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M1 Psychologie sociale / Septembre 2010


Saillance de la mort et effet brebis galleuse

Effet de la transgression d’une norme religieuse d’un membre de l’endogroupe en condition saillance de la mortalité sur le contrôle social

logonanterreu


Benjamin CHAILLOU

Mémoire réalisé sous la direction de M.VERLHIAC Jean-François et Melle GONCALVES Isabelle


SOMMAIRE

Résumés et mots clés……………………………………………………………….page 1

Introduction………………………… ……………………………………………..page 2

Méthode…………………………………….………………………………………page 9

Résultats………………………………………….……………………………...…page 14

Discussion………………………………………………………………………….page 20

Bibliographie………………………………………...……………………………..page 26

Annexes…………………………………………………………………………….page 28

Je tenais à remercier particulièrement Isabelle Goncalves pour son suivi régulier, sa patience, et la qualité de ses conseils qui m’ont permis de réaliser ce mémoire dans de bonnes conditions.

Merci à Jean-François Verlhiac qui m’a permis de travailler sur le sujet passionnant de la Théorie de la Gestion de la Terreur.

Je tiens à remercier également mes collègues de promotion pour leur soutien et leurs conseils toujours avisés.

Résumé

Contrairement aux prédictions de la Théorie de la Gestion de la Terreur, certaines études ont révélé que l’activation de la peur de la mort ne provoquait pas toujours la défense des visions du monde, notamment en situation de déviance. Cette étude examine l’effet de la transgression d’une norme religieuse d’un membre de l’endogroupe en situation de saillance de la mortalité et cherche à savoir si les sujets reproduisent l’effet brebis galleuse lorsqu’ils évaluent un membre de leur endogroupe déviant. Les résultats obtenus montrent que l’activation de la peur de la mort n’entraine pas d’utilisation plus forte du contrôle social envers un membre de l’endogroupe. Il serait intéressant à l’avenir de tester l’influence de la norme de tolérance au sein de la religion pour expliquer ces résultats.

Mots clés

Saillance de la mortalité, effet brebis galleuse, religion, défenses des visions du monde, contrôle social

Abstract

Contrary to the Terror Management Theory, any studies showed that mortality salience activation doesn’t lead to cultural worldview defense, especially in a deviance case. This study deals with a transgression of a religious norm by an in group member in a mortality salience condition and try to make a link with the black sheep effect. Results don’t support our hypotheses. Subjects don’t use more social control with a deviant in group member in a mortality salience condition. It will be interesting to test the importance of the norm of tolerance in order to explain our results.

Keywords

Mortality salience, black sheep effect, religion, worldview defense, social control

Dans un premier temps, nous allons aborder la Théorie de la Gestion de la Terreur de la mort (TGT) à travers l’influence de la saillance de la mort sur l’évaluation des comportements et attitudes. Ensuite nous aborderons le lien entre la TGT et l’effet brebis galleuse. Puis nous nous intéresserons plus précisément à la transgression d’une norme religieuse toujours dans le cadre de la TGT.

La Théorie de la Gestion de la Terreur

La Théorie de la Gestion de la Terreur repose en premier lieu sur la pensée d’Ernest Becker (1971, 1973, 1975). Il s’est appuyé sur la philosophie, la psychanalyse et l’évolutionnisme pour donner une base à sa théorie. Son projet était d’unifier les savoirs sur l’être humain et d’expliquer une multitude de comportements et attitudes grâce à une même théorie (Leboeuf). Plus tard, en 1986, Greenberg, Pyszczynski et Solomon se sont appuyés sur cette pensée et ont réalisé une série de travaux ayant permis à la Théorie de la Gestion de la Terreur de se développer. Depuis, les publications se sont multipliées et de nombreuses recherches émanant de différents pays sont venues préciser le cadre théorique de départ.

Cette théorie avance que l’Homme est programmé pour la survie comme toutes les espèces vivantes mais que lui seul, grâce ses capacités cognitives développées au cours de l’évolution, à conscience qu’il va mourir un jour, et que cette mort peut survenir à tout moment. Ces deux éléments opposés génèrent un conflit, un dilemme existentiel (Becker, 1971, 1973, 1975) qui provoque un sentiment d’anxiété.

Pour contrer cette anxiété et vivre plus sereinement, les individus ont recours à la construction d’une conception symbolique commune de la réalité : la culture. Celle-ci leur sert à se percevoir comme acteurs d’une réalité qui a un sens et une signification partagée par d’autres individus (Becker, 1971, 1973, 1975). La culture est constituée de normes sociales et de représentations sur ce que le monde est ou doit être. Ces représentations de la culture ou  visions culturelles du monde servent à catégoriser le monde et permettent d’en avoir une meilleure compréhension, de lui donner une cohérence. Leur fonction est proche de celle de la catégorisation sociale (Tafjel et Turner 1986) elles servent à se définir et à définir les groupes auxquelles on appartient.

En ce qui concerne les normes, elles permettent aux individus de juger de leurs valeurs et d’espérer une immortalité symbolique ou littérale s’ils les respectent. L’immortalité symbolique suppose que les individus vivent à l’intérieur d’entités plus grandes qu’eux, comme la famille, l’Eglise, la nation, mais aussi les œuvres artistiques ou scientifiques (Leboeuf). En effet, être un bon citoyen, un bon père de famille, un bon croyant ou un musicien de renom donnent l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand et qui s’étend à l’éternité (Florian et Mikulincer, 1998). L’immortalité littérale évoque la survie de l’âme ou d’une partie de soi après sa mort physique dans des endroits comme le paradis ou le nirvana (Leboeuf).

En plus de la culture, les individus disposent également de l’estime de soi pour contrer l’anxiété (Greenberg et al., 1997). L’estime de soi se développe sur les sentiments que les individus vivent en adéquation avec les normes inhérentes à leur culture, et surtout qu’ils vivent en adéquation avec les normes valorisées (Pyszczynski et al., 1997). L’estime de soi est un besoin universel et son acquisition dépend de la culture dans laquelle les individus évoluent. Une culture peut très bien valoriser un comportement alors qu’une autre le dévalorise (Leboeuf).

Afin de valider empiriquement la Théorie de la Gestion de la Terreur de la mort, Greenberg et ses collègues (1997) ont mis au point deux hypothèses générales. La première teste l’existence des remparts contre l’anxiété grâce à la manipulation de l’estime de soi et de l’adhésion à une vision culturelle du monde face à des situations menaçantes. Cette hypothèse postule que le renforcement de l’estime de soi ou de l’adhésion à la culture réduira l’anxiété ressentie face à une situation menaçante (Leboeuf). La deuxième hypothèse générale, que nous allons utiliser dans le cadre de cette recherche, est l’hypothèse de la saillance de la mortalité. Le fait de faire prendre conscience à des individus de leur mortalité devrait activer un besoin de protection chez eux et renforcer le besoin d’adhérer plus fortement à leurs visions culturelles du monde (Leboeuf). Généralement, on utilise la procédure mise au point par Greenberg et ses collègues (1997) pour tester cette hypothèse. On indique aux participants que l’on cherche à mieux comprendre les liens qui existent entre la personnalité et les jugements interpersonnels. On leur fait passer des questionnaires sur la personnalité afin de cacher le but de l’étude. En situation de saillance de la mortalité (SM), les sujets sont invités à décrire en quelques lignes ce qu’il leur arrivera lorsqu’ils seront morts, ainsi que les émotions que la pensée de la mort provoque en eux. En condition contrôle, les sujets répondent à des questions formulées de la même manière mais traitant d’un autre sujet que la mort et ne suscitant pas la mise en place de défenses particulières, comme par exemple la douleur dentaire. Puis, l’étude continue avec la complétion d’une échelle d’affects positifs et négatifs (Watson, Clark & Tellegen, 1988 ; PANAS) ayant pour but de mesurer l’humeur des participants et de permettre au processus distal de défense de se mettre en place (Pyszczynski, Greenberg & Solomon, 1999). Lorsque l’on active des pensées liées à la mort, deux systèmes cognitifs se mettent en place successivement. Le premier, le système proximal de défense est un système cognitif conscient qui supprime ou rationalise les idées liées à la mort (Pyszczynski et al., 1999). Il fait ensuite place au second, le système cognitif de défense distal qui va traiter les pensées liées à la mort de façon inconsciente. C’est à ce niveau que l’estime de soi et les visions culturelles opèrent. Pour finir la procédure, les sujets sont invités à porter un jugement sur des individus ou des situations qui menacent ou fortifient leurs visions culturelles du monde.

Nous allons maintenant voir les répercussions que peut avoir l’activation de la saillance de la mort sur les jugements et évaluations que les individus portent sur autrui. Mais d’abord, pour bien comprendre ce phénomène et pour établir un parallèle avec la condition sans activation de la saillance de la mort au préalable, il est nécessaire de s’intéresser au travail effectué par Tajfel et Turner (1986) sur la théorie de l’identité sociale et sur le paradigme des groupes minimaux. Ces travaux ont révélé un biais de favoritisme pro-endogroupe1 chez les individus, le simple fait d’appartenir à un groupe suffit pour discriminer l’exogroupe2. Pour expliquer cette tendance, la théorie de l’identité sociale (Tajfel et Turner, 1986) affirme que les individus cherchent à maintenir ou augmenter leur estime de soi par le biais de comparaisons avec d’autres groupes sur des critères pertinents mais avantageux en leur faveur. Les comparaisons sociales favorables pour l’endogroupe par rapport à l’exogroupe entraînent un haut prestige pour les membres du groupe et développent leur estime de soi (Tajfel et Turner, 1986).

Si on s’intéresse aux conséquences de l’activation de la saillance de la mortalité sur les attitudes et comportements, on remarque que l’effet de biais pro-endogroupe est toujours présent et même renforcé. Divers travaux traitant de l’effet de la saillance de la mortalité sur les attitudes illustrent ce fait, notamment ceux réalisés par Greenberg et ses collègues (1990) portant sur l’évaluation des individus en situation de saillance de la mortalité. Dans leur première étude, en condition SM, des participants chrétiens ont évalué plus favorablement une cible chrétienne et plus défavorablement une cible juive qu’en situation contrôle. Leur deuxième étude a montré qu’en condition SM, les personnes à tendance autoritaire dénigrent plus fortement une personne avec une opinion contraire à la leur. Enfin leur troisième étude a révélé que des participants américains évaluent plus favorablement un auteur pro-américain et plus négativement un auteur anti-américain en condition SM. Nelson, Moore, Olivetti et Scott (1997) ont étudié l’impact de la saillance de la mortalité sur l’attribution des responsabilités. Ils ont demandé de juger le niveau de responsabilité d’un constructeur automobile lors d’un accident de voiture. Les participants américains ont attribué une plus grande part de responsabilité à un manufacturier japonais qu’à un manufacturier américain lorsqu’ils étaient placés en condition saillance de la mortalité.

La saillance de la mortalité a aussi un impact sur les comportements des individus. Dans l’étude de Rosenblatt et ses collègues de 1989, des juges municipaux du sud des Etats-Unis ont fixé un montant de caution pour une personne accusée de s’être livrée à la prostitution près de dix fois plus élevé lorsqu’ils étaient en situation de saillance de la mortalité. Cette étude a ensuite été reproduite avec des étudiants universitaires et les résultats furent similaires lorsque ces derniers avaient une attitude défavorable à l’égard de la prostitution (Rosenblatt et al., 1989 : étude 2). Cette étude souligne que l’activation de la saillance de la mort à un effet lorsque les visions culturelles des sujets sont menacées mais pas lorsque le sujet est en accord avec le comportement de la personne à évaluer. Cela nous permet ainsi de réfuter l’hypothèse selon laquelle la SM mettrait simplement de mauvaise humeur les participants. On sait également que la SM mène à l’agression de ceux qui ne partagent pas notre point de vue (McGregor et al.,1998). Des sujets ont donné plus de sauce piquante à une personne d’opinions politiques différentes de la leur en condition SM comparativement à la condition contrôle (McGregor et al., 1998). L’agression des individus au point de vue différent du nôtre est une façon de protéger notre conception du monde sécurisante. Cependant, Mc Gregor rapporte qu’offrir la possibilité aux sujets de s’exprimer sur leur désaccord avant de sanctionner les individus, fait baisser la quantité de sauce piquante allouée et donc réduit l’agression envers autrui.

Toutes ces expériences illustrent les différents impacts de la saillance de la mortalité et les stratégies mises en place dans le but de défendre sa vision culturelle du monde face à une menace de mort ainsi que les conséquences sur l’évaluation et le jugement d’autrui. Elles montrent aussi que les attitudes et les comportements sont plus négatifs, en condition saillance de la mortalité, envers les personnes appartenant à un groupe différent, que ce groupe se définisse par la nationalité, la religion ou des idées politiques.

TGT et déviance de la norme religieuse

Nous avons vu dans un premier temps les relations intergroupes dans un contexte classique en prenant en compte la théorie de l’identité sociale (Tajfel et Turner, 1986), puis nous avons abordé les relations intergroupes en situation de saillance. Nous avons vu que dans les deux cas, les membres de l’endogroupe bénéficiaient d’évaluations plus positives que les membres de l’exogroupe. Cependant il peut arriver, dans certaines situations, que les jugements envers les membres de l’endogroupe soient plus négatifs qu’envers les membres de l’exogroupe. C’est le cas notamment lorsque l’on aborde la notion de déviance. On appelle déviance le fait de d’agir à l’encontre des normes, des valeurs et de l’unité d’un système social donné. La déviance est produite par des individus dits déviants qui s’écartent des normes et valeurs en vigueur. (Gosling et al., 1996). L’effet brebis galleuse ou black sheep effect (Marques, Yzerbyt et Leyens, 1988) rend compte de ce phénomène et tente d’expliquer les raisons d’une sanction plus forte ou d’un jugement plus défavorable envers un membre de l’endogroupe qu’un membre de l’exogroupe, en situation de déviance. Selon cette théorie, les normes sociales sont les bases fondamentales du comportement humain et sont nécessaires au bon fonctionnement et à la cohésion des groupes (Cialdini, Kallgren,& Reno, 1991, cités par Chekroun et Nugier, 2005). La théorie de l’effet brebis galleuse avance qu’une personne déviante sera rappelée à l’ordre, ou soumise à des pressions à la conformité par les autres membres du groupe (Abrams, Marques, Bown, & Henson, 2000 cités par Chekroun et Nugier, 2005) grâce à l’utilisation du contrôle social. Et d’autant plus lorsque le comportement déviant provient d’un membre de l’endogroupe (Abrams, Marques, Brown et Doughill, 2002 cités par Chekroun et Nugier, 2005). On définit le contrôle social comme un ensemble de pressions verbales et non verbales émises par un groupe à l’encontre d’un déviant, et ce dans le but de la faire rentrer dans le droit chemin (Brauer & Chekroun, 2005 cités par Chekroun et Nugier, 2005) ou encore comme l’expression d’une sanction, d’un renforcement négatif des conduites contre-normatives. Les théoriciens du sujet expliquent l’évaluation négative des déviants ou leurs mises à l’écart (Chekroun et Brauer, 2002 cités par Chekroun et Nugier, 2005) grâce à la volonté des membres du groupes de protéger l’équilibre du groupe, son fonctionnement et à leur volonté de maintenir son image (Brown, 1995 cités par Chekroun et Nugier, 2005).

La théorie de l’identité sociale (Tajfel et Turner, 1986) apporte également des éléments de réponses à la sanction plus forte envers un membre déviant de l’endogroupe. Comme expliqué précédemment, les individus cherchent à maintenir une estime de soi élevée et une identité sociale favorable par rapport aux membres de l’exogroupe. C’est la raison pour laquelle si un membre de l’endogroupe menace cette image ou cette estime, il sera rappelé à l’ordre ou subira des pressions à l’uniformité (Tajfel et Turner, 1986).

Nous allons désormais définir ce que l’on entend par le terme religiosité, les normes qu’elle implique et les conséquences de la déviance à ses normes.

Les travaux de Tsang et McCullough (2003) ont décomposé la religion en deux niveaux indépendants l’un de l’autre : la religiosité opérationnelle et la religiosité dispositionnelle. La religiosité dispositionnelle correspond à l’engagement de la personne au sein de la religion et au développement de sa foi religieuse. La religiosité opérationnelle fait référence à la manière dont la personne exerce sa foi religieuse, on retrouve à ce niveau les motivations, les valeurs et l’expérience. Ce deuxième niveau est plus opérationnel, il s’intéresse au comment de la pratique et à la pratique elle-même (Tsang & McCullough, 2003). Le fait d’être religieux ou croyant implique le respect des normes religieuses. Nous allons en aborder deux, la norme de tolérance et la norme d’honnêteté. Ces normes sont prônées par une majeure partie des religions, elles apparaissent dans les plus grands livres saints des religions monothéistes : Coran, Bible, Torah. On définit l’altruisme comme l’attitude de quelqu'un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres (Le petit Larousse, 2003). L’honnêteté se définit comme la qualité d’une personne de bonne foi, qui est loyale (Le petit Larousse, 2003).

Ces éléments théoriques sont la clé pour comprendre et expliquer le déroulement du raisonnement de notre recherche sur le jugement d’un individu déviant de la norme religieuse. En effet, notre étude se place dans la continuité de celle menée par Goncalves, Verlhiac et Meyer (2010). Ces auteurs ont montré que des participants à faible religiosité dispositionnelle soumis à la lecture d’arguments en faveur d’une vie après la mort ont évalué plus positivement un membre de l’exogroupe comparativement aux sujets qui ont été soumis à la lecture d’argument contre la vie après la mort. La lecture d’argument en faveur d’une vie après la mort apparait ici comme un modérateur des effets de la saillance de la mortalité. Les sujets ont évalué plus négativement un membre de leur endogroupe, et ont semblé moins défendre leurs visions culturelles du monde. Ces résultats ne vont pas tout à fait dans le même sens que ceux trouvés par Greenberg et ses collègues (1990). Ces derniers ont conclu à une défense par les sujets de leur vision culturelle du monde lorsqu’en situation SM des étudiants chrétiens ont évalué plus favorablement d’autres étudiants chrétiens et moins favorablement des étudiants juifs comparativement à la situation contrôle. Et ces attitudes et comportements négatifs se traduisent par un biais pro-endogroupe selon eux.

Cependant d’autres études ont obtenu apparemment des résultats proposants d’autres réponses aux prédictions de la TGT. Le biais de favoritisme pro-endogroupe ne semble pas se manifester dans toutes les situations lorsque l’on active la saillance de la mortalité. On sait aussi que l’activation de la norme de tolérance élimine les effets de la MS (Greenberg & al., 1992). Norenzayan et ses collègues (2009) ont montré que des sujets croyants en condition saillance de la mortalité n’ont pas évalué moins favorablement un essai écrit par un musulman radical comparativement à la condition contrôle. Ces études laissent penser que les effets de la SM dans le cadre de la religion ne sont peut-être pas les mêmes que ceux prévus par la TGT. Le jugement envers l’endogroupe n’est pas toujours plus favorable en situation saillance de la mortalité.

Par le biais d’une étude, Goncalves et ses collègues (2010) ont révélé que les sujets à forte religiosité dispositionnelle ont produit des évaluations plus négatives envers les membres de l’endogroupe qu’envers les membres de l’exogroupe. Lors de cette étude, les auteurs ont utilisé la procédure traditionnelle de la TGT et ont demandé à des sujets à religiosité dispositionnelle élevée et à religiosité dispositionnelle faible d’évaluer des textes différents. Le premier était contre les non croyants, le deuxième contre les croyants et le dernier neutre. En condition SM, les personnes à forte religiosité dispositionnelle ont évalué plus négativement les auteurs des textes contre les non croyants, c'est-à-dire écrits par un membre de leur endogroupe, que les auteurs des textes contre les croyants. Les auteurs ont conclu que l’évaluation négative plus forte envers les membres de l’endogroupe pourrait être due à la transgression de la norme religieuse de tolérance, par les membres de l’endogroupe évalués. En effet ces sujets ont semblé évaluer plus négativement une personne de leur groupe qui critiquait fortement les personnes non croyantes. En critiquant de la sorte, les personnes évaluées ont agit en déviant, ce qui a poussé les évaluateurs à agir selon les prédictions de l’effet brebis galleuse ou black sheep effect.

Cette étude de Goncalves et ses collègues (2010) se distingue des autres car elle avance que les individus réagissent de façon singulière à la SM, et propose d’explorer l’effet brebis galleuse pour expliquer ces résultats. En situation SM, un individu transgressant une norme religieuse sera évalué selon les prédictions de l’effet brebis galleuse, c'est-à-dire plus négativement par les membres de son endogroupe. Notre recherche s’efforcera de reproduire ces résultats et ainsi infirmer ou confirmer cette tentative d’explication. La norme que nous allons tester sera la norme d’honnêteté.
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