Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921








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f6 : un coup provocateur, constitutif de la défense Alekhine, ainsi baptisée en hommage au champion russe qui lui a décerné ses lettres de noblesse. Bronstein, avec l’aide de son comparse Per Hansen, a spécialement préparé pour le match cette défense qui jamais auparavant n’a fait partie de son répertoire d’ouvertures. L’effet de surprise, subtile arme psychologique du joueur de compétition, porte un léger coup au moral du challenger qui escomptait ferrailler contre une défense sicilienne, dont Bronstein est l’un des plus experts théoriciens. C’est néanmoins sans hésitation qu’il riposte par le coup approprié. Loin d’imaginer que Bronstein se hasarderait à cette défense réputée peu ambitieuse, il ne s’y est sérieusement préparé, mais, rapidement, puisés dans sa banque de données cérébrale, émergent à sa conscience les schémas de jeu caractéristiques de la défense Alekhine qui vont orienter ses choix stratégiques. Son bagage théorique est du reste suffisamment étoffé pour affronter avec sérénité la plupart des lignes de jeu susceptibles d’être choisies par son adversaire.

Les deux grands maîtres ont joué a tempo38 la suite de coups qui aboutit au système moderne. Désireux d’éviter la ligne principale analysée sous toutes ses coutures par des générations de théoriciens, Bronstein en dévie précocement afin de conduire la partie hors des sentiers rebattus.

Au quarante-cinquième coup, Rezvani médite longuement, les tempes enserrées entre ses paumes, en dépit de la menace de zeitnot qui se profile – il lui reste à peine douze minutes alors que le cadran de son adversaire en affiche vingt-huit. Les secondes, puis les minutes, inexorablement s’égrènent, sans que le grand maître ne se départe de son impassibilité. Seul son regard pénétrant qui n’a de cesse de parcourir l’échiquier le long de ses diagonales, colonnes et traverses, trahit l’intensité de sa réflexion. Les dernières fatidiques cinq minutes sont désormais entamées et Rezvani ne s’est toujours pas résolu à déplacer pion ou figure. Face à lui, le champion de monde, rencogné dans son fauteuil en une posture faussement décontractée, ne quitte pas pour autant des yeux l’arène aux soixante-quatre cases, maintenant sa concentration à son acmé.

Alors que son cadran vient d’afficher les trois minutes restantes, le grand maître iranien se décide enfin à jouer un pion avant d’enclencher la pendule. Lentement, Bronstein meut son corps en avant pour se pencher à nouveau sur l’échiquier. Sur son front s’imprime un pli soucieux, en dépit du considérable avantage procuré par son avance au temps qui lui permettrait d’envisager l’avenir proche avec sérénité. Il comprend instantanément que ce mouvement de pion, longuement mûri, dénote une conception subtile remettant en cause ses probabilités de gain. Il n’a quoiqu’il advienne d’alternative que de capturer l’indésirable, planté comme une épine au cœur de son camp. Rezvani déroule sans surprise les phases de son plan : sa Dame retrouve sa toute-puissance sur la diagonale ouverte par son quarante-cinquième mouvement. S’ensuivent quelques coups forcés et quand vient l’heure pour le grand maître iranien de jouer le cinquante-et-unième, il ne lui reste qu’une trentaine de secondes. Saisissant promptement sa Tour, il l’offre délibérément en sacrifice par la capture d’un pion protégeant le roque adverse, un « don » que ne peut décliner le Champion du monde sous peine d’un mat en deux coups. Les deux joueurs se regardent alors et sans échanger une parole scellent la paix par une poignée de mains, la prise de la Tour blanche ayant pour suite évidente l’échec perpétuel – ultime recours des joueurs en situation précaire.
L’arbitre s’approche de la table de jeu pour s’emparer des feuilles de partie que viennent de signer les joueurs, avant d’annoncer le résultat au micro.

- La première partie du match pour le titre de Champion du monde s’achève sur un score nul. Onze parties restent à jouer. La prochaine débutera demain, dimanche 7 juin, à quatorze heures.

Le respect que se témoignent mutuellement les grands maîtres se traduit par une dernière poignée de mains, sous les crépitements des appareils photo et les ronronnements des caméras. Les salves d’applaudissements en provenance des rangées de fauteuils indiquent que le public, visiblement, a prisé la qualité de jeu des concurrents autant qu’il a vibré au spectacle de leur duel sans compromis.
Il est près de dix-neuf heures et tandis que les spectateurs commencent de se lever pour s’ébranler vers la sortie du salon d’apparat, Rezvani et Bronstein ne semblent pas le moins du monde pressés de les imiter, en dépit de la lassitude engendrée par les cinq heures de jeu. Comme s’ils étaient encore sous l’emprise de leur long face-à-face qui n’aurait d’autre issue que sa poursuite par une froide analyse en commun de leur partie.

Venues des premières rangées de fauteuils où elles sont restées docilement cantonnées durant le match, s’agitent cependant, aux confins opposés de l’estrade, d’impatientes silhouettes qui s’avancent bientôt pour presser les deux protagonistes de lever l’ancre. Ce n’est pas sans renâcler que ces derniers obtempèrent aux sollicitations intempestives de leur suite, étayées par une litanie d’imparables arguments : l’impérieuse nécessité du repos, l’imminence de la séance de relaxation, ou encore l’alléchante perspective du dîner marocain offert par la direction de l’hôtel aux champions et leur suite.

12

7 juin
Le jour est à peine levé que, déjà, le grand maître Per Hansen est sur pied. Après avoir enfilé un peignoir et chaussé des babouches, il gagne le couloir pour aller tambouriner à la porte de la chambre voisine dont l’occupant laisse passer quelques secondes avant de réagir.

- Per…? Je suis prêt… j’arrive, profère la voix sonore de Boris Bronstein, couvrant le gargouillis d’une douche.

Quelques instants plus tard, les deux hommes dévalent les volées de marches qui conduisent dans le hall de réception carrelé de zelliges, puis se dirigent vers la piscine désertée pour y piquer une tête matinale. Après avoir brassé avec vigueur durant un bon quart d’heure, ils s’allongent sur des transats pour s’abîmer dans une contemplation silencieuse du minaret de la Koutoubia dont, sous l’effleurement des premiers feux du soleil, étincellent les globes dorés.
La veille au soir, tout en digérant leur tagine d’agneau, ils s’appliquèrent à l’échiquier jusqu’à une heure tardive tandis que moulinaient sans répit leurs ordinateurs portables. À la deuxième partie, Bronstein jouerait avec les blancs. Assisté de son secondant, il peaufinait une préparation destinée à prendre une fois de plus son adversaire au dépourvu. Le logiciel Rybka tournait, disséquant la partie de la veille. De temps à autre, les deux grands maîtres interrompaient leurs cogitations pour prendre connaissance des verdicts affichés sur l’écran, qu’ils émaillaient de leurs commentaires : « Là, tu aurais dû jouer e5 sans temporiser… Après le roque, il était légèrement mieux… À ce moment clé, j’ai raté le coup qui égalisait… Cavalier d4 était la meilleure option pour garder l’avantage… »

Mais tout ceci appartenait déjà au passé… Ils délaissèrent l’analyse post mortem39 pour se pencher une fois de plus sur l’échiquier dans la perspective de la partie du lendemain. Ils esquissaient de nouvelles variantes en manipulant agilement pions et figures, tandis qu’au fur et à mesure, Bronstein enregistrait mentalement les schémas et motifs qui se dessinaient, mémorisait les voies complexes amenant des configurations favorables.

Tous deux engloutissaient force verres de thé à la menthe, ce qui contribuait à les maintenir en éveil et dans un état d’excitation mentale propice à l’analyse. À l’heure où la théière fut éclusée, Hansen prit congé pour regagner ses pénates. Le Champion du monde continua de mouvoir machinalement quelques pièces mais les événements de la journée commencèrent d’occuper son esprit… Un sentiment d’empathie pour son adversaire s’emparait peu à peu de lui. En dépit des théories à contre-courant de la norme qu’il professait, le joueur iranien était capable de tenir la dragée haute à n’importe quel grand maître, aussi préparé fût-il par le biais de son arsenal logiciel. Il émanait de cette apparente contradiction un parfum de mystère que Bronstein aurait désiré percer. Il envisagea les opportunités de rencontrer son adversaire en-dehors de l’arène de jeu, mais, raisonnablement, conclut que ses chances étaient minces. Ils se trouvaient soigneusement maintenus à distance l’un de l’autre et le grand maître iranien était, supposait-il, aussi étroitement encadré que lui-même. Pas moins de quatre agents israéliens avaient pris leurs quartiers au même étage. Ils campaient quasiment devant a porte ! Si jusqu’à présent ils s’étaient tenus tranquilles, y compris lors du malencontreux incident du portrait provoqué par les dignitaires iraniens, il ne pouvait présager de leurs comportements futurs. Ses pensées se mirent à dériver : « Quelle était précisément leur mission ? Se résumait-elle à une surveillance rapprochée ? Sinon, quelles opérations préparaient-ils en secret…? »

Plus tôt dans la soirée, il avait discrètement soudoyé le garçon d’étage qui apportait la théière. Un billet de cent dirhams en guise de pourboire lui avait délié la langue.

- Choukrane, ech-chrīf40Sīdi bizness, sbagnouli w griqouli41… Msa l-khīr42, Ssi Bouriss !

Bronstein n’avait aucune raison de douter des dires du jeune employé. « Des hommes d’affaires ! Espagnols et grecs ! À d’autres ! » C’était évidemment sous une identité d’emprunt qu’ « ils » avaient été enregistrés à la réception de l’hôtel. Il avait en outre cru reconnaître en l’occupant de la chambre 202, qui faisait face à la sienne, l’un des deux hommes d’Eilat embarqués à bord du Zodiac. Il présuma qu’il s’agissait de l’officier commandant le groupe. « Sans doute appartenaient-ils aux services secrets ? » Secrets, ils l’étaient assurément. Aucun des ces hommes n’avait tenté d’aborder ni Hansen, ni Bronstein. Ils gardaient leur réserve. « Des anges gardiens particulièrement discrets, admit-il.  Mais pour quelles raisons ? »

Le grand maître devait cesser de se poser ces vaines questions, auxquelles il ne découvrirait pour l’heure aucune réponse sensée. Il importait qu’il se concentrât plutôt sur son match du lendemain, qu’il prévoyait difficile. Par le truchement de quelques exercices de relaxation enseignés par le docteur Benyamin, il recouvra une paix intérieure qui l’achemina vers le sommeil.
Après le copieux petit-déjeuner qu’ils ont dégusté dans le luxuriant jardin impeccablement entretenu, Bronstein et Hansen se sentent d’humeur plutôt oisive. Rien ne les presse de partir dès ce matin en exploration de la cité ocre. Ils en auront maintes fois l’occasion, croient-ils, durant leur séjour de deux semaines… En outre, le docteur Benyamin a prévu pour onze heures une séance de sophrologie destinée à préparer mentalement Boris Bronstein au combat de l’après-midi. Ayant regagné leur chaise longue, les deux grands maîtres se font apporter la presse internationale dans laquelle ils s’absorbent en silence.

Les gazouillements de passereaux de toutes espèces qui nichent dans l’enceinte verdoyante du complexe hôtelier sont, la matinée avançant, relayés par les piaillements d’une ribambelle de bambins pataugeant dans le petit bassin. Dérangé dans sa lecture, Bronstein constate que s’en est fini de sa quiétude. La plage de la piscine est à présent assaillie par une horde de turbulents vacanciers en mal de bronzage, tandis que s’affairent dans les allées et sur les pelouses environnantes une kyrielle de jardiniers besogneux. Les effluves de crème solaire tartinant les corps dénudés mêlées aux émanations d’essence de la tondeuse à gazon pétaradant à quelques mètres de lui commencent à l’écœurer et le pressent de quitter cet endroit qui lui est soudainement devenu insupportable. Son secondant, abîmé dans les pages d’un vieux numéro de Weekendavisen, ne semble quant à lui aucunement dérangé par le vacarme environnant.

- Per ? C’est bientôt l’heure !

- Mmmh…

- Hé ! Regarde ce type ! Là-bas !

- Ouais… Je l’ai déjà vu, tu sais…Hier.

Hansen lui révèle que l’individu en question, étendu sur un transat au bord opposé du bassin, était, la veille, présent dans le salon de jeu. Puisant dans ses souvenirs, il lui livre quelques précisions.

- Il est entré parmi les premiers pour se placer au deuxième rang, à quelques fauteuils du mien… Plus tard, en me retournant, j’ai aperçu un second individu qui lui ressemblait comme un frère. Celui-là ne s’est pas assis, il se tenait raide comme la justice dans le fond de la salle. C’est surtout leur look qui m’a frappé, et leur comportement bizarre, aussi. Le premier ne semblait pas du tout intéressé par la partie, je ne l’ai pas vu une seule fois jeter un œil sur l’écran. Son regard restait rivé sur le groupe des Iraniens… Je me suis dit qu’ils appartenaient au service de sécurité de l’hôtel.

- Ces types nous épient, Per ! J’en suis convaincu. Ils résident ici même, leurs chambres sont en face des nôtres !

Pour étayer son assertion, Bronstein lui fait part de ses réflexions nocturnes, sans omettre les révélations faites par le garçon d’étage.

- Cette surveillance permanente m’agace au plus haut point, mais j’ai décidé de ne plus m’en préoccuper, poursuit-il. Je refuse que des pensées négatives, qui peuvent tourner à l’obsession, nuisent à ma concentration. Let’s wait and see!

- T’as raison, approuve Hansen, l’air néanmoins préoccupé.

- Well, il est presque onze heures. Je vais rejoindre Benyamin pour la séance de sophro. Tu as quelque chose de prévu d’ici le déjeuner ?

- Eh bien ! Je vais quand même aller faire un tour, j’ai envie de marcher… Peut-être jusqu’à cette fameuse place Jemaa-el-Fna.

À l’issue de cette conversation matinale, les grands maîtres se séparent, convenus de se retrouver à midi trente au restaurant international de l’hôtel.

13
Yitzhak, alias « Jesus Manzanares, directeur import-export », a emboîté le pas de Per Hansen, l’homme qu’il est chargé d’avoir à l’oeil. La fiche de profilage, que leur a fournie un haut responsable du Shin Beth la veille de leur départ de Tel-Aviv, le présente comme l’entraîneur danois du Champion du monde d’échecs israélien Boris Bronstein. Elle indique, d’une part, que l’homme est une pièce essentielle pour la défense du titre et doit en conséquence faire l’objet d’une surveillance constante, d’autre part, qu’en dépit de ses sympathies avérées pour la cause palestinienne, nul indice ne permet de soupçonner qu’il puisse faire défection, et moins encore trahir le grand maître Bronstein, lui-même identifié comme un militant de la paix – une « colombe ». La fiche mentionne à l’appui des liens d’amitié entre les deux grands maîtres que ne saurait entamer quelque considération que ce soit. Elle porte un ultime avertissement quant à la probabilité que l’entraîneur danois soit pris pour cible par les Iraniens.
Per Hansen ne flâne pas, en moins de vingt minutes il avale les deux kilomètres qui séparent l’hôtel Atlas Souss de la célèbre place de Marrakech. À trente ans passés, il a sillonné l’Europe de long en large, s’engageant dans la plupart des tournois du circuit continental et subsistant grâce aux primes qu’il pouvait y glaner. Il a aussi traversé l’Atlantique pour participer à une série de compétitions en Amérique du Nord, période au cours de laquelle il a connu le grand maître féminin russe Olga Petrova et s’est établi avec elle à Brooklyn, NYC. Il n’a, en revanche, jamais foulé les terres africaine ou asiatique et parmi le flot de sensations qui l’assaillent, alors qu’il s’apprête à traverser l’avenue Mohammed V pour s’acheminer vers la place Jemaa-el-Fna, la plus intense est celle d’un tumultueux affairement tel qu’il n’en a auparavant connu. Il s’engage avec précautions sur le pavé de la large artère, dans l’espoir d’une brèche où s’engouffrer pour rejoindre en toute sécurité le trottoir opposé, mais se rend promptement compte que la densité et l’anarchie du trafic ininterrompu imposent plutôt de slalomer au pas de course au coeur de la marée motorisée. Après quelques frayeurs provoquées par le frôlement de vélomoteurs assassins, il parvient sur la rive salvatrice. Un instant plus tard, il longe le square Foucauld où stationnent un alignement de calèches en attente de clientèle. Des effluves de crottin lui chatouillent les narines, bientôt relayées, comme il parvient sur la place, par de plus suaves fragrances d’agrumes et d’épices.
L’agent du
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