Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921








télécharger 429.69 Kb.
titreEmmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921
page8/15
date de publication16.04.2017
taille429.69 Kb.
typeManuel
p.21-bal.com > documents > Manuel
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   15
You fucking pro-arab bastard! You’re a filthy traitor! You aren’t helping Bronstein but botching his training and preparation, because you’re in Iranians’ pay! You’re dismissed! At once!

Per Hansen blêmit sous l’injure, en même temps que le visage de Bronstein vire à la couleur brique, trahissant une colère qui ne tarde à exploser.

- President Guedj! Your remarks are completely stupid! Calm down! My assistant will stay and you must immediately apologize to him!

Jamais jusque lors, nul joueur d’échecs, aussi titré fût-il, ne s’est permis de s’opposer de manière frontale à l’autoritaire président de la Fédération israélienne des échecs, connu pour ses imprévisibles colères et ses positions ultranationalistes – il est membre de Yisrael Breiteinu45, allié du Likoud46, et siège à la Knesset47 sous cette étiquette. C’est à son tour de devenir écarlate avant d’asséner une réplique destinée à clore l’algarade.

- Pay attention to me, Bronstein, I shall not go back on my decision. Hansen must get out!

- YOU pay attention to me, President Guedj! If you insist on Hansen getting out, I’ll withdraw and Rezvani will be admitted as next Chess World Champion… Is that what you really want? s’enquiert Bronstein sur un ton doucereux. DO think of the consequences… Including for yourself, poursuit-il, laissant planer une menace virtuelle sur l’avenir du président.

Il s’ensuit un silence pesant. Le président Guedj semble se décomposer sous l’avertissement à peine voilé du grand maître. Ravalant sa fierté, il ne peut que se rendre à ses arguments assénés comme autant de coups de massue.

- You’ve won this round, Bronstein, but I’ve not said my last word… Just wait! menace-t-il imprudemment sous l’empire de la colère.

Si l’inspecteur Idrissi n’a saisi l’intégralité des amabilités échangées entre Bronstein et Guedj, il soupçonne pourtant que l’affaire est sérieuse. Une grave accusation à l’encontre du grand maître Hansen, une violente prise de bec entre le président de la Fédération israélienne et le Champion du monde, se concluant sur un statu quo provisoire des plus fragiles, constituent indubitablement à ses yeux les ingrédients explosifs de futurs incidents dont il est dans l’incapacité de mesurer le degré de gravité. Son inquiétude ne fait qu’empirer lorsque l’agent israélien en faction à l’entrée de la salle – qui opère masqué sous l’identité de José Pérez, chef d’entreprise semble s’intéresser de très près à l’altercation. L’air passablement irrité, il s’est sensiblement rapproché du groupe des Israéliens, de manière à être à portée de leur voix. Il fixe tour à tour les deux grands maîtres d’un regard vide, puis adresse un petit signe de connivence au président Guedj. L’inspecteur Idrissi pressent le début d’une intrigue entre les deux hommes, visant sans nul doute la personne de Hansen, mais dans la crainte d’être repéré, se résout finalement à quitter la salle en compagnie des derniers spectateurs. « Pas de chance ! Juste au moment où ça devenait intéressant », se dit-il avec une pointe de déception.
Après s’être attablé sur la terrasse du Blue Note effleurée par les dernières flammèches du soleil, l’inspecteur s’accorde quelques instants pour évaluer l’urgence de la situation. Au terme de brèves cogitations, il prend la décision d’appeler Benmansour, pour honorer sa promesse de lui signaler tout incident suspect.

- Msa l-khīr ! Il y a du nouveau… Ça barde dans le camp hébreu, lui annonce-t-il sans préambule. Bronstein a perdu la deuxième partie et Hansen a été violemment mis en cause dans cette défaite par le président de la Fédération israélienne…

- Quoi ! Raconte-moi ça dans le détail… Non, attends… je viens te rejoindre, je vous invite au restaurant marocain de l’hôtel. Préviens Driss et réserve-nous une table pour trois où nous pourrons discuter en toute discrétion. Je suis là dans un quart d’heure.

- Wākha ! Mais ton jour de repos ?

- Au diable, mon jour de repos ! Il y a des priorités !

16
Dix minutes après avoir raccroché, le commissaire se présente à l’entrée du complexe hôtelier où veille le zélé brigadier Benhaddou.

- Es-salām ‘ali-koum, Ssi Abdelaziz !

- Wa ‘ali-koum es-salām ! Rien à signaler, Ahmed ?

- La ! R.A.S… Tu viens me relayer ? lance le brigadier sur un ton facétieux..

- Ha ! Ha ! Non, pas ce soir… Je ne suis pas disponible, je vais dîner avec Fouad et Driss !

- B’ seht-koum48 ! Ali va bientôt arriver pour prendre la relève.
Les trois policiers sont confortablement installés sur une banquette semi-circulaire parsemée de coussins moelleux, autour d’une table basse où trône en son centre un couscous mouton fleurant bon les épices. La place qu’ils occupent, située à l’écart, dans une galerie d’alcôves où sont dispersés une poignée de clients, leur ménage une vision intégrale de la salle de restaurant. Entre deux bouchées, ils ont tout loisir d’observer les acteurs de la tragi-comédie qui a commencé de se jouer dans ce Championnat du monde d’échecs et ses obscures coulisses.

Un incident initial, qui frôle la cocasserie, provoqué par le clan des Iraniens, une sordide querelle au sein de celui des Israéliens, suite à la victoire du grand maître Rezvani, deux présidents caractériels, des agents secrets dans un camp, des gardiens de la révolution dans l’autre, qui agissent dans l’ombre, et deux grands maîtres et leurs secondants pris en otage par ces personnages qui manœuvrent à leur insu.

C’est en ces termes concis que Benmansour brosse à ses convives le tableau de la situation telle qu’il la perçoit.

- Tu as l’art de la synthèse, l’Encyclopédie, on ne pourrait pas faire plus clair, reconnaît l’inspecteur Belali. Mais pour le moment, qu’est-ce que ça change de notre côté ? Tant que ça en reste là, on n’a aucune raison de se mêler de leurs histoires, non ?

- Non, non, bien sûr ! Pour le moment, on ne peut reprocher à qui que se soit d’actes malveillants, encore moins répréhensibles, constate le commissaire, mais les derniers développements dont Fouad nous a fait part me font subodorer que l’affaire n’en restera pas là.

- On est d’accord, approuve Idrissi. Donc on attend tranquillement dans notre coin qu’il se passe quelque chose de plus grave ? Ça me semble un peu passif.

- Tranquillement, certes non ! reprend Benmansour. Notre rôle est plus que jamais de prévenir tout dérapage en resserrant la surveillance… Il n’est pire eau que l’eau qui dort, ajoute-t-il, suivant son irrépressible manie d’émailler ses discours d’adages, maximes, proverbes, préceptes ou autres aphorismes, pour en souligner avec à-propos l’importance. Je vous propose donc de remanier quelques détails de notre dispositif… Voilà comment je vois les choses : tout d’abord, je suis à présent quasi convaincu que rien ne viendra de l’extérieur, la pièce se joue à huis clos, ici même dans l’enceinte du complexe hôtelier. Ma première idée est donc de relever le brigadier Benhaddou de son poste de surveillance diurne à l’entrée de l’hôtel. Le vigile maison est un homme de confiance qui a reçu des consignes strictes quant au contrôle des allées et venues, et, au cas où, il a nos numéros de téléphone. C’est vraiment du gaspillage de ressources de cantonner Ahmed à cette fonction de planton, je préfère le réaffecter à un poste où il sera plus utile.

- À quel poste penses-tu au juste ? l’interrompt Belali.

- Attends, j’y viens… Pour ne rien laisser au hasard, je préfère quand même maintenir la veille nocturne, poursuit le commissaire. Benjelloul est parfait dans ce rôle, ça lui laissera ses journées et, du coup, lui évitera de faire l’agent de la circulation sur la place de la Liberté. Et puis ça lui donnera de l’importance auprès de ses futures conquêtes. Je l’imagine déjà : « Je suis affecté à la surveillance du Championnat du monde d’échecs ! J’ai mes entrées au palace Atlas Souss ! ». Comment une gentille gazelle ne craquerait-elle pas…? Bon, revenons à nos moutons… J’ai l’intention de nous adjoindre notre jeune recrue, le gardien de la paix Tariq Soussi, frais émoulu de l’École de police. Il a peu d’expérience de terrain, mais se montre très motivé, il pourra faire ses premières armes sur cette mission. Je pensais lui confier un poste d’estafette, il ferait la liaison entre nous et en fonction des événements pourrait venir en renfort.

- Excellente idée ! Mais peut-être serait-il judicieux que chacun d’entre nous se charge en personne de l’un des quidams ou de l’un des clans impliqués dans le Championnat, non ? suggère l’inspecteur Idrissi, resté jusque-là silencieux. Tu parlais de resserrer la surveillance, c’est une stratégie possible, je pense…

- Tu me devances, khouya, j’allais justement évoquer cette option. Je propose que tu t’occupes de Bronstein et de Hansen, depuis le début du match tu es celui qui les a le plus approchés, tu dois être au courant de leurs habitudes. Toi, Driss, tu surveilleras les agents israéliens, ils sont quatre, tu ne peux pas te dédoubler, c’est sûr, mais ils sont toujours fourrés ensemble. S’ils venaient à se séparer, tu me préviendrais. Tariq, en dehors de son rôle d’agent de liaison, pourrait aussi avoir un œil sur le président de la Fédération israélienne des échecs. Un drôle de zèbre celui-là, j’aimerais bien savoir ce qu’il manigance.

- Pas de souci, compte sur moi pour les traquer, ces agents secrets, et te rapporter tous leurs faits et gestes, acquiesce l’inspecteur Driss Belali avec un grand sérieux.

- Œil de faucon s’occupera pour sa part de l’entourage de Rezvani, notamment de ses prétendus coaches et de cet officier à l’air sournois. Quant à moi je me chargerai du grand maître iranien et de son secondant, le maître international Firouz Adani. On n’est pas nombreux, c’est certain, mais il faudra faire avec, je ne peux, hélas ! mobiliser davantage d’hommes, conclut le commissaire.

- Il y a quand même un problème… la nuit, observe Belali. La nuit, propice aux méfaits de toutes sortes… On ne va pas dormir sur le tapis du couloir en face de leur chambre, alors quid de la surveillance nocturne ?

- Ta remarque est pertinente, Driss. J’ai justement l’intention d’aller voir le manager de l’hôtel dès ce soir pour obtenir des chambres. Deux chambres doubles, l’une pour vous dans l’aile des Israéliens, l’autre pour Ahmed et moi dans l’aile des Iraniens. On se passera de Tariq la nuit. On n’a pas les effectifs suffisants, encore moins les finances. Je sens qu’il va falloir batailler ferme avec l’administration pour faire passer nos nuits cinq étoiles en notes de frais ! Mais… Aux grands maux les grands remèdes !
Les policiers ont achevé leur conseil de guerre ainsi que leur couscous. La salle de restaurant se vide progressivement sous leurs yeux, à l’exception de quelques clients prolongeant outre mesure la dégustation de leur glace ou de leurs pâtisseries. Les Iraniens se sont éclipsés tôt dans la soirée, alors que s’attardent les grands maîtres Bronstein et Hansen, attablés avec le docteur Benyamin. À quelques tables de distance, les « hommes d’affaires » entretiennent une conversation confidentielle, manège qui n’échappe à l’inspecteur Idrissi.

- Ça m’étonnerait pas qu’ils soient à la botte de Guedj ces cocos là, ils sont probablement en train de fomenter un plan destiné à évincer Hansen, fait-il remarquer à ses collègues en attirant leur attention sur les quatre individus.

- Peut-être, peut-être… opine Benmansour l’air préoccupé. Le président Guedj semble quant à lui jouer l’Arlésienne, on ne l’a pas vu de la soirée, ajoute-t-il perplexe.

17

Nuit du 7 au 8 juin
La nuit même, l’escouade de policiers prend ses quartiers à l’hôtel Atlas Souss. Le directeur a obligeamment accédé à la requête du commissaire et leur a réservé deux chambres doubles au cœur des zones à surveiller. Aux alentours de vingt-trois heures, le quatuor se sépare. Les inspecteurs Belali et Idrissi grimpent les deux étages qui mènent à leurs appartements situés dans l’aile nord en même temps que le commissaire Benmansour et le brigadier Benhaddou se dirigent vers l’aile opposée pour rejoindre les leurs.

Dans l’ascenseur qui les hisse au troisième étage, le commissaire transmet au brigadier les informations qu’il détient concernant l’occupation des chambres.

- Le grand maître Rezvani est dans la 353, son secondant, le maître Adani dans la 355, qui lui est contiguë, les prétendus coaches partagent la 357, tandis qu’en face les deux attachés ministériels, l’officier et le président de la fédération occupent les chambres 354 à 360… Le directeur nous a attribué la 370, la seule qui était disponible à l’étage.

- Incha Allāh ! On a la baraka, Ssi Abdelaziz ! La seule disponible…! Et pour les chambres des Persans, ma kayne mouchkil, j’ai tout enregistré… là-dedans, fait-il en se tapotant l’os temporal de son index. Pas de notes, pas de traces, tel est mon principe, ajoute-t-il fort sérieux, croyant flatter le commissaire en adhérant à ses tics de langage.

Le bruit de leurs pas amorti par un somptueux tapis berbère, ils parcourent le couloir d’une extrémité à l’autre sans croiser âme qui vive. Parvenus à la hauteur des chambres iraniennes, ils tendent instinctivement l’oreille, sans toutefois détecter d’autres indices d’activité que de paisibles ronflements.

Comme ils sont en train de s’installer, le brigadier Benhaddou, inaccoutumé aux fastes d’un cinq étoiles, ne manque de s’extasier sur le confort et le luxe de leur chambre, tel un enfant à qui l’on aurait offert un jouet merveilleux. S’attardant sur des détails qui passent inaperçus aux yeux du commissaire – on ne le surnomme « Œil de faucon » sans raison - il le prend bruyamment à témoin à chaque nouvelle découverte.

- Chouf49 cette salle de bains ! C’est pas une baignoire ça, c’est une piscine ! Et ces robinets en or, t’as déjà vu ça, toi ? Et ce tapis dans la chambre, c’est un r’bati50, non ? Les plus beaux et les plus chers des tapis ! Et tout ça aux frais de la princesse… Choukrane, Ssi Abdelaziz !

Benmansour esquisse un sourire indulgent aux élans euphoriques de son brigadier puis tente, si possible, de brider son enthousiasme.

- Du calme, Ahmed. Profite, mais n’oublie pas que si on est là, c’est uniquement pour les besoins du service. Ce ne sont pas des vacances, on est en opération spéciale.

- Je sais, j’oublie pas… Oh ! chouf cet éclairage, tu tournes un bouton et tu peux l’augmenter ou le diminuer comme tu veux, ça c’est vraiment ce qu’on fait de plus moderne, ça ! Et la télé, chouf, écran plasma et toutes les chaînes satellite, continue-t-il en tripotant la télécommande avec ravissement, et ce…

- Chut ! Tu vas finir par nous faire repérer, tempère son supérieur.

- La ! C’est insonorisé, chouf cette porte capitonnée, c’est du cuir ! Oh ! Et ce dressing, avec tous ces cintres pour les costumes des sīdi et les robes des lalla51, et ces…

Le commissaire, gagné par la lassitude, renonce à poursuivre la stérile joute. Il s’empare d’un Fanta orange dans le minibar avant d’aller se réfugier dans la salle de bains, abandonnant le brigadier Benhaddou à son puéril et interminable inventaire. Comme il est sur le point de prendre sa douche, il l’entend encore l’interpeller.

- Et ce petit frigidaire rempli de canettes de soda…! Le frigidaire, Ssi Abdelaziz, on peut se servir, c’est gratuit ça aussi ?
Les inspecteurs ont pendant ce temps gagné leur propre chambre, la 220, au cœur du « secteur hébreu ». Ils sont convenus de faire un quart : Driss veillera de vingt-trois heures à trois heures, Fouad le relaiera ensuite jusqu’à sept heures. Ils ne présagent d’aucun événement exceptionnel qui pourrait survenir au cours de la nuit, c’est la seule conscience professionnelle qui dicte leur vigilante conduite.

À l’heure prévue, l’inspecteur Belali éveille son collègue qui, encore ensommeillé, s’extirpe tel un automate de son lit douillet.

- Rien à signaler, Driss ?

- Non, c‘est le calme plat. J’ai fait deux incursions dans le couloir, à minuit et demie c’était encore allumé chez Bronstein, de la lumière filtrait sous la porte. Il devait préparer sa partie. À deux heures, c’était éteint.

- Bien, va dormir, tu dois être crevé après cette longue journée…
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   15

similaire:

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconMorgane Jolly Lecoutey (us etrepagny)
«jeune» champion du monde vétéran, Loic Gosselin, du club de judo de Saint Marcel, va rechercher, avant tout, à se faire plaisir...

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconPrix du champion pour le 10e anniversaire de la lapho
«experts municipaux», avec le soutien du gouvernement de l’Ontario, célèbre cet anniversaire en lançant pour cette occasion unique...

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconEn revanche, une suractivité telle que la compétition de haut niveau...
D'effroyables dangers menacent la vie du champion cobaye transformé en champion-suicide. Notre inquiétude de médecins pénétrés de...

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconLe monde est-il vraiment ce qu’il parait ?
...

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconEmmanuel du pontavice 18

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconLe piège du deuxième tour

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconJe dédie le deuxième tome de ce livre à

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconDeuxième Partie: Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconLa deuxieme enfance ( la periode d’enfant en ecole maternelle )

Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921 iconSpécialiste de l'athlétisme sur France 2 et champion de France de...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
p.21-bal.com