans la lagune. Lorsque la tempête s'apaise, le débit des rivières qui s'y jettent, gonflé par des précipitations abondantes, contribue encore à élever le niveau des eaux. On assiste alors à des déversements sur le cordon qui finit par se rompre, comme devant l'étang de Trunvel, en baie d'Audierne dans le Finistère, en 1989. Les chenaux de fond des lagunes ouvertes sont entretenus par les courants de marée et également par les écoulements fluviatiles, en particulier lorsqu'un delta se forme à leur débouché dans le plan d'eau : delta de l'Eyre au sud-est du bassin d'Arcachon. Dans les lagunes fermées, lorsque la sédimentation est importante, les anciens chenaux fluviatiles tendent peu à peu à s'effacer.

Les dépressions sublittorales peu profondes qui ne sont plus soumises aux mouvements de la marée et dont les fonds sont envahis par une végétation hydrophile, sont qualifiées de marais littoraux. Lorsque le cordon protecteur recule, les tourbes occupant le fond du marais affleurent sur les estrans jusqu'au niveau des basses mers, et constituent des bancs noirâtres d'où émergent parfois des troncs d'arbres. Les plantes occupant les rivages des étangs limitent leur érosion par des vagues, lorsque le vent souffle sur les grands plans d'eau. Les prairies sous-marines de phanérogames freinent aussi les courants et piègent les particules entrant dans les lagunes. La pénétration de l'eau salée favorise également la floculation et le dépôt des sédiments en suspension fournis par les cours d'eau, ainsi que le développement d'une flore algaire importante et la constitution de sédiments algo-laminés.

Les matériaux entrant dans les lagunes n'en sortent qu'exceptionnellement, lorsqu'ils sont fixés par la végétation, aussi, quand le niveau de la mer se stabilise, leur profondeur diminue et leur surface se réduit. Le destin des lagunes est alors de disparaître par colmatage pour faire place à une plaine littorale marécageuse. La transgression marine contemporaine, en multipliant les brèches dans les cordons, favorise la sédimentation marine dans les lagunes et pourrait les mettre en péril sur les rivages les plus exposés. Elles laisseraient alors place à des baies peu profondes.

B) LES SEBKHAS LITTORALES

Dans les régions sèches, en raison de l'évaporation et de l'absence de cours d'eau pérennes, le niveau de l'eau dans les lagunes se situe le plus souvent au-dessous de celui de la mer. Les sables entrant dans ces dépressions proviennent des oueds, ou sont fournis par les vagues de débordement et le vent. La température élevée, la salinité et un pH alcalin favorisent la production carbonatée sur les rivages voisins et la constitution de sables oolithiques (Côte des Émirats-Arabes-Unis : Trucial Coast). Des conditions hyper-salines se développent dans les lagunes fermées où, en période de basses eaux, les sédiments sont soumis à une forte évaporation (côte sud de l'Australie). Dans les contrées très arides, à côté des croûtes salées se développent parfois des mangroves basses et une végétation de marais maritime à Salicornia europea et Halocnemum strobilaceum. Des tapis d'algues indurés par de l'aragonite se forment dans les sebkhas du Golfe Persique, du golfe de Gabès, de Basse Californie, du Texas. À proximité des cordons séparant ces zones de la mer, des stromatolithes se constituent à côté de peuplements d'Avicennia marina. Les sédiments des zones supratidales sont fins et incrustés par des précipitations de gypse, d'anhydrite, d'aragonite, de calcite magnésienne et d'halite (Purser et Evans, 1973). À Abou Dhabi, les sebkhas ne sont envahies par la mer que lors des tempêtes.

C) LES LAGONS

Les lagons sont associés aux mers chaudes, isolés par des récifs coralliens ; ils constituent des plans d'eau relativement calmes où, selon les cas, la sédimentation est plus ou moins organogène ou terrigène. Sur les côtes abritées par une barrière corallienne, la partie interne du lagon est une zone de dépôts terrigènes constituant une plaine alluviale. Dans les atolls, les dépôts sont essentiellement organogènes.

Ces secteurs présentent une pente interne. L'aspect de la pente interne dépend de son orientation par rapport au vent : partie sous le vent abritée, et partie exposée aux vagues se formant dans le lagon. La topographie sous-marine de ces lagons est parfois plane et tapissée de sable calcaire. Mais le plus souvent, les fonds sableux sont hérissés des pâtés coralliens et des pinacles de corail vivant qui peuvent affleurer : environ 2300 dans le lagon d'Eniwetoc (îles Marshall). Il existe une zonation très précise des coraux en fonction des conditions hydrodynamiques, de la profondeur et de la température des eaux. À Canton, dans l'archipel des îles Phoenix, le lagon (50 km2 et 6 m de profondeur moyenne) a une morphologie cloisonnée dans sa partie centrale. Les cloisons des cellules sont formées essentiellement de corail très branchu en surface. On en voit aussi à Hao, aux Tuamotus, ainsi qu'à Mataiva.
Les sédiments des lagons sont constitués de débris de coraux et d'algues calcaires arrachés au récif corallien par les tempêtes. Dans le cas des lagons annulaires peu profonds de la Grande Barrière du Queensland, en arrière des crêtes sableuses couronnant le récif exposé à la houle, on observe un marais à mangrove colonisant des fonds à boue calcaire. Dans les mares, les algues (cyanophycées et chlorophycées) permettent le développement de stromatolites. La mangrove réussit parfois à occuper la plus grande partie du Lagon : Enn Island et Low Isle (Queensland).
D) LES POLDERS

Le domaine littoral englobe souvent des terres situées au-dessous du niveau des hautes mers, autrefois occupées par la mer ou des eaux plus ou moins saumâtres, avant qu'elles ne soient mises hors d'eau à la suite de travaux d'endiguement et de drainage. En France, la conquête des marais littoraux commença entre le XIe et le XIIIe siècle, mais il y a déjà vingt-cinq siècles, les Etrusques parvenaient à drainer des marais sur les côtes italiennes et, à partir du VIIe siècle, les Flamands commençaient à construire des digues sur les rives de la Mer du Nord et les berges des fleuves s'y écoulant (bouches de l'Escaut et de la Meuse). Les techniques des ingénieurs néerlandais furent par la suite largement diffusées en Europe pour étendre vers la mer la superficie des terres agricoles, en Baltique, au Danemark, en Frise, en Angleterre et dans le Golfe de Gascogne.

En Extrême Orient, au Japon, des travaux d'endiguement et de drainage ont commencé dans la baie d'Ariake au XVIe siècle. Actuellement, une grande partie des schorres est endiguée, et en Corée comme en Chine, la conquête d'espaces sur la mer est également très active. L'occupation des zones humides littorales a eu aussi pour origine l'exploitation du sel. Des prises sont également réservées à des activités aquacoles. On constate bien souvent le remblaiement de polders pour l'extension des zones industrielles et des villes.

L'intervention humaine est particulièrement spectaculaire aux Pays-Bas, ainsi qu'en bordure de la Mer des Pertuis, entre la Loire et la Gironde, où les exploitations salicoles compartimentées appartenant à des générations successives, ainsi que les marais plats conquis au cours des XVIIIe et XIXe siècles, ont créé un paysage particulier. La modernisation de l'agriculture a eu bien souvent pour conséquence le nivellement des salines abandonnées, dont une partie a cependant été recyclée par les ostréiculteurs : claires du marais de la Seudre.

Dans les polders agricoles, le réseau des chenaux qui sillonnaient les schorres a été effacé, et les anciens chenaux de marée aboutissant aux écluses ont été régularisés. Dans le cas de prises étalées dans le temps, comme dans le marais poitevin, les digues séparent des polders dont le niveau est moins élevé sur leur face interne, en raison de la compaction des dépôts (Verger, 1968). Dans le marais de Dol, au sud de la baie du Mont Saint-Michel, la dénivellation entre le marais noir tourbeux et le marais blanc, au sud de prises du XIX' siècle, est de l'ordre de 4 m. Ce phénomène s'observe aussi en Hollande où les polders les plus anciens sont également souvent déprimés.

Le relief des polders montre aussi des mouvements de terrain correspondant à d'anciens cordons littoraux (sillons du marais blanc dans la baie du Mont-Saint-Michel) et flèches du marais de Brouage et de la baie d'Yves. On note aussi des buttes coquillières comme celles du marais poitevin dont le sommet dominait de 4 à 6 m le niveau du marais. Ces amas d'huîtres édifiés au XIe siècle ne résultent pas de l'action de tempêtes qui ont pu dévaster le littoral français au début du premier millénaire, mais sont en relation avec l'écaillage d'énormes quantités de bivalves par les moines de Saint-Michel en l'Herm : 200 000 à 600 000 m3.
E) LES COTES DE CALCAIRES CONSTRUITS

Certains animaux et végétaux (Coelentérés, Bryozoaires, Algues) édifient des récifs de calcaires construits qui s'opposent aux accumulations de tests d'animaux morts que l'on rencontre sur les littoraux détritiques. Les récifs coralliens ne se développent que dans des conditions étroitement limitées :

- la température de l'eau doit être toujours supérieure à 18°C,

- la lumière est nécessaire en raison de la symbiose constante des organismes coralliens avec des algues vertes unicellulaires (Zooxanthelles), ce qui limite la profondeur où ils se développent,

- les eaux doivent être agitées, limpides et bien oxygénées,

- la salinité pour la majorité des espèces ne doit pas descendre au-dessous de 2,7 %.
Les apports d'eau douce et/ou turbide interrompent donc les récifs coralliens en face des estuaires. Les coraux se fixent sur un substrat dur, mais dans les lagons calmes, ils se développent parfois sur des fonds meubles. Les principales formes de rivages coralliens sont les récifs frangeants, les récifs barrières et les atolls.



Figure 20 : zonation des différents secteurs d’un récif à Madagascar.



Figure 21 : Morphologie d’un récif corallien : atoll des Tuamotu.

- Les récifs frangeants bordent la côte de très près. Le plus souvent, ils en sont séparés par une légère dépression parallèle au tracé du rivage (chenal d'embarcation). La présence de ce chenal est attribuée à des apports de particules fines par le ruissellement, après les pluies. Les eaux turbides entravent alors la croissance du corail, contrairement aux littoraux des régions désertiques, où le récif frangeant jouxte directement le rivage. À haute mer la totalité de la plate-forme corallienne est immergée et les vagues océaniques atteignent le rivage. À basse mer le chenal d'embarquement devient un lagon et la houle se brise sur la partie externe du récif. Un récif frangeant intermittent s'étend sur le littoral du Queensland, au nord de Cairns, et plusieurs îles hautes, en avant de cette côte, possèdent également des récifs frangeants.
- Les récifs barrières se situent de quelques centaines de mètres, à plusieurs kilomètres au large. Ils sont coupés de passes et leur face externe est très dentelée. La Grande Barrière d'Australie constitue un édifice remarquable émergeant entre 50 et 150 km du littoral, au nord-est de la grande île, et s'étirant sur plus de 1 600 km au sud du détroit de Torres. La

Nouvelle-Calédonie et l'île de Mayotte sont ceinturées de récifs coralliens, mais ceux-ci ne sont pas continus autour des îles françaises de la mer des Antilles. Il convient aussi de signaler qu'un récif barrière peut se rapprocher localement de la côte et passer alors à un récif frangeant (côte sud-ouest de Madagascar près de Tuléar).
- Les atolls sont des îles coralliennes se disposant en forme d'anneau enserrant un lagon peu profond, sans île centrale. On parle aussi de «presqu'atoll » lorsqu'il existe dans un lagon étendu délimité par un récif de forme annulaire, une ou plusieurs îles non coralliennes (Truck dans les îles Carolines). Les dimensions des atolls vont de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres. Leur couronne émergée est rarement complète et leur largeur est toujours faible : de quelques dizaines à quelques centaines de mètres. Elle est habituellement tronçonnée par des passes, préférentiellement situées du côté sous le vent. L'altitude des îles est faible (2 à 3 m) et elles sont toujours précédées par un large platier de plusieurs centaines de mètres de large émergeant à marée basse, jusqu'à un abrupt où l'activité corallienne est intense. Le rebord de cette pente forme, sur le versant au vent, une crête bien marquée occupée par les Lithothamniées qui acceptent le déferlement constant des vagues.
On connaît aussi de petits récifs coralliens de forme annulaire, à lagon peu profond, dont la taille ne dépasse pas quelques centaines de mètres. Ce sont les faro qui se succèdent de façon à constituer un récif barrière ou un grand atoll : atoll Male du Nord, Maldives, dans l'océan Indien. Il y a également des micro-atolls intertidaux de 1 à 6 m de diamètre présentant un rempart de corail vivant implantés vers le niveau inférieur des mortes eaux et se tenant au-dessus du niveau général du platier récifal.

La vitesse de croissance du corail peut aller jusqu'à 100 à 300 mm par an pour les espèces branchues et de 5 à 30 mm pour les espèces massives. Du fait de l'érosion et des phases de dégénérescence des madrépores, la vitesse de croissance d'un récif est beaucoup moins rapide : généralement inférieure à 5 ou 10 mm par an dans les meilleures conditions. Actuellement, ces vitesses sont suffisantes pour compenser l'élévation du niveau marin en raison de l'effet de serre, les platiers coralliens étant recolonisés par les coraux au fur et à mesure de leur submersion par la mer. Il y aura alors seulement balayage par les vagues qui repousseront vers le lagon les accumulations sédimentaires. Les petites îles coralliennes risquent alors de disparaître, tandis que pour les motus de grande taille une énergie plus forte des vagues pourrait leur fournir de nouveaux apports détritiques et augmenter dans un premier temps leur surface (Pirazzoli, 1993).
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«Dis donc, Louis, fait avec un intraduisible accent beauceron un vieux tout gris, d’une taille colossale, paraît qu’on nous accorde...

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«bis». IL n’y aura pas de résumé ou topo du cours présenté par le(a) chargé(e) de td au début de chaque séance. Le cours doit donc...

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«pauvre» (statut vertueux aux yeux de l’Église, d’ailleurs). Une politique pour les pauvres consiste donc à l’époque à faire en sorte...

Ce cours mettra donc l’accent sur plusieurs approches iconCôte : Forme de bordure d’un plateau donc la couche supérieur, plus...
Aluviale Sédiment des cours d'eau et des lacs composée selon les régions traversées et la force du courant, de galais, de gravier...

Ce cours mettra donc l’accent sur plusieurs approches iconCompte-rendu du déjeuner de bureau du 14 septembre 2011
«fun» recueillent jusqu’à une vingtaine d’inscrits, même lorsqu’elles durent plusieurs jours. Nous allons donc concevoir un questionnaire...

Ce cours mettra donc l’accent sur plusieurs approches iconDogue allemand
«Deutscher Doggen Club 1888 e. V.» qui, au cours des ans, a modifié le standard à plusieurs reprises. Forme et contenu actuels correspondent...

Ce cours mettra donc l’accent sur plusieurs approches iconCalendrier Modalités d’évaluation
«cours condensé» ou un recueil de fiches n’est pas suffisant. Afin de préparer une séance, la consultation de plusieurs manuels est...








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